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Que signifie se mettre à son compte et quelles sont les options juridiques ?
Auto-entrepreneur, EI, EURL ou SASU : quel statut pour quel projet ?
Étapes administratives pour se mettre à son compte
Régime fiscal et social selon le statut choisi
Protéger son patrimoine personnel quand on travaille à son compte
Conditions de cumul avec un emploi salarié ou des allocations
Erreurs juridiques fréquentes en début d'activité indépendante
Quand faire appel à un avocat pour sécuriser son installation ?
Se mettre à son compte désigne le passage d'un statut de salarié ou de demandeur d'emploi vers celui de travailleur indépendant. Concrètement, cela revient à exercer une activité économique en son nom propre ou via une société dont on est le dirigeant unique.
Le droit français propose 4 cadres juridiques principaux pour cette transition. Le premier est la micro-entreprise, régime simplifié de l'entreprise individuelle. Le deuxième est l'entreprise individuelle (EI) au régime réel. Le troisième est l'EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée), société commerciale à associé unique. Le quatrième est la SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle), qui confère au dirigeant le statut d'assimilé salarié.
Chaque option produit des effets distincts sur 3 plans : la fiscalité applicable aux bénéfices, le régime de protection sociale du dirigeant et le degré de séparation entre patrimoine personnel et patrimoine professionnel. Un choix inadapté à la nature de l'activité, au niveau de revenus prévisible ou à la situation personnelle du créateur génère des surcoûts fiscaux ou des failles de protection difficiles à corriger une fois l'activité lancée.
Le choix du statut dépend de 3 variables : le chiffre d'affaires prévisionnel, le besoin de protection patrimoniale et le régime social souhaité.
| Critère | Micro-entreprise | EI (régime réel) | EURL | SASU |
|---|---|---|---|---|
| Plafond de CA | 77 700 € (services) / 188 700 € (vente) | Aucun | Aucun | Aucun |
| Responsabilité | Patrimoine personnel protégé (loi 2022) | Patrimoine personnel protégé (loi 2022) | Limitée aux apports | Limitée aux apports |
| Régime social | TNS (travailleur non salarié) | TNS | TNS | Assimilé salarié |
| Imposition par défaut | IR (versement libératoire possible) | IR | IR (option IS possible) | IS |
| Coût de création | 0 € | 0 € | 200 à 300 € (greffe + annonce légale) | 200 à 300 € (greffe + annonce légale) |
La micro-entreprise convient aux activités de conseil ou de prestation dont le CA reste sous les seuils. Ses charges sociales, calculées sur le CA (22 % pour les services), simplifient la gestion mais ne permettent pas de déduire les charges réelles.
L'EURL permet d'opter pour l'impôt sur les sociétés (IS) dès que le bénéfice net dépasse environ 30 000 € par an. Le taux réduit d'IS à 15 % s'applique sur les 42 500 premiers euros de bénéfice, ce qui laisse la possibilité de moduler la rémunération et les dividendes.
La SASU offre une couverture sociale alignée sur le régime général (assurance maladie, retraite AGIRC-ARRCO), mais son coût social est plus élevé : environ 75 % de charges patronales et salariales sur la rémunération versée, contre 45 % de cotisations TNS en EURL.
Un statut juridique mal calibré peut coûter plusieurs milliers d'euros par an en surcharge fiscale ou en protection sociale insuffisante.
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La création d'une activité indépendante suit un parcours administratif en 5 étapes, dont l'ordre et le contenu varient selon la forme juridique retenue.
Le délai moyen d'immatriculation est de 3 à 7 jours ouvrés pour une micro-entreprise, et de 7 à 15 jours pour une SASU ou une EURL, hors délai de rédaction des statuts.
