
Jullian Hoareau

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1. Périmètre et méthode : ce que recouvre le coût
2. Frais légaux incompressibles pour immatriculer une SCI
3. Trois scénarios de budget : autonome, accompagné, notarié
4. Quand le notaire devient obligatoire et à quel coût
5. Postes optionnels : statuts, conseil fiscal, domiciliation
6. Facteurs qui font varier la facture d'une SCI
7. Coûts récurrents après la création, souvent oubliés
8. Limites d'interprétation de ces ordres de grandeur
Le coût de création d'une SCI ne se lit pas sur une seule ligne. Le dirigeant qui arbitre seul a besoin de trois repères : ce qui est dû dans tous les cas, ce qui relève d'un choix, et à partir de quand un notaire devient inévitable.
Le coût de création d'une SCI se décompose en deux ensembles distincts. D'une part, des frais réglementés ou tarifés par arrêté, dus quelle que soit la manière dont le dossier est monté : publication d'une annonce légale, immatriculation, déclaration des bénéficiaires effectifs. D'autre part, des prestations facultatives facturées librement : rédaction des statuts, conseil sur l'option fiscale, domiciliation, accompagnement par un expert-comptable ou un professionnel du droit. Les montants cités ici sont des ordres de grandeur observés début 2026, jamais un barème officiel. Ils doivent être revérifiés au moment de la formalité : l'arrêté du 19 novembre 2025, entré en vigueur le 1er janvier 2026, a modifié l'arrêté du 19 novembre 2021 relatif à la tarification des annonces judiciaires et légales.
Trois postes reviennent dans tous les dossiers. Le premier est l'annonce légale de constitution. Depuis le 1er janvier 2021, son prix n'est plus calculé à la ligne mais fixé de manière forfaitaire ; pour les sociétés civiles, ce tarif relève de l'article 22 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978. Le deuxième est l'immatriculation au greffe, dont les tarifs réglementés sont fixés par arrêté, celui du 25 février 2026 pour les montants en vigueur. Le troisième est la déclaration des bénéficiaires effectifs, qui identifie les personnes physiques contrôlant réellement la société. En revanche, aucun capital social minimum n'étant exigé en SCI, l'apport de départ ne constitue pas une dépense contrainte.
| Poste obligatoire | Ordre de grandeur début 2026 | Base tarifaire |
|---|---|---|
| Annonce légale de constitution | environ 189 € HT, France métropolitaine | forfait fixé par arrêté |
| Immatriculation au greffe | environ 60 € TTC | tarif réglementé des greffiers |
| Déclaration des bénéficiaires effectifs | environ 19 € TTC | tarif réglementé |
| Socle cumulé, création sans intermédiaire | environ 310 € TTC | somme des trois postes |
Le socle réglementé est le poste le plus simple à budgéter, alors que les statuts engagent la gouvernance de la société sur plusieurs années.
Pour cadrer ces choix en amont : avocat en droit immobilier
Trois configurations couvrent la majorité des créations. La première, autonome, consiste à rédiger soi-même les statuts et à déposer le dossier : le budget se limite alors au socle obligatoire. La deuxième, accompagnée, ajoute une prestation de rédaction et de dépôt confiée à une plateforme juridique, à un avocat ou à un expert-comptable. La troisième, notariée, s'impose dès qu'un bien immobilier entre au capital et fait intervenir des postes propres à la publicité foncière. Ainsi, la fourchette couramment observée début 2026, toutes options confondues, va de 500 € à 3 000 €.
| Scénario | Ce qui est couvert | Repère de budget début 2026 |
|---|---|---|
| Autonome | statuts rédigés par le gérant, dépôt en ligne | socle obligatoire, environ 310 € TTC |
| Accompagné | rédaction et dépôt confiés à un professionnel | variable selon le prestataire |
| Notarié | acte authentique, apport d'un bien au capital | socle, émoluments et droits d'enregistrement |
Le recours au notaire n'est pas systématique pour créer une SCI. Il devient obligatoire lorsqu'un associé apporte un bien immobilier au capital social : l'apport porte alors sur un droit réel immobilier, c'est-à-dire un droit s'exerçant directement sur l'immeuble, soumis à publicité foncière. Elle suppose un acte authentique, donc l'intervention d'un notaire. Par conséquent, une création de SCI avec apport immobilier cumule des postes supplémentaires : droits d'enregistrement, émoluments du notaire et frais de publicité foncière. En revanche, lorsque les apports sont uniquement en numéraire, aucun passage devant notaire n'est requis.
