Créer une startup : guide juridique des étapes et choix de statut

Guides & Ressources pratiques
08 May 2026
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9
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Points clés de l'article
  1. Une startup n'est pas un statut juridique : c'est un modèle économique à forte croissance qui nécessite une structure adaptée aux levées de fonds et à la dilution du capital.
  2. La SAS concentre plus de 90 % des startups en France grâce à la souplesse de ses statuts et sa compatibilité avec les BSPCE.
  3. Les statuts et le pacte d'associés constituent les deux piliers juridiques à rédiger avec précision dès la création, avant toute entrée d'investisseur.
  4. Le choix du capital social, des instruments dilutifs (BSPCE, BSA) et des clauses de gouvernance conditionne la capacité de la startup à lever des fonds sans blocage juridique.
  5. L'immatriculation au Registre National des Entreprises (RNE) finalise la création, mais la qualité des documents juridiques en amont détermine la solidité de la structure.

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Sommaire

Créer une startup : définition et particularités juridiques

Les étapes clés pour créer une startup en France

Choix de la forme juridique : SAS, SASU ou SARL pour une startup ?

Pourquoi la SAS est la forme privilégiée des startups

Rédaction des statuts : clauses essentielles pour une startup

Pacte d'associés : sécuriser les relations entre fondateurs et investisseurs

Capital social, BSPCE et instruments dilutifs adaptés aux startups

Immatriculation au RNE et formalités finales de création

FAQ

Pour aller plus loin

Créer une startup : définition et particularités juridiques

Créer une startup ne revient pas à choisir un statut juridique particulier. Contrairement à une idée répandue chez les fondateurs, le terme « startup » ne désigne aucune forme sociale inscrite dans le Code de commerce. Il qualifie un modèle économique : une entreprise conçue pour croître rapidement, souvent adossée à l'innovation technologique, et financée par des tours de table successifs.

Cette distinction a des conséquences juridiques directes. Une startup doit pouvoir accueillir des investisseurs au capital, émettre des instruments financiers comme les BSPCE (bons de souscription de parts de créateur d'entreprise), et organiser la gouvernance entre fondateurs, salariés-clés et fonds de venture capital. Aucun statut juridique standard ne répond à ces besoins sans adaptation. Le choix de la forme sociale et la rédaction des documents fondateurs conditionnent donc la capacité de la startup à se développer sans blocage structurel.

En France, selon les données de la French Tech, plus de 1 200 startups ont levé des fonds en 2023, pour un montant cumulé de 8,3 milliards d'euros. Chacune de ces opérations repose sur une architecture juridique précise, définie dès la création de la société.

Les étapes clés pour créer une startup en France

La création d'une startup suit un parcours juridique en 6 étapes principales, chacune ayant un impact sur la suite des opérations :

ÉtapeObjetPoint d'attention
1. Définition du projetFormaliser le business model et identifier les cofondateursClarifier les rôles et les apports respectifs dès le départ
2. Choix de la forme juridiqueSélectionner entre SAS, SASU, SARLAnticiper les besoins en levée de fonds et en instruments dilutifs
3. Rédaction des statutsRédiger l'acte constitutif de la sociétéIntégrer les clauses de gouvernance, d'agrément et de vesting
4. Signature du pacte d'associésOrganiser les relations entre fondateursPrévoir les cas de départ, de dilution et de cession
5. Dépôt du capital socialDéposer les fonds sur un compte bloquéLe montant minimum est de 1 € en SAS, mais un capital trop faible fragilise la crédibilité
6. ImmatriculationEnregistrer la société au RNE via le guichet uniqueObtenir le numéro SIREN et démarrer l'activité

L'ordre de ces étapes n'est pas anodin. Rédiger les statuts avant d'avoir clarifié les rôles entre cofondateurs expose à des conflits ultérieurs. De même, choisir la forme juridique sans anticiper une levée de fonds peut contraindre à une transformation sociale coûteuse dans les 12 à 18 mois suivant la création.

Choix de la forme juridique : SAS, SASU ou SARL pour une startup ?

Le choix du statut juridique est la première décision structurante. Trois formes sociales concentrent la quasi-totalité des créations de startups en France : la SAS (société par actions simplifiée), la SASU (SAS unipersonnelle) et la SARL (société à responsabilité limitée).

CritèreSAS / SASUSARL
Nombre d'associés1 à illimité1 à 100
Émission de BSPCEOuiNon
Souplesse statutaireTrès élevéeEncadrée par la loi
Entrée d'investisseursFacilitée (actions)Complexe (parts sociales, agrément obligatoire)
Régime social du dirigeantAssimilé salariéTravailleur non salarié (gérant majoritaire)
Cession de titresLibre sauf clause contraireAgrément obligatoire des associés

La SARL reste adaptée à des projets familiaux ou à des activités sans perspective de levée de fonds. En revanche, dès qu'un fondateur envisage d'ouvrir son capital à des investisseurs ou d'attribuer des BSPCE à ses premiers salariés, la SAS s'impose comme la seule option réellement fonctionnelle.

