Plafond entreprise individuelle : seuils 2026, conséquences du dépassement et alternatives

Guides & Ressources pratiques
24 Feb 2026
-
7
min
Points clés de l'article
  1. Le plafond entreprise individuelle recouvre deux réalités distinctes : les seuils de chiffre d'affaires de la micro-entreprise et les seuils fiscaux/TVA de l'EI au régime réel.
  2. En 2026, les plafonds micro restent fixés à 188 700 € (BIC vente) et 77 700 € (BNC/services), tandis que la franchise en base de TVA obéit à ses propres seuils, plus bas.
  3. Le dépassement d'un plafond entraîne des conséquences en cascade : assujettissement à la TVA, passage au régime réel d'imposition, obligations comptables renforcées.
  4. Lorsque l'activité dépasse durablement ces seuils, la bascule vers une société (EURL, SASU, SAS) permet d'optimiser la fiscalité et de protéger le patrimoine personnel.
  5. Le DAF doit suivre mensuellement le CA cumulé, le seuil de TVA et le résultat net pour anticiper chaque transition sans rupture.

Besoin d'un juriste freelance ou d'un avocat ?

Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.

✓ 250+ spécialistes✓ 500+ clients satisfaits✓ -30 à -50% moins cher qu'un cabinet
Incubateur du Barreau de Paris
Réseau Entreprendre
Prix Innovation Barreau de Paris

Sommaire

Plafond entreprise individuelle : de quoi parle-t-on exactement (micro vs réel)

EI au régime réel vs micro-entreprise : deux logiques de plafonds distinctes

Plafonds de chiffre d'affaires de la micro-entreprise en 2026 (BIC, BNC, mixte)

Seuils et franchise en base de TVA applicables à l'entreprise individuelle

Conséquences fiscales, sociales et comptables du dépassement de plafond

Quand basculer de l'EI vers une société (EURL, SASU, SAS) : critères de déclenchement

Pilotage et anticipation des seuils côté DAF : indicateurs à suivre

Sécuriser la transition juridique et fiscale avec un avocat d'affaires

FAQ

Pour aller plus loin

Plafond entreprise individuelle : de quoi parle-t-on exactement (micro vs réel)

Le terme plafond entreprise individuelle est trompeur. Il désigne en réalité deux catégories de seuils qui ne relèvent ni du même régime, ni des mêmes conséquences. La première catégorie concerne les plafonds de chiffre d'affaires qui conditionnent l'accès au régime de la micro-entreprise. La seconde porte sur les seuils de franchise en base de TVA, applicables à toute entreprise individuelle, y compris au régime réel.

Confondre ces deux mécanismes conduit à des erreurs de pilotage coûteuses. Un dirigeant peut croire qu'il reste en micro-entreprise alors qu'il a déjà franchi le seuil de TVA. Inversement, il peut anticiper un passage au réel sans savoir que la tolérance de dépassement lui laisse encore une année de marge. Pour un DAF, la distinction entre ces deux logiques est un préalable à toute décision de structuration.

EI au régime réel vs micro-entreprise : deux logiques de plafonds distinctes

La micro-entreprise est un régime simplifié de l'entreprise individuelle. Elle bénéficie d'un abattement forfaitaire sur le chiffre d'affaires (71 % pour la vente, 50 % pour les services BIC, 34 % pour les BNC) et d'une dispense de TVA sous conditions. L'accès à ce régime est conditionné au respect de plafonds de CA annuels.

L'EI au régime réel, en revanche, n'est pas soumise à un plafond de chiffre d'affaires. Elle peut réaliser un CA illimité. En revanche, elle reste soumise aux seuils de franchise en base de TVA et aux règles d'imposition de droit commun (impôt sur le revenu, catégorie BIC ou BNC). La confusion entre ces deux régimes provient du fait qu'ils partagent la même forme juridique — l'entreprise individuelle — mais obéissent à des règles fiscales et comptables radicalement différentes.

Critère Micro-entreprise EI au régime réel
Plafond de CA Oui (188 700 € ou 77 700 €) Non
Comptabilité Ultra-simplifiée Complète (bilan, compte de résultat)
TVA Franchise en base possible Franchise en base possible
Déduction des charges Non (abattement forfaitaire) Oui (charges réelles)
Imposition IR avec abattement IR sur bénéfice net réel

Plafonds de chiffre d'affaires de la micro-entreprise en 2026 (BIC, BNC, mixte)

Les plafonds de chiffre d'affaires de la micro-entreprise pour 2026 restent alignés sur les seuils en vigueur depuis 2023, en l'absence de revalorisation législative à ce jour.

