
Jullian Hoareau

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1. Ce qu'est une clause d'arbitrage dans un pacte
2. Pourquoi les associés préfèrent l'arbitrage au tribunal
3. Les mentions à prévoir pour que la clause tienne
4. Arbitrage, médiation, conciliation : ne pas confondre
5. Le coût réel d'une procédure arbitrale
6. Les limites de l'arbitrage entre associés
Un conflit entre associés se règle par défaut devant le tribunal de commerce. La clause d'arbitrage dans un pacte d'associés écarte cette voie. Elle prévoit que les différends nés du pacte seront tranchés par un ou plusieurs arbitres choisis par les parties, dont la décision s'impose comme un jugement.
L'arbitre ne rapproche pas les positions : il tranche. Il rend une sentence arbitrale, qui a l'autorité de la chose jugée entre les parties. Pour être exécutée par la force, par exemple pour contraindre un associé à céder ses titres, la sentence passe par une formalité devant le juge étatique, l'exequatur, qui contrôle la régularité sans rejuger le fond.
La clause est autonome : elle survit à l'annulation ou à la fin du pacte qui la contient. Un associé qui conteste la validité du pacte reste donc tenu de porter son litige devant l'arbitre. Saisi malgré la clause, le juge étatique se déclare incompétent, sauf si le tribunal arbitral n'est pas encore constitué et que la clause est manifestement inapplicable.
Une clause d'arbitrage se découvre souvent au moment du conflit, quand il est trop tard pour la corriger.
Faire relire son pacte d'associés par un avocat
Le choix se joue sur trois paramètres : la publicité des débats, la maîtrise du temps et la compétence du décideur. Devant le tribunal de commerce, l'audience est publique et la décision accessible aux tiers. Un désaccord entre fondateurs devient alors lisible par les clients, les salariés et les investisseurs.
| Critère | Tribunal de commerce | Arbitrage |
|---|---|---|
| Publicité | Audience publique, décision communicable | Procédure privée, sentence non publiée |
| Choix du décideur | Juges consulaires désignés par la juridiction | Arbitres choisis pour leur spécialité |
| Calendrier | Dépend de l'encombrement du rôle | Fixé par les parties, 6 mois à défaut d'accord |
| Recours | Appel ouvert en principe | Pas d'appel sauf accord, annulation aux cas limités |
| Coût direct | Frais de justice faibles | Honoraires d'arbitres avancés par les parties |
L'absence d'appel raccourcit le litige mais supprime un filet de sécurité. C'est un arbitrage entre rapidité et second regard.
Une clause d'une ligne renvoyant vaguement à « un arbitre » produit un contentieux sur la clause elle-même avant tout débat sur le fond. Les mentions suivantes ferment ce risque :
Dernier point souvent omis : la clause doit être reprise dans tout acte d'adhésion signé par un nouvel associé, faute de quoi elle ne lui est pas opposable.
La rédaction de la clause pèse autant que la décision d'y recourir : c'est elle qui fixe le coût et le calendrier du futur litige.
Sécuriser la gouvernance entre associés
Ces trois mécanismes sont regroupés sous l'étiquette des modes amiables, alors qu'un seul aboutit à une décision imposée.
| Mécanisme | Rôle du tiers | Issue | Force de l'issue |
|---|---|---|---|
| Médiation | Facilite le dialogue, ne propose pas | Accord ou constat d'échec | Contractuelle, exécutoire après homologation |
| Conciliation | Propose une solution | Accord ou constat d'échec | Contractuelle, exécutoire après homologation |
| Arbitrage | Tranche le litige | Sentence arbitrale | Autorité de chose jugée, exécution après exequatur |
Beaucoup de pactes combinent les deux logiques : une tentative de médiation obligatoire, puis l'arbitrage en cas d'échec. Cette clause en deux temps doit fixer un délai maximum pour la phase amiable, sinon elle devient un outil de blocage entre les mains de l'associé qui gagne du temps.
L'arbitrage est payant là où la justice étatique est quasi gratuite. Les parties rémunèrent leurs juges. Le coût se décompose ainsi :
Ces sommes sont avancées sous forme de provision, généralement par moitié. Si un associé refuse de payer sa part, l'autre doit avancer la totalité pour que la procédure démarre, quitte à en demander le remboursement dans la sentence. La clause gagne donc à prévoir la charge finale des frais.
Le coût de l'arbitrage se compare au coût d'un blocage prolongé de la gouvernance, pas au seul montant du litige.
Anticiper les conflits entre associés
L'arbitre ne peut pas tout juger. Les procédures collectives, ouverture de redressement ou de liquidation judiciaire, relèvent du tribunal seul. Il en va de même des décisions qui touchent le registre du commerce ou l'ordre public économique.
La clause ne lie que les signataires du pacte. Trois conséquences pratiques :
Enfin, l'économie du dispositif suppose un enjeu financier suffisant. Pour un différend de faible montant, le coût fixe de la procédure dépasse vite l'intérêt du recours. Certaines sociétés réservent alors l'arbitrage aux seuls litiges dépassant un seuil défini dans la clause.
Non. Elle est facultative. En son absence, les litiges relèvent du tribunal de commerce du siège social. Son intérêt dépend du niveau de risque de conflit et de la sensibilité des informations que la procédure exposerait.
Seulement s'il a signé le pacte ou un acte d'adhésion qui la reprend. Un investisseur entrant sans adhérer au pacte n'est pas tenu par la clause et peut saisir le juge étatique.
L'appel n'est pas ouvert, sauf si les parties l'ont expressément prévu. Reste le recours en annulation devant la cour d'appel, limité à des cas précis : arbitre irrégulièrement désigné, dépassement de sa mission, violation du contradictoire.
À défaut de délai fixé par les parties, la mission de l'arbitre est de 6 mois à compter de sa saisine, prorogeable par accord ou par le juge d'appui. Les parties peuvent allonger ce délai dans la clause.
La représentation n'est pas imposée, mais la sentence est définitive et non susceptible d'appel. L'assistance d'un avocat pour construire le dossier et cadrer les demandes conditionne largement l'issue de la procédure.
Article 1442 - Code de procédure civile - Légifrance
Favoriser les modes amiables de règlement des litiges - Ministère de la Justice
FAQ - le Médiateur des entreprises à votre service - Ministère de l'Économie
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