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Bon de souscription : définition juridique et cadre légal
Différences entre BSA, BSA-Air et droits de souscription
Régime juridique : sociétés émettrices et bénéficiaires éligibles
Émission et conditions de souscription : la procédure pas à pas
Fiscalité des bons de souscription pour l'émetteur et le bénéficiaire
Utilisation des BSA en capital investissement et levées de fonds
Risques juridiques et points de vigilance pour les fonds
Quand faire appel à un avocat spécialisé en capital investissement
Un bon de souscription est un titre financier qui confère à son détenteur le droit — et non l'obligation — de souscrire des actions d'une société à un prix déterminé à l'avance, pendant une période définie. Il se distingue d'une action classique : le porteur ne détient aucun droit de vote ni droit aux dividendes tant qu'il n'a pas exercé son bon.
Le cadre légal repose sur les articles L. 228-91 à L. 228-97 du Code de commerce. Ces dispositions encadrent les valeurs mobilières donnant accès au capital et s'appliquent aux sociétés par actions (SA, SAS, SCA). Le bon de souscription constitue juridiquement une valeur mobilière autonome, cessible et négociable, dont l'exercice entraîne une augmentation de capital.
En pratique, l'émetteur fixe 3 paramètres lors de la création du bon : le prix d'exercice (aussi appelé strike), la parité (nombre d'actions obtenues par bon) et la durée de validité. Si le porteur n'exerce pas son bon avant l'échéance, celui-ci devient caduc sans contrepartie.
Le terme bon de souscription recouvre plusieurs instruments dont les mécanismes diffèrent.
| Instrument | Mécanisme | Valorisation | Usage principal |
|---|---|---|---|
| BSA (bon de souscription d'actions) | Droit de souscrire à un prix fixe | Fixée à l'émission | Intéressement, investissement |
| BSA-Air (Accord d'Investissement Rapide) | Conversion en actions lors d'un événement futur (levée, cession) | Décotée par rapport au tour suivant | Financement pré-amorçage |
| Droit préférentiel de souscription (DPS) | Droit légal des actionnaires existants lors d'une augmentation de capital | Proportionnelle à la participation | Protection anti-dilution |
Le BSA-Air, inspiré du SAFE américain (Simple Agreement for Future Equity), ne fixe pas de prix d'exercice à l'émission. L'investisseur verse un montant immédiat et obtient des actions lors du prochain tour de financement, avec une décote négociée (généralement entre 15 % et 25 %). Ce mécanisme évite de valoriser la société à un stade trop précoce.
Le DPS, quant à lui, n'est pas un bon de souscription au sens strict. Il naît automatiquement au profit des actionnaires existants lors de chaque augmentation de capital, sauf suppression votée en assemblée générale extraordinaire.
Seules les sociétés par actions peuvent émettre des bons de souscription : SA, SAS et SCA. Les SARL en sont exclues, car le Code de commerce réserve les valeurs mobilières donnant accès au capital aux formes sociales émettant des actions.
Les bénéficiaires éligibles varient selon le type de bon :
Un point technique à retenir : l'attribution de BSA à des dirigeants ou salariés peut être requalifiée par l'administration fiscale si le prix d'acquisition du bon est jugé insuffisant. L'évaluation doit refléter la valeur économique réelle du droit d'option au moment de l'émission.
Structurer l'émission de BSA dans le cadre d'une opération de capital investissement nécessite une analyse juridique et fiscale adaptée à chaque situation.
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L'émission de bons de souscription suit une procédure encadrée par le Code de commerce, en 5 étapes :
En SAS, les statuts peuvent simplifier cette procédure en déléguant la décision au président ou à un organe collégial. Cette flexibilité explique pourquoi la SAS est la forme juridique privilégiée dans l'écosystème du capital investissement français.
