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Pénalité de retard sur facture : définition et cadre légal
Conditions d'application : entre professionnels et avec un particulier
Calcul des pénalités de retard : taux, formule et exemple chiffré
Indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement
Mentions obligatoires sur la facture et dans les CGV
Sanctions en cas de manquement et erreurs fréquentes à éviter
La pénalité de retard sur facture désigne la somme due par un débiteur professionnel lorsqu'il ne règle pas une facture à la date d'échéance convenue. Ce mécanisme est encadré par l'article L. 441-10 du Code de commerce, issu de la loi de modernisation de l'économie (LME) du 4 août 2008, modifiée à plusieurs reprises depuis.
Le principe est direct : les pénalités courent de plein droit, dès le jour suivant la date de règlement figurant sur la facture. Aucune mise en demeure préalable n'est requise pour que le droit à pénalités naisse. Cette automaticité distingue le régime commercial du régime civil, où une interpellation du débiteur reste en principe nécessaire.
Le texte impose que les conditions générales de vente (CGV) précisent le taux applicable et les modalités d'exigibilité. En l'absence de taux contractuel, le taux par défaut s'applique : il correspond à 3 fois le taux d'intérêt légal en vigueur. Au 1er semestre 2025, le taux d'intérêt légal applicable aux professionnels s'élève à 4,16 %, ce qui porte le taux de pénalité par défaut à 12,47 % annuels.
Ce cadre vise un objectif précis : dissuader les retards de paiement entre entreprises. Selon le rapport annuel 2024 de l'Observatoire des délais de paiement, le retard moyen inter-entreprises en France s'établit à 12,5 jours au-delà du terme convenu. Les pénalités de retard constituent donc un levier de recouvrement que les directions juridiques doivent intégrer dans leur politique contractuelle.
Le régime des pénalités de retard diffère selon la nature de la relation commerciale. La distinction entre transactions B2B et B2C conditionne à la fois le fondement juridique, le taux applicable et les modalités de mise en œuvre.
L'article L. 441-10 du Code de commerce s'applique exclusivement aux relations entre professionnels. Dans ce cadre, les pénalités sont exigibles sans formalité dès le dépassement de l'échéance. Le créancier n'a pas besoin de prouver un préjudice : le seul constat du retard suffit.
Le délai de paiement maximal entre professionnels est fixé à 60 jours à compter de la date d'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si les parties en conviennent. Tout dépassement de ces plafonds déclenche l'application des pénalités.
Lorsque le client est un consommateur, le Code de commerce ne s'applique pas. Le régime relève alors des articles 1231-6 et suivants du Code civil. Les intérêts moratoires courent à compter de la mise en demeure, et non de plein droit. Le taux applicable est le taux d'intérêt légal simple (4,16 % au 1er semestre 2025), sauf clause contractuelle spécifique.
| Critère | B2B (Code de commerce) | B2C (Code civil) |
|---|---|---|
| Fondement juridique | Art. L. 441-10 C. com. | Art. 1231-6 C. civ. |
| Exigibilité | De plein droit, sans mise en demeure | Après mise en demeure |
| Taux par défaut | 3 × taux légal (12,47 % en S1 2025) | Taux légal simple (4,16 % en S1 2025) |
| Indemnité forfaitaire de 40 € | Oui | Non |
| Délai de paiement maximal légal | 60 jours date de facture | Aucun plafond légal imposé |
Cette distinction est déterminante pour la rédaction des CGV. Une direction juridique qui applique le régime B2B à un client particulier s'expose à la contestation de la clause, voire à sa qualification de clause abusive.
Sécuriser vos CGV et vos clauses de pénalités nécessite un cadrage juridique adapté à chaque type de relation commerciale.
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Le calcul des pénalités de retard sur facture repose sur une formule simple, appliquée au montant TTC de la créance impayée.
Pénalités = Montant TTC × (Taux annuel / 365) × Nombre de jours de retard
Le taux retenu est soit le taux contractuel inscrit dans les CGV, soit le taux légal par défaut (3 fois le taux d'intérêt légal). Le Code de commerce interdit de fixer un taux contractuel inférieur au taux minimum légal, fixé à une fois le taux d'intérêt légal, soit 4,16 % au 1er semestre 2025.