Le régime fiscal détermine la base et le taux d'imposition des bénéfices. Le régime social fixe le montant des cotisations et le niveau de couverture (maladie, retraite, prévoyance).
| Statut | Régime | Cotisations (ordre de grandeur) | Couverture retraite |
|---|---|---|---|
| Micro-entrepreneur | SSI (TNS) | 22 % du CA (services) | Trimestres validés sous conditions de CA minimum |
| EI / EURL (gérant) | SSI (TNS) | ~45 % du bénéfice net | Retraite de base + complémentaire |
| SASU (président) | Régime général | ~75 % de la rémunération brute | AGIRC-ARRCO + retraite de base |
Le président de SASU qui ne se verse aucune rémunération ne cotise pas et n'acquiert aucun droit à la retraite ni à l'assurance maladie. Ce point est souvent sous-estimé.
Le choix entre IR et IS, entre TNS et assimilé salarié, conditionne directement le revenu net disponible du dirigeant.
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Depuis la loi du 14 février 2022 en faveur de l'activité professionnelle indépendante, le patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel est automatiquement séparé de son patrimoine professionnel. Les créanciers professionnels ne peuvent saisir que les biens utiles à l'activité, sauf en cas de fraude ou de manquement grave aux obligations fiscales et sociales.
Cette protection s'applique de plein droit aux EI et aux micro-entrepreneurs. Elle ne nécessite plus de déclaration d'insaisissabilité notariée, contrairement au régime antérieur.
Pour les EURL et SASU, la responsabilité est limitée au montant des apports. Toutefois, cette protection tombe dans 3 cas :
Un salarié peut se mettre à son compte tout en conservant son contrat de travail. Le Code du travail ne l'interdit pas, sous réserve de 3 conditions :
France Travail (ex-Pôle emploi) permet le cumul partiel de l'ARE (allocation d'aide au retour à l'emploi) avec des revenus d'activité indépendante. Le montant de l'allocation est recalculé chaque mois en fonction des revenus déclarés. L'ARCE (aide à la reprise ou à la création d'entreprise) constitue une alternative : elle verse 60 % du reliquat des droits en 2 fois, à la création puis 6 mois après.
La structuration juridique de l'activité dès le départ conditionne l'éligibilité au cumul et le maintien des droits sociaux.
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Les erreurs les plus coûteuses à corriger après immatriculation concernent 5 points récurrents :
L'intervention d'un avocat n'est pas obligatoire pour créer une micro-entreprise ou une EI. Elle devient pertinente dans 4 situations précises :
Le coût d'un accompagnement juridique à la création varie entre 500 et 2 500 € HT selon la complexité du dossier. Ce montant est à comparer au coût de correction d'un statut inadapté, qui peut atteindre 5 000 à 10 000 € en frais de transformation de forme juridique, de modification statutaire et de régularisation fiscale.
La micro-entreprise ne génère aucun frais de création et les cotisations sociales sont proportionnelles au chiffre d'affaires (22 % pour les prestations de services). En l'absence de CA, aucune cotisation n'est due. Ce statut convient aux activités dont le CA annuel reste inférieur à 77 700 € (services) ou 188 700 € (vente).
Oui. Le cumul est autorisé sous réserve de l'absence de clause d'exclusivité applicable, du respect de l'obligation de loyauté envers l'employeur et du respect des durées maximales de travail. L'activité indépendante ne doit pas concurrencer l'employeur.
L'EURL place le gérant sous le régime TNS (cotisations d'environ 45 % du bénéfice net). La SASU confère au président le statut d'assimilé salarié (cotisations d'environ 75 % de la rémunération brute), avec une couverture retraite AGIRC-ARRCO. Le choix dépend du niveau de rémunération visé et du besoin de couverture sociale.
Depuis la loi du 14 février 2022, le patrimoine personnel du micro-entrepreneur est automatiquement séparé du patrimoine professionnel. Les créanciers professionnels ne peuvent saisir que les biens affectés à l'activité, sauf fraude ou manquement grave aux obligations fiscales et sociales.
Le coût d'un accompagnement juridique à la création d'une EURL ou d'une SASU se situe entre 500 et 2 500 € HT. Ce montant couvre la rédaction des statuts sur mesure, le choix du régime fiscal, les formalités d'immatriculation et les conseils sur la structuration de la rémunération du dirigeant.
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