
Jullian Hoareau

Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.
Dommages-ouvrage : ce que l'assurance couvre réellement
Pourquoi la copropriété est maître d'ouvrage
Qui souscrit : syndicat, syndic, copropriétaire
Travaux concernés en parties communes et privatives
Déclarer un sinistre : délais et étapes
Absence de dommages-ouvrage : conséquences pour le syndicat
L'assurance dommage ouvrage copropriété garantit le préfinancement des réparations lorsque des désordres affectent un ouvrage après réception des travaux. Son mécanisme repose sur l'article L242-1 du code des assurances : l'assureur indemnise le maître d'ouvrage en dehors de toute recherche de responsabilité, puis se retourne contre les constructeurs et leurs assureurs décennaux.
En copropriété, cette garantie couvre les dommages de nature décennale au sens de l'article 1792 du code civil, c'est-à-dire ceux qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou le rendent impropre à sa destination. Les éléments d'équipement indissociables sont inclus.
| Couvert par la dommages-ouvrage | Exclu |
|---|---|
| Désordres compromettant la solidité | Travaux d'entretien courant |
| Impropriété à destination | Simple embellissement |
| Éléments d'équipement indissociables | Dommages esthétiques sans incidence fonctionnelle |
La dommages-ouvrage ne se substitue pas à la garantie décennale des constructeurs (article L241-1 du code des assurances). Elle la complète en offrant au maître d'ouvrage une indemnisation rapide, sans attendre l'issue d'un éventuel contentieux.
L'article 14 de la loi du 10 juillet 1965 confère au syndicat des copropriétaires la personnalité civile. Il a pour objet la conservation et l'amélioration de l'immeuble ainsi que l'administration des parties communes. Lorsque l'assemblée générale vote des travaux sur ces parties communes, le syndicat agit comme maître d'ouvrage.
Cette qualification emporte une obligation directe : l'article L242-1 du code des assurances impose à toute personne qui fait réaliser des travaux de bâtiment en qualité de propriétaire de souscrire la dommages-ouvrage avant l'ouverture du chantier. Le syndicat, propriétaire collectif des parties communes, est donc le débiteur de cette obligation.
Pour un gestionnaire d'actifs ou un syndic professionnel, cette répartition est structurante. Le syndicat décide, finance et porte le risque. Le syndic exécute.
Structurer la souscription de la dommages-ouvrage avant le lancement d'un chantier en copropriété nécessite un cadrage juridique précis.
Consulter un avocat en immobilier
La répartition des rôles dépend de la nature des travaux et du périmètre concerné.
Le syndic souscrit la police d'assurance dommage ouvrage copropriété au nom et pour le compte du syndicat des copropriétaires. Il agit en qualité de mandataire, conformément à l'article 18 de la loi du 10 juillet 1965. La souscription s'appuie sur une décision préalable de l'assemblée générale autorisant les travaux.
Lorsqu'un copropriétaire fait réaliser des travaux dans son lot privatif, il est lui-même maître d'ouvrage. C'est à lui de souscrire la dommages-ouvrage, dès lors que les travaux présentent un risque de nature décennale.
| Périmètre des travaux | Maître d'ouvrage | Souscripteur de la DO |
|---|---|---|
| Parties communes | Syndicat des copropriétaires | Syndic (mandataire) |
| Parties privatives | Copropriétaire concerné | Copropriétaire lui-même |
| Parties communes spéciales | Syndicat (copropriétaires concernés) | Syndic (mandataire) |
Le syndic professionnel doit donc vérifier, pour chaque chantier voté en assemblée générale, que la souscription est effective avant le démarrage des travaux.
L'obligation de souscrire la dommages-ouvrage ne s'applique pas à tous les travaux. Seuls ceux qui présentent un risque de nature décennale sont concernés : travaux susceptibles de compromettre la solidité de l'ouvrage ou de le rendre impropre à sa destination.
En parties communes, cela inclut par exemple le ravalement structurel, la réfection de toiture, le remplacement d'une colonne montante ou la reprise de fondations. En revanche, la peinture des cages d'escalier ou le remplacement de boîtes aux lettres relèvent de l'entretien courant et n'entrent pas dans le champ de l'obligation.
