
Jullian Hoareau

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Cession de créance : définition et parties concernées
Créances cessibles et créances exclues
Cession de droit commun ou cession Dailly
Formalités et écrit obligatoire à respecter
Opposabilité au débiteur et aux tiers
Sécuriser une cession de créance en entreprise
La cession de créance est l'opération par laquelle une entreprise (le cédant) transfère à un tiers (le cessionnaire) le droit d'exiger le paiement d'une somme due par un débiteur. Ce mécanisme est codifié aux articles 1321 à 1326 du Code civil, réécrits par l'ordonnance du 10 février 2016.
Trois acteurs interviennent dans toute cession :
En pratique, une PME qui cède une facture impayée à un organisme financier transfère son droit de recouvrement. Le débiteur devra alors payer le cessionnaire, et non plus le fournisseur initial. Ce mécanisme sert à accélérer l'encaissement sans attendre l'échéance contractuelle.
| Acteur | Rôle | Exemple concret |
|---|---|---|
| Cédant | Transfère la créance | PME qui cède une facture client |
| Cessionnaire | Acquiert le droit au paiement | Banque, factor, investisseur |
| Débiteur cédé | Doit la somme transférée | Client de la PME |
Par principe, toute créance est cessible : créance commerciale, créance civile, créance à terme ou conditionnelle. L'article 1321 du Code civil pose cette règle de manière large.
Toutefois, certaines créances échappent à la cession :
Avant toute opération, le dirigeant doit vérifier le contrat source. Une clause d'incessibilité non détectée rend la cession inopposable au débiteur, ce qui bloque le recouvrement par le cessionnaire.
Deux régimes juridiques encadrent la cession de créance en France. Le choix dépend de la nature du cessionnaire et de l'objectif poursuivi.
Régie par les articles 1321 à 1326, elle s'applique entre toutes les parties : entreprises, particuliers, investisseurs. Elle nécessite un écrit, une date certaine et une notification au débiteur pour lui être opposable.
La cession créance Dailly, prévue aux articles L. 313-23 à L. 313-34 du Code monétaire et financier, est réservée aux opérations impliquant un établissement de crédit. Elle permet à une entreprise de céder un lot de créances professionnelles à sa banque via un bordereau simplifié, dit bordereau Dailly.
| Critère | Cession de droit commun | Cession Dailly |
|---|---|---|
| Base légale | Code civil (art. 1321-1326) | Code monétaire et financier (art. L. 313-23) |
| Cessionnaire | Toute personne | Établissement de crédit uniquement |
| Formalisme | Écrit + notification au débiteur | Bordereau Dailly signé |
| Opposabilité aux tiers | Date de l'acte | Date portée sur le bordereau |
| Usage principal | Transmission de créance | Financement bancaire court terme |
La cession creance banque via le mécanisme Dailly est l'outil privilégié des PME pour obtenir un financement rapide adossé à leur poste clients. La banque avance les fonds et se rembourse directement auprès des débiteurs cédés.
Structurer une cession de créance exige de choisir le bon régime juridique et de sécuriser chaque étape contractuelle.
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Depuis la réforme du droit des obligations de 2016, la cession creance code civil impose un écrit à peine de nullité (article 1322). Ce document doit contenir :
Pour la cession Dailly, le bordereau remplace l'acte de cession classique. Il doit mentionner la dénomination « acte de cession de créances professionnelles », la liste des créances cédées avec leurs montants et échéances, ainsi que la signature du cédant.
Un défaut de formalisme entraîne la nullité de l'opération. En cas de litige, le juge vérifie systématiquement la conformité de l'écrit aux exigences légales. Une créance cédée sans écrit valide ne produit aucun effet juridique.
La cession produit ses effets entre cédant et cessionnaire dès la signature de l'acte. En revanche, elle n'est opposable au débiteur cédé qu'à partir du moment où celui-ci en est informé.
L'article 1324 du Code civil prévoit deux modes de notification :
Tant que le débiteur n'a pas été notifié, il peut valablement payer le cédant. Ce paiement est libératoire : le cessionnaire ne pourra pas exiger un second paiement. Il devra se retourner contre le cédant pour récupérer les fonds.
À l'égard des tiers (autres créanciers, administration fiscale), la cession est opposable à la date de l'acte. En cas de conflit entre deux cessionnaires d'une même créance, celui dont l'acte porte la date la plus ancienne l'emporte.
Sécuriser l'opposabilité d'une cession de créance nécessite un accompagnement juridique adapté à chaque situation.
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La sécurisation d'une cession de créance repose sur 4 étapes clés :
Un dirigeant qui mobilise régulièrement ses créances clients a intérêt à standardiser ses actes de cession et à mettre en place une procédure interne de notification systématique. Cette discipline réduit les litiges et sécurise la trésorerie.
Non. Le débiteur n'est pas partie au contrat de cession. Son consentement n'est pas requis. En revanche, il doit être notifié pour que la cession lui soit opposable. Sans notification, il peut valablement payer le cédant.
L'affacturage (factoring) est un contrat de financement dans lequel un factor rachète un ensemble de créances commerciales. La cession de créance est le mécanisme juridique sous-jacent. L'affacturage y ajoute des services de gestion du poste clients et de garantie contre les impayés.
Oui, à condition qu'elle soit identifiable au moment de la cession. L'article 1321 du Code civil autorise la cession de créances futures, sous réserve qu'elles soient déterminées ou déterminables dans l'acte.
Le cessionnaire supporte le risque de contestation. Si le débiteur conteste la créance (vice du contrat, compensation, prescription), le cessionnaire ne pourra recouvrer que ce qui est effectivement dû. Le cédant garantit l'existence de la créance, mais pas la solvabilité du débiteur, sauf clause contraire.
Oui, toute entreprise peut utiliser la cession Dailly pour céder ses créances professionnelles à un établissement de crédit. Il n'y a pas de condition de taille. En pratique, les banques exigent un volume minimal de créances et évaluent la qualité du poste clients avant d'accepter le bordereau.
La cession de créance (Articles 1321 à 1326) - Légifrance
Sécuriser sa trésorerie avec la cession Dailly - Bpifrance Création
La cession de créances issues d'un marché public - economie.gouv.fr (DAJ)
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