Catégorie d'activité Plafond annuel de CA (HT) Exemples
BIC – Vente de marchandises 188 700 € Commerce, restauration à emporter, hébergement
BIC – Prestations de services 77 700 € Artisanat, services commerciaux
BNC – Activités libérales 77 700 € Conseil, formation, professions libérales non réglementées
Activité mixte 188 700 € au total, dont 77 700 € max pour les services Commerce + prestation combinés

Le dépassement de ces seuils pendant 2 années consécutives entraîne la sortie du régime micro au 1er janvier de l'année suivante. Un dépassement isolé sur une seule année ne provoque pas de bascule immédiate. Cette règle de tolérance est souvent mal comprise : elle ne s'applique qu'au régime fiscal, pas à la franchise de TVA.

Seuils et franchise en base de TVA applicables à l'entreprise individuelle

La franchise en base de TVA est un dispositif distinct des plafonds micro. Elle dispense l'entreprise de facturer et de reverser la TVA, tant que son CA reste sous certains seuils. Ces seuils ont été modifiés par la loi de finances 2025, avec une entrée en vigueur au 1er mars 2025.

  • Seuil de base (vente de marchandises) : 85 000 € de CA annuel HT.
  • Seuil de base (prestations de services) : 37 500 € de CA annuel HT.
  • Seuil majoré (vente) : 93 500 €.
  • Seuil majoré (services) : 41 250 €.

Lorsque le CA dépasse le seuil de base mais reste sous le seuil majoré, la franchise est maintenue pour l'année en cours. En revanche, le franchissement du seuil majoré entraîne un assujettissement immédiat à la TVA, dès le 1er jour du mois de dépassement. Cette mécanique crée un décalage fréquent : un micro-entrepreneur peut être assujetti à la TVA tout en restant sous le plafond micro de 77 700 € ou 188 700 €.

Anticiper le franchissement d'un seuil de TVA ou d'un plafond micro nécessite un cadrage juridique et fiscal adapté à chaque situation.
Découvrir les avocats spécialisés en création de sociétés

Conséquences fiscales, sociales et comptables du dépassement de plafond

Le dépassement d'un plafond entreprise individuelle déclenche une série de conséquences qu'il faut distinguer selon le seuil franchi.

Sur le plan fiscal :

  • La sortie du régime micro impose le passage au régime réel simplifié ou normal. Le bénéfice est alors calculé sur les charges réelles, ce qui nécessite une comptabilité complète.
  • L'assujettissement à la TVA oblige à facturer la TVA, à la déclarer (mensuellement ou trimestriellement) et à la reverser à l'administration.

Sur le plan social :

  • Les cotisations sociales ne sont plus calculées sur le CA avec abattement, mais sur le bénéfice net. Selon le niveau de charges, cela peut augmenter ou diminuer la base de cotisation.

Sur le plan comptable :

  • L'entreprise doit tenir un livre-journal, un grand livre et établir des comptes annuels (bilan + compte de résultat). Le recours à un expert-comptable devient quasi indispensable.

Ces transitions ne sont pas rétroactives. Elles s'appliquent à compter de l'exercice suivant (pour le régime fiscal) ou du mois de dépassement (pour la TVA). Le risque principal est de ne pas les anticiper et de se retrouver en infraction déclarative.

Quand basculer de l'EI vers une société (EURL, SASU, SAS) : critères de déclenchement

La question de la transformation en société se pose lorsque l'EI atteint ses limites structurelles. Plusieurs critères objectifs permettent d'identifier le bon moment.

  • Le bénéfice net dépasse 40 000 à 50 000 € par an. Au-delà de ce seuil, l'imposition à l'IR sur le bénéfice de l'EI devient souvent moins favorable que l'option IS en société, combinée à une rémunération de dirigeant calibrée.
  • Le besoin de protection du patrimoine personnel. Depuis la loi du 14 février 2022, l'EI bénéficie d'une séparation automatique des patrimoines. Toutefois, la société offre une responsabilité limitée aux apports, plus lisible pour les partenaires financiers.
  • L'entrée d'associés ou d'investisseurs. L'EI ne permet pas de partager le capital. La création d'une SAS ou SASU ouvre l'accès à des levées de fonds ou à l'association.
  • L'optimisation de la rémunération. En SASU, le dirigeant peut arbitrer entre salaire et dividendes. En EURL à l'IS, il peut moduler sa rémunération pour optimiser les cotisations sociales.

Structurer le passage de l'entreprise individuelle vers une société implique des choix fiscaux, sociaux et juridiques qui méritent un accompagnement sur mesure.
Consulter un avocat en création de sociétés

Pilotage et anticipation des seuils côté DAF : indicateurs à suivre

Pour un DAF ou un dirigeant qui gère la dimension financière, le suivi des seuils repose sur 3 indicateurs clés, à monitorer mensuellement.

