Calcul de l'effectif CSE : méthode, règles de décompte et ETP pas à pas

Guides & Ressources pratiques
01 Mar 2026
-
10
min
Points clés de l'article
  1. Le calcul de l'effectif CSE repose sur les articles L.1111-2 et L.1251-54 du Code du travail, qui fixent les catégories de salariés à inclure ou exclure.
  2. Le seuil de 11 salariés doit être atteint pendant 12 mois consécutifs pour déclencher l'obligation de mise en place du CSE.
  3. Le décompte s'effectue en équivalent temps plein (ETP) : chaque salarié est pondéré selon sa durée contractuelle et sa présence effective.
  4. Les CDI à temps plein comptent pour 1, les CDD et intérimaires sont proratisés selon leur temps de présence sur les 12 derniers mois, hors remplacement.
  5. Une erreur de calcul expose l'entreprise à un délit d'entrave (1 an d'emprisonnement, 7 500 € d'amende) ou à une contestation électorale pouvant annuler les élections.

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Sommaire

Pourquoi le calcul d'effectif CSE est stratégique : seuils et obligations

Cadre légal : articles L.1111-2 et L.1251-54 du Code du travail

Les salariés à prendre en compte (CDI, CDD, apprentis, intérim, mis à disposition)

Les salariés exclus du décompte

Méthode de calcul en équivalent temps plein (ETP) avec exemples chiffrés

Règle des 12 mois consécutifs et retombe sous le seuil

Erreurs fréquentes et points de vigilance dans le calcul d'effectif

Checklist DRH : sécuriser le calcul avant l'élection du CSE

FAQ

Pour aller plus loin

Pourquoi le calcul d'effectif CSE est stratégique : seuils et obligations

Le calcul de l'effectif CSE détermine à lui seul si une entreprise doit organiser des élections professionnelles. Franchir le seuil de 11 salariés pendant 12 mois consécutifs rend obligatoire la mise en place d'un comité social et économique. Sous-estimer l'effectif — même involontairement — retarde cette mise en place et constitue un délit d'entrave, passible d'un an d'emprisonnement et de 7 500 € d'amende (article L.2317-1 du Code du travail).

Le calcul conditionne aussi le périmètre des attributions du CSE. En dessous de 50 salariés, le comité exerce les anciennes missions des délégués du personnel. À partir de 50, il reprend les compétences de l'ancien comité d'entreprise et du CHSCT : consultation sur la politique sociale, budgets de fonctionnement (0,20 % de la masse salariale brute) et d'activités sociales. Un écart de 2 ou 3 ETP peut donc modifier les droits des représentants, les obligations de consultation et les budgets à provisionner.

Pour un DRH, l'enjeu est concret : un calcul fiable évite à la fois le contentieux électoral (annulation du scrutin par le tribunal judiciaire) et le risque pénal. Il permet aussi d'anticiper les coûts liés au fonctionnement du CSE et d'organiser le calendrier électoral dans les délais légaux — 90 jours entre l'information du personnel et le premier tour.

Cadre légal : articles L.1111-2 et L.1251-54 du Code du travail

Deux textes encadrent le décompte des effectifs pour la mise en place du CSE.

L'article L.1111-2 du Code du travail pose la règle générale. Il distingue 3 modes de comptabilisation selon le type de contrat :

  • Les salariés en CDI à temps plein et les travailleurs à domicile comptent chacun pour 1 unité.
  • Les salariés en CDD, les salariés en contrat intermittent et les travailleurs mis à disposition par une entreprise extérieure sont pris en compte au prorata de leur temps de présence au cours des 12 mois précédents. Ceux qui remplacent un salarié absent sont exclus.
  • Les salariés à temps partiel sont comptabilisés en divisant la somme totale de leurs horaires contractuels par la durée légale du travail (151,67 heures mensuelles).

L'article L.1251-54 du Code du travail complète ce dispositif pour les intérimaires. Ils sont intégrés au calcul de l'effectif de l'entreprise utilisatrice au prorata de leur temps de présence sur les 12 derniers mois, sauf lorsqu'ils remplacent un salarié absent ou un salarié dont le contrat est suspendu.

