
Jullian Hoareau

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Incendie des locaux : la présomption de responsabilité du preneur
S'exonérer : cas fortuit, vice de construction, communication du feu
Destruction totale ou partielle : sort du bail et du loyer
Ce que le preneur doit indemniser au bailleur
Responsabilité envers les tiers et les voisins
Clauses de renonciation à recours et assurances croisées
Réflexes à adopter après un incendie
Lors d'un incendie en bail commercial, la responsabilité du preneur est la première question posée. L'article 1733 du Code civil pose une règle simple : le locataire répond de l'incendie des lieux loués, sauf s'il apporte l'une des preuves que le texte énumère.
Cette règle est une présomption de responsabilité. Le bailleur n'a pas à démontrer une faute du preneur, ni même l'origine du feu. La charge de la preuve pèse donc entièrement sur le preneur.
| Situation | Ce que prouve le bailleur | Ce que doit prouver le preneur |
|---|---|---|
| Incendie dans les locaux loués | Le dommage subi par les locaux | Une cause d'exonération prévue par le Code civil |
| Cause de l'incendie indéterminée | Le dommage subi par les locaux | Aucune exonération possible sans cause identifiée |
La présomption de l'article 1733 fait de la rédaction du bail et de la conservation des preuves deux points à sécuriser dès la signature.
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L'article 1733 du Code civil ne retient que trois causes d'exonération. Leur liste est limitative.
L'exigence probatoire est élevée. Prouver l'absence de faute ne suffit pas : le preneur doit identifier la cause précise du sinistre et la rattacher à l'un de ces trois cas.
Le Code civil distingue deux situations lorsque la chose louée est détruite par cas fortuit. Si la destruction est totale, le bail est résilié de plein droit. Si elle est partielle, le preneur choisit entre une diminution du loyer et la résiliation du bail. Dans les deux cas, aucune indemnité n'est due au titre de la seule destruction.
| Situation | Sort du bail | Loyer |
|---|---|---|
| Destruction totale | Résiliation de plein droit | Cesse d'être dû à compter du sinistre |
| Destruction partielle | Maintien ou résiliation, au choix du preneur | Diminué en proportion si le bail est maintenu |
| Locaux inexploitables après un sinistre partiel | Assimilation possible à une destruction totale | Cesse d'être dû |
La résiliation du bail ne règle pas la question de la responsabilité. Si le preneur ne prouve aucune cause d'exonération, le bailleur conserve son action en indemnisation, même lorsque le contrat a pris fin du fait de l'incendie.
La qualification de la destruction conditionne le maintien du bail, le loyer et la valeur de l'actif : elle mérite une analyse juridique avant toute décision.
Être accompagné sur un sinistre locatif
Lorsque la présomption n'est pas renversée, le preneur doit la réparation intégrale du préjudice du bailleur. Ce préjudice comprend plusieurs postes :
En pratique, l'assurance des risques locatifs souscrite par le preneur prend en charge ces sommes dans la limite de son plafond. Au-delà, le preneur paie sur ses fonds propres. Un plafond inférieur à la valeur de reconstruction expose donc l'exploitant, et le bailleur à un risque de recouvrement.
La présomption de l'article 1733 du Code civil ne joue qu'entre le bailleur et le preneur. Elle ne bénéficie ni aux voisins, ni aux autres occupants qui ne sont pas liés au preneur par un contrat.
Envers ces tiers, le Code civil prévoit que celui qui détient l'immeuble où l'incendie a pris naissance ne répond des dommages causés que si une faute lui est imputable. La victime doit donc prouver cette faute.
Les assureurs des victimes indemnisent leurs assurés, puis exercent un recours subrogatoire, c'est-à-dire une action en remboursement à la place de la victime, contre le preneur. La garantie de responsabilité civile exploitation du preneur constitue alors sa principale protection.
L'articulation entre responsabilité envers le bailleur et responsabilité envers les tiers se prépare dans le bail et dans les polices d'assurance.
Faire relire un bail commercial
L'article 1733 du Code civil n'est pas d'ordre public : les parties peuvent l'aménager par contrat. La technique la plus répandue est la clause de renonciation à recours, par laquelle chaque partie renonce à agir contre l'autre en cas de sinistre.
Le schéma type repose sur des assurances croisées. Le bailleur assure l'immeuble et renonce à tout recours contre le preneur et son assureur. Le preneur assure son fonds, son matériel et sa perte d'exploitation, et renonce à tout recours contre le bailleur.
L'efficacité de ce montage dépend de plusieurs points de rédaction :
Après un incendie, la stratégie de preuve et la lecture du bail se construisent dans les premiers jours, avec l'appui d'un spécialiste.
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Il est présumé responsable envers le bailleur par l'article 1733 du Code civil. Il s'exonère s'il prouve un cas fortuit ou de force majeure, un vice de construction ou la communication du feu par un immeuble voisin.
Non. Le preneur doit identifier la cause précise de l'incendie et la rattacher à l'une des trois causes d'exonération prévues par le Code civil.
En cas de destruction totale, le bail est résilié et le loyer cesse d'être dû. En cas de destruction partielle, le preneur peut obtenir une diminution du loyer ou la résiliation.
Il peut réclamer la perte de loyers à titre de dommages et intérêts si le preneur ne renverse pas la présomption. Il doit justifier la durée d'indisponibilité des locaux.
Oui, car ce texte n'est pas d'ordre public. La clause doit être réciproque, viser les assureurs et être acceptée par eux pour produire son plein effet.
Article 1733 du Code civil - Légifrance
Cour de cassation, 3e chambre civile, 11 juillet 2019, n° 18-15.424 - Légifrance
Contrat de bail commercial - Entreprendre.Service-Public.fr
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