La fiscalité des bons de souscription dépend de la nature du bon, du statut du bénéficiaire et du moment de la cession.
| Événement fiscal | BSA classique | BSPCE | BSA-Air |
|---|---|---|---|
| Acquisition du bon | Prix d'achat non déductible pour le bénéficiaire | Gratuit (pas de prix d'acquisition) | Montant investi |
| Exercice du bon | Pas d'imposition immédiate | Pas d'imposition immédiate | Conversion en actions : pas d'imposition |
| Cession des actions | Plus-value taxée au PFU (30 %) ou barème IR sur option | Gain taxé à 12,8 % (+ prélèvements sociaux) si ancienneté > 3 ans dans la société | Plus-value taxée au PFU (30 %) |
Pour les BSPCE, le taux réduit de 12,8 % (hors prélèvements sociaux de 17,2 %) s'applique lorsque le bénéficiaire justifie d'au moins 3 ans d'ancienneté dans la société au moment de la cession. En dessous de ce seuil, le gain est imposé à 30 % au titre du PFU.
Côté émetteur, l'émission de BSA ne génère pas de charge déductible. En revanche, l'augmentation de capital consécutive à l'exercice des bons entraîne une augmentation des capitaux propres sans impact sur le résultat fiscal.
La structuration fiscale d'une émission de BSA ou de BSPCE conditionne directement le rendement net pour le bénéficiaire et le coût réel pour la société.
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En capital investissement, les bons de souscription remplissent 3 fonctions principales :
Intéressement du management. Les fonds attribuent des BSA ou BSPCE aux dirigeants opérationnels pour aligner leurs intérêts sur la création de valeur. Le prix d'exercice est fixé à la valorisation d'entrée du fonds. Si la valorisation de sortie dépasse ce seuil, le dirigeant capte une partie de la plus-value.
Mécanisme de ratchet. Les BSA servent à ajuster la répartition du capital entre fondateurs et investisseurs en fonction de la performance. Si la société atteint certains objectifs (chiffre d'affaires, EBITDA, valorisation au tour suivant), les fondateurs exercent leurs BSA et réduisent la dilution subie lors de la levée.
Financement en pré-amorçage via BSA-Air. En France, le BSA-Air s'est imposé comme l'instrument standard pour les investissements de 50 000 € à 500 000 € avant un premier tour institutionnel. Selon France Invest, 72 % des opérations de pré-amorçage en 2023 ont utilisé un instrument convertible (BSA-Air ou obligation convertible).
Plusieurs risques récurrents exposent les Managing Partners à des contentieux ou à une perte de valeur :
Sécuriser la rédaction des BSA et leur articulation avec le pacte d'actionnaires protège le fonds contre des litiges coûteux.
Trouver un avocat en capital investissement
L'intervention d'un avocat spécialisé se justifie à plusieurs étapes précises :
Pour un Managing Partner, la maîtrise technique des bons de souscription ne remplace pas l'accompagnement juridique ponctuel sur les opérations complexes. L'enjeu est de sécuriser chaque émission en amont, plutôt que de gérer un contentieux en aval.
Oui. Aucune disposition du Code de commerce ne limite l'attribution de BSA aux personnes physiques. Un fonds d'investissement, une holding ou toute société peut souscrire des BSA. En revanche, les BSPCE sont réservés aux personnes physiques salariées ou dirigeantes de la société émettrice.
La durée est librement fixée par l'assemblée générale lors de l'émission. En pratique, elle varie entre 5 et 10 ans pour les BSA classiques. Pour les BSA-Air, la conversion intervient généralement lors du prochain tour de financement, sans échéance calendaire fixe.
Non, sauf clause d'ajustement prévue dès l'origine. Les formules d'ajustement (anti-dilution, ratchet) permettent de recalculer automatiquement le prix ou la parité en cas d'opération sur le capital. Toute modification unilatérale hors de ce cadre nécessite un nouveau vote de l'AGE.
Les stock-options sont attribuées gratuitement dans le cadre d'un plan encadré par les articles L. 225-177 et suivants du Code de commerce, réservé aux SA. Les BSA sont acquis moyennant un prix d'achat et peuvent être attribués dans toute société par actions, y compris les SAS. Le régime fiscal diffère également.
Au-delà de ce seuil, les investisseurs institutionnels privilégient généralement une augmentation de capital classique ou une obligation convertible, qui offrent davantage de protections contractuelles (gouvernance, droit d'information, clause de liquidité). Le BSA-Air reste un instrument de financement rapide, conçu pour des montants limités en phase pré-amorçage.
Article L228-91 - Code de commerce - Légifrance
Section 5 Valeurs mobilières donnant accès au capital (L228-91 à L228-106) - Légifrance
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