En parties privatives, un copropriétaire qui fait abattre un mur porteur ou modifier un réseau d'évacuation encastré réalise des travaux à risque décennal. Il doit souscrire sa propre police.
Le critère déterminant n'est pas le montant des travaux, mais leur nature technique et leur incidence potentielle sur la solidité ou la destination de l'ouvrage.
Identifier si des travaux en copropriété relèvent de l'obligation dommages-ouvrage suppose une analyse technique et juridique adaptée.
Échanger avec un avocat en immobilier
La déclaration dommage ouvrage copropriété suit une procédure encadrée par l'article L242-1 du code des assurances. Le syndic, mandataire du syndicat, adresse la déclaration à l'assureur dès la constatation du désordre.
| Étape | Délai | Référence |
|---|---|---|
| Déclaration du sinistre par le syndic | Dès constatation du désordre | Article L242-1 du code des assurances |
| Réponse de l'assureur sur le principe de garantie | 60 jours à compter de la réception de la déclaration | Article L242-1 du code des assurances |
| Offre d'indemnité (si garantie acceptée) | 90 jours à compter de la réception de la déclaration | Article L242-1 du code des assurances |
En cas de non-respect de ces délais ou d'offre manifestement insuffisante, le syndicat peut, après en avoir informé l'assureur, engager les dépenses de réparation. L'indemnité due par l'assureur porte alors intérêt au double du taux de l'intérêt légal.
Pour le syndic professionnel, la rigueur dans la déclaration dommage ouvrage copropriété conditionne la rapidité de l'indemnisation. La déclaration doit décrire précisément les désordres constatés, leur localisation et leur date d'apparition.
Sans assurance dommage ouvrage copropriété, le syndicat perd le bénéfice du préfinancement rapide. Il doit alors engager une action en responsabilité contre les constructeurs et leurs assureurs décennaux pour obtenir réparation. Cette voie implique des délais contentieux et un aléa judiciaire.
Concrètement, le syndicat devra préfinancer lui-même les réparations, en appelant des fonds auprès des copropriétaires, avant d'espérer un remboursement à l'issue de la procédure.
Par ailleurs, le défaut de souscription peut engager la responsabilité du syndic envers le syndicat au titre de son mandat. L'article 18 de la loi du 10 juillet 1965 charge le syndic d'assurer la conservation de l'immeuble et d'exécuter les décisions de l'assemblée générale. Omettre la souscription d'une assurance obligatoire constitue un manquement à cette mission.
Anticiper le risque d'un défaut de dommages-ouvrage suppose de sécuriser chaque étape, de la décision en assemblée générale à la souscription effective.
Trouver un avocat en immobilier
Non. Le syndic agit comme mandataire du syndicat des copropriétaires. La souscription de la dommages-ouvrage s'inscrit dans l'exécution d'une décision d'assemblée générale autorisant les travaux. Sans ce vote, le syndic n'a pas mandat pour engager cette dépense.
Les travaux d'entretien courant et de simple embellissement ne relèvent pas de l'obligation. Seuls les travaux présentant un risque de nature décennale — susceptibles de compromettre la solidité de l'ouvrage ou de le rendre impropre à sa destination — imposent la souscription.
L'article L242-1 du code des assurances prévoit qu'en cas de non-respect du délai de 60 jours, le syndicat peut, après en avoir informé l'assureur, engager les dépenses de réparation. L'indemnité due porte alors intérêt au double du taux de l'intérêt légal.
Oui, dès lors que les travaux présentent un risque de nature décennale. Le copropriétaire est alors maître d'ouvrage de son propre chantier et souscrit la police en son nom.
Oui. Le syndic est chargé d'exécuter les décisions de l'assemblée générale et d'assurer la conservation de l'immeuble. Omettre la souscription d'une assurance obligatoire constitue un manquement à son mandat, susceptible d'engager sa responsabilité envers le syndicat.
Article L242-1 du code des assurances - Légifrance
Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis - Légifrance
Responsabilité décennale : modèle d'attestation d'assurance - Service Public Entreprendre
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d'avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l'Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d'accéder rapidement via la plateforme à des avocats d'affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu'il s'agisse d'un dossier, d'une consultation ou d'un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d'avocats pour répondre rapidement à leur demande.
Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL
Besoin d'un juriste freelance, d'un conseil ou d'aide sur un litige ?





