
Jullian Hoareau

Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.
1. Les parts sociales survivent à l'ouverture de la liquidation
2. Qui exerce les droits d'associé pendant la procédure
3. Rôle du liquidateur dans la cession des parts
4. Agrément des associés et clauses statutaires applicables
5. Valorisation des parts et déclaration de créance
6. Effets pour la société dont les parts sont détenues
7. Réflexes du dirigeant face à un associé liquidé
L'ouverture d'une liquidation judiciaire chez un associé personne morale ne fait pas disparaître les titres qu'il détient. Les parts sociales détenues par une société en liquidation restent dans son patrimoine et deviennent un actif à réaliser. Tant que la vente n'est pas conclue, la société liquidée reste associée chez vous.
Le jugement d'ouverture produit deux effets immédiats :
En revanche, il ne modifie ni le capital de votre société, ni la répartition des droits de vote. La question est donc de savoir qui gouverne ces parts pendant la procédure et à qui elles seront transférées.
Le jugement de liquidation emporte le dessaisissement du dirigeant de la société liquidée : il perd le pouvoir d'administrer et de disposer des biens de sa société, au profit du liquidateur.
| Droit attaché aux parts | Exercé par | Conséquence pratique |
|---|---|---|
| Vote en assemblée générale | Le liquidateur | Il vote au nom de la société liquidée, dans une logique de préservation de l'actif |
| Perception des dividendes | Le liquidateur | Les sommes alimentent les fonds de la procédure |
| Information et communication des comptes | Le liquidateur | L'ancien dirigeant n'est plus l'interlocuteur légitime |
| Décision de céder les parts | Le liquidateur, sous contrôle du juge-commissaire | Aucune vente n'est possible sans autorisation |
Par conséquent, les convocations aux assemblées doivent être adressées au liquidateur, non au dirigeant de la société liquidée : une décision votée sur convocation irrégulière s'expose à une contestation.
Une assemblée tenue pendant la liquidation d'un associé suppose de vérifier au préalable la régularité des convocations et des pouvoirs.
Comprendre le cadre des entreprises en difficulté
Le liquidateur transforme l'actif en argent pour désintéresser les créanciers. Les parts détenues dans votre société entrent dans cet inventaire et seront mises en vente, sauf valeur manifestement nulle.
Deux voies existent. La cession de gré à gré consiste à vendre à un acquéreur identifié, à un prix négocié. La vente aux enchères, ou adjudication, ouvre la cession à des offres concurrentes. Dans les deux cas, le juge-commissaire, magistrat qui contrôle la procédure, autorise la vente par une ordonnance qui en fixe les conditions : prix minimum, publicité, délai de dépôt des offres.
Le liquidateur sollicite en priorité les acquéreurs les plus probables, les autres associés, puis des tiers.
La procédure collective ne neutralise pas les statuts de votre société : le liquidateur vend des parts qui restent soumises aux règles de circulation propres à la forme sociale.
Dans une SARL, la cession de parts à une personne étrangère à la société suppose l'accord de la majorité des associés représentant plus de la moitié des parts sociales, sauf clause statutaire plus exigeante. Dans une SAS, les statuts organisent librement l'agrément, la préemption ou l'inaliénabilité. L'autorisation du juge-commissaire ne dispense pas le liquidateur de mettre en œuvre cette procédure d'agrément.
Trois vérifications s'imposent avant toute réunion :
Un refus d'agrément mal exécuté peut valoir acceptation tacite de la cession.
Les clauses d'agrément et de préemption produisent leurs effets dans un calendrier contraint par la procédure collective.
Consulter la page dédiée aux entreprises en difficulté
Il n'existe pas de valeur officielle des parts d'une société non cotée. Le liquidateur s'appuie sur les comptes annuels, la trésorerie et, si l'enjeu le justifie, sur un expert, en combinant actif net comptable, rentabilité future et comparaison avec des cessions similaires. Une participation minoritaire subit une décote, faute de contrôle et de liquidité.
En parallèle, votre société doit examiner sa propre position de créancier.
| Situation de votre société | Démarche | Repère de délai |
|---|---|---|
| Facture impayée par l'associé liquidé | Déclaration de créance au liquidateur | 2 mois à compter de la publication du jugement au BODACC |
| Dividende voté non versé | Aucun versement, la somme est gelée | Instructions du liquidateur |
| Compte courant dû à l'associé liquidé | Remboursement entre les mains du liquidateur | Sur demande écrite du liquidateur |
| Désaccord sur la valeur des parts | Demande d'expertise | Avant la vente |
Le délai de déclaration est porté à 4 mois pour les créanciers domiciliés hors de France métropolitaine. Une déclaration tardive prive la créance de toute chance de paiement.
La liquidation d'un associé n'entraîne pas la dissolution de votre société, sauf forme sociale particulière : dans une société en nom collectif, la liquidation judiciaire d'un associé provoque la dissolution, à moins que les statuts prévoient la continuation.
Le premier risque est le blocage des décisions : si l'associé liquidé détient une minorité de blocage, toute modification des statuts dépend du vote du liquidateur, dont l'objectif est financier. Le second est l'entrée d'un associé non choisi, par exemple un concurrent.
Enfin, la cession peut déclencher des clauses de changement de contrôle insérées dans vos contrats bancaires, vos baux ou vos contrats commerciaux. Relire ces documents avant la vente évite une mauvaise surprise.
Un changement d'associé subi se prépare en amont, en articulant statuts, pacte et contrats sensibles.
Voir les repères sur les entreprises en difficulté
Cinq actions structurent la réponse du dirigeant :
Ces réflexes se prennent dès la publication du jugement : le calendrier de la procédure ne s'adapte pas aux contraintes internes de votre société, et le dirigeant qui anticipe conserve la maîtrise du capital.
Non dans la majorité des cas. Une SARL ou une SAS poursuit son activité normalement. La règle diffère en société en nom collectif, où la liquidation d'un associé entraîne la dissolution, sauf clause de continuation dans les statuts.
Le liquidateur judiciaire. Le dirigeant de la société liquidée perd le pouvoir de disposer des biens de sa société, y compris des parts détenues. Les convocations doivent donc être envoyées au liquidateur.
Oui, et c'est fréquent. Le liquidateur sollicite souvent les associés en place en premier. L'offre doit être écrite et le juge-commissaire autorise la cession par ordonnance, après vérification du prix.
Oui. La procédure collective ne supprime pas les règles statutaires de circulation des parts. Le liquidateur doit mettre en œuvre la procédure d'agrément prévue, et l'autorisation du juge ne s'y substitue pas.
Le délai de référence est de 2 mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au BODACC, porté à 4 mois pour les créanciers domiciliés hors de France métropolitaine. Passé ce délai, le recouvrement devient très difficile.
Liquidation judiciaire d'une société - Service-Public Entreprendre
De la réalisation de l'actif, articles L642-1 à L642-24 - Code de commerce - Légifrance
Redressement et liquidation judiciaire - Ministère de l'Économie
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d'avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l'Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d'accéder rapidement via la plateforme à des avocats d'affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu'il s'agisse d'un dossier, d'une consultation ou d'un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d'avocats pour répondre rapidement à leur demande.
Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL
Besoin d'un juriste freelance, d'un conseil ou d'aide sur un litige ?





