
Jullian Hoareau

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1. Ce que la loi et la convention collective verrouillent
2. Rémunération : fixe, variable et primes négociables
3. Temps de travail et forfait jours : limites de la négociation
4. Télétravail et mobilité : contreparties à prévoir
5. Clause de non-concurrence : contrepartie financière obligatoire
6. Indemnités supra-légales : engager l'entreprise en connaissance de cause
7. Formaliser l'accord : avenant, promesse d'embauche, preuve
8. Erreurs de négociation qui rendent la clause inopposable
Négocier un contrat de travail suppose d'abord un tri : séparer ce que l'entreprise peut concéder de ce qu'un texte impose. Le contenu d'un contrat à durée indéterminée est libre, sauf mentions rendues obligatoires par la convention collective applicable. Cette convention fixe le plancher de la discussion : classification, minima de salaire, préavis. Un engagement pris en dessous de ce plancher reste sans effet, même signé par le salarié.
La forme suit la même logique. Un CDI à temps plein n'a pas obligatoirement à être établi par écrit, alors qu'un CDI à temps partiel doit l'être. Lorsqu'il est écrit, le contrat est rédigé en français. Si l'emploi ne peut être désigné que par un terme étranger sans équivalent français, le contrat comporte une explication en français de ce terme.
| Élément | Marge de l'employeur | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Salaire et primes | Ouverte au-dessus du minimum conventionnel | Minima de branche opposables |
| Forfait jours | Fermée sans accord collectif | Accord de branche ou d'entreprise requis |
| Télétravail | Ouverte | Accord collectif, charte ou accord individuel |
| Non-concurrence | Ouverte | Contrepartie financière obligatoire |
Trier les points ouverts avant l'entretien évite d'accorder une clause que l'entreprise ne pourra jamais faire appliquer.
Pour cadrer vos contrats en amont : avocat en contrat de travail
Le salaire fixe se discute librement dès lors qu'il respecte le minimum conventionnel du coefficient retenu. C'est le point le plus ouvert de la discussion, et souvent le seul que le candidat aborde.
La part variable mérite pourtant plus d'attention que le fixe. Une prime dont les critères de déclenchement ne sont pas écrits devient difficile à refuser lorsque le salarié en réclame le versement. Les objectifs doivent donc être définis, mesurables et communiqués. De plus, une prime versée de façon constante et générale peut se transformer en usage que l'entreprise ne peut plus supprimer unilatéralement. En revanche, une prime prévue comme exceptionnelle et rédigée comme telle reste maîtrisée.
Le temps de travail se négocie moins qu'il n'y paraît. Un candidat cadre demande fréquemment un forfait jours, c'est-à-dire un décompte de son temps de travail en journées plutôt qu'en heures. Or ce dispositif ne se crée pas dans le contrat : il suppose un accord collectif qui l'autorise et qui en fixe le cadre. À défaut, le forfait est privé d'effet et l'entreprise s'expose à un rappel d'heures supplémentaires.
L'employeur garde en revanche la main sur l'organisation quotidienne : horaires collectifs, plages de présence, répartition des jours. Ces éléments relèvent de son pouvoir de direction et n'ont pas à devenir des engagements contractuels.
Un forfait jours mal adossé à un accord collectif fragilise l'ensemble du décompte du temps de travail.
Faire vérifier vos clauses de durée du travail : avocat en contrat de travail
Le télétravail est mis en place par accord collectif ou, à défaut, par une charte élaborée par l'employeur après avis du CSE. En l'absence d'accord ou de charte, l'employeur et le salarié peuvent convenir de recourir au télétravail par tout moyen. Lorsque l'entreprise refuse une demande, elle doit motiver sa décision : le refus n'a pas à être justifié par une faute, mais il doit reposer sur une raison exprimée.
Le principe cardinal reste l'égalité de traitement : le télétravailleur a les mêmes droits que le salarié qui exécute son travail dans les locaux de l'entreprise (article L. 1222-9 du code du travail). Ainsi, accès à la formation, entretiens et évolution salariale ne peuvent pas être réduits au motif de la distance. Côté mobilité, mieux vaut décrire la zone géographique de rattachement plutôt que de figer une adresse, qui deviendrait un élément contractuel.
La clause de non-concurrence n'est valable que si quatre conditions sont réunies simultanément. Une seule défaillance suffit à la rendre inopposable, et l'entreprise perd alors toute protection sur sa clientèle.
| Condition | Exigence | Conséquence si absente |
|---|---|---|
| Écrit | Clause au contrat ou prévue par la convention collective | Aucune obligation opposable |
| Intérêt légitime | Protéger les intérêts de l'employeur, par exemple un contact direct avec la clientèle | Clause écartée |
| Liberté de travailler | Ne pas empêcher le salarié de retrouver un emploi ailleurs | Clause écartée |
| Contrepartie financière | Somme versée après la rupture du contrat | Clause sans effet |
Deux points sont régulièrement mal anticipés. D'une part, la contrepartie est due dès lors que la clause est applicable, y compris en cas de démission ou de licenciement pour faute grave. D'autre part, une contrepartie dérisoire équivaut à une absence de contrepartie : la clause tombe. Le montant dépend de la convention collective applicable, qu'il faut donc lire avant de rédiger.
Une clause de non-concurrence inopposable laisse l'entreprise sans protection après le départ du salarié.
Sécuriser la rédaction de vos clauses : avocat en contrat de travail
Certains candidats demandent une indemnité de rupture supérieure au minimum légal ou conventionnel, parfois appelée golden parachute. Rien ne l'interdit, car le contrat peut améliorer la situation du salarié. Cependant, l'engagement devient exigible le jour où l'entreprise décide de se séparer de l'intéressé, y compris dans un contexte de difficultés économiques.
L'arbitrage est donc financier autant que juridique. Une indemnité contractuelle renchérit chaque scénario de sortie et se cumule avec les indemnités légales lorsque la rédaction ne l'exclut pas. Par conséquent, la clause doit préciser les cas de rupture concernés et articuler expressément l'indemnité contractuelle avec les indemnités dues par ailleurs.
Un accord oral pris en entretien engage l'entreprise dès lors que le salarié peut en rapporter la preuve, par un courriel de confirmation par exemple. La formalisation n'est donc pas une formalité administrative : elle délimite ce qui a été promis.
Pour renégocier un contrat de travail déjà signé, l'instrument est l'avenant, signé des deux parties. Une modification d'un élément contractuel, comme la rémunération ou la durée du travail, ne peut pas être imposée unilatéralement. Avant l'embauche, un écrit qui identifie le poste, la rémunération et la date d'entrée en fonction engage l'entreprise selon sa qualification : l'entreprise doit donc mesurer ce qu'elle écrit dans un document présenté comme préparatoire.
Un avenant imprécis crée davantage de contentieux que l'absence d'avenant.
Faire relire vos avenants avant signature : avocat en contrat de travail
Ces erreurs partagent une cause unique : accorder une souplesse commerciale sans vérifier le support juridique qui la rend applicable.
Oui, mais uniquement par accord des deux parties, formalisé dans un avenant. L'employeur ne peut pas imposer unilatéralement la modification d'un élément contractuel comme la rémunération. À l'inverse, il n'est pas tenu d'accepter une demande du salarié.
Cela dépend de la rédaction initiale. Si le contrat mentionne une adresse précise comme élément contractuel, un avenant est nécessaire. S'il prévoit une zone géographique de rattachement, un déplacement à l'intérieur de cette zone relève de l'organisation.
Oui. Dès lors que la clause est applicable, la contrepartie financière est due, y compris en cas de démission ou de licenciement pour faute grave. Elle se verse après la rupture du contrat, jamais pendant son exécution.
Oui, mais il doit motiver sa décision. En l'absence d'accord collectif ou de charte, employeur et salarié peuvent convenir du télétravail par tout moyen. Le refus doit donc s'appuyer sur une raison exprimée, liée au poste ou à l'organisation.
Le minimum conventionnel attaché au coefficient envisagé, l'équilibre avec les rémunérations des postes comparables, et la rédaction du variable. Une promesse orale confirmée par écrit engage l'entreprise sur le montant annoncé.
Télétravail : mode d'emploi - Ministère du Travail et des Solidarités
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