Pénalité de retard sur facture : définition, calcul et mentions obligatoires

Guides & Ressources pratiques
02 Jan 2026
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8
min
Points clés de l'article
  1. Les pénalités de retard sur facture sont exigibles de plein droit dès le lendemain de la date d'échéance, sans qu'un rappel soit nécessaire (article L. 441-10 du Code de commerce).
  2. Le taux légal par défaut correspond à 3 fois le taux d'intérêt légal, soit 12,47 % pour le 1er semestre 2025 ; un taux contractuel différent est possible, à condition qu'il ne soit pas inférieur au taux minimum légal.
  3. Une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement s'ajoute automatiquement à chaque facture impayée entre professionnels.
  4. L'absence de mention du taux de pénalité sur la facture ou dans les CGV expose l'entreprise à une amende administrative pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale.
  5. Les pénalités de retard ne s'appliquent pas de la même manière entre professionnels (B2B) et dans les relations avec un particulier (B2C), où le régime du Code civil prévaut.

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Sommaire

Pénalité de retard sur facture : définition et cadre légal

Conditions d'application : entre professionnels et avec un particulier

Calcul des pénalités de retard : taux, formule et exemple chiffré

Indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement

Mentions obligatoires sur la facture et dans les CGV

Sanctions en cas de manquement et erreurs fréquentes à éviter

FAQ

Pour aller plus loin

Pénalité de retard sur facture : définition et cadre légal

La pénalité de retard sur facture désigne la somme due par un débiteur professionnel lorsqu'il ne règle pas une facture à la date d'échéance convenue. Ce mécanisme est encadré par l'article L. 441-10 du Code de commerce, issu de la loi de modernisation de l'économie (LME) du 4 août 2008, modifiée à plusieurs reprises depuis.

Le principe est direct : les pénalités courent de plein droit, dès le jour suivant la date de règlement figurant sur la facture. Aucune mise en demeure préalable n'est requise pour que le droit à pénalités naisse. Cette automaticité distingue le régime commercial du régime civil, où une interpellation du débiteur reste en principe nécessaire.

Le texte impose que les conditions générales de vente (CGV) précisent le taux applicable et les modalités d'exigibilité. En l'absence de taux contractuel, le taux par défaut s'applique : il correspond à 3 fois le taux d'intérêt légal en vigueur. Au 1er semestre 2025, le taux d'intérêt légal applicable aux professionnels s'élève à 4,16 %, ce qui porte le taux de pénalité par défaut à 12,47 % annuels.

Ce cadre vise un objectif précis : dissuader les retards de paiement entre entreprises. Selon le rapport annuel 2024 de l'Observatoire des délais de paiement, le retard moyen inter-entreprises en France s'établit à 12,5 jours au-delà du terme convenu. Les pénalités de retard constituent donc un levier de recouvrement que les directions juridiques doivent intégrer dans leur politique contractuelle.

Conditions d'application : entre professionnels et avec un particulier

Le régime des pénalités de retard diffère selon la nature de la relation commerciale. La distinction entre transactions B2B et B2C conditionne à la fois le fondement juridique, le taux applicable et les modalités de mise en œuvre.

Entre professionnels (B2B)

L'article L. 441-10 du Code de commerce s'applique exclusivement aux relations entre professionnels. Dans ce cadre, les pénalités sont exigibles sans formalité dès le dépassement de l'échéance. Le créancier n'a pas besoin de prouver un préjudice : le seul constat du retard suffit.

Le délai de paiement maximal entre professionnels est fixé à 60 jours à compter de la date d'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si les parties en conviennent. Tout dépassement de ces plafonds déclenche l'application des pénalités.

Avec un particulier (B2C)

Lorsque le client est un consommateur, le Code de commerce ne s'applique pas. Le régime relève alors des articles 1231-6 et suivants du Code civil. Les intérêts moratoires courent à compter de la mise en demeure, et non de plein droit. Le taux applicable est le taux d'intérêt légal simple (4,16 % au 1er semestre 2025), sauf clause contractuelle spécifique.