Choisir la bonne forme juridique dès la création évite une transformation sociale coûteuse au moment de la première levée de fonds.
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Pourquoi la SAS est la forme privilégiée des startups

La SAS représente plus de 90 % des startups ayant levé des fonds en France. Cette prédominance s'explique par 3 caractéristiques juridiques précises.

Liberté statutaire quasi totale

Le Code de commerce (article L. 227-5) laisse aux associés de SAS une liberté presque complète pour organiser la gouvernance. Les statuts peuvent prévoir des catégories d'actions différentes (actions de préférence), des droits de vote multiples, des seuils de décision sur mesure et des organes de direction adaptés à chaque stade de développement.

Compatibilité avec les BSPCE

Les BSPCE ne peuvent être émis que par des sociétés par actions. Ce mécanisme permet d'attribuer à des salariés ou dirigeants le droit de souscrire des actions à un prix fixé à l'avance, créant ainsi un effet d'alignement entre les intérêts de l'équipe et ceux des investisseurs. En SARL, ce dispositif est juridiquement impossible.

Fluidité des opérations sur capital

La SAS permet d'émettre des obligations convertibles, des BSA (bons de souscription d'actions) et des actions de préférence sans modifier la structure fondamentale de la société. Lors d'une levée de fonds, ces instruments permettent de calibrer précisément la dilution des fondateurs tout en offrant aux investisseurs les protections qu'ils exigent (liquidation préférentielle, anti-dilution, drag-along).

Rédaction des statuts : clauses essentielles pour une startup

Les statuts d'une startup ne se résument pas à un formulaire type. Ils constituent le socle juridique de la société et doivent anticiper les scénarios de croissance, de conflit et de sortie.

Les clauses à intégrer dès la rédaction initiale :

  • Clause d'agrément : soumet toute cession d'actions à l'accord préalable des associés, pour contrôler l'entrée de tiers au capital.
  • Clause de préemption : donne aux associés existants un droit prioritaire de rachat en cas de cession.
  • Clause de vesting : prévoit l'acquisition progressive des actions par les cofondateurs sur une durée de 3 à 4 ans, avec un cliff (période minimale avant toute acquisition) de 12 mois. Cette clause protège la société si un cofondateur quitte le projet prématurément.
  • Clause de direction : définit les pouvoirs du président et, le cas échéant, d'un directeur général ou d'un comité stratégique.
  • Clause de répartition des bénéfices : organise la distribution ou le réinvestissement des résultats.

Un jeu de statuts mal rédigé peut bloquer une levée de fonds. Les investisseurs et leurs conseils juridiques analysent systématiquement les statuts avant tout engagement. Une clause d'agrément trop rigide ou l'absence de mécanisme de vesting constitue un signal négatif.

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Pacte d'associés : sécuriser les relations entre fondateurs et investisseurs

Le pacte d'associés complète les statuts. Contrairement aux statuts, il reste confidentiel : il n'est pas déposé au greffe et n'est pas accessible aux tiers. Il organise les relations entre les signataires sur des sujets que les statuts ne couvrent pas ou ne peuvent pas couvrir publiquement.

Les clauses les plus fréquentes dans les pactes de startups :

  • Tag-along (droit de sortie conjointe) : permet aux associés minoritaires de céder leurs titres aux mêmes conditions que l'associé majoritaire en cas de vente.
  • Drag-along (obligation de sortie forcée) : oblige les minoritaires à céder leurs titres si une majorité qualifiée accepte une offre de rachat.
  • Clause de non-concurrence : interdit aux cofondateurs de lancer ou rejoindre un projet concurrent pendant une durée définie.
  • Clause de good leaver / bad leaver : fixe les conditions financières de rachat des actions d'un cofondateur qui quitte la société, selon que le départ est « amiable » ou « fautif ».
  • Clause de gouvernance : définit les décisions soumises à l'unanimité ou à une majorité renforcée (recrutement clé, endettement, pivot stratégique).

En pratique, 100 % des fonds de venture capital exigent la signature d'un pacte d'associés avant d'investir. Ce document est négocié en parallèle du term sheet et conditionne le closing de la levée.

