
CSE : règlement intérieur obligatoire ou facultatif ?
Clauses obligatoires dans tout règlement CSE
Clauses interdites : ce que la loi exclut
CSE de moins de 50 salariés : cas particulier
Modèle de règlement intérieur CSE gratuit
Comment faire adopter le règlement CSE ?
Erreurs fréquentes à éviter absolument
Le règlement intérieur du CSE ne se confond pas avec le règlement intérieur de l'entreprise. Le premier organise le fonctionnement interne de l'instance représentative. Le second, prévu aux articles L. 1311-1 et suivants du Code du travail, fixe les règles de discipline et d'hygiène applicables aux salariés. Cette distinction est la première source de confusion pour les directions des ressources humaines.
L'article L. 2315-24 du Code du travail dispose que le CSE « détermine, dans un règlement intérieur, les modalités de son fonctionnement et celles de ses rapports avec les salariés de l'entreprise ». Cette formulation s'applique aux comités mis en place dans les entreprises d'au moins 50 salariés. Le texte emploie l'indicatif présent — « détermine » — ce que la Cour de cassation interprète comme une obligation, non comme une simple faculté.
En pratique, l'absence de règlement intérieur CSE dans une entreprise de 50 salariés ou plus ne rend pas les délibérations du comité nulles. Toutefois, elle prive l'instance d'un cadre de référence opposable à ses propres membres. En cas de litige sur la régularité d'une convocation ou la gestion du budget des activités sociales et culturelles (ASC), le juge constatera l'absence de règle interne et appréciera la situation au regard des seules dispositions légales supplétives — souvent moins protectrices pour le comité.
Le seuil de 50 salariés s'apprécie selon les règles de décompte des effectifs prévues à l'article L. 1111-2 du Code du travail. Les salariés en CDI à temps plein comptent pour 1. Les salariés en CDD, les intérimaires et les salariés à temps partiel sont pris en compte au prorata de leur temps de présence sur les 12 derniers mois. Les apprentis et les titulaires de contrats de professionnalisation sont exclus du décompte.
| Critère | En dessous de 50 salariés | À partir de 50 salariés |
|---|---|---|
| Règlement intérieur CSE | Facultatif | Obligatoire (art. L. 2315-24) |
| Personnalité morale du CSE | Non | Oui |
| Budget de fonctionnement | Non prévu par la loi | 0,20 % de la masse salariale brute (minimum) |
| Budget ASC | Non prévu par la loi | Fixé par accord ou usage |
Lorsque l'entreprise franchit le seuil de 50 salariés, le CSE acquiert la personnalité morale et dispose de budgets propres. Le règlement intérieur devient alors l'outil qui encadre la gestion de ces budgets, la tenue des réunions et les relations avec l'employeur.
Le cadre juridique du CSE repose sur des règles précises dont la maîtrise conditionne la sécurité des relations collectives dans l'entreprise.
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Le Code du travail ne fournit pas de liste exhaustive des clauses à insérer. L'article L. 2315-24 mentionne les « modalités de fonctionnement » et les « rapports avec les salariés ». La jurisprudence et la doctrine ont progressivement précisé le contenu attendu.
Le règlement doit fixer les conditions dans lesquelles les membres titulaires et suppléants sont convoqués. Il précise le délai de transmission de l'ordre du jour — la loi impose un minimum de 3 jours ouvrés avant la réunion (article L. 2315-30). Le règlement peut allonger ce délai, par exemple à 5 jours ouvrés, pour permettre aux élus de préparer les sujets.
Il détermine également les règles de remplacement d'un titulaire absent par un suppléant, en renvoyant aux dispositions de l'article L. 2314-37 ou en les complétant. La possibilité de recourir à la visioconférence, encadrée par l'article L. 2315-4, peut aussi y figurer : le texte légal limite à 3 réunions par an en visioconférence sauf accord contraire.
Le procès-verbal (PV) de chaque réunion doit être établi par le secrétaire du CSE. Le règlement intérieur fixe le délai dans lequel le PV est rédigé, transmis aux membres et soumis à approbation. La loi prévoit un délai de 15 jours suivant la réunion (article D. 2315-26), sauf circonstances particulières (consultation sur un licenciement économique : 3 jours).
Le règlement peut prévoir le recours à un prestataire externe pour la rédaction du PV, ainsi que les modalités de prise en charge financière — imputable sur le budget de fonctionnement du CSE.
Le règlement intérieur précise les règles de gestion du budget de fonctionnement (0,20 % de la masse salariale brute dans les entreprises de 50 à 1 999 salariés, 0,22 % à partir de 2 000 salariés) et du budget des ASC. Il détaille :
Dans les entreprises d'au moins 300 salariés, le CSE doit constituer une commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT). Le règlement intérieur du CSE fixe les modalités de désignation des membres de cette commission, sa composition, la fréquence de ses réunions et ses attributions déléguées.
D'autres commissions facultatives peuvent être créées : commission formation, commission d'information et d'aide au logement, commission égalité professionnelle. Le règlement en précise le périmètre.
| Clause | Contenu attendu | Base légale |
|---|---|---|
| Convocations | Délai, mode de transmission, ordre du jour | Art. L. 2315-29 et L. 2315-30 |
| Procès-verbaux | Délai de rédaction, approbation, diffusion | Art. D. 2315-26 |
| Budget de fonctionnement | Règles de dépense, signature, comptabilité | Art. L. 2315-61 |
| Budget ASC | Critères d'attribution, gestion, contrôle | Art. L. 2312-78 et suivants |
| CSSCT | Composition, attributions, fréquence | Art. L. 2315-36 et suivants |
| Archivage | Durée de conservation des PV et documents | Bonne pratique (pas de texte spécifique) |
Le règlement intérieur du CSE ne peut pas tout prévoir. Certaines clauses sont illicites parce qu'elles empiètent sur des prérogatives légales, restreignent des droits d'ordre public ou créent des obligations à l'égard de personnes extérieures au comité.
Le règlement ne peut pas limiter le droit de recours à un expert prévu par la loi. Par exemple, une clause qui subordonnerait la désignation d'un expert-comptable pour l'examen des comptes annuels (article L. 2315-88) à un vote à la majorité des deux tiers serait illicite : la loi prévoit un vote à la majorité des membres présents.
De même, une clause interdisant aux membres du CSE de communiquer certaines informations aux salariés — en dehors des informations expressément couvertes par l'obligation de discrétion (article L. 2315-3) — porterait atteinte à la liberté de communication des élus.
Le règlement intérieur du CSE ne s'impose qu'aux membres du comité. Il ne peut pas créer d'obligations à la charge des salariés non élus. Une clause qui conditionnerait l'accès aux ASC à la fourniture de documents non prévus par la loi (par exemple, un justificatif de domicile pour l'accès à la cantine) pourrait être contestée si elle excède ce qui est nécessaire à la vérification des droits.
Certaines dispositions du Code du travail sont d'ordre public : elles ne peuvent être ni supprimées ni modifiées, même par accord unanime des membres du CSE. Parmi elles :
Une clause du règlement qui réduirait le nombre de réunions en dessous du minimum légal ou qui priverait l'employeur de sa voix lors des votes sur la gestion du comité serait nulle.
Identifier les clauses licites et celles qui exposent le CSE à un contentieux nécessite une analyse juridique adaptée à chaque entreprise.
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Dans les entreprises de 11 à 49 salariés, le CSE dispose d'attributions réduites. Il n'a pas la personnalité morale, ne gère pas de budget propre et ses membres exercent les missions autrefois dévolues aux délégués du personnel.
L'absence d'obligation légale ne signifie pas absence d'utilité. Un règlement intérieur simplifié permet de fixer par écrit :
Ce document, même court, réduit les risques de contestation sur la régularité des échanges entre le CSE et la direction. Il constitue aussi une preuve de bonne foi en cas d'inspection du travail.
| Rubrique | Contenu suggéré |
|---|---|
| Objet | Définir le périmètre du règlement (fonctionnement interne du CSE) |
| Réunions | Fréquence, lieu, délai de transmission des questions |
| Compte rendu | Modalités de rédaction et de diffusion |
| Remplacement | Règles de suppléance en cas d'absence d'un titulaire |
| Révision | Conditions de modification du règlement (vote majoritaire) |
Le modèle ci-dessous constitue une base de travail. Il doit être adapté à la taille de l'entreprise, au nombre de membres du CSE, à l'existence ou non de commissions et aux éventuels accords collectifs en vigueur.
Article 1 — Objet
Le présent règlement intérieur fixe les modalités de fonctionnement du CSE de [nom de l'entreprise], conformément à l'article L. 2315-24 du Code du travail.
Article 2 — Composition du bureau
Le CSE désigne parmi ses membres titulaires un secrétaire et un trésorier. Un secrétaire adjoint et un trésorier adjoint peuvent être désignés. La désignation intervient par vote à la majorité des membres titulaires présents lors de la première réunion suivant les élections professionnelles.
Article 3 — Réunions ordinaires et extraordinaires
Le CSE se réunit [nombre] fois par an en séance ordinaire, sur convocation du président. L'ordre du jour est établi conjointement par le président et le secrétaire, puis transmis aux membres au moins [nombre] jours ouvrés avant la réunion. Des réunions extraordinaires peuvent être convoquées à la demande de la majorité des membres titulaires ou à l'initiative du président.
Article 4 — Procès-verbaux
Le secrétaire rédige le procès-verbal de chaque réunion dans un délai de [nombre] jours suivant la séance. Le PV est transmis aux membres pour observations, puis soumis à approbation lors de la réunion suivante. Une fois approuvé, il est diffusé aux salariés par [voie d'affichage / intranet].
Article 5 — Budget de fonctionnement
Le budget de fonctionnement est fixé à [0,20 % / 0,22 %] de la masse salariale brute. Toute dépense supérieure à [montant] € fait l'objet d'un vote en réunion plénière. Le trésorier tient un registre des dépenses et recettes, consultable par tout membre du CSE.
Article 6 — Budget des activités sociales et culturelles
Le budget ASC est fixé à [pourcentage ou montant]. Les critères d'attribution des prestations sont définis par délibération du CSE. Aucune discrimination fondée sur l'appartenance syndicale n'est admise.
Article 7 — Commissions
[Le cas échéant] Le CSE met en place les commissions suivantes : [CSSCT, commission formation, etc.]. Chaque commission est composée de [nombre] membres désignés par le CSE parmi ses membres titulaires et suppléants. Les attributions déléguées à chaque commission sont précisées en annexe.
Article 8 — Obligation de discrétion
Les membres du CSE sont tenus à une obligation de discrétion à l'égard des informations revêtant un caractère confidentiel et présentées comme telles par l'employeur, conformément à l'article L. 2315-3 du Code du travail.
Article 9 — Révision et abrogation
Le présent règlement peut être modifié ou abrogé par un vote à la majorité des membres titulaires présents, sur proposition inscrite à l'ordre du jour.
La rédaction d'un règlement intérieur CSE adapté à votre structure suppose de croiser les dispositions légales avec vos accords d'entreprise.
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L'adoption du règlement intérieur du CSE obéit à des règles de forme précises. Un défaut de procédure peut rendre le document inopposable.
Le projet de règlement doit figurer à l'ordre du jour d'une réunion plénière du CSE. L'ordre du jour est fixé conjointement par le président (l'employeur ou son représentant) et le secrétaire du CSE (article L. 2315-29). En pratique, le secrétaire prépare un projet de texte, le soumet au président pour inscription, puis le diffuse aux membres avec la convocation.
Le président ne peut pas refuser l'inscription de ce point à l'ordre du jour : le règlement intérieur relève des modalités de fonctionnement du CSE, matière sur laquelle le comité est souverain.
Le règlement est adopté par un vote à la majorité des membres titulaires présents. Les suppléants ne votent que s'ils remplacent un titulaire absent. Le président du CSE ne participe pas au vote : le règlement intérieur est un acte unilatéral du comité, non une décision conjointe avec l'employeur.
Cette règle a été confirmée par la Cour de cassation (Cass. soc., 21 mars 2018, n° 16-27.825) : l'employeur, en sa qualité de président, ne dispose pas d'une voix délibérative sur les questions relatives au fonctionnement interne du comité.
Le règlement entre en vigueur dès son adoption, sauf disposition contraire prévue dans le texte lui-même (par exemple, une date d'entrée en vigueur différée). Il est annexé au procès-verbal de la réunion au cours de laquelle il a été voté.
Aucune formalité de dépôt n'est imposée par la loi. Toutefois, le règlement doit être accessible à l'ensemble des membres du CSE. Sa diffusion aux salariés est recommandée, notamment pour les clauses relatives aux ASC.
Le règlement doit prévoir ses propres conditions de modification. En l'absence de clause spécifique, la révision suit les mêmes règles que l'adoption : inscription à l'ordre du jour et vote à la majorité des titulaires présents.
La rédaction et l'adoption du règlement intérieur CSE donnent lieu à des erreurs récurrentes. Certaines sont sans conséquence immédiate ; d'autres exposent le comité ou l'entreprise à un contentieux.
Le règlement intérieur de l'entreprise (articles L. 1311-1 et suivants) traite de la discipline, de l'hygiène, de la sécurité et des droits de la défense des salariés. Il est rédigé par l'employeur, soumis à l'avis du CSE, puis déposé au greffe du conseil de prud'hommes et transmis à l'inspection du travail. Le règlement intérieur du CSE, lui, est rédigé et adopté par le comité seul. Les deux documents n'ont ni le même auteur, ni le même objet, ni le même régime juridique.
Certains CSE copient dans leur règlement des dispositions issues d'un accord d'entreprise ou de branche (par exemple, un crédit d'heures supplémentaire ou des modalités de consultation dérogatoires). Or, le règlement intérieur du CSE ne peut pas créer de droits ou d'obligations qui relèvent de la négociation collective. Si l'accord est dénoncé ou arrive à échéance, la clause du règlement perd sa base juridique sans que le CSE en soit nécessairement informé.
Un règlement sans clause de révision reste modifiable — la loi ne l'interdit pas. Mais l'absence de procédure prédéfinie complique toute modification ultérieure et peut générer des désaccords entre élus sur les conditions de vote requises.
Comme indiqué précédemment, le président ne vote pas sur le règlement intérieur du CSE. Si son vote a été comptabilisé et qu'il a été déterminant dans l'adoption du texte, un élu ou un syndicat peut demander l'annulation de la délibération devant le tribunal judiciaire.
Un modèle standard ne tient pas compte des spécificités de chaque structure : nombre de sites, existence d'un CSE central et de CSE d'établissement, accords collectifs en vigueur, pratiques antérieures. Un règlement non adapté crée des zones de flou que les parties exploitent en cas de conflit.
Un règlement intérieur CSE mal rédigé ou obsolète peut fragiliser l'ensemble du dialogue social dans l'entreprise.
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Non. Contrairement au règlement intérieur de l'entreprise, le règlement intérieur du CSE n'est soumis à aucune formalité de dépôt ou de transmission à l'administration. Il suffit qu'il soit adopté en réunion plénière et annexé au procès-verbal.
L'employeur, en tant que président du CSE, participe aux débats mais ne vote pas sur le règlement intérieur. Il ne dispose pas d'un droit de veto. En revanche, s'il estime qu'une clause est illicite (par exemple, parce qu'elle restreint ses prérogatives de président), il peut saisir le tribunal judiciaire pour en demander l'annulation.
Oui. Le règlement s'applique à tous les membres du CSE, titulaires comme suppléants, ainsi qu'aux représentants syndicaux au CSE. Il ne peut en revanche pas imposer d'obligations aux salariés non membres du comité.
Le règlement intérieur du CSE ne fixe pas le montant du budget de fonctionnement : celui-ci résulte de la loi (0,20 % ou 0,22 % de la masse salariale brute selon l'effectif). Un montant supérieur peut être prévu par accord d'entreprise ou décision unilatérale de l'employeur, mais pas par le seul règlement du CSE.
Dans une entreprise de 50 salariés ou plus, l'absence de règlement ne rend pas les délibérations du CSE nulles. Toutefois, en cas de litige, le juge appliquera les seules dispositions légales supplétives, qui ne couvrent pas toutes les situations pratiques (gestion des dépenses, modalités de remplacement, archivage). L'absence de règlement fragilise la position du CSE dans tout contentieux relatif à son fonctionnement.
Sous-section 1 : Règlement intérieur (Article L2315-24) - Légifrance
Code du CSE – Recueil des règles et pratiques – 2025-2026
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