
Jullian Hoareau

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Qui détient les droits sur les livrables d'un prestataire ?
Cession ou licence : ce que la clause doit trancher
Les mentions obligatoires d'une cession de droits d'auteur
Logiciels, éléments préexistants et savoir-faire du prestataire
Prix, garanties et sort des droits en fin de contrat
Clause propriété intellectuelle : les erreurs qui coûtent cher
Une clause propriété intellectuelle en prestation de service détermine qui, du client ou du prestataire, peut exploiter, modifier et céder les livrables. Sans elle, le prestataire reste titulaire des droits d'auteur, même lorsque la prestation est entièrement payée. Sa rédaction obéit à des mentions précises fixées par le Code de la propriété intellectuelle (CPI).
Le prestataire détient en principe les droits d'auteur sur les livrables qu'il crée, même payés intégralement. L'article L111-1 du CPI précise qu'un contrat de louage d'ouvrage ou de service n'emporte aucune dérogation aux droits de l'auteur.
L'APIE, agence du ministère de l'Économie, l'applique aux logos commandés : ni le contrat de commande ni le paiement du prix ne valent cession. Sans clause de cession, l'entreprise ne peut donc ni modifier le livrable, ni le confier à un autre prestataire, ni le céder.
| Situation | Titulaire des droits patrimoniaux |
|---|---|
| Logiciel créé par un salarié dans ses fonctions | L'employeur (art. L113-9 du CPI) |
| Livrable créé par un prestataire externe | Le prestataire, sauf cession écrite |
| Client ayant payé la prestation | Aucun droit transféré par le seul paiement |
Relire vos contrats de prestation en cours permet d'identifier le titulaire des droits sur vos livrables.
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La clause doit choisir entre la cession, qui transfère les droits au client, et la licence, qui l'autorise seulement à utiliser le livrable dans des conditions définies.
| Critère | Cession | Licence |
|---|---|---|
| Titulaire après signature | Le client | Le prestataire |
| Exclusivité | Oui, sur les droits cédés | Souvent non exclusive |
| Modification par un tiers | Possible si l'adaptation est cédée | Soumise à l'accord du prestataire |
| Usage adapté | Logo, site, application métier | Outil standard du prestataire |
Dans les deux cas, la clause nomme le mécanisme sans ambiguïté, car les droits cédés s'interprètent restrictivement, en faveur de l'auteur.
Selon l'article L131-3 du CPI, la cession n'est valable que si chaque droit cédé est mentionné distinctement et si son domaine d'exploitation est délimité :
D'une part, la cession globale des œuvres futures est nulle (art. L131-1 du CPI) : le contrat identifie les livrables concernés. D'autre part, le droit moral, qui protège le nom de l'auteur et l'intégrité de son œuvre, ne se cède pas.
Les droits cédés et le domaine d'exploitation dépendent de l'usage prévu des livrables.
Faire relire une clause de cession par un avocat
Pour un logiciel commandé à un prestataire externe, le client n'obtient les droits que par une cession expresse. L'article L113-9 du CPI, qui attribue à l'employeur les logiciels créés par ses salariés, ne s'applique ni à un freelance, ni à une agence, ni à une ESN.
La clause vise le code source, soit les instructions lisibles par un développeur, et la documentation : sans eux, aucun autre prestataire ne peut faire évoluer l'outil. Elle distingue trois catégories d'éléments :
Le savoir-faire du prestataire, c'est-à-dire ses méthodes, reste réutilisable par lui, sans reproduire les livrables cédés.
La cession prévoit une rémunération de l'auteur, en principe proportionnelle aux recettes d'exploitation, et forfaitaire seulement dans les cas prévus par l'article L131-4 du CPI. La clause précise si le prix de la prestation inclut celui de la cession.
Le prestataire garantit ensuite qu'il détient les droits cédés et que les livrables ne reproduisent pas l'œuvre d'un tiers. Pour une agence, cette garantie suppose d'avoir obtenu les droits de ses propres créateurs.
Enfin, le contrat règle le sort des droits en fin de relation :
Ces points s'articulent avec l'ensemble du contrat de prestation.
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Croire que le paiement vaut cession est la première erreur, écartée par le CPI et l'APIE. Les autres tiennent à la rédaction de la clause propriété intellectuelle :
Ces failles apparaissent notamment lors d'une due diligence, l'audit d'un investisseur ou d'un acquéreur. Les corriger ensuite exige l'accord du prestataire, qui n'est pas tenu de le donner aux conditions initiales.
Non. L'article L111-1 du CPI prévoit que le contrat de prestation n'emporte aucune dérogation aux droits de l'auteur. Seule une cession écrite et détaillée transfère les droits au client.
Non. La cession globale des œuvres futures est nulle selon l'article L131-1 du CPI. Le contrat doit identifier les livrables concernés.
Seulement si le droit d'adaptation lui a été cédé. À défaut, une modification au-delà des droits cédés peut constituer une contrefaçon.
Non. Le droit moral est inaliénable : l'auteur le conserve après la cession. Celle-ci ne porte que sur les droits d'exploitation.
Oui, dans les cas prévus par l'article L131-4 du CPI. Le principe reste une rémunération proportionnelle aux recettes d'exploitation.
Sécuriser la conception et l'exploitation de son logo - Ministère de l'Économie (APIE)
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