
Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.
Définition : heures supplémentaires et jours fériés en droit du travail
Jour férié chômé : impact sur le décompte des heures supplémentaires
Jour férié travaillé : règles de cumul et de paiement
Calcul concret : exemples chiffrés sur une semaine type
Majorations applicables : 25 %, 50 % et apports des conventions collectives
Cas particuliers : 1er mai, absence et semaine incomplète
Erreurs fréquentes à éviter en paie pour la fonction RH
Les heures supplémentaires désignent, en droit français, toute heure de travail accomplie au-delà de la durée légale hebdomadaire de 35 heures (article L. 3121-28 du Code du travail). Leur décompte s'effectue par semaine civile, du lundi 0 h au dimanche 24 h, sauf accord collectif fixant une autre période de 7 jours consécutifs.
Les jours fériés sont les 11 dates listées à l'article L. 3133-1 du Code du travail (1er janvier, lundi de Pâques, 1er mai, 8 mai, Ascension, lundi de Pentecôte, 14 juillet, 15 août, 1er novembre, 11 novembre, 25 décembre). Leur régime varie selon qu'ils sont chômés (le salarié ne travaille pas) ou travaillés (le salarié est présent à son poste).
L'articulation entre heures supplémentaires et jour férié pose une difficulté récurrente en paie : le traitement du jour férié modifie le volume d'heures réellement effectuées dans la semaine, et donc le calcul des majorations dues. Or, une erreur sur ce point expose l'employeur à un rappel de salaire devant le conseil de prud'hommes, assorti d'intérêts de retard et, le cas échéant, de dommages-intérêts.
Lorsqu'un jour férié est chômé, le salarié ne travaille pas ce jour-là. La rémunération est maintenue (article L. 3133-3 du Code du travail), mais les heures correspondantes ne constituent pas du temps de travail effectif.
Cette distinction a une conséquence directe : seules les heures réellement travaillées entrent dans le décompte des heures supplémentaires. Un salarié habituellement planifié à 7 heures par jour, 5 jours par semaine (soit 35 heures), qui bénéficie d'un jour férié chômé, n'effectue que 28 heures de travail effectif sur les 4 jours restants.
En conséquence, si ce salarié travaille 9 heures sur l'un des 4 jours restants, son total hebdomadaire de travail effectif atteint 30 heures (28 + 2). Il reste en dessous de 35 heures : aucune heure supplémentaire n'est due.
Toutefois, certaines conventions collectives ou accords d'entreprise assimilent le jour férié chômé à du temps de travail effectif pour le calcul des heures supplémentaires. Dans ce cas, les 7 heures du jour férié chômé s'ajoutent au compteur hebdomadaire. Le DRH doit donc vérifier systématiquement les stipulations conventionnelles applicables avant d'établir la paie.
Structurer le décompte des heures supplémentaires lors des semaines comportant un jour férié nécessite une lecture précise de la convention collective applicable.
Consulter un avocat en droit du travail
Lorsqu'un jour férié est travaillé, les heures effectuées ce jour-là comptent intégralement comme du temps de travail effectif. Elles entrent donc dans le décompte hebdomadaire pour déterminer si le seuil de 35 heures est franchi.
Le Code du travail ne prévoit pas de majoration légale obligatoire pour le travail un jour férié (hors 1er mai). En revanche, la quasi-totalité des conventions collectives prévoient une majoration spécifique, généralement comprise entre 50 % et 100 % du taux horaire.
Le cumul des majorations fonctionne de la manière suivante : si un salarié travaille un jour férié et que cette journée fait passer son total hebdomadaire au-delà de 35 heures, les heures concernées ouvrent droit à la fois à la majoration jour férié (conventionnelle) et à la majoration pour heures supplémentaires (légale ou conventionnelle). Ces deux majorations se calculent sur le taux horaire de base et s'additionnent.
Un salarié rémunéré 15 € brut de l'heure travaille un jour férié (7 heures). Sa convention collective prévoit une majoration de 100 % pour jour férié travaillé. Si ces 7 heures constituent également des heures supplémentaires (au-delà de 35 heures), il perçoit :
Pour illustrer les mécanismes, prenons un salarié à 35 heures hebdomadaires, rémunéré 15 € brut/heure, avec un jour férié le jeudi.
| Scénario | Lundi | Mardi | Mercredi | Jeudi (férié) | Vendredi | Heures effectives | Heures supplémentaires |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Férié chômé | 7 h | 7 h | 7 h | 0 h (chômé) | 7 h | 28 h | 0 h |
| Férié chômé + dépassement | 8 h | 8 h | 8 h | 0 h (chômé) | 8 h | 32 h | 0 h |
| Férié travaillé | 7 h | 7 h | 7 h | 7 h (travaillé) | 7 h | 35 h | 0 h |
| Férié travaillé + dépassement | 8 h | 8 h | 8 h | 7 h (travaillé) | 8 h | 39 h | 4 h |
Dans le scénario 4, les 4 heures supplémentaires sont majorées à 25 %. Si la convention collective prévoit en plus une majoration de 100 % pour le jour férié travaillé, les 7 heures du jeudi bénéficient de cette majoration additionnelle.
| Élément de paie (scénario 4) | Calcul | Montant brut |
|---|---|---|
| 35 h normales | 35 × 15 € | 525 € |
| 4 h supplémentaires à 25 % | 4 × 15 € × 1,25 | 75 € |
| Majoration jour férié travaillé (7 h à 100 %) | 7 × 15 € | 105 € |
| Total brut semaine | 705 € |
Le Code du travail fixe les taux de majoration suivants pour les heures supplémentaires (article L. 3121-36) :
Un accord de branche ou d'entreprise peut fixer un taux différent, sans pouvoir descendre en dessous de 10 % (article L. 3121-33).
