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Qu'est-ce qu'une plus-value professionnelle ?
Plus-value à court terme vs long terme : distinction et calcul
Le régime d'imposition des plus-values professionnelles
Exonération des petites entreprises (article 151 septies)
Autres dispositifs d'exonération des plus-values
Tableau récapitulatif des seuils d'exonération
Démarches déclaratives et erreurs à éviter
Lorsqu'une entreprise cède un actif inscrit à son bilan — fonds de commerce, immeuble, matériel, brevet — elle réalise une plus-value professionnelle si le prix de cession dépasse la valeur nette comptable de cet actif. Cette valeur nette comptable correspond au prix d'acquisition initial diminué des amortissements pratiqués depuis l'entrée du bien dans le patrimoine professionnel.
Ce mécanisme concerne les entreprises individuelles soumises à l'impôt sur le revenu (BIC, BNC, BA), les sociétés de personnes relevant de l'IR et, dans certains cas, les sociétés soumises à l'IS pour la détermination du résultat imposable. En pratique, la plus-value professionnelle se déclenche aussi lors d'événements non volontaires : retrait d'actif, cessation d'activité, apport en société ou indemnité d'assurance perçue après sinistre.
Pour un DAF, l'enjeu est double. D'une part, qualifier correctement l'opération pour déterminer le régime fiscal applicable. D'autre part, anticiper l'impact sur le résultat imposable de l'exercice, car une plus-value mal qualifiée peut générer un redressement fiscal assorti de pénalités de 10 % à 40 % selon la nature du manquement.
La fiscalité des plus-values professionnelles repose sur une distinction binaire : court terme ou long terme. Cette qualification dépend de 2 critères cumulatifs — la durée de détention de l'actif et la nature amortissable ou non du bien cédé.
Une plus-value est classée à court terme dans 2 cas :
Une plus-value est classée à long terme lorsque le bien non amortissable est détenu depuis au moins 2 ans, ou pour la fraction de la plus-value sur bien amortissable qui dépasse les amortissements pratiqués.
Le calcul suit une formule identique dans les 2 cas :
Plus-value = Prix de cession – Valeur nette comptable (VNC)
La VNC se calcule ainsi : prix d'acquisition – amortissements cumulés.
| Élément | Exemple concret |
|---|---|
| Prix d'acquisition du matériel | 100 000 € |
| Amortissements cumulés (5 ans) | 60 000 € |
| Valeur nette comptable (VNC) | 40 000 € |
| Prix de cession | 75 000 € |
| Plus-value totale | 35 000 € |
| Fraction court terme (amortissements) | 35 000 € (plafonnée aux 60 000 € d'amortissements) |
| Fraction long terme | 0 € (la PV totale n'excède pas les amortissements) |
Dans cet exemple, la totalité de la plus-value de 35 000 € est qualifiée de court terme, car elle reste inférieure aux amortissements déduits de 60 000 €.
Le traitement fiscal diffère selon la qualification retenue, avec un écart de charge fiscale qui peut atteindre plusieurs dizaines de points de pourcentage.
La plus-value à court terme s'ajoute au résultat imposable de l'entreprise. Elle est donc soumise au barème progressif de l'impôt sur le revenu, dont la tranche marginale atteint 45 % pour les revenus supérieurs à 177 106 € (barème 2024). S'y ajoutent les cotisations sociales pour les travailleurs indépendants, soit un taux effectif global pouvant dépasser 55 %.
Un mécanisme d'étalement sur 3 ans est toutefois prévu par l'article 39 quaterdecies du CGI : la plus-value nette à court terme peut être répartie par tiers égaux sur l'exercice de réalisation et les 2 exercices suivants. Ce lissage permet de limiter l'effet de seuil lié à la progressivité du barème.
La plus-value à long terme bénéficie d'un taux forfaitaire de 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu (flat tax), auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2 %, soit un taux global de 30 %. Ce régime est nettement plus favorable, ce qui rend la qualification de la durée de détention déterminante dans toute stratégie de cession.
Structurer la fiscalité d'une cession d'actifs nécessite une analyse précise du régime applicable à chaque élément du patrimoine professionnel.
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L'article 151 septies du CGI constitue le dispositif d'exonération le plus utilisé par les petites structures. Il permet une exonération totale ou partielle des plus-values professionnelles, sous conditions strictes.
3 conditions cumulatives doivent être réunies :
| Type d'activité | Exonération totale | Exonération partielle | Au-delà |
|---|---|---|---|
| Vente de marchandises, hébergement | Recettes ≤ 250 000 € | 250 000 € < Recettes ≤ 350 000 € | Pas d'exonération |
| Prestations de services | Recettes ≤ 90 000 € | 90 000 € < Recettes ≤ 126 000 € | Pas d'exonération |
L'exonération partielle est dégressive : elle diminue linéairement entre le seuil bas et le seuil haut. Par exemple, un prestataire de services réalisant 108 000 € de recettes annuelles moyennes bénéficie d'une exonération de 50 % de la plus-value.