Un apport immobilier au capital modifie à la fois le circuit de création et le traitement fiscal de l'opération.
Faire le point avant l'apport : expertise en droit immobilier
Les postes facultatifs expliquent l'essentiel de l'écart entre deux devis. La rédaction des statuts par un avocat ou un notaire sécurise les clauses de gérance, d'agrément et de sortie des associés ; elle se facture au dossier, selon la complexité du montage. Le conseil sur l'option fiscale, impôt sur le revenu ou impôt sur les sociétés, engage durablement la société : l'option pour l'impôt sur les sociétés est en principe irrévocable, ce qui en fait un arbitrage à traiter avant la signature. La domiciliation, enfin, correspond à l'adresse du siège social lorsque le gérant ne domicilie pas la société à son propre domicile. Aucun de ces postes n'obéit à un tarif réglementé : leur prix relève du prestataire choisi.
À prestation comparable, plusieurs paramètres déplacent la facture.
Les écarts de prix reflètent surtout le périmètre de la prestation juridique retenue, rarement les frais administratifs.
Comparer sur une base claire : avocats en droit immobilier
Le budget de constitution ne dit rien du coût annuel de la structure. Une SCI tient une comptabilité dont l'exigence dépend du régime fiscal retenu : l'impôt sur les sociétés impose une comptabilité d'engagement et des déclarations spécifiques, là où l'impôt sur le revenu reste plus léger. S'y ajoutent les frais liés aux modifications ultérieures, chacune supposant une nouvelle annonce légale et une inscription modificative au registre.
Sur la durée de détention d'un bien, ces postes récurrents pèsent généralement davantage que le coût d'immatriculation initial.
Les montants cités sont des observations de marché datées du début 2026, non un barème opposable. Trois limites méritent d'être posées. D'abord, les tarifs réglementés évoluent par arrêté : l'annonce légale et les frais de greffe ont fait l'objet de textes révisés récemment. Ensuite, les prestations libres ne sont comparables que si leur périmètre l'est : un prix bas peut exclure la rédaction sur mesure des statuts ou l'analyse de l'option fiscale. Enfin, la création avec apport immobilier échappe à toute estimation forfaitaire, puisque droits et émoluments se calculent sur la valeur du bien. Avant d'engager la dépense, il reste donc utile de vérifier les tarifs en vigueur auprès du greffe compétent et du support d'annonces légales retenu.
Sans intermédiaire, le socle obligatoire se situe autour de 310 € TTC, ordre de grandeur observé début 2026 et à revérifier au moment de la formalité. Il couvre l'annonce légale, l'immatriculation au greffe et la déclaration des bénéficiaires effectifs. Aucun capital social minimum n'étant exigé en SCI, ce poste ne s'ajoute pas au budget de départ.
Non, sauf lorsqu'un associé apporte un bien immobilier au capital social. L'apport porte alors sur un droit réel immobilier soumis à publicité foncière, ce qui impose un acte authentique et donc un notaire. Lorsque les apports sont uniquement en numéraire, la création se fait sans passage obligatoire chez le notaire.
Cette fourchette, couramment observée début 2026, additionne des frais réglementés stables et des prestations facturées librement. L'écart tient au niveau d'accompagnement retenu : rédaction sur mesure des statuts, conseil sur l'option fiscale, domiciliation. Les frais administratifs, eux, varient peu d'un dossier à l'autre.
Les frais légaux sont identiques quelle que soit la finalité de la société. La différence porte sur la rédaction des statuts, car les clauses d'agrément et de transmission entre proches demandent un travail plus fin. Le coût dépend donc du prestataire retenu, pas d'un tarif spécifique aux SCI familiales.
Environ 189 € HT en France métropolitaine, ordre de grandeur observé début 2026. Depuis le 1er janvier 2021, ce prix est forfaitaire et non plus calculé à la ligne, avec une variation selon le type de société et la localisation. Le tarif applicable aux sociétés civiles relève de l'article 22 du décret n° 78-704 du 3 juillet 1978.
Tarification des annonces légales en 2026 - Bpifrance Création
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