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Qu’est-ce que le Cerfa 14598 et dans quels cas l’utiliser
Comment remplir le Cerfa 14598 pas à pas
Le délai de rétractation de 15 jours : règles et pièges
Déposer la demande d’homologation en ligne via TéléRC
Délai de réponse de l’administration et silence valant acceptation
Cas particuliers : salarié protégé, refus d’homologation
Le Cerfa 14598 est le formulaire administratif officiel qui matérialise l’accord entre un employeur et un salarié pour mettre fin à un contrat de travail à durée indéterminée d’un commun accord. Créé par l’article L. 1237-14 du Code du travail, il constitue le support obligatoire de toute rupture conventionnelle individuelle. Sans ce document, aucune demande d’homologation ne peut être déposée auprès de la DREETS (ex-DIRECCTE).
Ce formulaire s’adresse exclusivement aux salariés en CDI du secteur privé. Il ne couvre ni les CDD, ni les contrats d’apprentissage, ni les ruptures conventionnelles collectives — qui relèvent d’un accord collectif validé par la DREETS selon une procédure distincte.
Le Cerfa 14598 existe en plusieurs versions successives. La version en vigueur depuis septembre 2023 est la version 07. Utiliser une version antérieure expose à un rejet automatique par la plateforme TéléRC ou par le service d’instruction. La direction juridique doit donc vérifier systématiquement le numéro de version avant toute impression ou saisie en ligne.
Le Cerfa 14598 remplit 3 fonctions simultanées :
En 2023, la DREETS a instruit environ 500 000 demandes de rupture conventionnelle individuelle, selon les données publiées par la DARES. Le taux de refus d’homologation reste inférieur à 6 %, mais les motifs de rejet portent le plus souvent sur des erreurs de remplissage du formulaire ou sur le non-respect des délais.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Référence officielle | Cerfa n° 14598*07 |
| Base légale | Articles L. 1237-11 à L. 1237-16 du Code du travail |
| Salariés concernés | CDI secteur privé uniquement |
| Plateforme de dépôt | TéléRC (service du ministère du Travail) |
| Version en vigueur | *07 (depuis septembre 2023) |
La sécurisation d’une rupture conventionnelle commence dès le choix du bon formulaire et la vérification de chaque rubrique avant signature.
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Le formulaire Cerfa 14598*07 se compose de 5 rubriques principales. Chacune doit être complétée avec rigueur, car toute incohérence ou omission peut entraîner un refus d’homologation ou, pire, une requalification de la rupture en licenciement sans cause réelle et sérieuse devant le conseil de prud’hommes.
Cette section recueille les informations relatives à l’entreprise : raison sociale, numéro SIRET, adresse du siège, convention collective applicable et effectif de l’entreprise. L’effectif conditionne le calcul de l’indemnité minimale légale et la contribution patronale applicable depuis le 1er septembre 2023 (voir ci-dessous).
Le formulaire exige le nom, prénom, date de naissance, adresse, date d’entrée dans l’entreprise, qualification et rémunération brute mensuelle moyenne des 12 derniers mois (ou des 3 derniers mois si ce calcul est plus favorable au salarié). Cette rémunération sert de base au calcul de l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle.
Le Code du travail impose au moins 1 entretien préalable, sans fixer de nombre maximal. Le formulaire demande la date de chaque entretien et précise si le salarié ou l’employeur s’est fait assister. En pratique, organiser 2 entretiens espacés de quelques jours renforce la preuve du consentement libre et éclairé du salarié.
C’est le cœur du document. Elle fixe :
Chaque partie atteste avoir reçu un exemplaire du formulaire. Le salarié confirme avoir été informé de la possibilité de se faire assister et de son droit de rétractation.
| Rubrique | Contenu clé | Erreur fréquente |
|---|---|---|
| Employeur | SIRET, convention collective, effectif | Effectif erroné faussant le calcul d’indemnité |
| Salarié | Ancienneté, rémunération brute moyenne | Oubli des primes dans le calcul de la rémunération |
| Entretiens | Dates, assistance éventuelle | Absence de mention d’un entretien |
| Convention | Indemnité, date de rupture, date de signature | Indemnité inférieure au minimum légal |
| Attestation | Remise d’un exemplaire à chaque partie | Signature manquante d’une des parties |
Depuis le 1er septembre 2023, l’indemnité de rupture conventionnelle est soumise à une contribution patronale unique de 30 % sur la part exonérée de cotisations sociales, en remplacement du forfait social de 20 % qui s’appliquait auparavant. Cette modification, introduite par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2023, aligne le coût employeur de la rupture conventionnelle sur celui de la mise à la retraite. La direction juridique doit intégrer ce surcoût dans le chiffrage proposé au salarié.
L’article L. 1237-13 du Code du travail accorde à chaque partie un délai de rétractation de 15 jours calendaires. Ce délai commence à courir le lendemain de la date de signature de la convention figurant sur le Cerfa 14598. Tous les jours comptent : samedis, dimanches et jours fériés inclus.
Si le dernier jour tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, le délai est prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant (article R. 1231-1 du Code du travail, renvoyant aux règles de computation de l’article 642 du Code de procédure civile).
Exemple concret : une convention signée le lundi 3 mars 2025 ouvre un délai de rétractation qui court du mardi 4 mars au mardi 18 mars inclus. La demande d’homologation ne peut être déposée qu’à compter du mercredi 19 mars.
La rétractation s’exerce par lettre recommandée avec accusé de réception ou par lettre remise en main propre contre décharge. Aucune motivation n’est requise. La rétractation d’une seule des 2 parties suffit à anéantir la convention.