Point de vigilance : ce dispositif exonère de l'impôt sur le revenu mais pas des prélèvements sociaux (17,2 %) pour les plus-values à long terme. Le gain fiscal reste néanmoins substantiel.
Le Code général des impôts prévoit plusieurs mécanismes complémentaires, chacun répondant à une situation précise.
Ce dispositif s'applique lors de la cession d'une branche complète d'activité ou d'une entreprise individuelle. L'exonération est totale si la valeur des éléments transmis est inférieure à 500 000 €, et partielle entre 500 000 € et 1 000 000 €. Il est cumulable avec d'autres régimes sous certaines conditions.
Le dirigeant qui cède son entreprise à l'occasion de son départ à la retraite peut bénéficier d'une exonération totale d'impôt sur le revenu sur les plus-values à long terme. Les conditions incluent notamment l'exercice de l'activité pendant au moins 5 ans et la cessation de toute fonction de direction dans les 2 ans suivant la cession.
Les plus-values à long terme réalisées sur des immeubles professionnels bénéficient d'un abattement de 10 % par année de détention au-delà de la 5e année. L'exonération totale est donc acquise après 15 ans de détention.
Identifier le dispositif d'exonération adapté à chaque opération de cession permet de réduire significativement la charge fiscale de l'entreprise.
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| Dispositif | Condition principale | Exonération totale | Exonération partielle |
|---|---|---|---|
| Art. 151 septies | Recettes annuelles (activité > 5 ans) | ≤ 250 000 € (ventes) / ≤ 90 000 € (services) | Jusqu'à 350 000 € / 126 000 € |
| Art. 238 quindecies | Valeur des éléments cédés | < 500 000 € | 500 000 € à 1 000 000 € |
| Art. 151 septies A | Départ à la retraite | Totale (IR) si conditions remplies | Non applicable |
| Art. 151 septies B | Durée de détention (immeubles) | Après 15 ans | Abattement de 10 %/an dès la 6e année |
Ces dispositifs peuvent, dans certains cas, se cumuler. L'article 238 quindecies est notamment cumulable avec l'article 151 septies B pour les immeubles intégrés dans une cession de branche d'activité. En revanche, le cumul entre les articles 151 septies et 238 quindecies est exclu pour un même bien.
La plus-value professionnelle doit être déclarée sur des formulaires spécifiques selon le régime fiscal de l'entreprise :
Lorsqu'un dispositif d'exonération est revendiqué, l'entreprise doit joindre un état détaillé des plus-values exonérées, précisant le fondement juridique retenu et les éléments justificatifs (durée de détention, montant des recettes, valeur des éléments cédés).
La sécurisation de ces opérations passe par une revue systématique de la qualification des actifs, du calcul de la VNC et de l'éligibilité aux dispositifs d'exonération, idéalement avant la signature de l'acte de cession.
Les plus-values à court terme sont intégrées au résultat imposable et soumises aux cotisations sociales des travailleurs indépendants. Les plus-values à long terme supportent les prélèvements sociaux de 17,2 %, même en cas d'exonération d'impôt sur le revenu au titre des articles 151 septies ou 238 quindecies.
Certains dispositifs sont cumulables. L'article 238 quindecies peut se combiner avec l'article 151 septies B pour les immeubles inclus dans une cession de branche d'activité. En revanche, les articles 151 septies et 238 quindecies ne sont pas cumulables pour un même élément d'actif.
L'article 39 quaterdecies du CGI permet de répartir la plus-value nette à court terme par tiers égaux sur l'exercice de réalisation et les 2 exercices suivants. Ce mécanisme réduit l'impact de la progressivité du barème de l'IR. Il est automatiquement remis en cause en cas de cessation d'activité.
L'activité professionnelle doit avoir été exercée pendant au moins 5 ans à la date de la cession. Ce délai court à compter du début effectif de l'activité, et non de la date d'acquisition du bien cédé. Le non-respect de ce seuil, même d'un mois, exclut totalement le bénéfice de l'exonération.
Les plus-values sur cession de parts de sociétés de personnes (SNC, EURL à l'IR) relèvent du régime des plus-values professionnelles lorsque l'associé exerce son activité dans la société. En revanche, les cessions de parts de sociétés soumises à l'IS relèvent du régime des plus-values des particuliers, avec des règles de calcul et d'abattement distinctes.
Article 151 septies - Code général des impôts - Légifrance
Exonération des plus-values réalisées par les petites entreprises - BOFiP
Exonération en cas de plus-value professionnelle - impots.gouv.fr
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