
Jullian Hoareau

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1. Un président de SASU peut-il ne rien percevoir
2. Ce que prévoient le Code de commerce et les statuts
3. Protection sociale : ce que le mandat gratuit ne couvre pas
4. Retraite, santé, prévoyance : les droits réellement perdus
5. PUMa, ARE, activité salariée : les solutions de repli
6. Dividendes contre rémunération : l'arbitrage fiscal réel
7. Formaliser la gratuité du mandat sans risque de requalification
Beaucoup de dirigeants qui lancent seuls leur société renoncent à se verser un salaire les premiers mois. La SASU sans salaire est parfaitement légale, mais son coût ne se lit pas dans le compte de résultat : il se mesure en droits sociaux non acquis. Comprendre ce que le mandat gratuit couvre et comment le formaliser évite deux erreurs : croire qu'on est protégé, et découvrir trop tard qu'on ne l'est pas.
Oui. Aucune disposition n'impose de rémunérer le président : le mandat peut être exercé à titre gratuit, dès lors que les statuts ou une décision de l'associé unique le prévoient.
Un président de SASU sans salaire conserve l'intégralité de ses pouvoirs de direction, sa responsabilité de dirigeant et ses obligations comptables. Il perd en revanche la contrepartie sociale attachée à toute rémunération.
La SASU est dirigée par un président, jamais par un gérant. Parler de gérant de SASU sans salaire entretient la confusion avec d'autres formes sociales, dont le dirigeant obéit à des règles sociales différentes.
Le Code de commerce laisse la rémunération du président à la liberté contractuelle. Il ne fixe ni montant minimum, ni obligation de versement, ni périodicité. Ce sont donc les statuts, ou une décision écrite de l'associé unique, qui déterminent si le mandat est rémunéré et selon quelles modalités.
Or le silence des statuts est une source de litige. Lorsque rien n'est écrit, la rémunération n'est due que si les statuts ou une décision des associés la prévoient : le dirigeant ne peut pas réclamer d'arriéré, et ce silence reste source de litige. Deux formalisations coexistent : une clause statutaire de principe, et une décision annuelle de l'associé unique qui confirme le caractère gratuit du mandat pour l'exercice concerné.
Une SASU sans salaire se sécurise au moment de la rédaction des statuts, pas après le premier différend.
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Le président de SASU relève du régime général de la Sécurité sociale, qu'il soit rémunéré ou non : il est assimilé salarié. Le rattachement définit un régime, la cotisation ouvre les droits.
Tant qu'aucun salaire n'est versé, le dirigeant n'a aucune déclaration sociale nominative à effectuer et ne paie aucune cotisation. L'obligation déclarative mensuelle naît au premier versement. Les charges d'une SASU sans salaire au titre du mandat sont donc nulles. Sans cotisation, aucun droit n'est ouvert au titre du mandat.
L'absence de cotisation produit des effets différents selon le risque considéré.
| Risque | Situation du président non rémunéré | Canal de remplacement |
|---|---|---|
| Retraite de base et complémentaire | Aucun droit acquis au titre du mandat | Aucun, sauf autre activité cotisée |
| Indemnités journalières maladie | Aucun droit ouvert | Assurance privée souscrite à titre individuel |
| Frais de santé | Aucun droit au titre du mandat | Protection universelle maladie (PUMa) |
| Accidents du travail et maladies professionnelles | Aucune indemnisation possible | Assurance volontaire à souscrire |
| Assurance chômage | Aucune cotisation, rémunéré ou non | Droits antérieurs éventuels |
Les dirigeants assimilés salariés ne cotisent pas à l'assurance chômage, y compris lorsqu'ils sont rémunérés : l'absence de salaire ne change rien sur ce terrain. Non rémunérés et non redevables de cotisations, les présidents de SAS et de SASU ne peuvent prétendre à aucune indemnisation au titre des accidents du travail et des maladies professionnelles, sauf souscription d'une assurance volontaire.