Prenons une facture de 15 000 € TTC, échue le 1er mars 2025, réglée le 31 mars 2025, avec un taux contractuel de 12 %.
Pénalités = 15 000 × (12 % / 365) × 30 = 147,95 €
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Montant TTC de la facture | 15 000 € |
| Taux annuel appliqué | 12 % |
| Jours de retard | 30 |
| Pénalités dues | 147,95 € |
| Indemnité forfaitaire (voir section suivante) | 40 € |
| Total réclamable | 187,95 € |
En pratique, les pénalités restent souvent modestes sur des montants unitaires. Leur effet dissuasif se manifeste surtout sur les encours cumulés ou les retards récurrents. Pour un portefeuille de 200 factures en retard moyen de 15 jours, le montant total de pénalités peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Depuis le 1er janvier 2013, l'article D. 441-5 du Code de commerce impose une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement. Cette indemnité est due de plein droit, en sus des pénalités de retard, pour chaque facture réglée après l'échéance.
Cette indemnité n'est pas négociable : elle s'applique automatiquement et ne peut être réduite par voie contractuelle. Toute clause qui l'exclurait serait réputée non écrite.
Trois points méritent l'attention des directions juridiques :
Lorsque les frais de recouvrement dépassent le forfait de 40 €, un accompagnement juridique permet de documenter et de réclamer l'intégralité des sommes engagées.
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L'article L. 441-9 du Code de commerce impose que chaque facture comporte des mentions relatives aux pénalités de retard. L'article L. 441-1 impose les mêmes mentions dans les conditions générales de vente.
Les mentions obligatoires liées aux pénalités sont :
Les CGV doivent reprendre ces informations et préciser :
L'omission de ces mentions ne supprime pas le droit aux pénalités. Le créancier conserve la possibilité de réclamer les pénalités au taux légal par défaut. En revanche, l'absence de mention sur la facture constitue une infraction sanctionnable par la DGCCRF.
La DGCCRF contrôle le respect des obligations de facturation et de délais de paiement. Les sanctions prévues par l'article L. 441-16 du Code de commerce sont :
En 2023, la DGCCRF a prononcé 223 amendes pour non-respect des délais de paiement, pour un montant total de 22,7 millions d'euros. Les entreprises de toutes tailles sont concernées : des PME aux grands groupes cotés.
Les directions juridiques doivent surveiller plusieurs points récurrents :
Le contrôle de conformité des factures et des CGV constitue un point de vigilance récurrent pour les directions juridiques. Un audit contractuel ciblé permet d'identifier et de corriger les non-conformités avant tout contrôle.
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Oui, entre professionnels. L'article L. 441-10 du Code de commerce prévoit que les pénalités de retard courent de plein droit dès le lendemain de la date d'échéance inscrite sur la facture. Aucune relance ni mise en demeure n'est nécessaire pour que le droit à pénalités naisse.
Le taux est librement fixé par les parties, à condition de respecter un plancher : il ne peut pas être inférieur au taux d'intérêt légal en vigueur (4,16 % au 1er semestre 2025). En l'absence de taux contractuel, le taux par défaut de 3 fois le taux d'intérêt légal s'applique automatiquement.
L'indemnité de 40 € s'applique par facture impayée, et non par client ou par créance globale. Si un débiteur règle 5 factures en retard, le créancier peut réclamer 5 × 40 € = 200 € d'indemnités forfaitaires.
L'omission des mentions obligatoires constitue une infraction contrôlée par la DGCCRF. L'amende peut atteindre 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale. En cas de récidive dans les 2 ans, ces montants sont doublés.
Non, le régime du Code de commerce (pénalités de plein droit, indemnité de 40 €) est réservé aux transactions entre professionnels. Pour les clients particuliers, ce sont les intérêts moratoires du Code civil qui s'appliquent, au taux légal simple, et uniquement après mise en demeure.
Délais de paiement entre professionnels et pénalités de retard - Service-Public Entreprendre
Article L441-10 du Code de commerce - Légifrance
Délais de paiement : les règles à connaître - economie.gouv.fr (DGCCRF)
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