Clause d'agrément SAS : rôle, rédaction et procédure de cession

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07 Jul 2026
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Points clés de l'article
  1. La cession d'actions en SAS est libre par défaut : seule une clause d'agrément inscrite dans les statuts permet de contrôler l'entrée de nouveaux associés.
  2. La clause doit préciser l'organe compétent, la majorité requise, le délai de réponse et les cessions visées, sous peine d'être inapplicable.
  3. En cas de refus d'agrément, les associés ou la société disposent de 3 mois pour racheter les actions au prix fixé par accord ou par expert (article 1843-4 du Code civil).
  4. Une cession réalisée en violation de la clause est frappée de nullité, ce qui expose la société à des contentieux coûteux.

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Sommaire

Clause d'agrément SAS : définition et cadre légal

Pourquoi insérer une clause d'agrément dans vos statuts

Cessions concernées et bénéficiaires visés par l'agrément

Rédiger la clause : organe compétent, majorité, délais

La procédure d'agrément étape par étape

Refus d'agrément : rachat et fixation du prix

Sanctions en cas de cession sans agrément

FAQ

Pour aller plus loin

Clause d'agrément SAS : définition et cadre légal

Dans une SAS, les actions se cèdent librement. C'est le principe posé par l'article L. 227-1 du Code de commerce. Contrairement à la SARL, où l'agrément est obligatoire pour les cessions à des tiers, la clause d'agrément SAS n'existe que si les statuts la prévoient expressément.

Cette clause soumet toute cession d'actions à l'accord préalable d'un organe de la société, le plus souvent l'assemblée des associés ou le président. Son fondement repose sur l'article L. 227-14 du Code de commerce, qui autorise les statuts de SAS à « soumettre toute cession d'actions à l'agrément préalable de la société ».

Le législateur laisse aux associés une liberté de rédaction étendue. Les statuts fixent l'organe compétent, les conditions de majorité, les délais de réponse et les conséquences d'un refus. En contrepartie, cette liberté impose une rédaction rigoureuse : une clause imprécise ou incomplète devient inapplicable.

Ce que dit le Code de commerce

TexteContenuPortée
Art. L. 227-1Liberté statutaire de la SASPrincipe de libre cession par défaut
Art. L. 227-14Possibilité de clause d'agrémentSoumission de la cession à accord préalable
Art. L. 227-15Nullité de la cession non agrééeSanction en cas de violation
Art. 1843-4 C. civ.Fixation du prix par expertApplicable en cas de désaccord sur le prix de rachat

Pourquoi insérer une clause d'agrément dans vos statuts

Sans clause d'agrément, un associé peut céder ses actions à n'importe quel tiers sans consulter les autres. Dans une SAS de 3 fondateurs, l'un d'eux pourrait revendre sa participation à un concurrent direct, un fonds hostile ou un investisseur aux intérêts divergents.

La clause remplit 3 fonctions concrètes :

  • Contrôle de l'actionnariat : elle empêche l'entrée d'un tiers indésirable dans le capital, ce qui protège l'équilibre entre associés.
  • Stabilité de la gouvernance : en filtrant les cessions, elle évite qu'un changement d'actionnaire modifie les rapports de force au sein des organes de décision.
  • Sécurisation des levées de fonds : lors d'un tour de financement, les investisseurs exigent souvent une clause d'agrément pour garantir la cohérence du tour de table.

En pratique, 80 % des pactes d'associés de startups françaises intègrent un mécanisme d'agrément, selon les données publiées par France Invest en 2023. Ce chiffre reflète un usage devenu standard dans l'écosystème venture capital.

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Cessions concernées et bénéficiaires visés par l'agrément

La clause d'agrément peut viser toutes les cessions ou seulement certaines catégories. Les statuts doivent préciser son périmètre avec exactitude.

