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Définition : qui est le président du CSE ?
Désignation du président : chef d'entreprise et délégation possible
Missions du président du CSE en réunion
Pouvoirs et voix prépondérante : article L2315-32
Obligations légales et risques de délit d'entrave
Bonnes pratiques pour sécuriser sa présidence du CSE
Le président du CSE est le représentant de l'employeur au sein du comité social et économique. L'article L2315-23 du Code du travail désigne le chef d'entreprise comme président de droit. Cette règle s'applique dans toute entreprise d'au moins 11 salariés dès lors qu'un CSE est mis en place.
Concrètement, le président incarne la direction face aux élus du personnel. Il ne siège pas comme simple observateur : il participe aux débats, répond aux questions des membres et engage l'entreprise par ses déclarations. Sa présence — ou celle de son délégataire — conditionne la régularité de chaque réunion.
À la différence du secrétaire du CSE, élu parmi les titulaires, le président n'est pas désigné par un vote interne. Son mandat découle directement de sa qualité de représentant légal de la société. En cas de changement de dirigeant, la présidence bascule automatiquement vers le nouveau représentant légal, sans formalité supplémentaire auprès du comité.
Le dirigeant — gérant de SARL, président de SAS, directeur général de SA — préside le CSE de plein droit. En pratique, la pression opérationnelle rend souvent cette mission difficile à assumer personnellement. Le Code du travail autorise alors une délégation de présidence.
La délégation doit être expresse et identifiable. Un simple usage ou une habitude ne suffit pas. Le délégataire — le plus souvent le DRH ou un directeur des affaires sociales — doit disposer de l'autorité, de la compétence et des moyens nécessaires pour exercer la fonction. La jurisprudence de la Cour de cassation (Cass. soc., 20 juin 2018, n° 17-17.191) exige que le délégataire puisse répondre aux questions des élus et prendre des engagements au nom de l'employeur.
Le président peut se faire assister de 3 collaborateurs au maximum (article L2315-23). Ces assistants n'ont pas voix délibérative. Le délégataire, lui, remplace le président : il dispose des mêmes prérogatives. En revanche, le dirigeant ne peut pas désigner un prestataire externe ou un avocat pour présider à sa place. Seul un salarié de l'entreprise disposant d'une délégation formelle peut occuper ce rôle.
| Critère | Président de droit | Délégataire |
|---|---|---|
| Qualité | Représentant légal de la société | Salarié disposant d'une délégation expresse |
| Voix délibérative | Oui (questions internes) | Oui (mêmes conditions) |
| Nombre d'assistants autorisés | 3 maximum | 3 maximum |
| Formalisme requis | Aucun (qualité de droit) | Délégation écrite recommandée |
Le cadrage juridique de la délégation de présidence protège l'entreprise contre les contestations d'élus sur la régularité des réunions.
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Le président du CSE remplit 3 fonctions distinctes lors de chaque réunion : il convoque, il informe et il dialogue.
Le président convoque les membres titulaires du CSE selon la périodicité légale : au moins 1 fois par mois dans les entreprises de 300 salariés et plus, au moins 1 fois tous les 2 mois en dessous de ce seuil (sauf accord collectif différent). L'ordre du jour est fixé conjointement avec le secrétaire du CSE (article L2315-29). En cas de désaccord, les consultations rendues obligatoires par la loi ou un accord collectif sont inscrites de plein droit.
Le président transmet aux élus les documents nécessaires à l'exercice de leurs attributions. Pour les 3 consultations récurrentes — orientations stratégiques, situation économique et financière, politique sociale — les données doivent être versées dans la base de données économiques, sociales et environnementales (BDESE) dans les délais prévus. L'absence de transmission rend la consultation irrégulière et peut entraîner la suspension judiciaire du projet concerné.
Le président répond aux questions posées par les élus. Les réponses doivent être motivées. En cas de réclamations individuelles ou collectives inscrites à l'ordre du jour, le président dispose d'un délai de 6 jours ouvrables pour fournir une réponse écrite (article L2315-22).
L'article L2315-32 du Code du travail encadre le droit de vote du président du CSE. La règle est souvent mal comprise : le président vote, mais pas dans tous les cas.
