
Jullian Hoareau

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1. Ce que recouvre le droit fiscal d'une entreprise
2. Droit fiscal, comptabilité et droit des sociétés : frontières
3. Droit fiscal des affaires : les impôts concernés
4. Obligations déclaratives et calendrier fiscal annuel
5. Contrôle fiscal : droit de reprise et prescription
6. Responsabilité personnelle du dirigeant en matière fiscale
Le droit fiscal regroupe les règles qui déterminent ce qu'une société doit à l'administration : quelle base est imposable, à quel taux, à quelle échéance et sous quelle forme déclarative. Il fixe aussi la charge de la preuve, les délais de contestation et les sanctions en cas d'erreur.
Trois niveaux coexistent. Les lois de finances, votées chaque année, fixent les règles. La doctrine administrative, publiée au Bulletin officiel des finances publiques, en précise l'interprétation et engage l'administration. La jurisprudence tranche les désaccords. Une règle peut changer d'une année sur l'autre sans qu'aucun changement n'intervienne dans l'activité de l'entreprise.
La structuration fiscale d'une société se décide en amont, rarement au moment où un contrôle la met à l'épreuve.
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La confusion la plus fréquente oppose comptabilité et fiscalité. La comptabilité mesure un résultat selon des règles de présentation fidèle. Le droit fiscal part de ce résultat comptable, puis le corrige par des réintégrations, c'est-à-dire des charges enregistrées mais non déductibles, et par des déductions. Le résultat fiscal obtenu diffère donc presque toujours du résultat comptable.
| Discipline | Question traitée | Document produit |
|---|---|---|
| Comptabilité | Quel résultat l'entreprise a-t-elle réalisé ? | Comptes annuels |
| Droit fiscal | Quelle part de ce résultat est imposable, et à quel taux ? | Liasse fiscale, déclarations de TVA |
| Droit des sociétés | Qui décide et comment le résultat est-il affecté ? | Statuts, procès-verbaux d'assemblée |
Le droit des sociétés ne dit rien de l'impôt : il organise le pouvoir et l'affectation du résultat.
Le droit fiscal des affaires couvre quatre blocs pour la plupart des sociétés commerciales.
| Impôt | Assiette | Entreprises concernées |
|---|---|---|
| Impôt sur les sociétés | Bénéfice fiscal de l'exercice | Sociétés de capitaux et sociétés ayant opté |
| TVA | Valeur ajoutée sur les ventes et prestations | Toute entreprise assujettie |
| Contribution économique territoriale | Valeur locative des locaux et valeur ajoutée produite | Activité professionnelle exercée à titre habituel |
| Prix de transfert | Prix des flux entre entités d'un même groupe | Groupes implantés dans plusieurs pays |
L'impôt sur les sociétés s'applique au taux normal de 25 %. Les PME dont le chiffre d'affaires reste inférieur à 10 millions d'euros relèvent d'un taux réduit de 15 % sur la première tranche de bénéfice, fixée à 42 500 € (montant applicable en 2026), sous condition de détention du capital. La TVA, en revanche, est due indépendamment du résultat. Les prix de transfert visent les groupes qui facturent entre entités situées dans des pays différents ; une obligation documentaire pèse sur ceux dont le chiffre d'affaires ou l'actif brut atteint 150 millions d'euros.
Les arbitrages sur le régime d'imposition et les flux intragroupe engagent la société pour plusieurs exercices.
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Les obligations déclaratives ne dépendent ni de la trésorerie ni du niveau d'activité.
Le dépôt hors délai déclenche une majoration de 10 %, portée à 40 % lorsque la déclaration n'est pas régularisée après mise en demeure. Ces majorations s'appliquent alors même que l'impôt dû est nul.
Le contrôle fiscal repose sur un droit de reprise, c'est-à-dire la faculté pour l'administration de rectifier une déclaration pendant un délai déterminé. En matière d'impôt sur les sociétés et de TVA, ce délai court en principe jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivant celle au titre de laquelle l'impôt est dû. Il est porté à 10 ans lorsque l'activité est occulte, donc non déclarée.
Deux formes de contrôle coexistent. Le contrôle sur pièces s'effectue depuis les bureaux de l'administration. La vérification de comptabilité se déroule dans l'entreprise et suppose l'envoi préalable d'un avis informant le dirigeant de sa faculté de se faire assister d'un conseil de son choix. L'absence de cette information vicie la procédure.
Les justificatifs doivent rester accessibles pendant toute la durée du droit de reprise, et non seulement jusqu'à l'approbation des comptes.
Une procédure de contrôle se joue en grande partie sur le respect des délais de réponse et sur la qualité des pièces produites.
Préparer un contrôle avec un avocat fiscaliste
L'impôt est dû par la société. Toutefois, le comptable public peut demander au juge que le dirigeant soit déclaré solidairement responsable du paiement lorsque les impositions n'ont pas pu être recouvrées en raison de manœuvres frauduleuses ou d'une inobservation grave et répétée des obligations fiscales. L'engagement porte alors sur le patrimoine personnel du dirigeant.
Trois situations reviennent en pratique : TVA collectée puis non reversée, déclarations non déposées de manière répétée, distribution d'actifs alors que des dettes fiscales demeurent impayées. Un volet pénal s'y ajoute lorsque la fraude est caractérisée.
Le recours ponctuel à un avocat, par exemple via une plateforme d'avocats d'affaires indépendants spécialisés comme SWIM LEGAL, répond aux moments où la décision engage durablement la société.
La comptabilité enregistre les opérations et établit un résultat. Le droit fiscal retraite ce résultat pour calculer la base imposable, en réintégrant les charges non déductibles. Les deux chiffres diffèrent presque toujours.
Pour l'impôt sur les sociétés et la TVA, le droit de reprise s'exerce en principe jusqu'au 31 décembre de la troisième année suivant celle de l'imposition. Ce délai atteint 10 ans en cas d'activité occulte.
L'impôt sur les sociétés, la TVA et la contribution économique territoriale, à laquelle s'ajoutent les taxes assises sur les salaires ou sur certains biens. Les prix de transfert ne s'appliquent qu'aux groupes implantés dans plusieurs pays.
Oui, si le juge le déclare solidairement responsable. Cette décision suppose des manœuvres frauduleuses ou une inobservation grave et répétée des obligations fiscales ayant empêché le recouvrement.
Avant une opération structurante comme une cession, une restructuration ou une implantation à l'étranger, et dès la réception d'un avis de vérification ou d'une proposition de rectification. Le délai de réponse à une proposition est bref et conditionne la suite de la procédure.
Article L267 du Livre des procédures fiscales - Légifrance
Prescription du droit de reprise en matière d'impôt sur les sociétés (BOI-CF-PGR-10-20) - BOFiP
Liasse fiscale du régime réel normal (BIC/IS) - Entreprendre.Service-Public.fr
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