La question de la mutuelle en SASU sans salaire se pose dès la première dépense de santé. Aucun droit n'étant ouvert au titre du mandat, la couverture complémentaire relève d'un contrat souscrit à titre personnel, dont le coût pèse sur le dirigeant et non sur la société.
Le choix entre mandat gratuit et rémunération engage la protection du dirigeant sur plusieurs années.
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La couverture santé reste accessible. Toute personne qui travaille ou réside en France de manière stable et régulière a droit à la prise en charge de ses frais de santé au titre de la Protection universelle maladie. Pour les personnes sans activité, l'ouverture des droits suppose une résidence d'au moins 3 mois, puis une résidence d'au moins 6 mois par an.
Le dirigeant qui exerce en parallèle une activité salariée acquiert ses droits par cet emploi, ce qui rend la gratuité du mandat économiquement rationnelle. Le dirigeant qui disposait de droits à l'allocation d'aide au retour à l'emploi avant la création peut, sous conditions fixées par l'organisme d'assurance chômage, poursuivre leur versement : ces conditions doivent être vérifiées auprès de lui, aucune règle générale ne s'y substituant. Le dirigeant sans autre ressource cumule absence de revenu et absence de droits.
Une SASU sans revenu distribuable ne pose pas la question : rien n'est distribuable. Dès que la société dégage un bénéfice, l'arbitrage devient concret et il n'est pas seulement fiscal.
| Critère | Rémunération du président | Dividendes |
|---|---|---|
| Moment du versement | Libre, en cours d'exercice | Après approbation des comptes |
| Effet comptable | Charge déductible du résultat | Prélèvement sur le bénéfice distribuable |
| Droits sociaux ouverts | Oui, via les cotisations versées | Aucun |
| Obligation déclarative | Déclaration sociale nominative mensuelle | Aucune déclaration sociale |
| Sécurité du flux | Indépendante du résultat | Conditionnée au résultat |
Le raisonnement purement fiscal conduit souvent à privilégier les dividendes, dont le traitement paraît plus favorable au premier regard. Les taux applicables évoluant, ils doivent être vérifiés pour l'année d'imposition concernée avant toute décision. Ce raisonnement ignore toutefois deux coûts : l'absence de droits sociaux acquis, et la dépendance du versement au résultat. Un dirigeant qui ne se rémunère jamais finance sa retraite et sa prévoyance sur son patrimoine personnel.
Rémunération, dividendes et gratuité du mandat se décident ensemble, pas successivement.
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La gratuité doit être écrite, datée et cohérente avec les faits. Trois points de vigilance ressortent des situations rencontrées.
Un dirigeant qui déclare un mandat gratuit tout en percevant des sommes régulières s'expose à une requalification, avec régularisation des cotisations correspondantes.
Non. Il relève du régime général de la Sécurité sociale en tant qu'assimilé salarié, mais l'absence de rémunération signifie l'absence de cotisation. Aucun droit n'est donc ouvert au titre du mandat.
Non. Tant qu'aucun salaire n'est versé, aucune déclaration sociale nominative n'est due et aucune cotisation n'est payée. L'obligation déclarative mensuelle naît au premier versement de rémunération.
Par la Protection universelle maladie. Toute personne qui travaille ou réside en France de manière stable et régulière a droit à la prise en charge de ses frais de santé. Pour les personnes sans activité, la condition est une résidence d'au moins 3 mois à l'ouverture des droits, puis d'au moins 6 mois par an.
Non. Les dirigeants assimilés salariés ne cotisent pas à l'assurance chômage, qu'ils soient rémunérés ou non. Se verser un salaire n'ouvre donc aucun droit à ce titre.
C'est la solution la plus sûre. Une clause statutaire, complétée par une décision de l'associé unique pour l'exercice concerné, évite qu'une rémunération soit réclamée ultérieurement et sécurise le traitement social de la période non rémunérée.
Rémunération du dirigeant de SASU : simulateur - Urssaf
Dirigeant assimilé salarié - Urssaf mon-entreprise
La protection universelle maladie - Assurance Maladie
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Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL





