Rupture conventionnelle : quels papiers l'employeur doit fournir

Guides & Ressources pratiques
05 Jul 2026
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8 min de lecture
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Par

Jullian Hoareau

Points clés de l'article
  1. La rupture conventionnelle repose sur un formulaire Cerfa n°14598*01 signé par les deux parties, suivi d'une homologation par la DREETS.
  2. L'employeur doit remettre 3 documents de fin de contrat : certificat de travail, attestation France Travail et reçu pour solde de tout compte.
  3. L'indemnité spécifique ne peut être inférieure à l'indemnité légale de licenciement ; l'indemnité compensatrice de congés payés et la contrepartie de non-concurrence s'y ajoutent le cas échéant.
  4. Un oubli ou une erreur dans ces papiers peut bloquer l'homologation ou exposer l'entreprise à un contentieux prud'homal.

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Sommaire

Qu'est-ce qu'une rupture conventionnelle

La convention de rupture et le formulaire Cerfa

La demande d'homologation auprès de la DREETS

Les documents remis au salarié en fin de contrat

Attestation France Travail et certificat de travail

Reçu pour solde de tout compte et indemnités

Erreurs fréquentes et risques de contentieux

Sécuriser la procédure avec un avocat en droit social

FAQ

Pour aller plus loin

Qu'est-ce qu'une rupture conventionnelle

La rupture conventionnelle est un mode de rupture du contrat de travail à durée indéterminée (CDI) qui repose sur l'accord mutuel de l'employeur et du salarié. Encadrée par les articles L1237-11 à L1237-16 du Code du travail, elle se distingue du licenciement et de la démission par son caractère négocié.

Concrètement, la procédure suit 4 étapes successives : au moins un entretien préalable entre les parties, la signature de la convention, un délai de rétractation de 15 jours calendaires, puis la demande d'homologation auprès de la DREETS. Chaque étape génère des papiers précis que l'employeur doit produire, conserver ou remettre au salarié.

Pour un DRH, la difficulté ne réside pas dans la négociation elle-même, mais dans la rigueur documentaire exigée à chaque phase. Un formulaire mal renseigné, un délai non respecté ou un document de fin de contrat manquant suffit à fragiliser l'ensemble de la procédure.

La convention de rupture et le formulaire Cerfa

La convention de rupture conventionnelle se matérialise par le formulaire Cerfa n°14598*01, dédié à la rupture conventionnelle individuelle. Ce document formalise l'accord des deux parties sur les conditions de la rupture : date de fin du contrat, montant de l'indemnité spécifique et, le cas échéant, clauses particulières.

Contenu du Cerfa

Le formulaire comporte plusieurs rubriques à renseigner avec précision :

RubriqueContenu attendu
Identité des partiesNom, prénom, adresse du salarié ; raison sociale, SIRET de l'employeur
Emploi occupéIntitulé du poste, classification conventionnelle, ancienneté
RémunérationSalaire brut mensuel moyen des 12 derniers mois
Indemnité spécifiqueMontant convenu (≥ indemnité légale de licenciement)
Date de rupture envisagéeDate qui ne peut intervenir avant le lendemain de l'homologation
SignaturesDate et signature des deux parties

Un exemplaire du Cerfa signé doit être remis au salarié. L'absence de remise constitue un vice de procédure susceptible d'entraîner la nullité de la convention devant le conseil de prud'hommes.

La demande d'homologation auprès de la DREETS

Une fois le délai de rétractation de 15 jours calendaires écoulé sans que l'une des parties ne se soit rétractée, l'employeur (ou le salarié) adresse la demande d'homologation à la DREETS (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités).

Modalités de dépôt

La demande s'effectue via le téléservice TéléRC, accessible en ligne. Le formulaire Cerfa signé y est transmis de manière dématérialisée. La DREETS dispose ensuite de 15 jours ouvrables pour instruire le dossier. En l'absence de réponse dans ce délai, le silence vaut homologation.

Points de vigilance pour le DRH

  • Vérifier que la date de rupture envisagée est postérieure au lendemain de la date d'homologation prévisible.
  • S'assurer que le montant de l'indemnité respecte le plancher légal.
  • Conserver l'accusé de réception TéléRC comme preuve du dépôt.

Un rejet de la DREETS oblige à reprendre la procédure depuis la signature d'une nouvelle convention, ce qui retarde la sortie du salarié et mobilise des ressources RH supplémentaires.

Structurer chaque étape de la rupture conventionnelle avec un cadre juridique fiable réduit le risque de rejet ou de contentieux.
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Les documents remis au salarié en fin de contrat

Le jour de la rupture effective du contrat, l'employeur est tenu de remettre au salarié 3 documents obligatoires :

  1. Le certificat de travail
  2. L'attestation destinée à France Travail
  3. Le reçu pour solde de tout compte

Ces documents ne sont pas facultatifs. Leur remise conditionne l'accès du salarié à ses droits (indemnisation chômage, justification d'expérience professionnelle, clôture financière du contrat). Le défaut de remise expose l'employeur à une condamnation à des dommages et intérêts.

DocumentDestinataire principalFonction
Certificat de travailSalariéAtteste de la période d'emploi et du poste occupé
Attestation France TravailFrance Travail + salariéPermet l'ouverture des droits au chômage
Reçu pour solde de tout compteSalariéDétaille les sommes versées à la rupture

Attestation France Travail et certificat de travail

L'attestation France Travail

L'attestation France Travail (anciennement attestation Pôle emploi) est le document qui permet au salarié de faire valoir ses droits à l'allocation chômage. L'employeur la transmet directement à France Travail par voie dématérialisée via la DSN (Déclaration sociale nominative) et en remet un exemplaire au salarié.