Types de cessions visées

  • Cessions à des tiers extérieurs : c'est le cas le plus fréquent. L'agrément s'applique lorsque l'acquéreur n'est pas déjà associé.
  • Cessions entre associés : les statuts peuvent étendre l'agrément aux transferts internes, ce qui évite les recompositions de majorité non concertées.
  • Transmissions par décès ou donation : l'article L. 227-14 permet d'inclure ces opérations dans le champ de l'agrément.
  • Apports en société ou nantissements : certains statuts soumettent également ces opérations à agrément, car elles modifient le contrôle effectif des actions.

Bénéficiaires exclus ou dispensés

Les statuts prévoient souvent des dispenses pour certaines catégories :

BénéficiaireAgrément requis ?Justification courante
Conjoint ou descendantNon (si dispense statutaire)Transmission familiale facilitée
Associé existantVariableDépend de la rédaction des statuts
Holding de l'associé cédantSouvent dispenséRéorganisation patrimoniale
Tiers extérieurOuiProtection de l'actionnariat

Une clause qui ne précise pas les cessions visées crée une insécurité juridique. Le juge peut alors l'interpréter restrictivement, ce qui réduit sa portée protectrice.

Rédiger la clause : organe compétent, majorité, délais

La rédaction de la clause d'agrément détermine son efficacité. Quatre paramètres doivent figurer dans les statuts.

1. L'organe compétent

Les statuts désignent qui décide : l'assemblée générale des associés, le président, un comité de direction ou un organe ad hoc. Dans les SAS de moins de 10 associés, l'assemblée générale reste le choix dominant. Au-delà, un comité restreint accélère la prise de décision.

2. La majorité requise

La loi ne fixe aucun seuil. Les statuts peuvent prévoir l'unanimité, une majorité qualifiée (par exemple 2/3 des droits de vote) ou une majorité simple. L'unanimité offre le contrôle maximal mais bloque la cession dès qu'un associé s'oppose. Une majorité aux 2/3 constitue un compromis fréquent.

3. Le délai de réponse

Les statuts fixent le délai dans lequel l'organe compétent doit notifier sa décision au cédant. En l'absence de délai statutaire, l'article L. 227-14 prévoit que le silence vaut agrément après 3 mois. Ce mécanisme protège le cédant contre l'inertie de la société.

4. La forme de la notification

La demande d'agrément se fait par lettre recommandée avec accusé de réception ou par acte extrajudiciaire. Les statuts peuvent aussi prévoir une notification par voie électronique avec accusé de réception.

Faire rédiger ou vérifier vos statuts par un avocat spécialisé limite les risques de nullité.
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La procédure d'agrément étape par étape

La procédure suit un enchaînement précis. Chaque étape conditionne la validité de la cession.

Étape 1 — Notification de la demande. Le cédant adresse à la société une demande d'agrément. Cette notification indique l'identité de l'acquéreur, le nombre d'actions concernées et le prix de cession envisagé.

Étape 2 — Examen par l'organe compétent. L'organe désigné par les statuts se réunit et délibère. Il peut demander des informations complémentaires sur l'acquéreur.

Étape 3 — Notification de la décision. La société notifie sa décision au cédant dans le délai statutaire. Trois issues possibles :

  • Agrément accordé : la cession peut se réaliser aux conditions présentées.
  • Agrément refusé : la procédure de rachat obligatoire s'enclenche (voir section suivante).
  • Silence : passé le délai de 3 mois, l'agrément est réputé acquis.

Étape 4 — Réalisation de la cession. En cas d'agrément, le transfert de propriété s'opère par inscription dans le registre des mouvements de titres et mise à jour des statuts.

Refus d'agrément : rachat et fixation du prix

Le refus d'agrément ne bloque pas indéfiniment le cédant. L'article L. 227-14 impose à la société d'organiser le rachat des actions dans un délai de 3 mois à compter de la notification du refus.

Qui rachète ?

Trois options s'offrent à la société :

  • Les associés existants rachètent les actions, proportionnellement ou non à leur participation.
  • La société elle-même rachète ses propres actions en vue d'une réduction de capital.
  • Un tiers agréé se substitue à l'acquéreur initial refusé.