Texte de référenceObjetCatégories visées
Art. L.1111-2Règle générale de décompteCDI, CDD, temps partiel, mis à disposition, intermittents
Art. L.1251-54Règle spécifique intérimIntérimaires dans l'entreprise utilisatrice
Art. L.2311-2Seuil de mise en place du CSEToutes catégories — seuil de 11 salariés / 12 mois

Ces textes s'appliquent de manière cumulative. Un DRH doit donc croiser les deux articles pour obtenir un effectif conforme.

Structurer le décompte des effectifs en amont des élections professionnelles réduit le risque de contestation.
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Les salariés à prendre en compte (CDI, CDD, apprentis, intérim, mis à disposition)

Le périmètre du calcul d'effectif CSE inclut plusieurs catégories, chacune avec ses propres règles de pondération.

CDI à temps plein

Chaque salarié en CDI à temps plein compte pour 1 unité, quelle que soit son ancienneté. Les dirigeants salariés titulaires d'un contrat de travail sont également inclus.

CDI à temps partiel

Ils sont comptabilisés au prorata de leur durée contractuelle rapportée à la durée légale. Un salarié en CDI à 24 heures hebdomadaires compte pour 24/35 = 0,69 ETP.

CDD (hors remplacement)

Les salariés en CDD sont pris en compte au prorata de leur temps de présence sur les 12 mois précédents. Un CDD de 6 mois à temps plein représente 6/12 = 0,5 ETP. Les CDD conclus pour remplacer un salarié absent ne sont pas comptés : le salarié remplacé reste dans l'effectif.

Intérimaires (hors remplacement)

Même logique que les CDD. Un intérimaire présent 4 mois sur 12 à temps plein = 0,33 ETP. Seuls les intérimaires affectés à un surcroît d'activité entrent dans le calcul. Ceux qui remplacent un salarié absent sont exclus.

Salariés mis à disposition

Les salariés mis à disposition par une entreprise extérieure sont inclus dans l'effectif de l'entreprise d'accueil à 2 conditions cumulatives : être présents dans les locaux depuis au moins 1 an et y travailler de manière continue. Ils sont alors proratisés selon leur temps de présence.

Apprentis et contrats de professionnalisation

Depuis la loi du 5 septembre 2018 (loi Avenir professionnel), les apprentis sont exclus du calcul de l'effectif pour la mise en place du CSE. Les titulaires d'un contrat de professionnalisation sont également exclus (article L.1111-3 du Code du travail).

Les salariés exclus du décompte

L'article L.1111-3 du Code du travail liste les catégories exclues du calcul de l'effectif CSE :

  • Apprentis (quel que soit le type de contrat d'apprentissage)
  • Titulaires d'un contrat de professionnalisation pendant toute la durée du contrat
  • Titulaires d'un contrat aidé (CUI-CAE, parcours emploi compétences) pendant la durée d'attribution de l'aide
  • Stagiaires (convention de stage) : ils ne sont jamais comptabilisés
  • CDD et intérimaires remplaçant un salarié absent : le salarié absent reste dans l'effectif, le remplaçant n'y entre pas
CatégorieIncluse dans l'effectif CSE ?Base légale
CDI temps pleinOui — 1 unitéArt. L.1111-2, 1°
CDI temps partielOui — prorata horaireArt. L.1111-2, 3°
CDD (surcroît)Oui — prorata présenceArt. L.1111-2, 2°
CDD (remplacement)NonArt. L.1111-2, 2°
Intérimaire (surcroît)Oui — prorata présenceArt. L.1251-54
Intérimaire (remplacement)NonArt. L.1251-54
ApprentiNonArt. L.1111-3
Contrat de professionnalisationNonArt. L.1111-3
StagiaireNonArt. L.1111-3
Mis à disposition (≥ 1 an)Oui — prorata présenceArt. L.1111-2, 2°
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Méthode de calcul en équivalent temps plein (ETP) avec exemples chiffrés

Le calcul en équivalent temps plein (ETP) convertit chaque salarié en fraction d'unité selon 2 paramètres : sa durée contractuelle de travail et son temps de présence sur les 12 derniers mois.