Un décompte erroné du délai de rétractation est le premier motif de contestation contentieuse des ruptures conventionnelles.
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TéléRC est le téléservice mis en place par le ministère du Travail pour dématérialiser le dépôt des demandes d’homologation de rupture conventionnelle. Accessible à l’adresse www.telerc.travail.gouv.fr, il est opérationnel depuis 2013 et traite la quasi-totalité des demandes. Depuis le 1er avril 2022, le dépôt en ligne est devenu le mode de transmission par défaut ; l’envoi papier reste possible mais allonge les délais d’instruction.
| Étape | Action | Résultat |
|---|---|---|
| Création du compte | Renseigner SIRET + coordonnées | Accès à l’espace employeur |
| Saisie du Cerfa | Compléter les 5 rubriques en ligne | Contrôles automatiques de cohérence |
| Validation | Confirmer et envoyer | Accusé de réception horodaté |
| Instruction | Attente de 15 jours ouvrables | Décision explicite ou silence valant homologation |
À compter de la réception de la demande d’homologation, la DREETS dispose d’un délai de 15 jours ouvrables pour se prononcer (article L. 1237-14 du Code du travail). Ce délai se distingue du délai de rétractation : il se décompte en jours ouvrables (du lundi au samedi, hors jours fériés), et non en jours calendaires.
Le point de départ est le lendemain de la réception de la demande par la DREETS, matérialisée par l’accusé de réception TéléRC.
Si la DREETS ne notifie aucune décision dans le délai de 15 jours ouvrables, son silence vaut homologation. Ce mécanisme, prévu par l’article L. 1237-14 alinéa 3 du Code du travail, constitue une exception au principe général selon lequel le silence de l’administration vaut rejet (article L. 231-1 du Code des relations entre le public et l’administration).
En pratique, la majorité des ruptures conventionnelles sont homologuées par silence. La DREETS n’émet une décision explicite que dans 2 cas :
La date de rupture effective du contrat de travail ne peut pas être antérieure au lendemain du jour de l’homologation (expresse ou tacite). Le DJ doit donc calculer précisément la date à laquelle le silence vaut acceptation pour fixer la date de sortie du salarié, établir le solde de tout compte et remettre les documents de fin de contrat (certificat de travail, attestation Pôle emploi, reçu pour solde de tout compte).
La maîtrise des délais d’instruction conditionne la date effective de départ du salarié et la fiabilité du calendrier RH.
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Lorsque le salarié bénéficie d’un mandat de représentation du personnel (membre du CSE, délégué syndical, conseiller prud’homal, etc.), la procédure de rupture conventionnelle ne relève pas de l’homologation par la DREETS. Elle nécessite une autorisation préalable de l’inspecteur du travail, conformément à l’article L. 1237-15 du Code du travail.
Les différences procédurales sont substantielles :
| Critère | Salarié non protégé | Salarié protégé |
|---|---|---|
| Formulaire Cerfa | 14598*07 | 14599*01 |
| Autorité compétente | DREETS (homologation) | Inspecteur du travail (autorisation) |
| Consultation du CSE | Non requise | Obligatoire |
| Délai d’instruction | 15 jours ouvrables | 2 mois |
| Silence de l’administration | Vaut acceptation | Vaut rejet |
Les motifs de refus les plus fréquents constatés par les services de la DREETS portent sur :
En cas de refus, les parties disposent de 2 options :
Même après homologation, la rupture conventionnelle peut être contestée devant le conseil de prud’hommes. Les motifs de contestation les plus fréquents sont le vice du consentement (dol, violence, erreur) et la fraude (rupture conventionnelle utilisée pour contourner un plan de sauvegarde de l’emploi). Le délai de prescription est de 12 mois à compter de la date d’homologation de la convention.
La rupture conventionnelle d’un salarié protégé suit un circuit d’autorisation distinct qui impose une anticipation rigoureuse du calendrier.
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Non. Le Cerfa 14598 est réservé aux salariés en CDI. La rupture conventionnelle individuelle n’existe pas pour les CDD, qui ne peuvent être rompus avant terme que dans les cas limitativement prévus par l’article L. 1243-1 du Code du travail (faute grave, force majeure, accord des parties, embauche en CDI).
La plateforme TéléRC rejette automatiquement les formulaires dont la version ne correspond pas à celle en vigueur. En cas de dépôt papier, la DREETS peut refuser l’homologation pour vice de forme. Il faut alors recommencer la procédure avec le bon formulaire, ce qui implique de nouveaux entretiens et un nouveau délai de rétractation.
Oui. L’article L. 1237-13 du Code du travail prévoit un droit de rétractation discrétionnaire. Ni le salarié ni l’employeur n’ont à motiver leur rétractation. Il suffit d’adresser une lettre recommandée avec accusé de réception ou une lettre remise en main propre contre décharge dans le délai de 15 jours calendaires.
Non. Toute demande déposée avant l’expiration du délai de 15 jours calendaires est irrecevable. TéléRC intègre un contrôle automatique qui bloque le dépôt si la date de signature est trop récente. En cas de dépôt papier anticipé, la DREETS refuse l’homologation.
Les parties peuvent corriger les anomalies identifiées et redéposer une nouvelle demande après avoir repris la procédure depuis le début (entretiens, signature, délai de rétractation). Elles peuvent également contester la décision de refus devant le conseil de prud’hommes dans un délai de 12 mois.
Articles L1237-11 à L1237-16 : Rupture conventionnelle - Légifrance
Formulaires rupture conventionnelle CDI - Ministère du Travail
Saisir en ligne une demande d’homologation de rupture conventionnelle (TéléRC) - Service-Public.fr
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