Le président participe au vote sur les résolutions internes du comité : désignation du secrétaire, du trésorier, adoption du règlement intérieur du CSE, approbation des comptes du comité. Sur ces sujets, il dispose d'une voix comme chaque membre titulaire.
Lors des consultations obligatoires — avis sur un projet de licenciement économique collectif, avis sur la politique de rémunération, par exemple — le président ne prend pas part au vote. Seuls les membres titulaires (ou leurs suppléants remplaçants) expriment un avis. Un vote auquel le président aurait participé à tort peut être annulé par le tribunal judiciaire.
| Type de décision | Vote du président | Base légale |
|---|---|---|
| Désignation du secrétaire / trésorier | Oui | Art. L2315-23 |
| Règlement intérieur du CSE | Oui | Art. L2315-24 |
| Consultation obligatoire (avis) | Non | Art. L2315-32 |
| Recours à un expert par le CSE | Non | Art. L2315-78 |
Identifier précisément les situations où le président peut ou non voter évite des contentieux sur la validité des délibérations.
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Le délit d'entrave au fonctionnement du CSE est défini à l'article L2317-1 du Code du travail. Il est puni d'une amende de 7 500 € par infraction constatée. L'amende vise la personne physique responsable — le dirigeant ou le délégataire.
En 2023, les juridictions pénales ont confirmé plusieurs condamnations pour défaut de consultation préalable à un plan de réorganisation. Le risque ne se limite pas à l'amende : une consultation irrégulière peut entraîner la suspension du projet par le juge des référés, avec un coût opérationnel bien supérieur à la sanction pénale.
Lorsque la présidence est déléguée, le délégataire porte la responsabilité pénale de l'entrave. Le dirigeant reste toutefois exposé s'il n'a pas fourni au délégataire les moyens d'exercer correctement sa mission. La Cour de cassation vérifie systématiquement que la délégation était effective et que le délégataire disposait de l'autorité suffisante.
Rédiger un document précisant l'identité du délégataire, le périmètre de la délégation (toutes les réunions ou certaines seulement), les moyens mis à disposition et la date d'effet. Conserver une copie dans le dossier du CSE.
Le procès-verbal est rédigé par le secrétaire, mais le président a intérêt à conserver ses propres notes. En cas de contentieux, la preuve du respect des obligations repose sur la traçabilité des échanges : convocations envoyées, ordres du jour co-signés, documents transmis, réponses motivées aux réclamations.
Avant chaque scrutin, rappeler si le président participe ou non au vote. Cette précaution, simple à mettre en œuvre, évite les contestations ultérieures sur la validité des délibérations.
Un cadrage rigoureux de la présidence du CSE réduit le risque d'entrave et sécurise la gouvernance sociale de l'entreprise.
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Oui, à condition de disposer d'une délégation expresse du représentant légal de l'entreprise. Le DRH doit avoir l'autorité et la compétence nécessaires pour répondre aux élus et engager l'employeur. Une délégation écrite est recommandée pour éviter toute contestation.
Non. L'article L2315-32 du Code du travail exclut le président du vote sur les consultations obligatoires. Il ne vote que sur les résolutions internes au comité, comme la désignation du secrétaire ou l'adoption du règlement intérieur.
Le délit d'entrave est puni d'une amende de 7 500 € par infraction (article L2317-1). Au-delà de la sanction pénale, le juge des référés peut suspendre le projet concerné si la consultation a été irrégulière, ce qui génère un coût opérationnel direct.
Non. L'article L2315-29 impose une fixation conjointe entre le président et le secrétaire du CSE. Seules les consultations rendues obligatoires par la loi ou un accord collectif sont inscrites de plein droit, même en cas de désaccord.
Le président peut être accompagné de 3 collaborateurs au maximum (article L2315-23). Ces assistants participent aux débats mais ne disposent pas du droit de vote. Leur présence au-delà de ce plafond peut être contestée par les élus.
Article L2315-32 - Code du travail - Légifrance
Le fonctionnement et les moyens d actions du CSE - Code du travail numérique
Comité social et économique (CSE) - Service-Public Entreprendre
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