
Jullian Hoareau

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Ce qu'implique la cession du fonds pour un entrepreneur individuel
Spécificités de l'entreprise individuelle dans la cession
Étapes et formalités obligatoires de la cession
Fiscalité de la plus-value professionnelle
Exonérations possibles selon le prix de cession
Erreurs fréquentes et points de vigilance
Lorsqu'un entrepreneur individuel décide de vendre son activité, il cède un fonds de commerce, c'est-à-dire un ensemble d'éléments corporels et incorporels qui permettent d'exploiter une activité commerciale. La clientèle, l'enseigne, le nom commercial, le droit au bail et le matériel d'exploitation en constituent les composantes habituelles.
En revanche, la cession du fonds de commerce ne transfère ni les dettes, ni les créances, ni les contrats en cours, sauf clause contraire ou disposition légale spécifique (comme le transfert automatique des contrats de travail prévu par l'article L. 1224-1 du Code du travail). Le vendeur reste donc personnellement tenu de ses dettes antérieures, tandis que l'acquéreur reprend l'exploitation sans passif hérité.
Cette distinction est déterminante pour un dirigeant de petite structure : vendre le fonds n'équivaut pas à vendre l'entreprise dans sa globalité. Chaque élément cédé doit être identifié et valorisé dans l'acte de cession, sous peine de contentieux ultérieur sur le périmètre exact de la vente.
Depuis le statut unique de l'entrepreneur individuel instauré par la loi du 14 février 2022, le patrimoine professionnel est automatiquement séparé du patrimoine personnel. Cette séparation a une conséquence directe sur la cession : seuls les éléments affectés à l'activité professionnelle font partie du fonds cédé.
Contrairement à la cession de parts sociales d'une SARL ou d'actions de SAS, la vente du fonds d'une entreprise individuelle ne transfère aucune structure juridique. L'acquéreur devra créer sa propre forme d'exploitation (entreprise individuelle, société) pour reprendre l'activité.
| Critère | Cession de fonds (EI) | Cession de parts (société) |
|---|---|---|
| Objet de la vente | Éléments d'exploitation | Titres de la société |
| Transfert des dettes | Non (sauf solidarité fiscale) | Oui (la société conserve son passif) |
| Continuité juridique | Aucune | La société subsiste |
| Contrats de travail | Transfert automatique | Transfert automatique |
| Formalités fiscales | Enregistrement + déclaration de résultat | Enregistrement des cessions de droits sociaux |
L'entrepreneur individuel qui cède son fonds doit aussi tenir compte de la solidarité fiscale prévue par l'article 1684 du CGI : l'acquéreur peut être tenu solidairement responsable des impôts directs dus par le vendeur, dans la limite du prix de cession.
Un accompagnement juridique dès la phase de négociation permet de sécuriser le périmètre de la cession et d'anticiper les risques de solidarité fiscale.
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La cession d'un fonds de commerce obéit à un formalisme encadré par les articles L. 141-1 et suivants du Code de commerce. Le non-respect de ces étapes peut entraîner la nullité de l'acte ou un redressement fiscal.
L'acte doit contenir des mentions obligatoires : origine de propriété du fonds, chiffre d'affaires et résultats des 3 derniers exercices, état des privilèges et nantissements, conditions du bail commercial. L'omission de l'une de ces mentions ouvre un droit d'action en nullité au profit de l'acquéreur pendant 1 an.
Le prix de vente est consigné auprès d'un séquestre (notaire, avocat ou Caisse des dépôts) pendant un délai minimum qui permet aux créanciers du vendeur de former opposition. Ce délai est de 10 jours après la publication de la vente pour les oppositions.
L'acte doit être enregistré auprès du service des impôts dans le mois suivant la signature. L'acquéreur s'acquitte des droits d'enregistrement selon un barème progressif :
| Tranche du prix de cession | Taux applicable |
|---|---|
| Jusqu'à 23 000 € | 0 % |
| De 23 000 € à 200 000 € | 3 % |
| Au-delà de 200 000 € | 5 % |
Le vendeur doit déposer une déclaration de résultat (liasse fiscale de cessation) dans les 45 jours suivant la publication de la cession au BODACC.
La vente du fonds génère une plus-value professionnelle, calculée comme la différence entre le prix de cession et la valeur nette comptable des éléments cédés. Cette plus-value se décompose en 2 catégories :
Pour un entrepreneur individuel soumis à l'IR, la plus-value à court terme s'ajoute au revenu imposable de l'année de cession. La charge fiscale peut donc être significative si le fonds a été fortement amorti.
Anticiper le calcul de la plus-value et identifier les exonérations applicables avant la signature évite les mauvaises surprises fiscales.
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Le Code général des impôts prévoit plusieurs dispositifs d'exonération de la plus-value lors de la cession d'un fonds de commerce. Le plus utilisé par les petites structures est celui de l'article 238 quindecies du CGI, fondé sur la valeur des éléments cédés :
Ce dispositif s'applique à condition que l'activité ait été exercée pendant au moins 5 ans avant la cession.
D'autres régimes peuvent se cumuler ou se substituer :
Le choix du régime d'exonération dépend du profil de l'opération. Plusieurs dispositifs sont parfois combinables, mais chacun impose des conditions propres qu'il faut vérifier avant la signature.
Plusieurs erreurs reviennent régulièrement dans les cessions de fonds par des entrepreneurs individuels :
Un audit juridique et fiscal préalable à la cession réduit ces risques et sécurise l'opération pour les deux parties.
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Non. L'acte de cession doit être rédigé par écrit et contenir les mentions obligatoires prévues par le Code de commerce (chiffre d'affaires, résultats, état des privilèges, conditions du bail). L'absence d'écrit expose les parties à un risque de nullité et empêche l'enregistrement fiscal.
Le vendeur dispose de 45 jours à compter de la publication de la cession au BODACC pour déposer sa déclaration de résultat. Tout retard entraîne une majoration fiscale de 10 %, portée à 40 % après mise en demeure.
En principe, non. Toutefois, l'article 1684 du CGI prévoit une solidarité fiscale : l'acquéreur peut être tenu de régler les impôts directs dus par le vendeur, dans la limite du prix de cession. Il est donc recommandé de demander un certificat fiscal avant la signature.
Oui, sous conditions. Les dispositifs des articles 238 quindecies, 151 septies et 151 septies A du CGI peuvent dans certains cas se combiner. Chaque régime impose ses propres critères (durée d'activité, seuil de CA, valeur du fonds), qui doivent être vérifiés individuellement.
Oui. L'article L. 1224-1 du Code du travail impose le transfert automatique de tous les contrats de travail en cours au moment de la cession du fonds. L'acquéreur reprend les salariés aux mêmes conditions, sans possibilité de licenciement lié au seul changement d'exploitant.
Article 238 quindecies, exonération des plus-values de cession - Légifrance
Cession de fonds de commerce - impots.gouv.fr
L'exonération des plus-values professionnelles selon le prix de cession - Bpifrance Création
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