Formule de base

ETP = (durée contractuelle / durée légale) × (mois de présence / 12)

La durée légale de référence est 35 heures hebdomadaires, soit 151,67 heures mensuelles.

Exemple concret

Une entreprise emploie au 1er janvier 2025 :

  • 8 CDI à temps plein → 8 × 1 = 8 ETP
  • 2 CDI à 28 heures/semaine → 2 × (28/35) = 2 × 0,80 = 1,60 ETP
  • 1 CDD de 9 mois à temps plein (surcroît d'activité) → 1 × (9/12) = 0,75 ETP
  • 1 intérimaire présent 5 mois à temps plein (surcroît) → 1 × (5/12) = 0,42 ETP
  • 2 apprentis0 ETP (exclus)
  • 1 stagiaire0 ETP (exclu)

Total : 8 + 1,60 + 0,75 + 0,42 = 10,77 ETP

L'entreprise n'atteint pas le seuil de 11 salariés. Elle n'a pas l'obligation de mettre en place un CSE à cette date. En revanche, l'embauche d'un seul CDI à temps plein ferait basculer l'effectif à 11,77 ETP, déclenchant le compteur des 12 mois consécutifs.

Précision sur les temps partiels

Lorsque plusieurs salariés à temps partiel travaillent dans l'entreprise, le Code du travail prévoit un calcul global : on additionne l'ensemble des heures contractuelles, puis on divise par la durée légale. Ainsi, 3 salariés à 20 heures hebdomadaires = 60/35 = 1,71 ETP (et non 3 × 0,57 = 1,71 — le résultat est identique, mais la méthode légale impose le calcul groupé).

Règle des 12 mois consécutifs et retombe sous le seuil

Le seuil de 11 salariés ne déclenche l'obligation de mise en place du CSE que s'il est atteint pendant 12 mois consécutifs (article L.2311-2 du Code du travail). Cette durée se calcule mois par mois : l'effectif est apprécié au dernier jour de chaque mois.

Déclenchement de l'obligation

Si l'entreprise atteint 11 ETP au 1er mars 2024 et maintient ce niveau sans interruption jusqu'au 28 février 2025, l'obligation de mise en place du CSE naît au 1er mars 2025. Le DRH dispose alors de 90 jours pour organiser le premier tour du scrutin.

Retombe sous le seuil

Lorsque l'effectif redescend sous 11 salariés pendant au moins 1 mois au cours de la période de 12 mois, le compteur repart à zéro. Par exemple, si l'effectif passe à 10,8 ETP en septembre 2024 après avoir atteint 11,2 ETP en mars 2024, les 6 mois déjà écoulés ne sont pas conservés. Le décompte reprend dès que le seuil est de nouveau franchi.

Suppression du CSE existant

Lorsqu'un CSE est déjà en place et que l'effectif passe sous 11 salariés pendant 12 mois consécutifs, l'instance n'est pas supprimée automatiquement. Le mandat des élus se poursuit jusqu'à son terme. L'employeur peut toutefois décider de ne pas renouveler le CSE à l'expiration des mandats si l'effectif reste sous le seuil.

La gestion du seuil des 12 mois consécutifs nécessite un suivi mensuel rigoureux de l'effectif. Un accompagnement juridique permet d'anticiper les obligations électorales.
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Erreurs fréquentes et points de vigilance dans le calcul d'effectif

Comptabiliser les apprentis

C'est l'erreur la plus courante. Les apprentis sont systématiquement exclus du calcul d'effectif CSE depuis la loi du 5 septembre 2018. Les inclure gonfle artificiellement l'effectif et peut déclencher une obligation prématurée.

Oublier les intérimaires en surcroît d'activité

Les intérimaires affectés à un surcroît d'activité doivent être proratisés et ajoutés à l'effectif de l'entreprise utilisatrice. Beaucoup de DRH ne comptabilisent que les salariés sous contrat direct, ce qui sous-estime l'effectif réel.