CritèreB2B (Code de commerce)B2C (Code civil)
Fondement juridiqueArt. L. 441-10 C. com.Art. 1231-6 C. civ.
ExigibilitéDe plein droit, sans mise en demeureAprès mise en demeure
Taux par défaut3 × taux légal (12,47 % en S1 2025)Taux légal simple (4,16 % en S1 2025)
Indemnité forfaitaire de 40 €OuiNon
Délai de paiement maximal légal60 jours date de factureAucun plafond légal imposé

Cette distinction est déterminante pour la rédaction des CGV. Une direction juridique qui applique le régime B2B à un client particulier s'expose à la contestation de la clause, voire à sa qualification de clause abusive.

Sécuriser vos CGV et vos clauses de pénalités nécessite un cadrage juridique adapté à chaque type de relation commerciale.
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Calcul des pénalités de retard : taux, formule et exemple chiffré

Le calcul des pénalités de retard sur facture repose sur une formule simple, appliquée au montant TTC de la créance impayée.

Formule de calcul

Pénalités = Montant TTC × (Taux annuel / 365) × Nombre de jours de retard

Le taux retenu est soit le taux contractuel inscrit dans les CGV, soit le taux légal par défaut (3 fois le taux d'intérêt légal). Le Code de commerce interdit de fixer un taux contractuel inférieur au taux minimum légal, fixé à une fois le taux d'intérêt légal, soit 4,16 % au 1er semestre 2025.

Exemple chiffré

Prenons une facture de 15 000 € TTC, échue le 1er mars 2025, réglée le 31 mars 2025, avec un taux contractuel de 12 %.

  • Montant TTC : 15 000 €
  • Taux annuel : 12 %
  • Nombre de jours de retard : 30

Pénalités = 15 000 × (12 % / 365) × 30 = 147,95 €

ÉlémentValeur
Montant TTC de la facture15 000 €
Taux annuel appliqué12 %
Jours de retard30
Pénalités dues147,95 €
Indemnité forfaitaire (voir section suivante)40 €
Total réclamable187,95 €

En pratique, les pénalités restent souvent modestes sur des montants unitaires. Leur effet dissuasif se manifeste surtout sur les encours cumulés ou les retards récurrents. Pour un portefeuille de 200 factures en retard moyen de 15 jours, le montant total de pénalités peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros.

Indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement

Depuis le 1er janvier 2013, l'article D. 441-5 du Code de commerce impose une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement. Cette indemnité est due de plein droit, en sus des pénalités de retard, pour chaque facture réglée après l'échéance.

Cette indemnité n'est pas négociable : elle s'applique automatiquement et ne peut être réduite par voie contractuelle. Toute clause qui l'exclurait serait réputée non écrite.

Trois points méritent l'attention des directions juridiques :

  1. Cumul par facture : l'indemnité de 40 € s'applique par facture impayée, et non par créance globale. Un débiteur qui règle 10 factures en retard doit 400 € d'indemnités forfaitaires.
  2. Complément possible : si les frais de recouvrement réels dépassent 40 €, le créancier peut réclamer une indemnisation complémentaire sur justificatifs (frais d'avocat, frais de société de recouvrement, etc.).
  3. Champ d'application : cette indemnité concerne exclusivement les transactions entre professionnels. Elle ne s'applique pas aux relations B2C.
Lorsque les frais de recouvrement dépassent le forfait de 40 €, un accompagnement juridique permet de documenter et de réclamer l'intégralité des sommes engagées.
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Mentions obligatoires sur la facture et dans les CGV

L'article L. 441-9 du Code de commerce impose que chaque facture comporte des mentions relatives aux pénalités de retard. L'article L. 441-1 impose les mêmes mentions dans les conditions générales de vente.

Sur la facture

Les mentions obligatoires liées aux pénalités sont :

  • Le taux des pénalités de retard exigibles le jour suivant la date de règlement
  • La mention de l'indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement
  • La date d'échéance du règlement (ou le délai de paiement applicable)
  • Les conditions d'escompte en cas de paiement anticipé (ou la mention « Pas d'escompte pour paiement anticipé »)

Dans les CGV

Les CGV doivent reprendre ces informations et préciser :

  • Le taux de pénalité retenu (contractuel ou par défaut)
  • Les modalités de déclenchement (de plein droit, sans rappel)
  • Le montant de l'indemnité forfaitaire
  • Les éventuelles conditions de recouvrement complémentaire

L'omission de ces mentions ne supprime pas le droit aux pénalités. Le créancier conserve la possibilité de réclamer les pénalités au taux légal par défaut. En revanche, l'absence de mention sur la facture constitue une infraction sanctionnable par la DGCCRF.

