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Régime de rattachement de l'auto-entrepreneur à la Sécurité sociale
Cotisations sociales : taux et assiette selon l'activité
Couverture maladie, maternité et frais de santé
Indemnités journalières : conditions d'ouverture des droits
Retraite de base et complémentaire de l'auto-entrepreneur
Cumul auto-entreprise et autre statut : impacts sur la protection sociale
Mutuelle et prévoyance complémentaire : points de vigilance
Démarches URSSAF en cas d'arrêt, de cessation ou de litige
Depuis le 1er janvier 2020, la Sécurité sociale des indépendants (SSI) n'existe plus en tant qu'organisme distinct. Les auto-entrepreneurs sont désormais rattachés au régime général de la Sécurité sociale, géré par les CPAM (Caisses primaires d'assurance maladie). Ce transfert, acté par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018, a supprimé l'ancien RSI.
En pratique, l'auto-entrepreneur relève du régime micro-social simplifié. Son affiliation est automatique dès l'immatriculation de son activité sur le guichet unique de l'INPI. Il n'a aucune démarche spécifique à effectuer auprès de la CPAM : c'est l'URSSAF qui transmet les informations.
Le rattachement au régime général ne signifie pas que l'auto-entrepreneur bénéficie des mêmes droits qu'un salarié. Ses prestations dépendent de son statut de travailleur indépendant et, surtout, du chiffre d'affaires qu'il déclare. Un CA nul ou très faible réduit considérablement ses droits, notamment en matière d'indemnités journalières et de retraite.
L'auto-entrepreneur paie ses cotisations sociales sur la base de son chiffre d'affaires brut, sans déduction de charges. Ce mécanisme, propre au régime micro-social, simplifie le calcul mais peut pénaliser les activités à forte charge.
Les taux applicables en 2024 varient selon la nature de l'activité :
| Catégorie d'activité | Taux de cotisations sociales |
|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 12,3 % |
| Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) | 21,2 % |
| Prestations de services libérales (BNC – CIPAV) | 21,1 % |
| Activités libérales relevant du régime général (BNC – SSI) | 21,2 % |
| Location de meublés de tourisme classés | 6 % |
Ces taux couvrent l'ensemble des cotisations obligatoires : maladie-maternité, allocations familiales, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès et CSG-CRDS. L'auto-entrepreneur ne paie rien s'il déclare un CA de 0 €.
À ces cotisations s'ajoute la contribution à la formation professionnelle (CFP), comprise entre 0,1 % et 0,3 % du CA selon l'activité. Elle ouvre droit au financement de formations via le CPF.
Structurer sa rémunération et ses cotisations permet d'optimiser sa protection sociale sans surcoût inutile.
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Pour les remboursements de frais de santé (consultations, médicaments, hospitalisations), l'auto-entrepreneur bénéficie exactement des mêmes taux que les salariés. La CPAM rembourse selon les mêmes bases et les mêmes plafonds, sans distinction de statut.
En cas de maternité ou de paternité, l'auto-entrepreneur perçoit des indemnités versées par la CPAM, à condition d'être affilié depuis au moins 10 mois à la date prévue d'accouchement. Le montant de l'allocation forfaitaire de repos maternel s'élève à 3 666 € pour un revenu annuel supérieur à 4 208,80 € (seuil 2024). En dessous de ce seuil, l'allocation est réduite à 10 % de ce montant, soit 366,60 €.
L'indemnité journalière forfaitaire d'interruption d'activité pour maternité atteint 63,52 € par jour en 2024, versée pendant 56 jours minimum (8 semaines). Ce montant suppose un revenu annuel moyen supérieur au seuil de 4 208,80 €.
Le revenu pris en compte est le chiffre d'affaires après abattement forfaitaire (71 % pour la vente, 50 % pour les prestations BIC, 34 % pour les BNC). Un auto-entrepreneur en prestation de services BNC doit donc déclarer au moins 6 377 € de CA annuel pour atteindre le seuil minimal.
L'auto-entrepreneur peut percevoir des indemnités journalières (IJ) en cas d'arrêt maladie ou d'accident, sous conditions strictes.
Pour ouvrir ses droits, il doit :
Le montant des IJ est calculé sur la base du revenu moyen des 3 dernières années, divisé par 730. Le montant maximal atteint 63,52 € par jour en 2024. Un délai de carence de 3 jours s'applique.
| Paramètre | Valeur 2024 |
|---|---|
| Délai de carence | 3 jours |
| Revenu annuel minimum requis | 4 208,80 € |
| IJ maximale par jour | 63,52 € |
| Durée maximale d'indemnisation | 360 jours sur 3 ans |
| Base de calcul | Moyenne des revenus des 3 dernières années |
Un auto-entrepreneur dont le CA reste faible pendant ses premières années d'activité peut se retrouver sans aucune indemnisation en cas d'arrêt. Ce risque est fréquemment sous-estimé.
Les droits à la retraite de l'auto-entrepreneur dépendent directement du chiffre d'affaires déclaré. Chaque trimestre validé suppose un CA minimum, variable selon l'activité.
Pour valider 4 trimestres de retraite en 2024, les seuils de CA annuel sont :
| Activité | CA minimum pour 4 trimestres |
|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 20 740 € |
| Prestations de services (BIC) | 12 030 € |
| Activités libérales (BNC – CIPAV) | 9 675 € |
| Activités libérales (BNC – SSI) | 12 030 € |
En dessous de ces seuils, le nombre de trimestres validés diminue proportionnellement. Un CA nul ne génère aucun trimestre. L'auto-entrepreneur qui exerce à temps partiel ou en complément d'une autre activité doit vérifier chaque année le nombre de trimestres acquis via son relevé de carrière sur info-retraite.fr.
