
Jullian Hoareau

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1. Code préexistant : ce que recouvre la notion
2. Pourquoi la cession automatique ne s'applique pas
3. Ce qu'il faut réunir avant de contractualiser
4. Rédiger la clause de cession : étapes clés
5. Article L131-3 : mentions obligatoires et pièges
6. Licence ou cession : arbitrer selon l'usage
7. Checklist avant la réception du livrable
Un prestataire freelance livre rarement du code écrit intégralement pendant la mission. Il réutilise ses bibliothèques et ses modules d'authentification. Ce code préexistant appartient à son auteur, et le contrat de prestation ne le transfère pas automatiquement. La propriété intellectuelle du livrable devient alors partagée, sans que le dirigeant en ait conscience. Le sujet ressurgit lors d'une due diligence, quand l'acquéreur demande la chaîne des droits sur le produit. Ce guide détaille les vérifications et les clauses qui sécurisent la cession.
Le code préexistant désigne tout élément logiciel écrit avant le démarrage de la mission et intégré au livrable. Le problème naît de l'absence d'inventaire. Trois familles de briques cohabitent dans un même dépôt, avec des régimes juridiques distincts.
| Type de brique | Exemple courant | Titulaire des droits |
|---|---|---|
| Code écrit pendant la mission | Fonctionnalités propres au produit | Le freelance, jusqu'à cession écrite |
| Code préexistant du freelance | Framework interne, module d'authentification | Le freelance, hors périmètre du contrat |
| Dépendance open source | Bibliothèque publiée sous licence libre | L'auteur d'origine, selon la licence retenue |
Cette distinction commande toute la suite. Une entreprise ne peut céder que ce qu'elle détient.
Le droit d'auteur naît sur la tête de la personne physique qui crée le programme. Une exception existe pour les salariés : les droits patrimoniaux sur les logiciels développés dans le cadre des fonctions reviennent à l'employeur. Or un freelance n'est pas un salarié, et cette exception ne s'étend pas aux contrats de prestation.
Le règlement de la facture ne vaut pas cession. De plus, une cession de droits d'auteur s'interprète restrictivement : ce qui n'est pas expressément cédé reste acquis à l'auteur. Une clause visant « l'ensemble des livrables » sans mentionner le code préexistant laisse donc ces briques hors du périmètre transféré.
L'entreprise exploite alors son produit sur la base d'une autorisation implicite. Elle se fragilise dès qu'un investisseur, un acquéreur ou le prestataire lui-même en interroge le fondement.
La titularité du code conditionne la valeur de l'actif logiciel, et une clause imprécise se corrige mal après la livraison.
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La qualité de la clause dépend des informations disponibles au moment de la signature. Quatre éléments se collectent auprès du prestataire, avant le démarrage plutôt qu'après :
Un prestataire ne peut céder que les droits qu'il détient lui-même. S'il a fait appel à un tiers sans clause de cession en amont, la chaîne se rompt à ce niveau et l'entreprise hérite d'une lacune invisible dans son propre contrat.
L'annexe qui liste les briques préexistantes fait la différence en pratique. Elle transforme une clause générale en périmètre vérifiable et se met à jour à chaque livraison.
Une clause de cession sur mesure coûte moins qu'une régularisation menée pendant un audit d'acquisition.
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L'article L131-3 du code de la propriété intellectuelle subordonne la transmission des droits à deux exigences. Chaque droit cédé fait l'objet d'une mention distincte dans l'acte. Le domaine d'exploitation est délimité quant à son étendue, sa destination, son lieu et sa durée.
| Mention exigée | Question tranchée | Formulation insuffisante |
|---|---|---|
| Droits cédés, un par un | Reproduction ? Adaptation ? Distribution ? | « tous droits cédés » |
| Étendue | Quels supports et quels usages ? | « pour les besoins du projet » |
| Destination | Exploitation interne ou commerciale ? | silence du contrat |
| Lieu | Sur quels territoires ? | « en France » alors que le produit est distribué à l'international |
| Durée | Pour combien de temps ? | silence du contrat |
Le piège tient moins à l'oubli qu'à l'approximation. Une clause qui vise un usage interne interdit la revente du logiciel avec l'entreprise.
La cession transfère la propriété des droits patrimoniaux. La licence autorise un usage défini, sans changer de titulaire. Le choix se fait brique par brique.
Pour le cœur fonctionnel, celui qui porte la valeur du produit et sera examiné en due diligence, la cession s'impose. Pour un outillage générique réutilisé par le freelance chez tous ses clients, la cession se négocie difficilement et se paie cher. Une licence peut suffire, à condition qu'elle soit perpétuelle, mondiale, irrévocable, incessible ni exclusive mais transférable, et assortie du droit de sous-licencier.
Le point de vigilance porte sur la transférabilité. Une licence qui s'éteint en cas de changement de contrôle bloque la vente de la société. La clause doit prévoir expressément le transfert au repreneur.
Le choix entre licence et cession se décide avant la livraison, quand la négociation reste ouverte.
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Cette vérification se conduit à la réception, pas au moment de l'audit. Reconstituer la chaîne des droits deux ans après une mission suppose de retrouver un prestataire, de le convaincre de signer un avenant et d'en négocier le prix sans levier. Le même travail réalisé avant la signature relève de la relecture contractuelle.
Non. Le paiement rémunère l'exécution de la prestation, pas le transfert des droits d'auteur. La cession suppose un écrit distinct qui énumère les droits transférés et délimite leur exploitation. Sans cet écrit, le prestataire reste titulaire.
Rien ne l'interdit, mais la demande est rarement acceptée telle quelle. Le freelance perdrait le droit de réutiliser son outillage chez ses autres clients. Une licence large sur ces briques et une cession sur le code spécifique constituent l'équilibre habituel.
L'entreprise dispose au mieux d'une autorisation implicite d'utiliser le livrable tel que fourni. Elle ne peut ni le revendre librement, ni garantir à un acquéreur la propriété complète du produit. La régularisation passe par un avenant signé avec le prestataire.
Une clause qui ne respecte pas les mentions exigées par l'article L131-3 s'expose à une remise en cause de son étendue. Le juge interprète la cession restrictivement et écarte ce qui n'a pas été expressément visé. L'entreprise se retrouve avec moins de droits qu'elle ne le croyait.
Avant la signature du contrat de prestation, quand le périmètre se négocie encore. Une seconde intervention utile précède une levée de fonds ou une cession, pour auditer la chaîne des droits sur les développements passés et corriger les lacunes avant l'acquéreur.
Article L131-3 - Code de la propriété intellectuelle - Légifrance
Cas particulier : les logiciels - INPI
Indiquer un changement au registre national des logiciels - INPI
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