
Jullian Hoareau

Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.
Numéro de TVA auto-entrepreneur : définition et situations concernées
Pourquoi obtenir un numéro de TVA intracommunautaire : objectifs et risques en cas d'oubli
Conditions et prérequis : seuils de franchise en base et chiffre d'affaires en 2026
Comment demander son numéro de TVA intracommunautaire au Service des Impôts des Entreprises
Déclaration de TVA en micro-entreprise : régimes réel simplifié et réel normal
Facturer la TVA en auto-entrepreneur : taux, mentions obligatoires et erreurs fréquentes
Obligations légales et points de vigilance après le dépassement des seuils
Checklist des démarches TVA à réaliser pour un auto-entrepreneur
Le numéro de TVA intracommunautaire est un identifiant fiscal attribué par l'administration française à toute entreprise assujettie à la taxe sur la valeur ajoutée. Il se compose du code FR suivi de 2 chiffres clés et du numéro SIREN à 9 chiffres, soit 13 caractères au total.
Un auto-entrepreneur bénéficie par défaut de la franchise en base de TVA : il ne facture pas la taxe, ne la collecte pas et ne la déduit pas. Dans cette situation, aucun numéro de TVA n'est nécessaire pour les opérations domestiques classiques.
Trois situations imposent toutefois l'obtention de ce numéro :
En dehors de ces cas, l'auto-entrepreneur reste sous franchise et mentionne sur ses factures : « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».
Le numéro de TVA intracommunautaire remplit 3 fonctions précises. Il permet d'abord d'identifier l'entreprise dans le système d'échange d'informations sur la TVA (VIES) géré par la Commission européenne. Il autorise ensuite la facturation conforme lors d'opérations transfrontalières au sein de l'UE. Il ouvre enfin le droit à déduction de la TVA payée sur les achats professionnels.
L'absence de numéro alors qu'il est requis expose l'auto-entrepreneur à plusieurs risques concrets :
| Risque | Conséquence |
|---|---|
| Défaut de déclaration de TVA | Pénalité de 10 % des droits dus, majorée à 40 % en cas de manquement délibéré (article 1728 du CGI) |
| Facture sans TVA alors que le seuil est franchi | Requalification par l'administration, rappel de TVA sur l'ensemble des factures concernées |
| Acquisition intracommunautaire sans autoliquidation | TVA réclamée par le fisc français, sans possibilité de déduction immédiate |
| Absence de numéro sur facture intracommunautaire | Refus d'exonération par le fournisseur européen, double taxation possible |
Un contrôle fiscal portant sur les 3 exercices précédents peut aboutir à un rappel cumulé de TVA, assorti d'intérêts de retard de 0,20 % par mois.
Structurer son activité dès le départ permet d'anticiper ces obligations fiscales et d'éviter les régularisations coûteuses.
Faites-vous accompagner par un avocat spécialisé en création d'entreprise
Depuis le 1er janvier 2025, les seuils de franchise en base de TVA ont été relevés par l'article 32 de la loi de finances pour 2025. Le même texte prévoyait aussi un seuil unique de 25 000 €, qui n'est jamais entré en vigueur. Ce seuil unique a été suspendu en mars 2025, puis supprimé par la loi n° 2025-1044 du 3 novembre 2025. Les seuils applicables en 2026 restent donc différenciés selon la nature de l'activité :
| Activité | Seuil de base (CA annuel HT) | Seuil majoré (CA annuel HT) |
|---|---|---|
| Vente de marchandises et hébergement | 85 000 € | 93 500 € |
| Prestations de services | 37 500 € | 41 250 € |
Le franchissement du seuil de base maintient la franchise pour l'année en cours. La TVA s'applique alors à compter du 1er janvier suivant. Le franchissement du seuil majoré rend la TVA exigible dès le 1er jour du mois de dépassement.
La distinction entre vente et services n'a jamais été supprimée. Les professions libérales relèvent du seuil de 37 500 €, comme les autres prestations de services. Un auto-entrepreneur qui exerce 2 activités distinctes apprécie chaque seuil séparément.
Absence de proratisation. Les seuils de franchise en base ne sont pas ajustés au prorata en cas de début d'activité en cours d'année. Un prestataire de services qui démarre le 1er juillet conserve donc un seuil de 37 500 € pour cette première année.
Année de référence. Le seuil de base s'apprécie sur le chiffre d'affaires de l'année civile précédente (N-1). Si le seuil majoré est franchi en cours d'année N, la TVA devient applicable immédiatement, sans attendre l'année suivante.
En pratique, un consultant dont le CA 2026 atteint 39 000 € reste sous franchise cette année-là, car il demeure sous le seuil majoré de 41 250 €. Il devient redevable de la TVA au 1er janvier 2027, ayant dépassé le seuil de base de 37 500 €.
La demande de numéro de TVA intracommunautaire s'adresse au Service des Impôts des Entreprises (SIE) dont dépend l'auto-entrepreneur. Ce service est identifiable sur le site impots.gouv.fr à partir du numéro SIRET.
Un auto-entrepreneur sous franchise qui achète un service à un prestataire allemand ou belge doit demander son numéro de TVA même si son CA reste inférieur aux seuils de franchise en base. Il autoliquidera la TVA sur cette opération via une déclaration CA3 spéciale, sans pour autant perdre le bénéfice de la franchise sur ses ventes domestiques.
