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Qu'est-ce qu'une cession de fonds de commerce détenu par une SARL ?
Différence entre cession de fonds et cession de parts sociales
Agrément des associés et décisions préalables en SARL
Mentions obligatoires de l'acte de cession
Formalités post-cession : enregistrement, publicités légales et BODACC
Droits d'enregistrement et fiscalité de la cession
Opposition des créanciers et séquestre du prix
Points de vigilance juridiques pour sécuriser la transmission
Une cession de fonds de commerce en SARL désigne le transfert, par une société à responsabilité limitée, de l'ensemble des éléments corporels et incorporels qui composent son exploitation commerciale. La clientèle, l'enseigne, le nom commercial, le droit au bail, le matériel et les marchandises constituent les composantes habituelles de ce fonds. En revanche, les créances, les dettes et les contrats de travail obéissent à des règles de transmission distinctes.
Le fonds de commerce est un actif inscrit au bilan de la SARL. Sa cession ne modifie ni la personnalité morale de la société, ni la répartition de son capital. La SARL continue d'exister après l'opération, sauf décision de dissolution. Le prix perçu entre dans le patrimoine social et peut être distribué aux associés ou réinvesti.
Le cadre légal repose sur les articles L. 141-1 à L. 141-22 du Code de commerce. Ces dispositions fixent les mentions obligatoires, les formalités de publicité et le mécanisme de protection des créanciers. Leur non-respect expose l'acte à une action en nullité ou en réduction du prix.
La distinction est structurante pour le directeur juridique qui prépare une opération de transmission. La cession de fonds de commerce porte sur un actif : l'acquéreur achète une universalité de fait (clientèle, matériel, droit au bail) sans reprendre les dettes de la société. La cession de parts sociales transfère le contrôle de la SARL elle-même : l'acquéreur devient associé et supporte le passif social existant.
| Critère | Cession de fonds de commerce | Cession de parts sociales |
|---|---|---|
| Objet | Actif d'exploitation | Titres de la société |
| Passif | Non transféré (sauf contrats de travail, art. L. 1224-1 C. trav.) | Transféré avec la société |
| Droit au bail | Transféré à l'acquéreur | Reste dans la société |
| Droits d'enregistrement | Barème progressif (0 %, 3 %, 5 %) | 3 % après abattement (23 000 € par quote-part) |
| Agrément | Selon statuts de la SARL cédante | Obligatoire sauf entre associés (art. L. 223-14 C. com.) |
Le choix entre les deux schémas dépend de la situation financière de la SARL, de la nature du passif et des objectifs fiscaux des parties. Lorsque le fonds inclut un bail commercial stratégique, la cession de fonds impose de vérifier les clauses du bail relatives à la cession et au droit de préemption du bailleur.
Lorsque le bail commercial constitue un élément déterminant du fonds cédé, sa sécurisation juridique conditionne la réussite de l'opération.
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Le gérant d'une SARL ne peut pas céder le fonds de commerce sans respecter les règles de gouvernance interne. L'article L. 223-19 du Code de commerce soumet les conventions entre la société et son gérant à un contrôle des associés. Par ailleurs, les statuts peuvent exiger une autorisation préalable de l'assemblée pour toute cession d'actif significatif.
En pratique, 2 hypothèses se présentent :
Le procès-verbal d'assemblée autorisant la cession doit être rédigé avant la signature de l'acte. Son absence constitue un risque de contestation par un associé minoritaire.
L'article L. 141-1 du Code de commerce impose au vendeur de communiquer à l'acquéreur un ensemble d'informations dont l'omission peut entraîner la nullité de la cession ou une action en réduction du prix. Ces mentions protègent l'acquéreur contre une surévaluation du fonds.
Les mentions obligatoires sont les suivantes :
L'acquéreur qui découvre une omission dispose d'un délai d'1 an pour agir en nullité à compter de la date de l'acte. En pratique, la rédaction de l'acte est confiée à un avocat ou un notaire pour limiter ce risque.
Après la signature, 3 formalités s'enchaînent dans un calendrier contraint :
Le non-respect de ces délais n'entraîne pas la nullité de la cession, mais retarde le point de départ du délai d'opposition et prolonge la période de séquestre du prix.
