Calcul du salaire d'un freelance : méthode complète et grille TJM 2026

Guides & Ressources pratiques
27 Feb 2026
-
11
min
Points clés de l'article
  1. Le TJM d'un freelance intègre charges sociales, impôt, frais de structure et marge nette : il ne se compare pas directement à un salaire brut de cadre.
  2. Le taux de charges varie de 22 % (micro-entreprise) à plus de 60 % (SASU à l'IR), ce qui modifie radicalement le salaire net reconstitué.
  3. La formule de conversion repose sur 3 variables : TJM × jours facturés − charges − frais = revenu net mensuel équivalent.
  4. La grille TJM 2026 oscille entre 350 € (profil junior, fonctions support) et 1 200 € (expert C-level, tech ou finance).
  5. Un DAF doit vérifier le statut juridique du prestataire, le nombre de jours facturables réels et les coûts cachés avant de valider un TJM.

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Sommaire

Salaire freelance et TJM : différences clés avec un salaire de cadre

Les composantes du coût freelance : charges sociales, impôts, frais de structure

Méthode de calcul du TJM selon le statut juridique (EI, EURL, SASU, portage)

Conversion TJM → salaire net mensuel : la formule à connaître

Grille TJM 2026 par niveau d'expérience et spécialité

Erreurs fréquentes lors du calcul et comment les éviter

Simulateurs en ligne : lesquels utiliser et leurs limites

Checklist de validation d'un TJM freelance pour une direction financière

FAQ

Pour aller plus loin

Salaire freelance et TJM : différences clés avec un salaire de cadre

Le calcul du salaire d'un freelance ne suit pas la même logique qu'une fiche de paie. Un cadre salarié perçoit un brut dont l'employeur déduit les cotisations salariales (environ 22 à 25 % du brut) et verse en parallèle des cotisations patronales (entre 25 et 42 % du brut selon les dispositifs). Le coût total employeur d'un cadre rémunéré 60 000 € brut annuel atteint ainsi 78 000 à 85 000 € par an, charges patronales incluses.

Le freelance, lui, fixe un taux journalier moyen (TJM). Ce tarif unique doit couvrir l'ensemble de ses obligations : cotisations sociales, impôt sur le revenu ou sur les sociétés, prévoyance, mutuelle, congés non rémunérés, frais professionnels et marge nette. Autrement dit, le TJM est un prix de vente, pas un salaire.

La confusion fréquente consiste à multiplier le TJM par 218 jours ouvrés et à comparer le résultat au brut annuel d'un cadre. Cette approche surestime le revenu réel du freelance de 30 à 50 % selon le statut, car elle ignore les charges et les jours non facturés (prospection, administratif, congés). Un DAF qui valide un TJM de 600 € ne valide pas un équivalent salarié à 130 800 € brut : il valide un coût externe dont le revenu net reconstitué se situe plutôt entre 55 000 et 75 000 € selon le statut juridique choisi.

CritèreCadre salariéFreelance
Base de rémunérationSalaire brut mensuelTJM × jours facturés
Charges socialesPayées par l'employeur + le salariéPayées intégralement par le freelance
Congés payés25 jours financés par l'employeurNon rémunérés, à provisionner
Protection socialeRégime général completVariable selon le statut
Frais professionnelsRemboursés ou pris en chargeInclus dans le TJM

Les composantes du coût freelance : charges sociales, impôts, frais de structure

Le TJM d'un freelance se décompose en 4 blocs distincts que tout DAF doit identifier pour évaluer la cohérence d'un tarif.

Les cotisations sociales représentent le poste le plus variable. En micro-entreprise (BNC), le taux s'élève à 21,1 % du chiffre d'affaires en 2025. En EURL à l'IS, les cotisations TNS (travailleur non salarié) atteignent environ 45 % de la rémunération nette versée au gérant. En SASU, le président assimilé salarié supporte des charges patronales et salariales cumulées d'environ 65 à 75 % du net versé, un écart qui explique pourquoi les TJM en SASU sont souvent plus élevés à revenu net égal.

L'imposition constitue le deuxième bloc. Un micro-entrepreneur peut opter pour le versement libératoire (2,2 % du CA en BNC) si son revenu fiscal de référence ne dépasse pas 27 478 € par part en 2024. En société, le freelance choisit entre l'impôt sur les sociétés (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà) et l'impôt sur le revenu via sa rémunération de gérant ou de président.

