Indemnité de licenciement Syntec : barème, calcul et modèle 2026 (cadres et ETAM)

Guides & Ressources pratiques
06 May 2026
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9
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Points clés de l'article
  1. La convention collective Syntec (IDCC 1486) prévoit un barème d'indemnité de licenciement distinct pour les ETAM et les cadres, plus favorable que le minimum légal dans la plupart des cas.
  2. Le barème ETAM repose sur un calcul par tranche d'ancienneté (0,25 mois par année les 10 premières années, puis 0,30 mois au-delà).
  3. Le barème cadres démarre à 1/3 de mois par année d'ancienneté et est plafonné à 12 mois de salaire de référence.
  4. Le salaire de référence se calcule sur les 12 derniers mois ou les 3 derniers mois (formule la plus avantageuse), en intégrant les primes récurrentes.
  5. L'employeur doit comparer indemnité conventionnelle et indemnité légale, puis verser la plus élevée des deux — sans les cumuler.
  6. Une erreur de barème, de période de référence ou d'assiette expose l'entreprise à un rappel devant le conseil de prud'hommes et à un redressement URSSAF.

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Sommaire

Finalité et périmètre : qui est concerné par l'indemnité conventionnelle Syntec

Cadre juridique : articles clés de la convention collective 1486 et articulation avec le Code du travail

Barème ETAM : calcul par tranche d'ancienneté et exemple chiffré

Barème cadres : seuil de 2 ans, fractions de mois et plafond 12 mois

Salaire de référence : éléments inclus, exclus et période de référence 12 mois

Articulation indemnité conventionnelle vs indemnité légale : la règle du plus favorable

Cas particuliers : licenciement économique, rupture conventionnelle et faute grave

Mode d'emploi du modèle et erreurs fréquentes à éviter pour le DRH et la direction juridique

FAQ

Pour aller plus loin

Finalité et périmètre : qui est concerné par l'indemnité conventionnelle Syntec

L'indemnité de licenciement Syntec s'applique à l'ensemble des salariés relevant de la convention collective nationale des bureaux d'études techniques, cabinets d'ingénieurs-conseils et sociétés de conseil (IDCC 1486). Ce périmètre couvre environ 910 000 salariés en France, répartis dans les secteurs du numérique, de l'ingénierie, du conseil et de l'événementiel.

Deux catégories de personnel sont distinguées par la convention : les ETAM (employés, techniciens et agents de maîtrise) et les cadres. Chaque statut obéit à un barème propre, avec des taux et des plafonds différents. Cette distinction conditionne directement le montant dû au salarié lors de la rupture du contrat de travail à l'initiative de l'employeur.

L'indemnité conventionnelle bénéficie à tout salarié licencié disposant d'au moins 8 mois d'ancienneté ininterrompue (seuil légal depuis les ordonnances Macron de 2017), sauf en cas de faute grave ou lourde. La convention Syntec ne fixe pas de condition d'ancienneté plus restrictive que le Code du travail sur ce point.

Pour la direction juridique, l'enjeu est de déterminer avec précision le statut conventionnel du salarié, son ancienneté exacte et le barème applicable. Toute erreur sur l'un de ces paramètres peut entraîner un différentiel significatif sur le montant versé.

Cadre juridique : articles clés de la convention collective 1486 et articulation avec le Code du travail

Le cadre juridique de l'indemnité de licenciement Syntec repose sur deux sources normatives complémentaires. D'une part, les articles 19 (ETAM) et 19 (ingénieurs et cadres) de la convention collective nationale IDCC 1486, modifiés par l'avenant du 21 mars 2023. D'autre part, les articles L. 1234-9 et R. 1234-1 à R. 1234-4 du Code du travail, qui fixent le plancher légal.

Le principe est celui de la hiérarchie des normes favorables : l'employeur applique la disposition la plus avantageuse pour le salarié entre l'indemnité légale et l'indemnité conventionnelle. Les deux ne se cumulent jamais. Ce mécanisme de comparaison globale est confirmé par la jurisprudence constante de la Cour de cassation (Cass. soc., 11 février 2009, n° 07-42.584).

L'indemnité légale de licenciement s'élève, depuis le décret du 25 septembre 2017, à 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois au-delà. Ce plancher sert de référence systématique lors de la comparaison avec le barème Syntec.

Structurer le calcul d'une indemnité de licenciement sous convention Syntec nécessite une analyse croisée du barème conventionnel et du plancher légal.
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Barème ETAM : calcul par tranche d'ancienneté et exemple chiffré

Le barème ETAM de la convention Syntec prévoit un calcul progressif par tranche d'ancienneté :

Tranche d'anciennetéTaux par année
De 0 à 10 ans0,25 mois de salaire
Au-delà de 10 ans0,30 mois de salaire

Le calcul s'effectue en additionnant les deux tranches. Les fractions d'année sont prises en compte au prorata.