Elle mentionne le motif de la rupture (rupture conventionnelle homologuée), les salaires des 24 derniers mois et la durée du contrat. Une erreur sur le motif de rupture peut retarder l'indemnisation du salarié et générer des réclamations.

Le certificat de travail

Le certificat de travail est remis au salarié à la date de fin du contrat. Il indique :

  • Les dates d'entrée et de sortie du salarié
  • La nature du ou des emplois occupés et les périodes correspondantes
  • Le maintien gratuit des garanties de prévoyance et de complémentaire santé (portabilité)

Ce document ne comporte aucune appréciation sur le travail du salarié. Il est purement factuel.

Reçu pour solde de tout compte et indemnités

Le reçu pour solde de tout compte

Le reçu pour solde de tout compte est un inventaire des sommes versées au salarié lors de la rupture du contrat. Le salarié dispose de 6 mois pour le contester. Passé ce délai, le reçu devient libératoire pour l'employeur sur les sommes qui y figurent.

Les indemnités dues

Lors d'une rupture conventionnelle, l'employeur verse au minimum :

  • L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle : son montant ne peut être inférieur à l'indemnité légale de licenciement, calculée sur la base de l'ancienneté et du salaire de référence.
  • L'indemnité compensatrice de congés payés : elle couvre les jours de congés acquis et non pris à la date de rupture.
  • La contrepartie financière de la clause de non-concurrence, le cas échéant, si le contrat en prévoit une et que l'employeur ne lève pas cette clause.
IndemnitéCaractèreBase de calcul
Indemnité spécifique de ruptureObligatoire (≥ légale)Ancienneté × salaire de référence
Indemnité compensatrice de congés payésObligatoire si solde positifJours acquis non pris × salaire journalier
Contrepartie de non-concurrenceConditionnelleSelon clause contractuelle

Un calcul erroné de l'indemnité ou un oubli de la contrepartie de non-concurrence peut déclencher une action prud'homale coûteuse.
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Erreurs fréquentes et risques de contentieux

Plusieurs erreurs récurrentes fragilisent les papiers de la rupture conventionnelle :

  • Non-remise d'un exemplaire du Cerfa au salarié : ce vice de forme peut entraîner la nullité de la convention, requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse.
  • Date de rupture antérieure à l'homologation : la rupture ne peut intervenir avant le lendemain de l'homologation. Toute anticipation rend la procédure irrégulière.
  • Indemnité inférieure au plancher légal : la DREETS rejette systématiquement les conventions dont l'indemnité est inférieure à l'indemnité légale de licenciement.
  • Attestation France Travail erronée : un motif de rupture mal renseigné retarde l'indemnisation du salarié et peut générer un litige.
  • Oubli du reçu pour solde de tout compte : l'absence de ce document prive l'employeur de l'effet libératoire au bout de 6 mois.

Ces erreurs ne relèvent pas de cas isolés. Elles résultent le plus souvent d'un manque de formalisation interne ou d'une méconnaissance des délais légaux.

Sécuriser la procédure avec un avocat en droit social

La rupture conventionnelle engage l'entreprise sur le plan financier, social et juridique. Chaque document produit constitue une pièce potentielle dans un éventuel contentieux prud'homal.

Un avocat en droit social intervient à plusieurs niveaux :

  • Vérification du Cerfa : conformité des mentions, calcul de l'indemnité, cohérence des dates.
  • Accompagnement de la négociation : cadrage des termes de la convention pour prévenir les contestations ultérieures.
  • Contrôle des documents de fin de contrat : exhaustivité et exactitude du certificat de travail, de l'attestation France Travail et du reçu pour solde de tout compte.
  • Gestion de la clause de non-concurrence : décision de levée ou de maintien, calcul de la contrepartie financière.

Pour un DRH, recourir à un avocat spécialisé ne traduit pas un défaut de compétence interne. Cela permet de sécuriser une procédure dont chaque détail documentaire a des conséquences juridiques directes.

Anticiper les risques documentaires d'une rupture conventionnelle protège l'entreprise contre des contentieux évitables.
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FAQ

Quels sont les papiers obligatoires lors d'une rupture conventionnelle ?

L'employeur doit produire le formulaire Cerfa n°14598*01 (convention de rupture), la demande d'homologation via TéléRC, puis remettre au salarié 3 documents de fin de contrat : le certificat de travail, l'attestation France Travail et le reçu pour solde de tout compte.

Quel est le délai d'homologation de la DREETS ?

La DREETS dispose de 15 jours ouvrables à compter de la réception de la demande pour se prononcer. Si elle ne répond pas dans ce délai, le silence vaut homologation de la convention.

L'indemnité de rupture conventionnelle peut-elle être inférieure à l'indemnité légale de licenciement ?

Non. L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle doit être au minimum égale à l'indemnité légale de licenciement. Une convention prévoyant un montant inférieur sera rejetée par la DREETS.

Que se passe-t-il si l'employeur oublie de remettre un document de fin de contrat ?

Le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes pour obtenir la remise forcée du document manquant et réclamer des dommages et intérêts pour le préjudice subi, notamment en cas de retard d'indemnisation chômage.

Le salarié peut-il contester le reçu pour solde de tout compte ?

Oui. Le salarié dispose d'un délai de 6 mois à compter de la signature du reçu pour le contester. Au-delà de ce délai, le reçu devient libératoire pour l'employeur sur les sommes mentionnées.

Pour aller plus loin

La rupture conventionnelle du CDI - Code du travail numérique

Documents remis au salarié à la fin du contrat - Service-Public.fr

Rupture conventionnelle (Articles L1237-11 à L1237-16) - Légifrance

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