Les frais de structure couvrent la comptabilité (1 200 à 3 500 € par an selon la forme juridique), les assurances professionnelles (responsabilité civile professionnelle : 300 à 1 500 € par an), les outils, les déplacements et l'espace de travail. En moyenne, ces frais représentent 5 à 12 % du chiffre d'affaires annuel.

La provision pour congés et inter-contrats est le poste le plus souvent sous-estimé. Un freelance qui facture 218 jours théoriques doit retrancher 25 jours de congés et 15 à 30 jours d'inter-contrat ou de prospection. Le nombre de jours réellement facturés oscille entre 160 et 195 par an, selon le secteur et le niveau de séniorité.

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Méthode de calcul du TJM selon le statut juridique (EI, EURL, SASU, portage)

Le statut juridique du freelance modifie le TJM nécessaire pour atteindre un même revenu net cible. Voici la méthode de calcul pour un objectif de 4 000 € net mensuel (48 000 € net annuel), sur une base de 180 jours facturés par an.

Micro-entreprise (EI au régime micro-BNC)

Le chiffre d'affaires nécessaire se calcule ainsi : 48 000 € / (1 − 0,211 − 0,022) = 62 582 € (en intégrant le versement libératoire). Le TJM minimum est donc de 62 582 / 180 = 348 €. Ce calcul suppose que le freelance reste sous le plafond de 77 700 € de CA annuel et que ses frais réels sont faibles (pas de déduction possible en micro).

EURL à l'IS

La rémunération du gérant supporte environ 45 % de cotisations TNS. Pour obtenir 48 000 € net, il faut verser une rémunération brute d'environ 69 600 €. En ajoutant 3 000 € de frais de structure et l'IS sur un éventuel bénéfice résiduel, le CA cible atteint environ 75 000 €. Le TJM se situe autour de 417 €.

SASU à l'IS

Le président assimilé salarié supporte des charges d'environ 80 % du net (cotisations patronales + salariales). Pour 48 000 € net, la masse salariale totale avoisine 86 400 €. Avec les frais de structure (comptabilité, CFE, RC Pro), le CA nécessaire atteint environ 92 000 €. Le TJM minimum passe à 511 €.

Portage salarial

La société de portage prélève des frais de gestion (entre 5 et 10 % du CA HT) puis applique les charges salariales et patronales du régime général. Pour 48 000 € net, le CA nécessaire se situe entre 100 000 et 110 000 €. Le TJM atteint 556 à 611 €.

StatutCharges sociales (% du net)CA annuel nécessaireTJM minimum (180 j.)
Micro-entreprise~23 % du CA62 582 €348 €
EURL à l'IS~45 % du net75 000 €417 €
SASU à l'IS~80 % du net92 000 €511 €
Portage salarial~80 % + frais gestion100 000 – 110 000 €556 – 611 €

Conversion TJM → salaire net mensuel : la formule à connaître

La formule de conversion TJM en salaire net mensuel repose sur 3 étapes :

Étape 1 : calculer le chiffre d'affaires annuel réel.
CA annuel = TJM × nombre de jours facturés par an.
Un freelance à 550 € / jour qui facture 180 jours génère 99 000 € de CA.

Étape 2 : déduire les charges et frais.

  • Charges sociales : selon le statut (voir tableau ci-dessus)
  • Frais de structure : comptabilité, assurances, outils (estimation : 5 à 10 % du CA)
  • Impôt sur les sociétés ou versement libératoire (selon le régime)

Étape 3 : diviser le résultat par 12.
Revenu net mensuel = (CA − charges sociales − frais − impôt) / 12.

Pour un freelance en EURL à l'IS facturant 550 € × 180 jours = 99 000 € :

  • Rémunération gérant : ~70 000 € (le reste constitue le bénéfice soumis à l'IS)
  • Cotisations TNS : ~31 500 € (45 % de 70 000)
  • Frais de structure : ~5 000 €
  • Revenu net avant IR : 70 000 − 31 500 = 38 500 €
  • Revenu net mensuel : 3 208 €

Ce chiffre est à comparer au net mensuel d'un cadre après prélèvement à la source, et non à son brut. Un cadre qui perçoit 3 200 € net mensuel coûte à son employeur entre 5 600 et 6 200 € par mois (charges patronales incluses). Le coût externe du freelance (550 € × 15 jours/mois = 8 250 €) est donc supérieur, mais il n'inclut ni congés payés, ni indemnités de licenciement, ni formation, ni management.

