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Qu'est-ce que les mentions légales d'un site internet ?
Les mentions légales obligatoires imposées par la LCEN
Les informations spécifiques aux sociétés commerciales et professionnels réglementés
Les mentions complémentaires exigées par le RGPD
Le rôle et la responsabilité du directeur de la publication
Articulation entre mentions légales, politique de confidentialité et CGU
Sanctions en cas de mentions légales absentes, incomplètes ou erronées
Bonnes pratiques pour sécuriser les mentions légales de votre site
Les mentions légales désignent l'ensemble des informations d'identification que tout éditeur d'un site internet est tenu de rendre accessibles au public. Elles permettent à l'internaute — et aux autorités de contrôle — d'identifier la personne physique ou morale responsable du contenu publié en ligne.
Cette obligation trouve son fondement dans l'article 6-III de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN). Le texte distingue deux catégories d'éditeurs : les professionnels, soumis à une obligation complète de transparence, et les non-professionnels, qui peuvent se limiter à communiquer leurs coordonnées à leur hébergeur.
Pour une entreprise, la logique est simple : dès lors qu'elle édite un site — vitrine, e-commerce, intranet accessible depuis l'extérieur ou application web —, elle doit publier ses mentions légales de façon visible et permanente. En pratique, un lien intitulé « Mentions légales » placé en pied de page (footer) de chaque page du site répond à cette exigence d'accessibilité.
La direction juridique est le garant naturel de la conformité de ces mentions. Leur rédaction mobilise des données issues de plusieurs services : secrétariat général (forme juridique, capital, RCS), DSI (hébergeur), DPO (données personnelles) et direction de la communication (directeur de la publication).
L'article 6-III-1 de la LCEN fixe un socle minimal d'informations que tout éditeur professionnel doit publier. Le non-respect de cette liste constitue une infraction en soi, indépendamment de tout préjudice.
| Catégorie | Information requise |
|---|---|
| Identité de l'éditeur | Dénomination sociale ou nom et prénom, adresse du siège social, numéro de téléphone, adresse e-mail |
| Immatriculation | Numéro RCS ou RM, numéro de TVA intracommunautaire |
| Direction de la publication | Nom du directeur de la publication (ou du co-directeur) |
| Hébergeur | Dénomination sociale, adresse et numéro de téléphone de l'hébergeur du site |
| Capital social | Montant du capital social pour les sociétés |
Ces mentions doivent être exactes au jour de leur consultation. Un changement de siège social, de dirigeant ou d'hébergeur impose une mise à jour immédiate. La LCEN ne prévoit aucun délai de grâce.
Structurer la conformité de votre site nécessite souvent un regard juridique spécialisé en droit du numérique.
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Au-delà du socle LCEN, des obligations sectorielles s'ajoutent selon le statut de l'éditeur.
Les sociétés immatriculées au RCS doivent mentionner leur forme juridique (SAS, SARL, SA, etc.), le montant exact du capital social et l'adresse du siège. Si la société est en liquidation, cette mention doit figurer explicitement.
Les professions soumises à autorisation — avocats, experts-comptables, architectes, professionnels de santé — doivent en outre indiquer :
Lorsqu'une activité requiert un agrément (agence de voyages, établissement financier, activité d'assurance), le numéro de l'autorisation et le nom de l'autorité l'ayant délivrée doivent être publiés.
| Statut de l'éditeur | Mentions supplémentaires |
|---|---|
| Société commerciale | Forme juridique, capital, RCS, siège, mention de liquidation éventuelle |
| Profession réglementée | Titre professionnel, État de délivrance, ordre de rattachement, règles professionnelles |
| Activité soumise à autorisation | Numéro d'autorisation, nom de l'autorité compétente |
| Auto-entrepreneur | Numéro SIREN, mention de dispense d'immatriculation le cas échéant |
Dès qu'un site collecte des données personnelles — formulaire de contact, création de compte, dépôt de cookies analytiques ou publicitaires —, le règlement général sur la protection des données (RGPD, règlement UE 2016/679) impose des informations supplémentaires.
Les articles 13 et 14 du RGPD exigent que l'éditeur communique à la personne concernée, au moment de la collecte :
Ces informations peuvent figurer directement dans les mentions légales ou, plus fréquemment, dans une page dédiée de politique de confidentialité liée depuis les mentions légales.
La conformité RGPD d'un site internet suppose un audit précis des traitements de données et des flux de cookies.
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Le directeur de la publication est la personne physique identifiée comme responsable du contenu éditorial publié sur le site. Pour une société, il s'agit en principe du représentant légal : président, gérant ou directeur général.
Son nom doit figurer dans les mentions légales. Cette obligation n'est pas anodine : en cas de publication d'un contenu illicite (diffamation, injure, contrefaçon), le directeur de la publication engage sa responsabilité pénale au titre de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, applicable par renvoi aux services de communication en ligne.
Lorsque le directeur de la publication souhaite déléguer cette responsabilité, il peut désigner un codirecteur de la publication, dont le nom doit également être publié. Cette délégation ne supprime pas la responsabilité du directeur principal ; elle crée une responsabilité partagée.
En pratique, la direction juridique doit s'assurer que la personne désignée est bien informée de son statut et des risques associés, et que la mention est mise à jour à chaque changement de dirigeant.
Les mentions légales, la politique de confidentialité et les conditions générales d'utilisation (CGU) remplissent des fonctions juridiques distinctes. Les confondre ou les fusionner dans un document unique crée des risques de non-conformité.
La CNIL recommande de séparer ces documents en pages distinctes, chacune accessible depuis le footer du site. Cette séparation facilite l'audit de conformité, la mise à jour ciblée et la lisibilité pour l'utilisateur.
Pour un site e-commerce, s'ajoutent les conditions générales de vente (CGV), régies par le Code de la consommation et le Code de commerce, qui constituent un 4e document obligatoire.
L'articulation entre ces documents suppose une vision transversale du droit du numérique, de la protection des données et du droit de la consommation.
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L'article 6-VI-2 de la LCEN prévoit des sanctions pénales en cas de manquement à l'obligation de publication des mentions légales :
Ces sanctions s'appliquent que les mentions soient totalement absentes, partiellement incomplètes ou volontairement erronées. L'infraction est constituée par le seul défaut de publication, sans qu'il soit nécessaire de démontrer un préjudice.
En parallèle, un manquement aux obligations d'information du RGPD expose l'entreprise à une sanction administrative de la CNIL pouvant atteindre 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires annuel mondial, selon le montant le plus élevé (article 83 du RGPD). En 2023, la CNIL a prononcé 42 sanctions, dont plusieurs concernaient des défauts d'information des personnes sur les sites internet.
Au-delà des sanctions financières, un site non conforme expose l'entreprise à des actions en concurrence déloyale de la part de concurrents et à une perte de confiance des partenaires commerciaux lors des audits de compliance.
La conformité des mentions légales n'est pas un exercice ponctuel. Elle suppose un processus de gestion continue, piloté par la direction juridique.
Vérifiez au minimum 2 fois par an la concordance entre les mentions publiées et les données réelles de l'entreprise : siège social, capital, dirigeants, hébergeur, DPO.
Créez un référentiel interne (tableur ou outil de legal ops) regroupant toutes les données nécessaires à la rédaction des mentions, avec les dates de dernière mise à jour et les responsables de chaque donnée.
Publiez les mentions légales, la politique de confidentialité et les CGU sur des pages distinctes, chacune accessible en 1 clic depuis le footer.
Le Digital Services Act (DSA), applicable depuis février 2024, impose aux plateformes en ligne des obligations de transparence supplémentaires (point de contact unique, informations sur la modération des contenus). Vérifiez si votre site entre dans le champ d'application du règlement.
Conservez un historique daté des versions successives de vos mentions légales. En cas de contrôle CNIL ou de litige, cette traçabilité démontre la diligence de l'entreprise.
Un audit régulier de vos mentions légales et de votre conformité RGPD réduit le risque de sanction et renforce la crédibilité de votre entreprise.
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Oui. L'obligation de l'article 6-III de la LCEN s'applique à tout site internet édité à titre professionnel, qu'il propose ou non la vente de produits ou services. Un site vitrine doit afficher les mêmes mentions d'identification qu'un site e-commerce.
Rien ne l'interdit formellement. Toutefois, la CNIL recommande de les séparer pour faciliter la lisibilité et l'exercice des droits par les personnes concernées. En pratique, la séparation simplifie aussi les mises à jour et les audits de conformité.
Les 2. La LCEN prévoit des sanctions distinctes pour la personne physique (75 000 € d'amende et 1 an d'emprisonnement) et la personne morale (375 000 € d'amende). Le directeur de la publication, en tant que personne physique identifiée, peut être poursuivi personnellement.
Oui. La LCEN impose de publier la dénomination sociale, l'adresse et le numéro de téléphone de l'hébergeur, quel que soit son lieu d'établissement. Si l'hébergeur est situé hors de l'UE, cette information est d'autant plus utile pour les autorités en cas de réquisition judiciaire.
La loi n'impose pas de fréquence précise, mais exige que les informations soient exactes à tout moment. Chaque modification affectant les données publiées (changement de siège, de dirigeant, d'hébergeur, de DPO) doit entraîner une mise à jour immédiate. Un contrôle semestriel constitue un minimum recommandé.
Article 6 - Loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique - Légifrance
Mentions obligatoires sur le site internet d'un entrepreneur individuel - Service-Public.fr
Mentions sur votre site internet : les obligations à respecter - Ministère de l'Économie
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