
Jullian Hoareau

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Médiation conventionnelle : de quoi parle-t-on ?
Médiation conventionnelle ou judiciaire : différences
Comment se déroule la médiation conventionnelle ?
Valeur de l'accord et force exécutoire
Quand privilégier la médiation en entreprise ?
Rôle de l'avocat dans la médiation
La médiation conventionnelle désigne un mode amiable de résolution des litiges dans lequel deux parties décident, de leur propre initiative, de faire appel à un tiers neutre — le médiateur — pour les aider à trouver un accord. Aucune juridiction n'intervient dans le déclenchement du processus. C'est la volonté commune des parties qui le fonde.
En droit français, ce mécanisme est encadré par les articles 1530 à 1535 du Code de procédure civile. La médiation conventionnelle définition retenue par le législateur insiste sur 3 caractéristiques : la confidentialité des échanges, la liberté de chaque partie de quitter le processus à tout moment et l'absence de pouvoir décisionnel du médiateur. Ce dernier ne tranche pas. Il facilite le dialogue.
En pratique, la médiation peut être prévue en amont dans un contrat, via une clause de médiation préalable obligatoire, ou décidée après la naissance du litige. Selon le rapport 2023 du Centre de médiation et d'arbitrage de Paris (CMAP), 70 % des médiations aboutissent à un accord, avec une durée moyenne de 15 heures réparties sur 2 à 3 mois.
| Critère | Médiation conventionnelle |
|---|---|
| Initiative | Les parties elles-mêmes |
| Base légale | Art. 1530 à 1535 CPC |
| Confidentialité | Obligatoire |
| Pouvoir du médiateur | Aucun pouvoir de décision |
| Taux de résolution (CMAP 2023) | Environ 70 % |
La distinction entre médiation conventionnelle ou judiciaire repose sur l'origine de la décision de médier. Dans la médiation judiciaire, c'est le juge qui propose ou ordonne le recours à un médiateur, en cours de procédure (articles 131-1 à 131-15 du CPC). Dans la médiation conventionnelle, les parties agissent avant ou en dehors de toute saisine du tribunal.
Cette différence d'initiative entraîne plusieurs conséquences concrètes :
| Médiation conventionnelle | Médiation judiciaire | |
|---|---|---|
| Déclencheur | Volonté des parties | Décision du juge |
| Cadre procédural | Hors procédure | En cours de procédure |
| Financement | Libre, fixé entre parties et médiateur | Provision fixée par le juge |
| Suspension des délais | Non automatique | Oui |
| Base légale | Art. 1530-1535 CPC | Art. 131-1 à 131-15 CPC |
En revanche, les deux formes partagent les mêmes exigences de confidentialité et d'impartialité du médiateur.
Un litige contractuel ou commercial peut souvent se résoudre sans audience. Encore faut-il choisir le bon cadre et sécuriser chaque étape.
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Le processus suit généralement 4 phases distinctes :
Accord d'entrée en médiation. Les parties signent une convention de médiation qui fixe l'objet du différend, le nom du médiateur, les règles de confidentialité et la répartition des honoraires. Ce document formalise leur engagement volontaire.
Exposé des positions. Chaque partie présente sa version des faits et ses attentes lors d'une réunion plénière. Le médiateur écoute, reformule et identifie les points de convergence et de blocage.
Négociation assistée. Le médiateur organise des caucus (entretiens séparés) et des sessions communes pour explorer des solutions. Il ne propose pas de solution : il aide les parties à construire la leur.
Rédaction du protocole d'accord. Si un terrain d'entente est trouvé, les parties formalisent leur accord dans un protocole d'accord écrit, qui détaille les engagements réciproques, les délais d'exécution et les éventuelles contreparties financières.
La durée totale varie selon la complexité du litige. Pour un différend commercial entre PME, le CMAP observe une médiane de 12 à 20 heures de travail effectif. Le coût moyen du médiateur se situe entre 1 500 € et 5 000 € HT, soit une fraction du budget d'une procédure contentieuse classique.
