
Jullian Hoareau

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Qu'est-ce qu'une rupture conventionnelle
La convention de rupture et le formulaire Cerfa
La demande d'homologation auprès de la DREETS
Les documents remis au salarié en fin de contrat
Attestation France Travail et certificat de travail
Reçu pour solde de tout compte et indemnités
Erreurs fréquentes et risques de contentieux
Sécuriser la procédure avec un avocat en droit social
La rupture conventionnelle est un mode de rupture du contrat de travail à durée indéterminée (CDI) qui repose sur l'accord mutuel de l'employeur et du salarié. Encadrée par les articles L1237-11 à L1237-16 du Code du travail, elle se distingue du licenciement et de la démission par son caractère négocié.
Concrètement, la procédure suit 4 étapes successives : au moins un entretien préalable entre les parties, la signature de la convention, un délai de rétractation de 15 jours calendaires, puis la demande d'homologation auprès de la DREETS. Chaque étape génère des papiers précis que l'employeur doit produire, conserver ou remettre au salarié.
Pour un DRH, la difficulté ne réside pas dans la négociation elle-même, mais dans la rigueur documentaire exigée à chaque phase. Un formulaire mal renseigné, un délai non respecté ou un document de fin de contrat manquant suffit à fragiliser l'ensemble de la procédure.
La convention de rupture conventionnelle se matérialise par le formulaire Cerfa n°14598*01, dédié à la rupture conventionnelle individuelle. Ce document formalise l'accord des deux parties sur les conditions de la rupture : date de fin du contrat, montant de l'indemnité spécifique et, le cas échéant, clauses particulières.
Le formulaire comporte plusieurs rubriques à renseigner avec précision :
| Rubrique | Contenu attendu |
|---|---|
| Identité des parties | Nom, prénom, adresse du salarié ; raison sociale, SIRET de l'employeur |
| Emploi occupé | Intitulé du poste, classification conventionnelle, ancienneté |
| Rémunération | Salaire brut mensuel moyen des 12 derniers mois |
| Indemnité spécifique | Montant convenu (≥ indemnité légale de licenciement) |
| Date de rupture envisagée | Date qui ne peut intervenir avant le lendemain de l'homologation |
| Signatures | Date et signature des deux parties |
Un exemplaire du Cerfa signé doit être remis au salarié. L'absence de remise constitue un vice de procédure susceptible d'entraîner la nullité de la convention devant le conseil de prud'hommes.
Une fois le délai de rétractation de 15 jours calendaires écoulé sans que l'une des parties ne se soit rétractée, l'employeur (ou le salarié) adresse la demande d'homologation à la DREETS (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités).
La demande s'effectue via le téléservice TéléRC, accessible en ligne. Le formulaire Cerfa signé y est transmis de manière dématérialisée. La DREETS dispose ensuite de 15 jours ouvrables pour instruire le dossier. En l'absence de réponse dans ce délai, le silence vaut homologation.
Un rejet de la DREETS oblige à reprendre la procédure depuis la signature d'une nouvelle convention, ce qui retarde la sortie du salarié et mobilise des ressources RH supplémentaires.
Structurer chaque étape de la rupture conventionnelle avec un cadre juridique fiable réduit le risque de rejet ou de contentieux.
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Le jour de la rupture effective du contrat, l'employeur est tenu de remettre au salarié 3 documents obligatoires :
Ces documents ne sont pas facultatifs. Leur remise conditionne l'accès du salarié à ses droits (indemnisation chômage, justification d'expérience professionnelle, clôture financière du contrat). Le défaut de remise expose l'employeur à une condamnation à des dommages et intérêts.
| Document | Destinataire principal | Fonction |
|---|---|---|
| Certificat de travail | Salarié | Atteste de la période d'emploi et du poste occupé |
| Attestation France Travail | France Travail + salarié | Permet l'ouverture des droits au chômage |
| Reçu pour solde de tout compte | Salarié | Détaille les sommes versées à la rupture |
L'attestation France Travail (anciennement attestation Pôle emploi) est le document qui permet au salarié de faire valoir ses droits à l'allocation chômage. L'employeur la transmet directement à France Travail par voie dématérialisée via la DSN (Déclaration sociale nominative) et en remet un exemplaire au salarié.
Elle mentionne le motif de la rupture (rupture conventionnelle homologuée), les salaires des 24 derniers mois et la durée du contrat. Une erreur sur le motif de rupture peut retarder l'indemnisation du salarié et générer des réclamations.
Le certificat de travail est remis au salarié à la date de fin du contrat. Il indique :
Ce document ne comporte aucune appréciation sur le travail du salarié. Il est purement factuel.
Le reçu pour solde de tout compte est un inventaire des sommes versées au salarié lors de la rupture du contrat. Le salarié dispose de 6 mois pour le contester. Passé ce délai, le reçu devient libératoire pour l'employeur sur les sommes qui y figurent.
Lors d'une rupture conventionnelle, l'employeur verse au minimum :
| Indemnité | Caractère | Base de calcul |
|---|---|---|
| Indemnité spécifique de rupture | Obligatoire (≥ légale) | Ancienneté × salaire de référence |
| Indemnité compensatrice de congés payés | Obligatoire si solde positif | Jours acquis non pris × salaire journalier |
| Contrepartie de non-concurrence | Conditionnelle | Selon clause contractuelle |
Un calcul erroné de l'indemnité ou un oubli de la contrepartie de non-concurrence peut déclencher une action prud'homale coûteuse.
Faire vérifier vos documents par un avocat en droit du travail
Plusieurs erreurs récurrentes fragilisent les papiers de la rupture conventionnelle :
Ces erreurs ne relèvent pas de cas isolés. Elles résultent le plus souvent d'un manque de formalisation interne ou d'une méconnaissance des délais légaux.
La rupture conventionnelle engage l'entreprise sur le plan financier, social et juridique. Chaque document produit constitue une pièce potentielle dans un éventuel contentieux prud'homal.
Un avocat en droit social intervient à plusieurs niveaux :
Pour un DRH, recourir à un avocat spécialisé ne traduit pas un défaut de compétence interne. Cela permet de sécuriser une procédure dont chaque détail documentaire a des conséquences juridiques directes.
Anticiper les risques documentaires d'une rupture conventionnelle protège l'entreprise contre des contentieux évitables.
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L'employeur doit produire le formulaire Cerfa n°14598*01 (convention de rupture), la demande d'homologation via TéléRC, puis remettre au salarié 3 documents de fin de contrat : le certificat de travail, l'attestation France Travail et le reçu pour solde de tout compte.
La DREETS dispose de 15 jours ouvrables à compter de la réception de la demande pour se prononcer. Si elle ne répond pas dans ce délai, le silence vaut homologation de la convention.
Non. L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle doit être au minimum égale à l'indemnité légale de licenciement. Une convention prévoyant un montant inférieur sera rejetée par la DREETS.
Le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes pour obtenir la remise forcée du document manquant et réclamer des dommages et intérêts pour le préjudice subi, notamment en cas de retard d'indemnisation chômage.
Oui. Le salarié dispose d'un délai de 6 mois à compter de la signature du reçu pour le contester. Au-delà de ce délai, le reçu devient libératoire pour l'employeur sur les sommes mentionnées.
La rupture conventionnelle du CDI - Code du travail numérique
Documents remis au salarié à la fin du contrat - Service-Public.fr
Rupture conventionnelle (Articles L1237-11 à L1237-16) - Légifrance
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