Confondre CDD de remplacement et CDD de surcroît

Un CDD conclu pour remplacer un salarié en congé maternité est exclu. Un CDD conclu pour faire face à un pic d'activité saisonnier est inclus. Le motif inscrit sur le contrat détermine le traitement dans le calcul.

Ne pas actualiser mensuellement

L'effectif doit être recalculé chaque mois. Un suivi trimestriel ou annuel ne permet pas de vérifier la condition des 12 mois consécutifs et expose l'entreprise à un dépassement non détecté.

Ignorer les salariés mis à disposition

Les salariés détachés par un prestataire ou un sous-traitant, présents depuis plus d'un an dans les locaux, entrent dans le décompte. Cette catégorie est souvent oubliée car ces salariés n'apparaissent pas dans le SIRH de l'entreprise d'accueil.

Checklist DRH : sécuriser le calcul avant l'élection du CSE

Cette checklist synthétise les étapes à suivre pour fiabiliser le calcul de l'effectif CSE avant le lancement du processus électoral.

  • Étape 1 — Extraire du SIRH la liste complète des salariés par type de contrat (CDI, CDD, temps partiel, intermittent) au dernier jour de chaque mois sur les 12 derniers mois.
  • Étape 2 — Recenser les intérimaires présents dans l'entreprise sur la même période, en distinguant motif de remplacement et motif de surcroît.
  • Étape 3 — Identifier les salariés mis à disposition par des entreprises extérieures présents depuis au moins 1 an.
  • Étape 4 — Exclure les apprentis, contrats de professionnalisation, stagiaires, CDD de remplacement et intérimaires de remplacement.
  • Étape 5 — Calculer l'ETP de chaque salarié selon la formule : (durée contractuelle / 35 h) × (mois de présence / 12).
  • Étape 6 — Additionner les ETP mois par mois et vérifier si le seuil de 11 est atteint sur 12 mois consécutifs.
  • Étape 7 — Documenter le calcul dans un fichier daté et conservé : en cas de contestation électorale, la charge de la preuve de l'effectif incombe à l'employeur.
  • Étape 8 — Si le seuil est franchi, informer le personnel de l'organisation des élections dans un délai de 90 jours avant le premier tour.
Un calcul d'effectif documenté et juridiquement solide protège l'entreprise contre les contestations électorales et le risque de délit d'entrave.
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FAQ

Comment calculer l'effectif pour savoir si un CSE est obligatoire ?

L'effectif se calcule en équivalent temps plein (ETP) selon l'article L.1111-2 du Code du travail. Chaque salarié est pondéré selon sa durée contractuelle et son temps de présence sur 12 mois. Le seuil de 11 ETP atteint pendant 12 mois consécutifs déclenche l'obligation.

Les apprentis comptent-ils dans l'effectif CSE ?

Non. Depuis la loi du 5 septembre 2018, les apprentis sont exclus du calcul de l'effectif pour la mise en place du CSE, conformément à l'article L.1111-3 du Code du travail.

Les intérimaires sont-ils inclus dans le calcul d'effectif CSE ?

Oui, mais uniquement ceux affectés à un surcroît d'activité. Ils sont proratisés selon leur temps de présence sur les 12 derniers mois (article L.1251-54). Les intérimaires qui remplacent un salarié absent sont exclus.

Que se passe-t-il si l'effectif redescend sous 11 salariés en cours de période ?

Le compteur des 12 mois consécutifs repart à zéro. L'obligation de mise en place du CSE ne naît que si le seuil est maintenu sans interruption pendant 12 mois complets.

Quelles sanctions en cas de calcul d'effectif erroné retardant la mise en place du CSE ?

L'absence de mise en place du CSE alors que l'effectif le rend obligatoire constitue un délit d'entrave. L'employeur encourt jusqu'à 1 an d'emprisonnement et 7 500 € d'amende (article L.2317-1 du Code du travail). Les élections peuvent aussi être annulées par le tribunal judiciaire en cas de contestation.

Pour aller plus loin

Article L1111-2 du Code du travail - Légifrance

Comment est calculé l'effectif ? - URSSAF

Comité social et économique (CSE) - Service-Public.fr

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