Sanctions en cas de manquement et erreurs fréquentes à éviter

Sanctions administratives

La DGCCRF contrôle le respect des obligations de facturation et de délais de paiement. Les sanctions prévues par l'article L. 441-16 du Code de commerce sont :

  • 75 000 € d'amende pour une personne physique
  • 375 000 € d'amende pour une personne morale
  • 150 000 € et 750 000 € en cas de récidive dans un délai de 2 ans

En 2023, la DGCCRF a prononcé 223 amendes pour non-respect des délais de paiement, pour un montant total de 22,7 millions d'euros. Les entreprises de toutes tailles sont concernées : des PME aux grands groupes cotés.

Erreurs fréquentes à éviter

Les directions juridiques doivent surveiller plusieurs points récurrents :

  • Taux inférieur au plancher légal : fixer un taux contractuel en dessous du taux d'intérêt légal simple rend la clause non conforme. Le taux par défaut (3 fois le taux légal) s'applique alors automatiquement, ce qui peut être plus coûteux pour le débiteur.
  • Absence de mise à jour du taux : le taux d'intérêt légal change chaque semestre. Les CGV et les factures doivent refléter le taux en vigueur au moment de l'émission.
  • Omission de l'indemnité de 40 € : cette mention est obligatoire sur chaque facture, même si le paiement intervient dans les délais.
  • Non-application systématique : renoncer systématiquement à réclamer les pénalités peut affaiblir la position du créancier en cas de contentieux ultérieur, car cela peut être interprété comme une tolérance contractuelle.
  • Confusion B2B / B2C : appliquer le régime commercial à un client particulier expose à la nullité de la clause.
Le contrôle de conformité des factures et des CGV constitue un point de vigilance récurrent pour les directions juridiques. Un audit contractuel ciblé permet d'identifier et de corriger les non-conformités avant tout contrôle.
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FAQ

Les pénalités de retard sont-elles exigibles même sans mise en demeure ?

Oui, entre professionnels. L'article L. 441-10 du Code de commerce prévoit que les pénalités de retard courent de plein droit dès le lendemain de la date d'échéance inscrite sur la facture. Aucune relance ni mise en demeure n'est nécessaire pour que le droit à pénalités naisse.

Peut-on fixer librement le taux de pénalité dans les CGV ?

Le taux est librement fixé par les parties, à condition de respecter un plancher : il ne peut pas être inférieur au taux d'intérêt légal en vigueur (4,16 % au 1er semestre 2025). En l'absence de taux contractuel, le taux par défaut de 3 fois le taux d'intérêt légal s'applique automatiquement.

L'indemnité forfaitaire de 40 € s'applique-t-elle par facture ou par client ?

L'indemnité de 40 € s'applique par facture impayée, et non par client ou par créance globale. Si un débiteur règle 5 factures en retard, le créancier peut réclamer 5 × 40 € = 200 € d'indemnités forfaitaires.

Que risque une entreprise qui omet les mentions de pénalités sur ses factures ?

L'omission des mentions obligatoires constitue une infraction contrôlée par la DGCCRF. L'amende peut atteindre 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale. En cas de récidive dans les 2 ans, ces montants sont doublés.

Les pénalités de retard s'appliquent-elles aux factures adressées à des particuliers ?

Non, le régime du Code de commerce (pénalités de plein droit, indemnité de 40 €) est réservé aux transactions entre professionnels. Pour les clients particuliers, ce sont les intérêts moratoires du Code civil qui s'appliquent, au taux légal simple, et uniquement après mise en demeure.

Pour aller plus loin

Délais de paiement entre professionnels et pénalités de retard - Service-Public Entreprendre

Article L441-10 du Code de commerce - Légifrance

Délais de paiement : les règles à connaître - economie.gouv.fr (DGCCRF)

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