L'arbitrage entre recrutement et prestation externe dépend aussi du traitement fiscal des charges déductibles et de la TVA récupérable.
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Grille TJM 2026 par niveau d'expérience et spécialité

Les TJM pratiqués en 2025-2026 varient selon 3 critères : le niveau d'expérience, le domaine d'expertise et la localisation (Île-de-France vs régions). Les données ci-dessous sont issues des baromètres publiés par Malt, Crème de la Crème et les plateformes de portage salarial.

Profil / SpécialitéJunior (0-3 ans)Confirmé (3-7 ans)Senior / Expert (7+ ans)
Développement web / mobile350 – 450 €500 – 650 €700 – 950 €
Data / IA400 – 550 €600 – 800 €850 – 1 200 €
Direction financière / contrôle de gestion400 – 500 €550 – 750 €800 – 1 100 €
Juridique / conformité350 – 500 €550 – 700 €750 – 1 000 €
Marketing digital / growth300 – 400 €450 – 600 €650 – 900 €
Conseil en stratégie / transformation450 – 600 €650 – 850 €900 – 1 200 €

En Île-de-France, les TJM sont en moyenne 15 à 25 % supérieurs à ceux pratiqués en régions. Les missions longues (6 mois et plus) font l'objet de décotes de 5 à 15 % par rapport aux missions courtes, car elles réduisent le risque d'inter-contrat.

Erreurs fréquentes lors du calcul et comment les éviter

Erreur 1 : comparer le TJM × 218 jours au brut annuel d'un cadre. Le freelance ne facture pas 218 jours. Après congés, prospection et administratif, la fourchette réaliste se situe entre 160 et 195 jours. Surestimer les jours facturés de 20 % fausse l'analyse de coût de 15 000 à 25 000 € par an.

Erreur 2 : ignorer le statut juridique du prestataire. Un TJM de 500 € en micro-entreprise génère un revenu net très différent du même TJM en SASU. Le DAF qui compare deux devis sans connaître le statut du freelance compare des grandeurs non homogènes.

Erreur 3 : oublier les coûts indirects du salariat dans l'arbitrage. Le coût employeur ne se limite pas au superbrut. Il faut intégrer le coût du recrutement (15 à 25 % du brut annuel via un cabinet), la formation, le management, les locaux et le risque de licenciement (indemnité légale : 1/4 de mois par année d'ancienneté jusqu'à 10 ans).

Erreur 4 : négliger le risque de requalification. Un freelance qui travaille exclusivement pour un seul client, sur site, avec des horaires imposés, s'expose à une requalification en contrat de travail par l'URSSAF. Le redressement inclut alors les cotisations patronales sur toute la période, majorées de 5 à 15 % de pénalités. Ce risque doit être évalué dès la validation du TJM.

Erreur 5 : ne pas provisionner la TVA. Le TJM est généralement exprimé HT. La TVA à 20 % est récupérable par l'entreprise cliente assujettie, mais elle impacte la trésorerie du freelance en micro-entreprise (franchise de TVA sous 36 800 € de CA) ou en régime réel.

Simulateurs en ligne : lesquels utiliser et leurs limites

Plusieurs simulateurs permettent d'estimer le revenu net d'un freelance à partir de son TJM :

  • Simulateur URSSAF (mon-entreprise.urssaf.fr) : le plus fiable pour les cotisations sociales. Il intègre les taux en vigueur par statut (micro, TNS, assimilé salarié). Limite : il ne prend pas en compte les frais de structure ni l'impôt sur le revenu.
  • Simulateurs des plateformes de portage (ITG, Webportage, Ad'missions) : utiles pour estimer le net en portage salarial. Limite : chaque société applique ses propres frais de gestion, ce qui rend les résultats difficilement comparables.
  • Simulateurs indépendants (Freebe, Indy, Shine) : ils proposent des estimations globales incluant charges, frais et impôt. Limite : les hypothèses de calcul (nombre de jours facturés, taux de frais) sont souvent optimistes.

