
Jullian Hoareau

Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.
Licence de marque : définition et différence avec la cession
Types de licence : exclusive, simple, totale ou partielle
Clauses essentielles du contrat de licence de marque
Fixation et calcul des redevances
Contrôle de qualité et obligations du licencié
Inscription au registre national des marques INPI
Durée, résiliation et sort des stocks
Erreurs fréquentes et points de vigilance
La licence de marque est le contrat par lequel le titulaire d'une marque enregistrée autorise un tiers, le licencié, à exploiter son signe pour tout ou partie des produits et services visés à l'enregistrement. Un contrat de licence de marque ne transfère donc pas la propriété du signe, à la différence de la cession. Cette distinction commande le reste du dispositif : le titulaire conserve la charge du renouvellement et le pouvoir de contrôler l'usage fait de sa marque. Le code de la propriété intellectuelle exige un écrit, à peine de nullité.
| Critère | Licence | Cession |
|---|---|---|
| Propriété du signe | conservée par le titulaire | transférée au cessionnaire |
| Durée des effets | fixée par le contrat | définitive |
| Contrepartie usuelle | redevances périodiques | prix, souvent forfaitaire |
| Renouvellement auprès de l'INPI | à la charge du titulaire | à la charge du cessionnaire |
Le degré d'exclusivité conditionne la valeur économique du contrat et le niveau de risque assumé par chaque partie.
Une licence partielle mal découpée crée des zones de recouvrement entre licenciés, source de contentieux entre eux et non avec le titulaire.
Découper le périmètre d'une licence suppose de croiser le libellé de dépôt, la réalité commerciale et les projets d'extension de gamme.
Consulter un avocat en droit des marques
Un contrat de licence de marque exploitable en contentieux repose sur un socle de clauses non facultatives :
La clause relative à l'action en contrefaçon mérite une attention particulière. En l'absence de stipulation contraire, le licencié ne peut agir qu'avec le consentement du titulaire ; le licencié exclusif peut, lui, agir après avoir mis en demeure le titulaire resté inactif. Un contrat silencieux prive donc le licencié de tout recours autonome.
Les redevances, ou royalties, se calculent le plus souvent sur le chiffre d'affaires net réalisé sous la marque. L'assiette doit être définie avec précision : remises, retours, taxes et ventes intragroupe doivent être expressément inclus ou exclus.
| Mode de calcul | Fonctionnement | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Pourcentage du chiffre d'affaires | taux appliqué aux ventes nettes | définir « net » sans ambiguïté |
| Redevance forfaitaire | montant fixe par période | déconnecté de la performance réelle |
| Minimum garanti | plancher annuel dû quel que soit le volume | prévoir le sort du minimum non atteint |
| Taux dégressif | le taux baisse par paliers de volume | fixer les paliers et leur date de calcul |
Le minimum garanti protège le titulaire contre un licencié passif qui bloquerait un territoire sans l'exploiter. Prévoyez un droit d'audit sur les comptes du licencié, avec une périodicité et une prise en charge des frais définies à l'avance.
Une assiette de redevances imprécise se règle rarement à l'amiable : elle se découvre au premier audit.
Faire auditer votre contrat de licence
Le contrôle de qualité n'est pas une clause de confort. Une marque exploitée sans surveillance perd sa fonction de garantie d'origine et peut devenir trompeuse pour le public, ce qui expose le titulaire à une action en déchéance. Le contrat doit donc imposer au licencié des standards vérifiables : cahier des charges produit, charte graphique, validation préalable des campagnes, procédure de retrait en cas de non-conformité.
Côté licencié, les obligations classiques sont l'exploitation effective de la marque, le respect du périmètre concédé, la remise de rapports de ventes et l'interdiction de déposer des signes similaires. L'obligation d'exploiter présente un intérêt direct pour le titulaire : une marque non utilisée pendant 5 ans encourt la déchéance, et l'usage par le licencié vaut usage par le titulaire.
La licence produit ses effets entre les parties dès sa signature, mais elle n'est opposable aux tiers qu'après inscription au registre national des marques tenu par l'INPI. Sans cette formalité, le licencié se heurte à plusieurs difficultés concrètes : un acquéreur de la marque peut ignorer son droit d'exploitation, et sa capacité à intervenir dans une procédure en contrefaçon devient incertaine.
La demande d'inscription s'effectue en ligne sur le portail de l'INPI. Le contrat peut être déposé sous forme d'extrait, limité aux mentions permettant d'identifier les parties, la marque et la portée de la licence, ce qui évite de divulguer les conditions financières. Désignez au contrat la partie chargée d'accomplir la formalité et fixez-lui un délai, faute de quoi personne ne la réalise.
Une licence non inscrite reste un accord privé : les tiers, eux, ne lisent que le registre.
Sécuriser vos contrats de marque
La durée de la licence ne peut excéder celle des droits sur la marque, mais rien n'interdit de l'aligner sur les périodes de renouvellement. Distinguez la durée initiale, les conditions de reconduction et le préavis de non-renouvellement.
La clause de résiliation doit énumérer les manquements graves : défaut de paiement des redevances, non-respect des standards de qualité, atteinte à l'image, changement de contrôle du licencié. Prévoyez également le sort des stocks à l'issue du contrat. Une période d'écoulement de 3 à 6 mois, assortie du maintien des obligations de qualité et du paiement des redevances, évite au licencié une perte sèche et au titulaire une liquidation désordonnée de produits marqués.
Oui. Le code de la propriété intellectuelle impose un écrit à peine de nullité. Un accord verbal ou une simple tolérance d'usage ne constitue pas une licence opposable et fragilise la position des deux parties.
Pas par principe. Sauf stipulation contraire du contrat, le licencié doit obtenir le consentement du titulaire. Le licencié exclusif peut agir après mise en demeure restée sans effet du titulaire. La clause contractuelle prime, d'où l'intérêt de la rédiger.
La licence reste valable entre les parties mais devient inopposable aux tiers. Un acquéreur de la marque ou un créancier peut ignorer les droits du licencié, et la participation de ce dernier à une action en contrefaçon devient incertaine.
Le taux dépend de la notoriété de la marque, du secteur, de l'exclusivité concédée et des investissements marketing supportés par chaque partie. La négociation porte autant sur le taux que sur l'assiette retenue et sur l'existence d'un minimum garanti.
Oui, mais le contrat doit anticiper le refus d'enregistrement ou une opposition. Prévoyez une condition suspensive ou un mécanisme de révision des redevances tant que la marque n'est pas définitivement enregistrée.
Article L714-1 du Code de la propriété intellectuelle - Légifrance
Inscrire un événement au registre national des marques - INPI
La marque après son dépôt - INPI
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d'avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l'Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d'accéder rapidement via la plateforme à des avocats d'affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu'il s'agisse d'un dossier, d'une consultation ou d'un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d'avocats pour répondre rapidement à leur demande.
Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL
Besoin d'un juriste freelance, d'un conseil ou d'aide sur un litige ?