  1. CA cumulé HT glissant sur 12 mois. C'est l'indicateur de référence pour anticiper le franchissement des plafonds micro et des seuils de TVA. Un tableau de bord mensuel suffit.
  2. Marge entre CA cumulé et seuil de TVA majoré. Lorsque cette marge passe sous 10 %, il faut préparer l'assujettissement : paramétrer la facturation TTC, ouvrir un compte de TVA, informer les clients.
  3. Bénéfice net prévisionnel. C'est le critère de décision pour évaluer l'intérêt d'un passage en société. Un bénéfice net supérieur à 45 000 € sur 2 exercices consécutifs justifie une simulation comparative EI/société.

Le DAF doit également surveiller les dates de tolérance : un dépassement du plafond micro sur une seule année ne déclenche pas la sortie du régime. En revanche, un dépassement du seuil majoré de TVA est immédiat et sans tolérance.

Sécuriser la transition juridique et fiscale avec un avocat d'affaires

Le passage d'un régime à l'autre — ou d'une EI vers une société — génère des obligations déclaratives, des choix d'option fiscale et des formalités juridiques qui s'enchaînent dans un calendrier contraint. Une erreur de timing sur l'option IS, un oubli de déclaration de TVA ou un défaut d'immatriculation peut entraîner des pénalités fiscales ou une requalification.

Un avocat d'affaires intervient sur 3 axes dans ce contexte :

  • Le diagnostic fiscal : simulation comparative entre maintien en EI (réel) et création de société, en intégrant les cotisations sociales, l'IR/IS et les dividendes.
  • La rédaction des statuts : choix de la forme sociale (EURL, SASU, SAS), rédaction adaptée à la gouvernance souhaitée, clause de répartition des bénéfices.
  • Le calendrier de transition : coordination entre radiation de l'EI, immatriculation de la société, transfert des contrats et continuité d'exploitation.

Préparer une transition vers une société structurée nécessite un cadrage juridique précis dès le franchissement des premiers seuils.
Trouver un avocat pour créer votre société

FAQ

Quel est le plafond de chiffre d'affaires d'une entreprise individuelle en 2026 ?

L'entreprise individuelle au régime réel n'a pas de plafond de chiffre d'affaires. Seule la micro-entreprise est soumise à des plafonds : 188 700 € pour les activités de vente (BIC) et 77 700 € pour les prestations de services et activités libérales (BNC). Ces seuils s'apprécient sur l'année civile, en CA HT.

Que se passe-t-il si je dépasse le plafond micro-entreprise une seule année ?

Un dépassement isolé sur une seule année civile ne provoque pas la sortie du régime micro. Le basculement vers le régime réel intervient uniquement si le plafond est dépassé pendant 2 années consécutives. En revanche, le dépassement du seuil majoré de TVA entraîne un assujettissement immédiat, sans tolérance.

Quelle différence entre le plafond micro et le seuil de TVA ?

Le plafond micro conditionne l'accès au régime simplifié d'imposition (abattement forfaitaire). Le seuil de TVA conditionne la franchise en base, c'est-à-dire la dispense de facturer la TVA. Les deux seuils sont indépendants : un micro-entrepreneur peut être assujetti à la TVA tout en restant sous le plafond micro.

À partir de quel bénéfice faut-il envisager de passer en société ?

La bascule vers une société (EURL à l'IS ou SASU) devient généralement pertinente lorsque le bénéfice net dépasse 40 000 à 50 000 € par an sur 2 exercices. À ce niveau, l'imposition à l'IS combinée à une rémunération de dirigeant calibrée est souvent plus favorable que l'IR sur le bénéfice de l'EI.

Faut-il un avocat pour passer d'une EI à une société ?

Ce n'est pas une obligation légale, mais c'est fortement recommandé. La transition implique des choix d'option fiscale (IS ou IR), la rédaction de statuts, le transfert de contrats et un calendrier de formalités précis. Un avocat d'affaires sécurise ces étapes et évite les erreurs de timing qui peuvent entraîner des pénalités fiscales.

Pour aller plus loin

Micro-entreprise : que se passe-t-il quand le seuil de chiffre d'affaires est dépassé ? - Ministère de l'Économie

Entreprises : pouvez-vous bénéficier de la franchise de TVA ? - Ministère de l'Économie

Bénéficiaires de la franchise en base et du régime micro BIC ou BNC - BOFiP Impôts

SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d’avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l’Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d’accéder rapidement via la plateforme à des avocats d’affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu’il s’agisse d’un dossier, d’une consultation ou d’un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d’avocats pour répondre rapidement à leur demande.

Télécharger la ressource

Plateforme de mise en relation d’avocats d’affaires