Le protocole d'accord signé à l'issue de la médiation a la valeur juridique d'un contrat. Il lie les parties selon les règles du droit commun des obligations (articles 1101 et suivants du Code civil). Toutefois, en cas d'inexécution, le créancier ne peut pas le faire exécuter directement par un huissier. Il doit d'abord saisir un juge pour obtenir une condamnation.
Pour éviter ce détour, les parties peuvent demander l'homologation du protocole par le juge compétent (article 1534 du CPC). Cette homologation confère à l'accord la qualité de titre exécutoire. Le juge vérifie que l'accord ne contrevient pas à l'ordre public, mais il n'examine pas le fond du litige. La procédure est rapide : quelques semaines en pratique.
Un accord exécutoire obtenu par homologation présente un avantage décisif : en cas de non-respect, le créancier peut recourir directement à un commissaire de justice pour en imposer l'exécution, sans nouveau procès.
Transformer un accord de médiation en titre exécutoire suppose une rédaction rigoureuse et une procédure d'homologation maîtrisée.
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La médiation conventionnelle n'est pas adaptée à tous les litiges. Elle produit ses meilleurs résultats dans des configurations précises :
En revanche, la médiation est contre-indiquée lorsqu'une partie agit de mauvaise foi, lorsqu'un précédent jurisprudentiel est recherché ou lorsque des mesures d'urgence (saisie, référé) sont nécessaires.
Contrairement à une idée reçue, la présence d'un avocat en médiation n'est pas obligatoire mais elle est fortement recommandée. Son intervention porte sur 3 niveaux :
Avant la médiation, l'avocat analyse la solidité juridique de la position de son client. Il évalue les risques d'un éventuel procès (coût, durée, probabilité de succès) pour définir une stratégie de négociation réaliste. Il rédige ou vérifie la clause de médiation insérée dans le contrat initial.
Pendant la médiation, l'avocat assiste son client lors des réunions. Il veille à ce que les propositions échangées respectent le cadre légal et ne créent pas de déséquilibre contractuel. Il peut intervenir pour reformuler une position ou alerter sur un risque juridique.
Après la médiation, l'avocat rédige ou révise le protocole d'accord pour garantir sa validité juridique. Il pilote la procédure d'homologation devant le juge afin d'obtenir un accord exécutoire. Cette étape est déterminante : un protocole mal rédigé peut être refusé à l'homologation ou s'avérer inapplicable.
L'accompagnement juridique à chaque phase de la médiation réduit le risque de contestation ultérieure et accélère l'obtention d'un titre exécutoire.
Être accompagné par un avocat en contentieux
Non, sauf si le contrat entre les parties contient une clause de médiation préalable obligatoire. Dans ce cas, le juge peut déclarer irrecevable une action engagée sans tentative de médiation. En l'absence de clause, la médiation reste facultative.
Les honoraires du médiateur varient selon la complexité du dossier. Pour un litige commercial entre PME, le coût se situe généralement entre 1 500 € et 5 000 € HT, partagé entre les parties. Ce montant est nettement inférieur aux frais d'une procédure judiciaire complète.
Les parties conservent leur droit de saisir le tribunal compétent. La confidentialité protège les échanges tenus pendant la médiation : aucune déclaration faite devant le médiateur ne peut être utilisée comme preuve en justice.
Il faut déposer une requête en homologation auprès du juge compétent (article 1534 du CPC). Le juge vérifie que l'accord respecte l'ordre public, puis lui confère force exécutoire. La procédure prend en général quelques semaines.
Oui. La médiation conventionnelle s'applique aux conflits entre associés, qu'il s'agisse de désaccords sur la gouvernance, la répartition des bénéfices ou la sortie d'un associé. Elle est souvent préférable à un contentieux qui paralyse la société.
Médiation conventionnelle (extra-judiciaire) - Service-Public.fr
Article 1530 du Code de procédure civile (médiation) - Légifrance
La médiation conventionnelle (articles 1532 à 1535) - Légifrance
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