Exemple chiffré

Un salarié ETAM disposant de 14 ans d'ancienneté et d'un salaire de référence de 2 800 € brut perçoit :

  • Tranche 1 : 10 × 0,25 = 2,50 mois
  • Tranche 2 : 4 × 0,30 = 1,20 mois
  • Total : 3,70 mois × 2 800 € = 10 360 € brut

À titre de comparaison, l'indemnité légale pour le même profil serait de : (10 × 1/4 + 4 × 1/3) × 2 800 = (2,50 + 1,33) × 2 800 = 10 724 € brut. Dans ce cas précis, l'indemnité légale est plus favorable. L'employeur doit donc verser 10 724 €.

Ce type de croisement illustre pourquoi la comparaison systématique entre les deux barèmes est indispensable, y compris pour les ETAM.

Barème cadres : seuil de 2 ans, fractions de mois et plafond 12 mois

Le barème cadres de la convention Syntec est structurellement plus généreux que le barème ETAM. Il s'applique aux ingénieurs et cadres au sens de la classification conventionnelle.

Tranche d'anciennetéTaux par année
De 0 à 2 ansIndemnité légale (1/4 de mois)
Au-delà de 2 ans1/3 de mois de salaire

Un plafond de 12 mois de salaire de référence s'applique. Ce plafond constitue une particularité de la convention Syntec : il limite le montant total de l'indemnité conventionnelle, quelle que soit l'ancienneté du cadre.

Exemple chiffré

Un cadre disposant de 22 ans d'ancienneté et d'un salaire de référence de 5 500 € brut :

  • Tranche 1 : 2 × 1/4 = 0,50 mois
  • Tranche 2 : 20 × 1/3 = 6,67 mois
  • Total : 7,17 mois × 5 500 € = 39 435 € brut

Ce montant reste inférieur au plafond de 12 mois (66 000 €). En revanche, un cadre avec 40 ans d'ancienneté atteindrait un calcul théorique de 13,17 mois, plafonné à 12 mois, soit 66 000 €.

Les fractions de mois d'ancienneté sont calculées au prorata temporis, en jours calendaires rapportés à l'année complète.

La détermination du statut cadre ou ETAM au sens de la convention Syntec conditionne le barème applicable et le plafond d'indemnité.
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Salaire de référence : éléments inclus, exclus et période de référence 12 mois

Le salaire de référence constitue la base de calcul de l'indemnité. La convention Syntec renvoie aux règles légales : l'employeur retient la formule la plus avantageuse entre la moyenne des 12 derniers mois de salaire brut et la moyenne des 3 derniers mois (avec proratisation des primes annuelles).

Éléments inclus et exclus

Inclus dans l'assietteExclus de l'assiette
Salaire de baseRemboursements de frais professionnels
Primes récurrentes (13e mois, prime vacances Syntec)Indemnités de rupture
Commissions contractuellesParticipation et intéressement
Heures supplémentaires structurellesAvantages en nature non contractuels
Avantages en nature contractuelsPrimes exceptionnelles non récurrentes

La prime de vacances Syntec, obligatoire et égale à 10 % de la masse des indemnités de congés payés, doit être intégrée dans l'assiette dès lors qu'elle est versée de manière récurrente. Son omission est l'une des erreurs les plus fréquentes relevées en contentieux prud'homal.

La période de référence de 12 mois s'apprécie en remontant à partir du dernier jour de travail effectif, et non à partir de la date de notification du licenciement. Cette distinction a un impact concret lorsque le salarié est en arrêt maladie ou dispensé de préavis.

Articulation indemnité conventionnelle vs indemnité légale : la règle du plus favorable

L'articulation entre indemnité conventionnelle et indemnité légale obéit à un principe simple : l'employeur compare les deux montants et verse le plus élevé. Il n'y a ni cumul, ni panachage entre les deux régimes.

La comparaison s'effectue globalement, c'est-à-dire sur le montant total, et non tranche par tranche. Cette règle, posée par la Cour de cassation, interdit de combiner les tranches les plus favorables de chaque barème.

En pratique, pour les ETAM de plus de 10 ans d'ancienneté, l'indemnité légale est souvent plus favorable que le barème conventionnel Syntec, car le taux légal passe à 1/3 de mois au-delà de 10 ans, contre 0,30 mois pour la convention. Pour les cadres, le barème conventionnel est généralement plus avantageux jusqu'au plafond de 12 mois.

La direction juridique doit donc systématiser un double calcul pour chaque dossier de licenciement. L'absence de comparaison formalisée constitue un risque contentieux direct : le salarié peut réclamer le différentiel devant le conseil de prud'hommes, assorti d'intérêts de retard au taux légal.

Sécuriser le calcul de l'indemnité de licenciement suppose une vérification méthodique du barème applicable et du salaire de référence.
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Cas particuliers : licenciement économique, rupture conventionnelle et faute grave

Licenciement économique

En cas de licenciement pour motif économique, l'indemnité conventionnelle Syntec s'applique dans les mêmes conditions que pour un licenciement pour motif personnel. Aucune majoration spécifique n'est prévue par la convention. Toutefois, si un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) est mis en place, les indemnités supra-légales négociées s'ajoutent à l'indemnité conventionnelle ou légale.

Rupture conventionnelle

L'indemnité spécifique de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement (article L. 1237-13 du Code du travail). La jurisprudence précise que l'indemnité conventionnelle de licenciement constitue le plancher applicable lorsqu'elle est plus favorable que l'indemnité légale (Cass. soc., 3 juin 2015, n° 13-26.799). Sous Syntec, le barème conventionnel sert donc de référence minimale pour négocier la rupture.

Faute grave et faute lourde

La faute grave prive le salarié de toute indemnité de licenciement, qu'elle soit légale ou conventionnelle. La convention Syntec ne déroge pas à cette règle. La qualification de faute grave reste toutefois soumise au contrôle du juge prud'homal, qui peut la requalifier en cause réelle et sérieuse et condamner l'employeur au versement de l'indemnité.

Mode d'emploi du modèle et erreurs fréquentes à éviter pour le DRH et la direction juridique

Les 5 erreurs les plus fréquentes

  • Erreur de statut : appliquer le barème ETAM à un salarié classé cadre (ou inversement) en raison d'une classification conventionnelle mal mise à jour.
  • Omission de la prime de vacances dans l'assiette du salaire de référence, alors qu'elle est récurrente et obligatoire sous Syntec.
  • Absence de double calcul : verser l'indemnité conventionnelle sans la comparer à l'indemnité légale, ce qui peut léser le salarié (notamment pour les ETAM seniors).
  • Mauvaise période de référence : calculer le salaire de référence à partir de la date de notification au lieu du dernier jour de travail effectif.
  • Non-proratisation des fractions d'année : arrondir l'ancienneté à l'année inférieure au lieu de calculer au prorata temporis.

Mode d'emploi du modèle de calcul

Le modèle de calcul doit suivre 4 étapes séquentielles :

  1. Qualifier le statut du salarié (cadre ou ETAM) selon la classification Syntec en vigueur à la date de rupture.
  2. Déterminer l'ancienneté exacte en années, mois et jours, en intégrant les périodes assimilées (congé maternité, accident du travail).
  3. Calculer le salaire de référence selon les deux formules (12 mois et 3 mois) et retenir la plus favorable.
  4. Effectuer le double calcul (barème Syntec + barème légal) et retenir le montant le plus élevé.

Chaque étape doit être documentée et conservée dans le dossier de rupture. En cas de contentieux, cette traçabilité permet de démontrer la bonne foi de l'employeur et de justifier le montant versé.

Le régime social de l'indemnité de licenciement est exonéré de cotisations sociales et d'impôt sur le revenu dans la limite de 2 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (soit 92 736 € en 2024). Au-delà, les sommes sont soumises à cotisations et CSG-CRDS. Un dépassement de ce seuil, fréquent pour les cadres seniors à forte ancienneté, doit être anticipé dans le calcul du coût global de la rupture.

La fiabilité du calcul d'indemnité repose sur la rigueur de chaque étape : statut, ancienneté, assiette et comparaison des barèmes.
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FAQ

L'indemnité de licenciement Syntec se cumule-t-elle avec l'indemnité légale ?

Non. L'employeur compare le montant de l'indemnité conventionnelle Syntec et celui de l'indemnité légale, puis verse uniquement le plus élevé des deux. Le cumul des deux indemnités est exclu par la jurisprudence constante de la Cour de cassation.

La prime de vacances Syntec entre-t-elle dans le calcul du salaire de référence ?

Oui. La prime de vacances, obligatoire sous la convention Syntec et versée de manière récurrente, doit être intégrée dans l'assiette du salaire de référence. Son omission constitue une erreur fréquente qui expose l'employeur à un rappel d'indemnité.

Quel est le plafond de l'indemnité conventionnelle pour un cadre Syntec ?

Le barème cadres de la convention Syntec est plafonné à 12 mois de salaire de référence. Ce plafond s'applique quel que soit le niveau d'ancienneté du cadre. Au-delà, le montant calculé est ramené à 12 mois.

Un salarié licencié pour faute grave peut-il percevoir l'indemnité Syntec ?

Non. La faute grave prive le salarié de toute indemnité de licenciement, légale comme conventionnelle. Toutefois, si le conseil de prud'hommes requalifie la faute grave en licenciement pour cause réelle et sérieuse, l'indemnité devient due rétroactivement.

Comment calculer l'ancienneté d'un salarié ayant eu des périodes de suspension de contrat ?

Les périodes de suspension assimilées à du travail effectif (congé maternité, accident du travail, congé de formation) sont intégrées dans le calcul de l'ancienneté. En revanche, les périodes de congé sans solde ou de congé sabbatical ne sont pas prises en compte, sauf disposition contractuelle contraire.

Pour aller plus loin

Convention collective Syntec (IDCC 1486) - Légifrance

Indemnité de licenciement du salarié en CDI - Service-Public.fr

Article L1234-9 du Code du travail - Légifrance

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