Comité social et économique (CSE) : définition, rôle et obligations en entreprise

Guides & Ressources pratiques
24 Mar 2026
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8
min
Points clés de l'article
  1. Le comité social et économique (CSE) est l'instance unique de représentation du personnel, obligatoire dès 11 salariés pendant 12 mois consécutifs.
  2. Il remplace depuis 2020 les délégués du personnel, le comité d'entreprise et le CHSCT, fusionnés par les ordonnances Macron de septembre 2017.
  3. Ses missions varient selon l'effectif : réclamations individuelles et collectives en dessous de 50 salariés, consultations obligatoires sur la stratégie, la situation économique et la politique sociale au-delà.
  4. Le CSE dispose de moyens légaux précis : heures de délégation, budget de fonctionnement (0,20 % de la masse salariale brute à partir de 50 salariés), budget des activités sociales et culturelles.
  5. L'absence de mise en place ou le défaut de consultation expose l'employeur à un délit d'entrave passible de 7 500 € d'amende et à l'annulation de décisions prises sans information préalable du CSE.

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Sommaire

Qu'est-ce que le comité social et économique (CSE) ?

Origine du CSE : la fusion des IRP par les ordonnances Macron

Quand le CSE doit-il être mis en place dans l'entreprise ?

Composition du CSE : titulaires, suppléants et président

Rôle et missions du CSE selon l'effectif (11-49 et 50+)

Moyens et fonctionnement : heures de délégation, budget, réunions

CSE vs anciennes instances : ce qui change pour le DRH

Risques en cas de manquement aux obligations liées au CSE

FAQ

Pour aller plus loin

Qu'est-ce que le comité social et économique (CSE) ?

Le comité social et économique est l'instance unique de représentation du personnel dans les entreprises du secteur privé. Il regroupe l'ensemble des prérogatives autrefois réparties entre les délégués du personnel (DP), le comité d'entreprise (CE) et le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

Concrètement, le CSE est l'interlocuteur institutionnel entre les salariés et l'employeur. Il porte les réclamations individuelles et collectives, participe aux consultations sur les orientations stratégiques de l'entreprise et veille à la protection de la santé et de la sécurité au travail. Son périmètre d'intervention dépend directement de l'effectif de l'entreprise, ce qui conditionne à la fois ses attributions et ses moyens.

Pour le DRH, le CSE constitue le cadre légal dans lequel s'organise le dialogue social. Sa mise en place, sa composition et son fonctionnement sont encadrés par les articles L. 2311-1 et suivants du Code du travail.

Origine du CSE : la fusion des IRP par les ordonnances Macron

Le CSE a été créé par l'ordonnance n° 2017-1386 du 22 septembre 2017, dans le cadre des ordonnances dites « Macron » réformant le Code du travail. L'objectif affiché par le législateur était de simplifier le paysage de la représentation du personnel en fusionnant 3 instances distinctes en une seule.

Avant cette réforme, une entreprise de plus de 50 salariés devait organiser et faire fonctionner simultanément les DP, le CE et le CHSCT. Chaque instance disposait de ses propres règles d'élection, de réunion et de consultation. Cette architecture générait une charge administrative lourde et des chevauchements de compétences fréquents.

La période transitoire s'est achevée le 31 décembre 2019. Depuis le 1er janvier 2020, toutes les entreprises concernées doivent avoir mis en place un CSE. Les mandats des anciennes instances ont pris fin de plein droit à cette date.

La structuration du dialogue social repose sur un cadre juridique précis, que chaque entreprise doit adapter à sa situation.
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Quand le CSE doit-il être mis en place dans l'entreprise ?

L'obligation de mettre en place un CSE s'applique dès que l'entreprise atteint un effectif de 11 salariés pendant 12 mois consécutifs (article L. 2311-2 du Code du travail). Ce seuil se calcule selon les règles de décompte prévues aux articles L. 1111-2 et L. 1111-3, qui intègrent les salariés en CDI, en CDD et les intérimaires au prorata de leur temps de présence.

L'employeur dispose d'un délai de 90 jours après l'information du personnel pour organiser les élections professionnelles. Le processus électoral suit un protocole d'accord préélectoral (PAP) négocié avec les organisations syndicales représentatives.

En l'absence de candidature après 2 tours de scrutin, l'employeur établit un procès-verbal de carence, valable 4 ans. Ce document ne dispense pas de relancer le processus électoral à l'échéance.

SituationObligation
Moins de 11 salariésPas d'obligation de CSE
11 salariés pendant 12 mois consécutifsMise en place obligatoire
Absence de candidats aux électionsPV de carence valable 4 ans
Franchissement du seuil de 50 salariésExtension des attributions du CSE

Composition du CSE : titulaires, suppléants et président

Le CSE est composé de 3 catégories de membres :

  • L'employeur ou son représentant, qui préside l'instance. Il peut se faire assister de 3 collaborateurs maximum, disposant d'une voix consultative.
  • Les membres titulaires, élus par les salariés au scrutin de liste à 2 tours. Leur nombre varie selon l'effectif : 1 titulaire pour une entreprise de 11 à 24 salariés, jusqu'à 35 titulaires au-delà de 10 000 salariés (article R. 2314-1 du Code du travail).
  • Les membres suppléants, élus en nombre égal aux titulaires. Ils ne siègent en réunion qu'en l'absence du titulaire qu'ils remplacent, sauf accord collectif plus favorable.

Dans les entreprises de 50 salariés et plus, le CSE désigne parmi ses membres titulaires un secrétaire et un trésorier. Le secrétaire rédige les procès-verbaux de réunion et gère l'ordre du jour conjointement avec le président.

Les membres du CSE bénéficient d'un statut de salarié protégé pendant toute la durée de leur mandat et durant les 6 mois suivant son expiration. Tout licenciement nécessite l'autorisation préalable de l'inspecteur du travail.

Rôle et missions du CSE selon l'effectif (11-49 et 50+)

Les attributions du comité social et économique diffèrent selon que l'entreprise emploie moins de 50 ou au moins 50 salariés. Cette distinction conditionne la nature même du dialogue social.

Entreprises de 11 à 49 salariés

Le CSE exerce les missions anciennement dévolues aux délégués du personnel :

  • Présentation des réclamations individuelles et collectives relatives aux salaires, à l'application du Code du travail et des conventions collectives
  • Promotion de la santé, de la sécurité et des conditions de travail
  • Droit d'alerte en cas d'atteinte aux droits des personnes ou de danger grave et imminent

Entreprises de 50 salariés et plus

Le CSE dispose de l'ensemble des attributions consultatives de l'ancien CE et des prérogatives du CHSCT. Il est obligatoirement consulté sur 3 thèmes récurrents :

  1. Les orientations stratégiques de l'entreprise
  2. La situation économique et financière
  3. La politique sociale, les conditions de travail et l'emploi

Il est également consulté ponctuellement sur les projets de restructuration, de licenciement collectif, de modification des conditions de travail ou d'introduction de nouvelles technologies. L'absence de consultation rend la décision de l'employeur inopposable aux salariés.

La consultation du CSE obéit à des règles de forme et de délai dont le non-respect peut invalider une décision de l'entreprise.
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Moyens et fonctionnement : heures de délégation, budget, réunions

Le législateur a doté le CSE de moyens proportionnés à ses missions. Ces moyens varient selon l'effectif.

Heures de délégation

Chaque membre titulaire dispose d'un crédit d'heures mensuel pour exercer ses fonctions. Ce crédit est fixé par l'article R. 2314-1 du Code du travail :

Effectif de l'entrepriseHeures de délégation par titulaire/mois
11 à 24 salariés10 heures
25 à 49 salariés10 heures
50 à 74 salariés18 heures
75 à 99 salariés19 heures
100 à 199 salariés21 heures
200 à 499 salariés22 heures
500 salariés et plus24 heures

Les heures de délégation sont mutualisables entre titulaires et suppléants, et reportables d'un mois sur l'autre dans la limite de 12 mois, sans dépasser 1,5 fois le crédit mensuel.

Budget

À partir de 50 salariés, le CSE dispose de 2 budgets distincts :

  • Budget de fonctionnement : 0,20 % de la masse salariale brute (0,22 % dans les entreprises de 2 000 salariés et plus)
  • Budget des activités sociales et culturelles (ASC) : fixé par accord d'entreprise ou, à défaut, par usage

Réunions

L'employeur convoque le CSE au moins 1 fois par mois dans les entreprises de 50 salariés et plus, et au moins 1 fois tous les 2 mois en dessous de 50 salariés. Un accord collectif peut fixer une périodicité différente, sans descendre en dessous de 6 réunions par an. Au moins 4 réunions annuelles doivent porter sur la santé, la sécurité et les conditions de travail.

CSE vs anciennes instances : ce qui change pour le DRH

La fusion des instances modifie concrètement l'organisation du dialogue social pour la direction des ressources humaines.

Ce qui est simplifié :

  • Un seul processus électoral au lieu de 3
  • Un seul interlocuteur institutionnel pour l'ensemble des sujets (réclamations, consultations économiques, santé-sécurité)
  • Un seul ordre du jour et un seul procès-verbal par réunion
  • Une réduction mécanique du nombre total d'élus et d'heures de délégation par rapport au cumul des anciennes instances

Ce qui exige une vigilance accrue :

  • La commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) est obligatoire dans les entreprises de 300 salariés et plus, et dans les établissements classés Seveso. Elle ne dispose pas de la personnalité juridique et agit par délégation du CSE.
  • Le CSE concentre des sujets auparavant traités par des instances spécialisées. Le DRH doit s'assurer que l'ordre du jour couvre effectivement l'ensemble des thèmes obligatoires.
  • Les délais de consultation sont encadrés : 1 mois en l'absence d'expert, 2 mois avec expert, 3 mois en cas d'intervention d'une ou plusieurs expertises. Le silence du CSE à l'expiration du délai vaut avis négatif.
La transition vers le CSE a modifié les équilibres du dialogue social. Un accompagnement juridique permet de sécuriser les procédures de consultation et de négociation.
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Risques en cas de manquement aux obligations liées au CSE

Le non-respect des obligations relatives au CSE expose l'employeur à des sanctions pénales, civiles et opérationnelles.

Délit d'entrave

L'article L. 2317-1 du Code du travail sanctionne le fait de porter atteinte à la mise en place, au fonctionnement ou aux attributions du CSE. La peine encourue est de 7 500 € d'amende pour les personnes physiques. Cette qualification couvre des situations variées : absence d'organisation des élections, refus de convoquer le CSE, non-transmission des informations obligatoires, ou encore obstruction à l'exercice des heures de délégation.

Nullité des décisions

Une décision prise sans consultation préalable du CSE, lorsque celle-ci est obligatoire, peut être annulée par le juge. En matière de licenciement économique collectif, l'absence de consultation entraîne la nullité de la procédure et ouvre droit à des indemnités pouvant atteindre 12 mois de salaire minimum par salarié concerné.

Conséquences opérationnelles

  • Le défaut de PV de carence empêche l'entreprise de conclure certains accords collectifs qui requièrent une consultation ou un avis du CSE
  • L'absence de CSE peut bloquer la mise en place d'un accord d'intéressement ou de participation
  • En cas de contrôle de l'inspection du travail, l'absence d'élections professionnelles constitue un manquement relevé systématiquement

Le DRH a donc un intérêt direct à documenter chaque étape : convocations, ordres du jour, procès-verbaux, avis rendus. Cette traçabilité constitue la première ligne de défense en cas de contentieux.

FAQ

Le CSE est-il obligatoire dans toutes les entreprises ?

Non. Le CSE est obligatoire uniquement dans les entreprises du secteur privé dont l'effectif atteint 11 salariés pendant 12 mois consécutifs. En dessous de ce seuil, aucune obligation de mise en place n'existe. Les associations et les établissements publics à caractère industriel et commercial sont également concernés.

Quelle est la durée du mandat des membres du CSE ?

Le mandat des élus du CSE est de 4 ans par défaut. Un accord collectif peut réduire cette durée à 2 ou 3 ans. Le nombre de mandats successifs est limité à 3, sauf dans les entreprises de moins de 50 salariés ou si un accord collectif prévoit une dérogation.

Le CSE peut-il recourir à un expert ?

Oui, dans les entreprises de 50 salariés et plus. Le CSE peut désigner un expert-comptable pour les 3 consultations récurrentes (orientations stratégiques, situation économique, politique sociale) et un expert habilité en matière de santé et sécurité. Le financement de l'expertise est pris en charge par l'employeur ou cofinancé selon les cas prévus par l'article L. 2315-80 du Code du travail.

Que se passe-t-il si aucun salarié ne se porte candidat aux élections du CSE ?

L'employeur établit un procès-verbal de carence après le second tour de scrutin. Ce PV est transmis à l'inspection du travail dans les 15 jours. Il est valable 4 ans, période durant laquelle l'employeur n'est pas tenu d'organiser de nouvelles élections, sauf demande d'un salarié ou d'une organisation syndicale.

Le suppléant peut-il assister aux réunions du CSE ?

Par défaut, le suppléant n'assiste aux réunions que lorsqu'il remplace un titulaire absent. Toutefois, un accord collectif d'entreprise peut prévoir la participation des suppléants à toutes les réunions. En l'absence d'accord, le suppléant est informé des ordres du jour et des procès-verbaux pour pouvoir remplacer le titulaire de manière éclairée.

Pour aller plus loin

Fonctionnement et obligations du comité social et économique (CSE) - URSSAF

Comité social et économique (CSE) - Service-Public

Code du travail - Comité social et économique (Articles L2311-1 à L2317-2) - Légifrance

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