La rédaction des clauses du bail cédé et la vérification du droit de préemption du bailleur nécessitent une analyse juridique spécifique.
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Les droits d'enregistrement sur la cession de fonds de commerce suivent un barème progressif, applicable à la fraction du prix hors marchandises :
| Tranche du prix | Taux applicable |
|---|---|
| Jusqu'à 23 000 € | 0 % |
| De 23 000 € à 200 000 € | 3 % |
| Au-delà de 200 000 € | 5 % |
Pour un fonds cédé à 350 000 €, les droits s'élèvent à : 0 € + 5 310 € (3 % × 177 000 €) + 7 500 € (5 % × 150 000 €) = 12 810 €. Ces droits sont à la charge de l'acquéreur, sauf clause contraire.
Côté cédant, la plus-value réalisée par la SARL est soumise à l'impôt sur les sociétés au taux de droit commun (25 % en 2024). Si la SARL relève du taux réduit de 15 % (bénéfice inférieur à 42 500 € et CA inférieur à 10 M€), cette fraction de plus-value peut en bénéficier dans la limite du plafond.
Les marchandises cédées sont soumises à la TVA dans les conditions de droit commun, sauf application du régime de dispense prévu à l'article 257 bis du CGI lorsque l'acquéreur poursuit l'activité.
La publication au BODACC ouvre un délai de 10 jours pendant lequel les créanciers du cédant peuvent former opposition au paiement du prix. L'opposition se fait par acte extrajudiciaire signifié à l'acquéreur et au cédant. Elle ne bloque pas la cession elle-même, mais empêche le versement du prix au vendeur.
En pratique, le prix est consigné entre les mains d'un séquestre (avocat, notaire ou Caisse des dépôts) pendant une durée minimale de 5 mois à compter de la publication. Ce délai permet aux créanciers de faire valoir leurs droits et, le cas échéant, d'obtenir un paiement sur le prix de cession.
Le séquestre ne libère les fonds qu'après :
Pour le directeur juridique de la SARL cessionnaire, le séquestre constitue une garantie : il évite de payer un prix qui serait ensuite réclamé par les créanciers du cédant.
La sécurisation d'une cession de fonds de commerce en SARL repose sur une série de vérifications préalables et de précautions contractuelles :
Le directeur juridique doit coordonner ces vérifications avec l'avocat rédacteur de l'acte, le commissaire aux comptes (le cas échéant) et le service fiscal, afin de respecter l'ensemble des délais légaux et contractuels.
Le gérant d'une SARL peut-il céder le fonds de commerce sans l'accord des associés ?
En l'absence de clause statutaire, le gérant peut céder le fonds s'il agit dans les limites de l'objet social. Toutefois, lorsque la cession prive la société de son activité principale, elle excède l'objet social et requiert une décision collective des associés.
Quel est le délai pour enregistrer l'acte de cession auprès des impôts ?
L'acte doit être présenté au service des impôts des entreprises dans les 30 jours suivant sa signature. Le paiement des droits d'enregistrement intervient à ce moment.
Que se passe-t-il si une mention obligatoire est omise dans l'acte ?
L'acquéreur peut demander la nullité de la cession dans un délai d'1 an à compter de la date de l'acte. Il peut également solliciter une réduction judiciaire du prix si l'omission lui a causé un préjudice.
Combien de temps le prix de cession reste-t-il séquestré ?
Le séquestre dure au minimum 5 mois à compter de la publication au BODACC. Ce délai permet aux créanciers du cédant de former opposition et de faire valoir leurs droits sur le prix.
L'acquéreur du fonds reprend-il automatiquement les salariés ?
Oui. L'article L. 1224-1 du Code du travail impose le transfert automatique des contrats de travail en cours à la date de la cession. L'acquéreur reprend les salariés avec l'ancienneté acquise et les conditions contractuelles existantes.
Chapitre Ier : De la vente du fonds de commerce (Articles L141-2 à L141-32) - Légifrance
Cession du fonds de commerce à un tiers - Service-Public Entreprendre
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