
Jullian Hoareau

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Un terrain nu peut-il faire l'objet d'un bail commercial ?
Les deux conditions de l'article L145-1, 2°
Constructions autorisées par le bailleur : un critère décisif
Soumission volontaire au statut : intérêts et limites
Bail commercial, bail à construction ou location civile
Clauses clés d'un bail commercial sur terrain nu
Oui, mais un bail commercial terrain nu n'entre dans le statut que si des constructions autorisées par le bailleur y sont exploitées. Un terrain nu désigne une parcelle sans bâtiment : parking, aire de stockage, terrain d'activité de plein air. Le statut des baux commerciaux, régime protecteur du code de commerce, vise d'abord les locaux où un fonds est exploité. L'article L145-1 du code de commerce l'étend aux terrains nus dans une hypothèse précise.
En effet, le statut confère au locataire un droit au renouvellement : le bailleur qui refuse de renouveler doit en principe verser une indemnité d'éviction, qui compense la perte du fonds. Il impose aussi une durée minimale de 9 ans, selon la fiche Entreprendre Service-Public sur le bail commercial.
| Situation du terrain | Statut des baux commerciaux |
|---|---|
| Terrain sans aucune construction | Non applicable |
| Constructions édifiées sans accord exprès du bailleur | Non applicable |
| Constructions commerciales édifiées ou exploitées avec accord exprès | Applicable |
| Soumission volontaire prévue au contrat | Applicable par choix des parties |
Qualifier le contrat dès la négociation évite de découvrir le régime applicable au moment du renouvellement.
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Le texte pose 2 conditions cumulatives, ce qui signifie que l'absence de l'une suffit à écarter le statut.
Elles s'ajoutent à l'exigence générale de l'article L145-1 : le locataire doit exploiter un fonds, c'est-à-dire une activité dotée d'une clientèle propre, et être immatriculé au registre du commerce et des sociétés ou au répertoire des métiers.
Le consentement exprès du bailleur est le critère qui fait entrer le terrain nu dans le statut. Le mot « exprès » exclut l'accord implicite : un propriétaire qui constate des installations sans s'y opposer n'a pas consenti au sens du texte. Une clause du bail, un avenant ou une autorisation écrite constituent les preuves les plus sûres.
Un bâtiment fixe, un local de vente ou un atelier répondent à la définition. En revanche, de simples aménagements de sol, comme un revêtement ou une clôture, sont en principe insuffisants. Ainsi, un local d'accueil édifié avec l'accord écrit du propriétaire fait entrer le bail dans le statut.
La preuve écrite de l'autorisation de construire conditionne l'application du statut et mérite d'être sécurisée dans le contrat.
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Lorsque les conditions légales ne sont pas réunies, les parties peuvent appliquer le statut par une clause expresse. Cette soumission volontaire doit traduire une volonté claire et non équivoque.
D'une part, le locataire y gagne une stabilité : durée minimale, droit au renouvellement, protection contre l'éviction sans indemnité. D'autre part, le bailleur obtient un cadre connu, utile pour valoriser l'actif. Cependant, il renonce à reprendre librement son terrain à l'échéance et doit mesurer le coût d'une éventuelle indemnité d'éviction avant de signer.
Le choix du contrat dépend de l'usage du terrain et du sort des constructions.
| Critère | Bail commercial | Bail à construction | Location civile |
|---|---|---|---|
| Obligation de construire | Non | Oui, à la charge du preneur | Non |
| Droit au renouvellement | Oui | Non | Non |
| Sort des constructions | Selon les clauses du bail | Reviennent en principe au bailleur en fin de bail | Selon les clauses du contrat |
Le bail à construction est un contrat de longue durée par lequel le preneur s'engage à édifier des constructions sur le terrain du bailleur. La location civile relève des règles générales du louage prévues par le code civil : les parties fixent librement la durée et les conditions de sortie. Ainsi, un projet d'implantation durable avec clientèle oriente vers un bail commercial terrain nu, alors qu'un usage temporaire de stockage relève plutôt de la location civile.
Le choix entre ces 3 régimes détermine la durée d'engagement et le sort des constructions, deux points à arbitrer avant la signature.
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Un bail commercial sur terrain nu doit d'abord préciser ce que le locataire est autorisé à construire. Cette clause sert de preuve du consentement exprès et fixe le périmètre des travaux.
Les autres clauses à négocier :
Un état des lieux d'entrée distingue enfin les aménagements existants de ceux du locataire.
Pas en principe, car un parking sans construction reste un terrain nu. Le statut s'applique seulement si des constructions à usage commercial y sont édifiées ou exploitées avec l'accord exprès du propriétaire, ou si les parties choisissent d'y soumettre le contrat.
Non, l'article L145-1 exige un consentement exprès. Le silence du propriétaire face à des constructions ne suffit pas : une autorisation écrite, dans le bail ou dans un avenant, constitue la preuve la plus sûre.
La durée minimale est de 9 ans lorsque le statut s'applique, comme pour tout bail commercial. Le locataire peut en principe donner congé à l'issue de chaque période de 3 ans.
Non, le texte vise les constructions édifiées avant ou après le bail. Un terrain loué nu peut donc entrer dans le statut lorsque le locataire construit avec l'accord exprès du bailleur.
Le juge qualifie le contrat selon la réalité de la situation, quel que soit son intitulé. Un contrat présenté comme civil peut ainsi devenir commercial, ce qui ouvre au locataire le droit au renouvellement et à l'indemnité d'éviction.
Article L145-1 - Code de commerce - Légifrance
Section 1 : Du champ d'application (Articles L145-1 à L145-3) - Légifrance
Contrat de bail commercial - Entreprendre Service-Public
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