Pour les jours fériés travaillés, aucun taux légal n'est imposé (sauf le 1er mai). Les conventions collectives prévoient des majorations variables :
| Convention collective | Majoration jour férié travaillé |
|---|---|
| Métallurgie | 100 % |
| Hôtels-cafés-restaurants (HCR) | Pas de majoration spécifique (compensée par les jours de repos) |
| Commerce de détail alimentaire | 100 % |
| Bâtiment (ouvriers) | 100 % |
| Syntec | Selon accord d'entreprise |
Le DRH doit croiser ces deux grilles de majorations — heures supplémentaires et jour férié — pour chaque bulletin de paie concerné.
L'identification du taux de majoration applicable suppose une analyse combinée du Code du travail et de la convention collective en vigueur.
Échanger avec un avocat en droit du travail
Le 1er mai est le seul jour férié dont le chômage est obligatoire (article L. 3133-4). Lorsqu'il est travaillé — dans les établissements qui ne peuvent interrompre leur activité — le salarié a droit à une majoration de 100 % de sa rémunération (article L. 3133-6). Cette majoration est d'ordre public : aucune convention collective ne peut la réduire.
Si les heures du 1er mai travaillé déclenchent également des heures supplémentaires, les deux majorations se cumulent : 100 % (1er mai) + 25 % ou 50 % (heures supplémentaires).
Lorsqu'un salarié est absent une partie de la semaine (maladie, congé payé, congé sans solde), les heures d'absence ne constituent pas du travail effectif. Elles ne s'ajoutent pas au compteur d'heures supplémentaires, sauf disposition conventionnelle contraire.
En pratique, un salarié absent le lundi et le mardi (14 heures non travaillées) qui effectue 8 heures les mercredi, jeudi et vendredi totalise 24 heures de travail effectif. Aucune heure supplémentaire n'est due, même si le jeudi est un jour férié travaillé.
Pour un salarié entrant ou sortant en cours de semaine, le seuil de 35 heures n'est pas proratisé. Le décompte des heures supplémentaires s'applique sur la base du nombre d'heures réellement effectuées au cours de la semaine civile complète.
Les contentieux liés aux heures supplémentaires et jours fériés reposent souvent sur des erreurs de paramétrage ou de raisonnement récurrentes :
Assimiler systématiquement le jour férié chômé à du travail effectif. Sans disposition conventionnelle explicite, cette assimilation n'a pas de base légale. Elle conduit à majorer des heures qui ne le méritent pas, ou à créer un précédent exploitable par les salariés.
Oublier le cumul des majorations. Lorsqu'un jour férié travaillé génère des heures supplémentaires, les deux majorations s'additionnent. Ne retenir que l'une des deux constitue un manquement susceptible de rappel de salaire.
Appliquer le régime du 1er mai aux autres jours fériés. La majoration de 100 % est propre au 1er mai. Pour les 10 autres jours fériés, la majoration dépend exclusivement de la convention collective ou de l'accord d'entreprise.
Ignorer les stipulations conventionnelles. Certaines conventions prévoient des règles dérogatoires sur le décompte, les taux ou les compensations en repos. Ne pas les appliquer expose l'employeur à un redressement URSSAF ou à une condamnation prud'homale.
Ne pas documenter les heures réellement travaillées. L'article L. 3171-4 du Code du travail impose à l'employeur de fournir les éléments de nature à justifier les horaires effectués. En l'absence de décompte fiable, le juge tend à retenir les éléments produits par le salarié.
Pour chaque semaine comportant un jour férié, une vérification en 3 étapes permet de sécuriser la paie :
Par défaut, non. Le jour férié chômé n'est pas du temps de travail effectif au sens du Code du travail. Il n'entre donc pas dans le décompte des heures supplémentaires, sauf si la convention collective applicable prévoit expressément cette assimilation.
Oui. Lorsqu'un salarié travaille un jour férié et que les heures correspondantes dépassent le seuil de 35 heures hebdomadaires, il bénéficie de la majoration conventionnelle pour jour férié travaillé et de la majoration légale pour heures supplémentaires. Les deux se calculent sur le taux horaire de base et s'additionnent.
Le Code du travail impose une majoration de 100 % pour toute heure travaillée le 1er mai (article L. 3133-6). Ce taux est d'ordre public : aucun accord collectif ne peut le diminuer. Si ces heures sont aussi des heures supplémentaires, la majoration de 25 % ou 50 % s'y ajoute.
Les heures d'absence pour maladie ne sont pas du travail effectif. Elles ne s'ajoutent pas au compteur hebdomadaire pour le calcul des heures supplémentaires. Seules les heures réellement travaillées sur la semaine civile sont prises en compte, sauf clause conventionnelle contraire.
Hors 1er mai, le Code du travail ne prévoit pas de majoration légale pour le travail un jour férié. En revanche, si la convention collective applicable en prévoit une, l'employeur est tenu de l'appliquer. Son non-respect constitue un manquement contractuel ouvrant droit à un rappel de salaire devant le conseil de prud'hommes.
Heures supplémentaires d'un salarié du secteur privé - Service-Public.fr
Jours fériés et ponts dans le secteur privé - Service-Public.fr
Repos et jours fériés (articles L3131-1 à L3134-16) - Légifrance
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d’avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l’Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d’accéder rapidement via la plateforme à des avocats d’affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu’il s’agisse d’un dossier, d’une consultation ou d’un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d’avocats pour répondre rapidement à leur demande.