Capital social, BSPCE et instruments dilutifs adaptés aux startups

Fixer le capital social initial

Le capital social d'une SAS peut être fixé à 1 €. En pratique, les startups optent pour un capital compris entre 1 000 € et 10 000 €, réparti en un nombre élevé d'actions (souvent 10 000 à 100 000) à valeur nominale faible. Cette répartition facilite les opérations ultérieures sur le capital : émission de nouvelles actions, attribution de BSPCE, entrée d'investisseurs.

BSPCE : attirer et fidéliser les talents

Les BSPCE permettent aux salariés et dirigeants de souscrire des actions à un prix d'exercice fixé au moment de l'attribution. Si la valeur de la startup augmente, le bénéficiaire réalise une plus-value lors de l'exercice du bon. Le régime fiscal est avantageux : les gains sont imposés au taux forfaitaire de 12,8 % (plus prélèvements sociaux) si le bénéficiaire exerce une activité dans la société depuis au moins 3 ans.

Conditions d'éligibilité des BSPCE :

  • La société doit être une société par actions (SAS ou SA)
  • Elle doit avoir moins de 15 ans d'existence
  • Elle ne doit pas être cotée ou, si elle l'est, sa capitalisation ne doit pas dépasser 150 millions d'euros
  • Au moins 25 % du capital doit être détenu par des personnes physiques

Autres instruments dilutifs

Au-delà des BSPCE, les startups utilisent fréquemment les BSA (attribués aux advisors ou consultants externes) et les obligations convertibles (OC), qui permettent de lever des fonds rapidement sans fixer immédiatement la valorisation de la société. Les OC sont converties en actions lors du tour de financement suivant, avec une décote négociée (généralement 15 % à 25 %).

Le choix des instruments dilutifs dès la création structure la table de capitalisation pour les tours de financement à venir.
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Immatriculation au RNE et formalités finales de création

Depuis le 1er janvier 2023, toutes les formalités de création de société passent par le guichet unique de l'INPI, qui alimente le Registre National des Entreprises (RNE). Ce registre remplace les anciens registres (RCS, répertoire des métiers, registre des agents commerciaux).

Les documents à fournir pour l'immatriculation d'une SAS :

  • Statuts signés par tous les associés
  • Attestation de dépôt des fonds (capital social)
  • Déclaration de non-condamnation du président
  • Justificatif de domiciliation du siège social
  • Formulaire M0 complété en ligne sur le guichet unique
  • Liste des bénéficiaires effectifs

Le délai moyen d'immatriculation est de 3 à 7 jours ouvrés après dépôt du dossier complet. Une fois le numéro SIREN attribué, la société acquiert la personnalité morale et peut ouvrir un compte bancaire professionnel, signer des contrats et facturer.

Un point de vigilance : les actes passés « pour le compte de la société en formation » avant l'immatriculation doivent être repris par la société dans les statuts ou par une décision ultérieure. À défaut, les fondateurs restent personnellement engagés.

FAQ

Quel statut juridique choisir pour créer une startup ?
La SAS est la forme juridique privilégiée par plus de 90 % des startups en France. Elle permet d'émettre des BSPCE, d'accueillir des investisseurs via des actions de préférence et d'organiser librement la gouvernance dans les statuts. La SARL est inadaptée dès qu'une levée de fonds est envisagée.

Quel capital social minimum pour une startup en SAS ?
Le capital social minimum d'une SAS est de 1 €. En pratique, un capital de 1 000 € à 10 000 € réparti en un grand nombre d'actions facilite les opérations ultérieures sur le capital (BSPCE, levée de fonds, entrée d'associés).

Quelle est la différence entre les statuts et le pacte d'associés ?
Les statuts sont le document constitutif de la société, déposé au greffe et accessible au public. Le pacte d'associés est un contrat confidentiel entre les signataires, qui organise les relations entre fondateurs et investisseurs sur des sujets sensibles (sortie, gouvernance, non-concurrence).

Les BSPCE sont-ils accessibles à toutes les startups ?
Non. Seules les sociétés par actions (SAS, SA) de moins de 15 ans, dont au moins 25 % du capital est détenu par des personnes physiques, peuvent émettre des BSPCE. Les SARL en sont exclues. Le régime fiscal est avantageux après 3 ans d'activité dans la société.

Combien de temps faut-il pour immatriculer une startup en France ?
Le délai moyen est de 3 à 7 jours ouvrés après dépôt d'un dossier complet sur le guichet unique de l'INPI. La préparation des documents (statuts, dépôt de capital, domiciliation) prend généralement 1 à 3 semaines en amont.

Pour aller plus loin

Comment créer une société ? - Service-Public.fr

Société par actions simplifiée (SAS) : ce qu'il faut savoir - Service-Public.fr

Création d'une société : rédaction et enregistrement des statuts - Service-Public.fr

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