Aucun simulateur ne remplace un prévisionnel construit avec un expert-comptable ou un avocat fiscaliste. Les simulateurs utilisent des moyennes et des hypothèses standardisées qui ne reflètent pas la situation individuelle du prestataire. Pour un DAF, ils constituent un outil de pré-validation, pas une base de décision définitive.

Un avocat fiscaliste peut vérifier la cohérence entre le statut du prestataire, son TJM et le traitement fiscal applicable à votre entreprise.
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Checklist de validation d'un TJM freelance pour une direction financière

Avant de valider le TJM d'un prestataire freelance, un DAF peut suivre cette grille de contrôle en 10 points :

  1. Vérifier le statut juridique du freelance (micro, EURL, SASU, portage) et son numéro SIRET actif.
  2. Demander une attestation de vigilance URSSAF à jour (obligatoire pour les contrats de plus de 5 000 € HT).
  3. Reconstituer le salaire net équivalent à partir du TJM, en appliquant la formule de conversion adaptée au statut.
  4. Comparer avec le coût employeur complet d'un profil équivalent en CDI (superbrut + coûts indirects).
  5. Vérifier la cohérence du TJM avec la grille de marché (voir tableau ci-dessus) pour le niveau d'expérience et la spécialité.
  6. Estimer le nombre de jours réellement nécessaires pour la mission, en distinguant jours de production et jours de coordination.
  7. Évaluer le risque de requalification : le freelance a-t-il d'autres clients ? Travaille-t-il avec ses propres outils ? Fixe-t-il ses horaires ?
  8. Négocier un TJM dégressif pour les missions longues (au-delà de 3 mois), en contrepartie d'un volume garanti.
  9. Prévoir une clause de révision tarifaire annuelle indexée sur un indicateur objectif (indice Syntec, inflation INSEE).
  10. Documenter l'arbitrage prestation vs recrutement dans une note interne, en intégrant les critères financiers, opérationnels et juridiques.

Cette checklist ne se substitue pas à une analyse juridique et fiscale complète. Elle constitue un cadre de premier niveau pour structurer la décision et tracer le raisonnement en cas de contrôle.

FAQ

Comment calculer le salaire net d'un freelance à partir de son TJM ?

Multipliez le TJM par le nombre de jours réellement facturés sur l'année (entre 160 et 195 jours en moyenne). Déduisez les charges sociales (variables selon le statut : 22 % en micro, 45 % en EURL, 65-75 % en SASU), les frais de structure (5 à 10 % du CA) et l'impôt applicable. Divisez le résultat par 12 pour obtenir le salaire net mensuel équivalent.

Quel TJM correspond à un salaire de 50 000 € net annuel ?

Cela dépend du statut juridique. En micro-entreprise, un TJM d'environ 365 € suffit (sur 180 jours facturés). En EURL à l'IS, il faut viser environ 430 €. En SASU, le TJM nécessaire monte à environ 530 €. En portage salarial, il atteint 570 à 620 €.

Un freelance à 600 € / jour coûte-t-il plus cher qu'un cadre à 70 000 € brut ?

En coût direct, oui : 600 € × 180 jours = 108 000 € contre un coût employeur d'environ 95 000 à 100 000 € pour un cadre à 70 000 € brut. En coût complet, l'écart se réduit si l'on intègre le recrutement, la formation, les locaux, le management et le risque de licenciement du salarié. L'arbitrage dépend de la durée de la mission et de la récurrence du besoin.

Quels sont les risques fiscaux liés à un TJM mal calibré ?

Un TJM anormalement bas peut signaler un lien de subordination déguisé et exposer l'entreprise à une requalification en contrat de travail par l'URSSAF, avec rappel de cotisations patronales sur toute la période. Un TJM excessif par rapport au marché peut être contesté en cas de contrôle fiscal si l'administration estime que la charge n'est pas justifiée économiquement.

Faut-il exiger une facture HT ou TTC d'un freelance en micro-entreprise ?

Un micro-entrepreneur bénéficiant de la franchise en base de TVA (CA inférieur à 36 800 € en prestations de services) facture en HT sans TVA, avec la mention obligatoire « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». L'entreprise cliente ne récupère donc pas de TVA sur cette facture, ce qui augmente le coût réel de la prestation de 20 % par rapport à un prestataire assujetti.

Pour aller plus loin

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