Comment fixer le prix ?

Si cédant et acquéreur s'accordent, le prix est libre. En cas de désaccord, l'article 1843-4 du Code civil prévoit la désignation d'un expert indépendant par ordonnance du président du tribunal de commerce. L'expert détermine la valeur des actions selon les méthodes d'évaluation usuelles (DCF, multiples de résultat, actif net réévalué).

Que se passe-t-il si personne ne rachète ?

Si aucun rachat n'intervient dans le délai de 3 mois, le cédant retrouve la liberté de céder ses actions au tiers initialement présenté, même sans agrément. Ce mécanisme évite que la clause devienne un outil de blocage abusif.

Anticiper un refus d'agrément suppose de connaître les mécanismes de valorisation et de rachat.
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Sanctions en cas de cession sans agrément

L'article L. 227-15 du Code de commerce est explicite : toute cession réalisée en violation d'une clause d'agrément est nulle. Cette nullité est d'ordre public. Elle peut être invoquée par la société, par tout associé ou par le cessionnaire lui-même.

Conséquences pratiques de la nullité

  • Le transfert de propriété est rétroactivement anéanti. L'acquéreur n'a jamais été associé.
  • Les dividendes perçus par l'acquéreur doivent être restitués.
  • Les votes exercés par l'acquéreur en assemblée peuvent être contestés, ce qui fragilise les décisions prises.

Risques pour le cédant

Le cédant s'expose à une action en responsabilité de l'acquéreur évincé. Ce dernier peut réclamer des dommages et intérêts pour le préjudice subi, notamment les frais engagés pour l'acquisition et le manque à gagner.

Prescription

L'action en nullité se prescrit par 3 ans à compter de la cession litigieuse, conformément à l'article L. 235-9 du Code de commerce.

SituationConséquenceBase légale
Cession sans agrémentNullité de la cessionArt. L. 227-15 C. com.
Dividendes perçus par le cessionnaireRestitutionEffet rétroactif de la nullité
Votes exercés par le cessionnaireContestation possibleNullité des délibérations
Préjudice de l'acquéreur évincéDommages et intérêtsResponsabilité contractuelle

FAQ

La clause d'agrément est-elle obligatoire dans une SAS ?

Non. En SAS, la cession d'actions est libre par défaut. La clause d'agrément n'existe que si les statuts la prévoient. Sans clause, aucun contrôle n'est possible sur l'identité des acquéreurs.

Peut-on ajouter une clause d'agrément après la création de la SAS ?

Oui. Une modification des statuts par décision collective des associés permet d'insérer une clause d'agrément à tout moment. Les conditions de majorité pour cette modification dépendent des statuts en vigueur.

Que se passe-t-il si la société ne répond pas à la demande d'agrément ?

Le silence de la société vaut agrément. L'article L. 227-14 du Code de commerce prévoit un délai de 3 mois. Passé ce délai sans réponse, le cédant peut réaliser la cession librement.

La clause d'agrément s'applique-t-elle aux donations d'actions ?

Oui, si les statuts le prévoient expressément. L'article L. 227-14 autorise les statuts à étendre l'agrément aux transmissions par décès, donation ou succession. Sans mention explicite, ces opérations échappent à l'agrément.

Quelle différence entre clause d'agrément et clause de préemption ?

La clause d'agrément donne à la société un droit de veto sur l'identité de l'acquéreur. La clause de préemption accorde aux associés existants un droit prioritaire d'achat, sans pouvoir refuser la cession elle-même. Les deux mécanismes sont complémentaires et souvent combinés dans les statuts de SAS.

Pour aller plus loin

Article L227-14 du Code de commerce (clause d’agrément SAS) - Légifrance

Des sociétés par actions simplifiées (Articles L227-1 à L227-20-1) - Légifrance

Cession d’actions à un associé - Service-Public (entreprendre)

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