Auto-entrepreneur et sécurité sociale : couverture, cotisations et démarches

Guides & Ressources pratiques
07 Mar 2026
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8
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Points clés de l'article
  1. L'auto-entrepreneur est affilié à la Sécurité sociale des indépendants (SSI), gérée par la CPAM depuis 2020.
  2. Ses cotisations sociales représentent entre 12,3 % et 21,2 % du chiffre d'affaires selon l'activité, sans possibilité de déduire ses charges.
  3. La couverture maladie et maternité est identique à celle des salariés pour les remboursements de soins, mais les indemnités journalières restent conditionnées à un revenu annuel minimum.
  4. Les droits à la retraite dépendent directement du chiffre d'affaires déclaré : un CA trop faible ne valide aucun trimestre.
  5. La souscription d'une mutuelle et d'une prévoyance complémentaire est facultative mais souvent indispensable pour couvrir les carences du régime obligatoire.

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Sommaire

Régime de rattachement de l'auto-entrepreneur à la Sécurité sociale

Cotisations sociales : taux et assiette selon l'activité

Couverture maladie, maternité et frais de santé

Indemnités journalières : conditions d'ouverture des droits

Retraite de base et complémentaire de l'auto-entrepreneur

Cumul auto-entreprise et autre statut : impacts sur la protection sociale

Mutuelle et prévoyance complémentaire : points de vigilance

Démarches URSSAF en cas d'arrêt, de cessation ou de litige

FAQ

Pour aller plus loin

Régime de rattachement de l'auto-entrepreneur à la Sécurité sociale

Depuis le 1er janvier 2020, la Sécurité sociale des indépendants (SSI) n'existe plus en tant qu'organisme distinct. Les auto-entrepreneurs sont désormais rattachés au régime général de la Sécurité sociale, géré par les CPAM (Caisses primaires d'assurance maladie). Ce transfert, acté par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018, a supprimé l'ancien RSI.

En pratique, l'auto-entrepreneur relève du régime micro-social simplifié. Son affiliation est automatique dès l'immatriculation de son activité sur le guichet unique de l'INPI. Il n'a aucune démarche spécifique à effectuer auprès de la CPAM : c'est l'URSSAF qui transmet les informations.

Le rattachement au régime général ne signifie pas que l'auto-entrepreneur bénéficie des mêmes droits qu'un salarié. Ses prestations dépendent de son statut de travailleur indépendant et, surtout, du chiffre d'affaires qu'il déclare. Un CA nul ou très faible réduit considérablement ses droits, notamment en matière d'indemnités journalières et de retraite.

Cotisations sociales : taux et assiette selon l'activité

L'auto-entrepreneur paie ses cotisations sociales sur la base de son chiffre d'affaires brut, sans déduction de charges. Ce mécanisme, propre au régime micro-social, simplifie le calcul mais peut pénaliser les activités à forte charge.

Les taux applicables en 2024 varient selon la nature de l'activité :

Catégorie d'activitéTaux de cotisations sociales
Vente de marchandises (BIC)12,3 %
Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC)21,2 %
Prestations de services libérales (BNC – CIPAV)21,1 %
Activités libérales relevant du régime général (BNC – SSI)21,2 %
Location de meublés de tourisme classés6 %

Ces taux couvrent l'ensemble des cotisations obligatoires : maladie-maternité, allocations familiales, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès et CSG-CRDS. L'auto-entrepreneur ne paie rien s'il déclare un CA de 0 €.

À ces cotisations s'ajoute la contribution à la formation professionnelle (CFP), comprise entre 0,1 % et 0,3 % du CA selon l'activité. Elle ouvre droit au financement de formations via le CPF.

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Couverture maladie, maternité et frais de santé

Pour les remboursements de frais de santé (consultations, médicaments, hospitalisations), l'auto-entrepreneur bénéficie exactement des mêmes taux que les salariés. La CPAM rembourse selon les mêmes bases et les mêmes plafonds, sans distinction de statut.

En cas de maternité ou de paternité, l'auto-entrepreneur perçoit des indemnités versées par la CPAM, à condition d'être affilié depuis au moins 10 mois à la date prévue d'accouchement. Le montant de l'allocation forfaitaire de repos maternel s'élève à 3 666 € pour un revenu annuel supérieur à 4 208,80 € (seuil 2024). En dessous de ce seuil, l'allocation est réduite à 10 % de ce montant, soit 366,60 €.

L'indemnité journalière forfaitaire d'interruption d'activité pour maternité atteint 63,52 € par jour en 2024, versée pendant 56 jours minimum (8 semaines). Ce montant suppose un revenu annuel moyen supérieur au seuil de 4 208,80 €.

Le revenu pris en compte est le chiffre d'affaires après abattement forfaitaire (71 % pour la vente, 50 % pour les prestations BIC, 34 % pour les BNC). Un auto-entrepreneur en prestation de services BNC doit donc déclarer au moins 6 377 € de CA annuel pour atteindre le seuil minimal.

Indemnités journalières : conditions d'ouverture des droits

L'auto-entrepreneur peut percevoir des indemnités journalières (IJ) en cas d'arrêt maladie ou d'accident, sous conditions strictes.

Pour ouvrir ses droits, il doit :

  • Être affilié à la Sécurité sociale depuis au moins 12 mois
  • Être à jour de ses cotisations sociales
  • Justifier d'un revenu annuel moyen supérieur à 4 208,80 € (10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale 2024)

Le montant des IJ est calculé sur la base du revenu moyen des 3 dernières années, divisé par 730. Le montant maximal atteint 63,52 € par jour en 2024. Un délai de carence de 3 jours s'applique.

ParamètreValeur 2024
Délai de carence3 jours
Revenu annuel minimum requis4 208,80 €
IJ maximale par jour63,52 €
Durée maximale d'indemnisation360 jours sur 3 ans
Base de calculMoyenne des revenus des 3 dernières années

Un auto-entrepreneur dont le CA reste faible pendant ses premières années d'activité peut se retrouver sans aucune indemnisation en cas d'arrêt. Ce risque est fréquemment sous-estimé.

Retraite de base et complémentaire de l'auto-entrepreneur

Les droits à la retraite de l'auto-entrepreneur dépendent directement du chiffre d'affaires déclaré. Chaque trimestre validé suppose un CA minimum, variable selon l'activité.

Pour valider 4 trimestres de retraite en 2024, les seuils de CA annuel sont :

ActivitéCA minimum pour 4 trimestres
Vente de marchandises (BIC)20 740 €
Prestations de services (BIC)12 030 €
Activités libérales (BNC – CIPAV)9 675 €
Activités libérales (BNC – SSI)12 030 €

En dessous de ces seuils, le nombre de trimestres validés diminue proportionnellement. Un CA nul ne génère aucun trimestre. L'auto-entrepreneur qui exerce à temps partiel ou en complément d'une autre activité doit vérifier chaque année le nombre de trimestres acquis via son relevé de carrière sur info-retraite.fr.

La retraite complémentaire est incluse dans les cotisations du micro-social. Les auto-entrepreneurs relevant de la CIPAV (certaines professions libérales) cotisent à un régime complémentaire distinct, avec des règles de calcul par points.

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Cumul auto-entreprise et autre statut : impacts sur la protection sociale

Un auto-entrepreneur peut cumuler son activité avec un emploi salarié, une pension de retraite ou des allocations chômage. Les règles de protection sociale varient selon la situation.

Cumul avec un emploi salarié : l'auto-entrepreneur reste affilié au régime général au titre de son salariat. Sa couverture maladie dépend de son activité principale, déterminée par le revenu le plus élevé. Il cotise sur les deux revenus et acquiert des droits à la retraite dans les deux régimes.

Cumul avec le chômage : le maintien partiel de l'ARE (allocation d'aide au retour à l'emploi) est possible tant que le revenu mensuel issu de l'auto-entreprise ne dépasse pas 70 % du salaire de référence. France Travail recalcule chaque mois le montant versé en fonction du CA déclaré.

Cumul avec la retraite : le dispositif de cumul emploi-retraite permet de percevoir sa pension tout en exerçant en auto-entreprise. Depuis la réforme de 2023, les cotisations versées dans ce cadre ouvrent de nouveaux droits à la retraite, sous conditions.

Dans chaque cas, les cotisations sociales restent dues sur le CA de l'auto-entreprise, même si la couverture maladie est assurée par l'autre régime.

Mutuelle et prévoyance complémentaire : points de vigilance

L'auto-entrepreneur n'est pas couvert par une mutuelle d'entreprise obligatoire. Il doit souscrire individuellement une complémentaire santé pour couvrir le reste à charge après remboursement de la CPAM.

Depuis octobre 2022, les travailleurs indépendants peuvent bénéficier du dispositif de résiliation infra-annuelle, qui permet de changer de mutuelle à tout moment après un an de contrat. Cette flexibilité facilite la mise en concurrence des offres.

Les cotisations de mutuelle Madelin ne sont pas déductibles pour l'auto-entrepreneur, puisque le régime micro-fiscal applique un abattement forfaitaire et non une déduction des charges réelles. Ce point rend le passage en entreprise individuelle au réel parfois plus avantageux pour les indépendants à revenus élevés.

La prévoyance complémentaire (incapacité, invalidité, décès) constitue un enjeu distinct. Compte tenu des plafonds faibles d'indemnités journalières et de l'absence de couverture employeur, une prévoyance individuelle permet de compenser la perte de revenus en cas d'arrêt prolongé. Les contrats spécifiques aux indépendants proposent des garanties modulables selon le niveau de revenu à protéger.

Points de vigilance à vérifier avant de souscrire :

  • Délai de franchise : période sans indemnisation après le début de l'arrêt (souvent 30, 60 ou 90 jours)
  • Montant garanti : vérifier qu'il couvre le revenu réel, pas uniquement le revenu fiscal
  • Exclusions : certaines pathologies ou activités peuvent être exclues
  • Revalorisation : s'assurer que les garanties suivent l'évolution du revenu
Un avocat spécialisé peut vous aider à évaluer les garanties adaptées à votre situation et à votre niveau de revenu.
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Démarches URSSAF en cas d'arrêt, de cessation ou de litige

En cas d'arrêt de travail, l'auto-entrepreneur doit transmettre son avis d'arrêt à la CPAM dans les 48 heures. Il n'a pas à prévenir l'URSSAF, mais il continue de déclarer son CA (éventuellement à 0 €) pendant la période d'arrêt. Les cotisations ne sont dues que sur le CA effectivement encaissé.

En cas de cessation d'activité, la déclaration se fait en ligne sur le guichet unique de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr). L'URSSAF procède ensuite à la régularisation des cotisations sur la base du dernier CA déclaré. Le délai de traitement varie entre 1 et 3 mois.

En cas de litige avec l'URSSAF (erreur de calcul, mise en demeure contestée, radiation injustifiée), l'auto-entrepreneur dispose de voies de recours précises :

  1. Recours amiable : saisine de la Commission de recours amiable (CRA) de l'URSSAF dans un délai de 2 mois suivant la notification contestée
  2. Recours contentieux : en cas de rejet par la CRA, saisine du tribunal judiciaire (pôle social) dans un délai de 2 mois
  3. Médiation : le médiateur de l'URSSAF peut être saisi en parallèle pour les litiges de faible complexité

Les erreurs de déclaration ou les retards de paiement entraînent des majorations de 5 % à 15 % selon la nature du manquement. Une régularisation rapide permet généralement d'obtenir une remise gracieuse des pénalités.

FAQ

L'auto-entrepreneur est-il toujours rattaché au RSI ?

Non. Le RSI a été supprimé au 1er janvier 2020. L'auto-entrepreneur est désormais rattaché au régime général de la Sécurité sociale, géré par la CPAM. Ses cotisations sont collectées par l'URSSAF. Le changement n'a pas modifié le mode de calcul des cotisations.

Peut-on toucher des indemnités journalières en auto-entreprise ?

Oui, à condition d'être affilié depuis au moins 12 mois, d'être à jour de cotisations et de justifier d'un revenu annuel moyen supérieur à 4 208,80 € (seuil 2024). Le montant maximal est de 63,52 € par jour, après un délai de carence de 3 jours.

Combien de trimestres de retraite valide un auto-entrepreneur ?

Le nombre de trimestres dépend du chiffre d'affaires annuel. Par exemple, un prestataire de services BIC doit déclarer au moins 12 030 € de CA pour valider 4 trimestres en 2024. Un CA inférieur réduit proportionnellement les trimestres acquis.

La mutuelle est-elle obligatoire pour un auto-entrepreneur ?

Non. Contrairement aux salariés, l'auto-entrepreneur n'est pas soumis à l'obligation de complémentaire santé d'entreprise. La souscription reste individuelle et facultative, mais elle est fortement recommandée pour couvrir le reste à charge après remboursement de la CPAM.

Que faire en cas d'erreur de l'URSSAF sur mes cotisations ?

L'auto-entrepreneur peut saisir la Commission de recours amiable (CRA) de l'URSSAF dans un délai de 2 mois après la notification contestée. En cas de rejet, un recours devant le tribunal judiciaire (pôle social) est possible dans les 2 mois suivants. Le médiateur de l'URSSAF peut aussi être sollicité.

Pour aller plus loin

Régime micro-social - Service-Public.fr

L'essentiel du statut - URSSAF

Cotisations sociales d'un micro-entrepreneur - Service-Public.fr

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