La retraite complémentaire est incluse dans les cotisations du micro-social. Les auto-entrepreneurs relevant de la CIPAV (certaines professions libérales) cotisent à un régime complémentaire distinct, avec des règles de calcul par points.
La structuration de votre rémunération influence directement vos droits à la retraite et votre couverture en cas d'arrêt.
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Un auto-entrepreneur peut cumuler son activité avec un emploi salarié, une pension de retraite ou des allocations chômage. Les règles de protection sociale varient selon la situation.
Cumul avec un emploi salarié : l'auto-entrepreneur reste affilié au régime général au titre de son salariat. Sa couverture maladie dépend de son activité principale, déterminée par le revenu le plus élevé. Il cotise sur les deux revenus et acquiert des droits à la retraite dans les deux régimes.
Cumul avec le chômage : le maintien partiel de l'ARE (allocation d'aide au retour à l'emploi) est possible tant que le revenu mensuel issu de l'auto-entreprise ne dépasse pas 70 % du salaire de référence. France Travail recalcule chaque mois le montant versé en fonction du CA déclaré.
Cumul avec la retraite : le dispositif de cumul emploi-retraite permet de percevoir sa pension tout en exerçant en auto-entreprise. Depuis la réforme de 2023, les cotisations versées dans ce cadre ouvrent de nouveaux droits à la retraite, sous conditions.
Dans chaque cas, les cotisations sociales restent dues sur le CA de l'auto-entreprise, même si la couverture maladie est assurée par l'autre régime.
L'auto-entrepreneur n'est pas couvert par une mutuelle d'entreprise obligatoire. Il doit souscrire individuellement une complémentaire santé pour couvrir le reste à charge après remboursement de la CPAM.
Depuis octobre 2022, les travailleurs indépendants peuvent bénéficier du dispositif de résiliation infra-annuelle, qui permet de changer de mutuelle à tout moment après un an de contrat. Cette flexibilité facilite la mise en concurrence des offres.
Les cotisations de mutuelle Madelin ne sont pas déductibles pour l'auto-entrepreneur, puisque le régime micro-fiscal applique un abattement forfaitaire et non une déduction des charges réelles. Ce point rend le passage en entreprise individuelle au réel parfois plus avantageux pour les indépendants à revenus élevés.
La prévoyance complémentaire (incapacité, invalidité, décès) constitue un enjeu distinct. Compte tenu des plafonds faibles d'indemnités journalières et de l'absence de couverture employeur, une prévoyance individuelle permet de compenser la perte de revenus en cas d'arrêt prolongé. Les contrats spécifiques aux indépendants proposent des garanties modulables selon le niveau de revenu à protéger.
Points de vigilance à vérifier avant de souscrire :
Un avocat spécialisé peut vous aider à évaluer les garanties adaptées à votre situation et à votre niveau de revenu.
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En cas d'arrêt de travail, l'auto-entrepreneur doit transmettre son avis d'arrêt à la CPAM dans les 48 heures. Il n'a pas à prévenir l'URSSAF, mais il continue de déclarer son CA (éventuellement à 0 €) pendant la période d'arrêt. Les cotisations ne sont dues que sur le CA effectivement encaissé.
En cas de cessation d'activité, la déclaration se fait en ligne sur le guichet unique de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr). L'URSSAF procède ensuite à la régularisation des cotisations sur la base du dernier CA déclaré. Le délai de traitement varie entre 1 et 3 mois.
En cas de litige avec l'URSSAF (erreur de calcul, mise en demeure contestée, radiation injustifiée), l'auto-entrepreneur dispose de voies de recours précises :
Les erreurs de déclaration ou les retards de paiement entraînent des majorations de 5 % à 15 % selon la nature du manquement. Une régularisation rapide permet généralement d'obtenir une remise gracieuse des pénalités.
Non. Le RSI a été supprimé au 1er janvier 2020. L'auto-entrepreneur est désormais rattaché au régime général de la Sécurité sociale, géré par la CPAM. Ses cotisations sont collectées par l'URSSAF. Le changement n'a pas modifié le mode de calcul des cotisations.
Oui, à condition d'être affilié depuis au moins 12 mois, d'être à jour de cotisations et de justifier d'un revenu annuel moyen supérieur à 4 208,80 € (seuil 2024). Le montant maximal est de 63,52 € par jour, après un délai de carence de 3 jours.
Le nombre de trimestres dépend du chiffre d'affaires annuel. Par exemple, un prestataire de services BIC doit déclarer au moins 12 030 € de CA pour valider 4 trimestres en 2024. Un CA inférieur réduit proportionnellement les trimestres acquis.
Non. Contrairement aux salariés, l'auto-entrepreneur n'est pas soumis à l'obligation de complémentaire santé d'entreprise. La souscription reste individuelle et facultative, mais elle est fortement recommandée pour couvrir le reste à charge après remboursement de la CPAM.
L'auto-entrepreneur peut saisir la Commission de recours amiable (CRA) de l'URSSAF dans un délai de 2 mois après la notification contestée. En cas de rejet, un recours devant le tribunal judiciaire (pôle social) est possible dans les 2 mois suivants. Le médiateur de l'URSSAF peut aussi être sollicité.
Régime micro-social - Service-Public.fr
L'essentiel du statut - URSSAF
Cotisations sociales d'un micro-entrepreneur - Service-Public.fr
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