Dès l'attribution du numéro de TVA, l'auto-entrepreneur doit choisir un régime de déclaration. Deux options s'offrent à lui.
Ce régime s'applique de plein droit lorsque le chiffre d'affaires annuel HT ne dépasse pas 945 000 € (ventes de marchandises et hébergement) ou 286 000 € (prestations de services). En pratique, la quasi-totalité des auto-entrepreneurs relève de ce régime.
Ce régime impose une déclaration mensuelle CA3, déposée entre le 15 et le 24 du mois suivant. Il est obligatoire lorsque la TVA annuelle due dépasse 15 000 €, ou sur option volontaire.
| Critère | Réel simplifié | Réel normal |
|---|---|---|
| Fréquence de déclaration | Annuelle + 2 acomptes | Mensuelle |
| Formulaire | CA12 | CA3 |
| Seuil de TVA due | ≤ 15 000 €/an | > 15 000 €/an ou sur option |
| Charge administrative | Faible | Plus élevée |
Pour un auto-entrepreneur qui vient de franchir un seuil de franchise en base, le régime réel simplifié constitue le cadre par défaut. La première déclaration couvre la période allant du 1er jour d'assujettissement au 31 décembre de l'année en cours.
Le passage à la TVA modifie la gestion comptable et fiscale de votre activité. Un accompagnement juridique adapté sécurise cette transition.
Consultez un avocat en création et structuration d'entreprise
Le taux applicable dépend de la nature de la prestation ou du bien vendu :
Dès l'assujettissement à la TVA, chaque facture doit comporter :
La mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI » doit être supprimée de tous les modèles de factures dès le premier jour d'assujettissement.
Le passage à la TVA entraîne plusieurs obligations complémentaires que l'auto-entrepreneur doit intégrer dans sa gestion courante.
Tenue d'une comptabilité de TVA. L'auto-entrepreneur doit désormais distinguer le chiffre d'affaires HT et TTC dans ses relevés. Un livre des recettes mentionnant les montants HT et la TVA collectée est indispensable.
Droit à déduction. L'assujettissement ouvre le droit de déduire la TVA payée sur les achats professionnels (matériel informatique, logiciels, fournitures, sous-traitance). Cette déduction s'impute sur la TVA collectée lors de la déclaration. Pour un auto-entrepreneur qui achète un ordinateur à 1 200 € TTC, la TVA déductible s'élève à 200 €.
Impact sur les prix. Si les clients sont des particuliers (B2C), l'ajout de 20 % de TVA augmente le prix final. L'auto-entrepreneur peut absorber une partie de la hausse en réduisant sa marge, ou répercuter intégralement la taxe. Pour les clients professionnels (B2B), l'impact est neutre puisqu'ils déduisent eux-mêmes la TVA.
Déclaration européenne de services (DES). Tout auto-entrepreneur qui fournit des services à un client professionnel dans un autre État membre doit déposer une DES sur le portail douanier pro.douane.gouv.fr, au plus tard le 10e jour ouvrable du mois suivant la facturation.
Retour à la franchise. Si le chiffre d'affaires d'une année civile redescend sous le seuil de base applicable, la franchise s'applique de nouveau au 1er janvier suivant. Le seuil de référence reste 85 000 € pour la vente et 37 500 € pour les services.
Cette liste récapitule les actions concrètes à mener, dans l'ordre chronologique, lors du passage à la TVA :
Le franchissement des seuils de TVA peut aussi être l'occasion de repenser la structure juridique de votre activité.
Échangez avec un avocat spécialisé en création de sociétés
Non, par défaut. Tant que le chiffre d'affaires reste sous 85 000 € pour la vente ou 37 500 € pour les services, aucun numéro de TVA n'est attribué. La règle vaut si aucune opération intracommunautaire n'est réalisée. Il peut toutefois en demander un volontairement s'il réalise des achats ou des ventes de services au sein de l'UE.
Le délai varie de 48 heures à 15 jours ouvrés après la demande auprès du SIE. En pratique, les demandes formulées via la messagerie sécurisée d'impots.gouv.fr sont traitées plus rapidement que les courriers postaux.
Oui. Si le chiffre d'affaires d'une année civile redescend sous 85 000 € pour la vente ou 37 500 € pour les services, la franchise s'applique de nouveau au 1er janvier suivant. Il cesse alors de facturer la TVA et perd le droit à déduction.
Non. Le numéro SIRET reste identique. Seul le numéro de TVA intracommunautaire s'ajoute aux informations fiscales de l'entreprise. En revanche, les factures, les conditions générales de vente et les documents commerciaux doivent être mis à jour.
Le seuil majoré est de 93 500 € pour la vente et 41 250 € pour les services. La TVA devient exigible dès le 1er jour du mois de dépassement. L'auto-entrepreneur doit facturer la TVA sur toutes les opérations réalisées à partir de cette date, demander son numéro de TVA sans délai et déposer ses déclarations dans les délais du régime choisi.
Franchise en base de TVA - entreprendre.service-public.fr
2026 : modification des seuils de chiffre d'affaires ou de recettes - URSSAF Auto-entrepreneur
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d’avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l’Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d’accéder rapidement via la plateforme à des avocats d’affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu’il s’agisse d’un dossier, d’une consultation ou d’un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d’avocats pour répondre rapidement à leur demande.
Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL





