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Définition et cadre juridique de la micro-entreprise
Plafonds de chiffre d'affaires applicables en 2026
Régime fiscal : abattements, IR et versement libératoire
Régime micro-social et calcul des cotisations URSSAF
Étapes de création et formalités INPI
Dépassement des seuils : conséquences et bascule de régime
Limites du statut et quand passer en société
La micro-entreprise n'est pas une forme juridique autonome. C'est un régime fiscal et social simplifié, adossé au statut d'entreprise individuelle (EI). Concrètement, tout entrepreneur individuel dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas certains seuils peut en bénéficier. Ce régime a été unifié en 2016 avec l'ancien statut d'auto-entrepreneur : les deux appellations désignent aujourd'hui la même réalité juridique.
Le cadre est défini par les articles 50-0 et 102 ter du Code général des impôts pour le volet fiscal, et par l'article L. 613-7 du Code de la sécurité sociale pour le volet social. Trois catégories d'activités sont éligibles : les activités commerciales (achat-revente, fourniture de logement), les activités artisanales et les professions libérales relevant de la CIPAV ou du régime général.
Depuis la loi du 14 février 2022 en faveur de l'activité professionnelle indépendante, le patrimoine personnel de l'entrepreneur individuel est automatiquement séparé de son patrimoine professionnel. Cette protection, autrefois réservée aux sociétés, s'applique désormais à toute micro-entreprise sans formalité supplémentaire.
En revanche, certaines activités restent exclues du régime : les activités agricoles rattachées à la MSA, les professions juridiques réglementées (avocats, notaires), les activités relevant de la TVA immobilière et les professions artistiques affiliées à la Maison des artistes sous certaines conditions.
| Critère | Micro-entreprise | Entreprise individuelle classique |
|---|---|---|
| Forme juridique | Entreprise individuelle | Entreprise individuelle |
| Comptabilité | Livre de recettes uniquement | Comptabilité complète obligatoire |
| TVA | Franchise en base (sous seuils) | Collecte et déclaration obligatoires |
| Imposition | Abattement forfaitaire ou versement libératoire | Régime réel (BIC ou BNC) |
| Cotisations sociales | Pourcentage du CA encaissé | Calculées sur le bénéfice réel |
Le maintien dans le régime de la micro-entreprise dépend du respect de plafonds de chiffre d'affaires annuels. Pour 2026, les seuils en vigueur — inchangés depuis leur dernière revalorisation au 1er janvier 2023 — sont les suivants :
Ces montants s'entendent hors taxes, puisque la plupart des micro-entrepreneurs bénéficient de la franchise en base de TVA. Attention toutefois : les seuils de franchise de TVA sont distincts des seuils du régime micro. Depuis la réforme prévue par la loi de finances 2025 (dont l'entrée en vigueur a été reportée), le seuil de franchise de TVA devait être abaissé à 25 000 € pour les prestations de services. Ce report maintient temporairement les anciens seuils de franchise (36 800 € pour les services, 91 900 € pour la vente), mais la situation reste à surveiller pour le second semestre 2026.
En cas d'activité mixte (vente et prestations), le CA global ne doit pas dépasser 188 700 €, dont 77 700 € maximum pour la part services.
Choisir le bon statut dès le départ évite de subir une bascule de régime non anticipée.
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Le régime fiscal de la micro-entreprise repose sur un mécanisme d'abattement forfaitaire appliqué au chiffre d'affaires déclaré. L'administration fiscale déduit automatiquement un pourcentage censé couvrir l'ensemble des charges professionnelles. Le solde est intégré au revenu imposable du foyer fiscal et soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu.
Les taux d'abattement varient selon la nature de l'activité :
| Type d'activité | Abattement forfaitaire | Base imposable (pour 100 € de CA) |
|---|---|---|
| Vente de marchandises (BIC) | 71 % | 29 € |
| Prestations de services (BIC) | 50 % | 50 € |
| Professions libérales (BNC) | 34 % | 66 € |
L'abattement minimum est fixé à 305 €. Si les charges réelles dépassent ces pourcentages forfaitaires, le régime micro devient fiscalement désavantageux : l'entrepreneur paie alors de l'impôt sur un bénéfice fictif supérieur à son bénéfice réel.
Le versement libératoire constitue une option alternative. Il permet de payer l'impôt sur le revenu en même temps que les cotisations sociales, chaque mois ou trimestre, sur la base d'un pourcentage fixe du CA :
Cette option n'est accessible qu'aux foyers dont le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année (N-2) ne dépasse pas un seuil par part de quotient familial, fixé à 27 478 € pour les revenus 2023 (déclaration 2025). Le versement libératoire est avantageux lorsque le taux marginal d'imposition du foyer dépasse le taux forfaitaire appliqué. À l'inverse, un foyer non imposable y perd, puisqu'il paie un impôt qu'il n'aurait pas dû.
Le régime micro-social simplifie le calcul des cotisations : elles sont proportionnelles au chiffre d'affaires encaissé. Aucun CA déclaré signifie aucune cotisation due. Ce principe protège les entrepreneurs en phase de démarrage ou d'activité irrégulière.
Les taux de cotisations URSSAF applicables en 2025 (base pour 2026, sauf revalorisation) sont :
À ces taux s'ajoute la contribution à la formation professionnelle (CFP), comprise entre 0,1 % et 0,3 % du CA selon l'activité.
Les cotisations couvrent l'assurance maladie-maternité, les indemnités journalières, la retraite de base et complémentaire, l'invalidité-décès et les allocations familiales. En revanche, le micro-entrepreneur ne cotise pas à l'assurance chômage. Il n'a pas droit aux allocations Pôle emploi (France Travail) sauf s'il conserve des droits antérieurs issus d'une activité salariée.
La déclaration et le paiement s'effectuent en ligne sur autoentrepreneur.urssaf.fr, mensuellement ou trimestriellement selon l'option choisie lors de la création. Le retard ou l'absence de déclaration entraîne des pénalités forfaitaires.
Anticiper l'évolution de vos cotisations et de votre fiscalité permet de choisir la structure la plus adaptée à votre activité.
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Créer une micro-entreprise se fait intégralement en ligne depuis le guichet unique géré par l'INPI (Institut national de la propriété industrielle), accessible sur le portail formalites.entreprises.gouv.fr. La procédure prend entre 10 et 15 minutes. L'immatriculation est gratuite pour les activités libérales et commerciales. Les artisans doivent s'acquitter du stage de préparation à l'installation uniquement s'ils le souhaitent (il n'est plus obligatoire depuis la loi PACTE de 2019).
Les étapes concrètes :
Aucun capital social n'est requis. Aucun statut juridique n'est à rédiger. La micro-entreprise ne nécessite pas de publication d'annonce légale. Ces simplifications expliquent pourquoi, selon l'INSEE, plus de 60 % des créations d'entreprises en France en 2023 relevaient du régime micro-entrepreneur (soit environ 700 000 immatriculations sur l'année).
Après l'immatriculation, le micro-entrepreneur doit ouvrir un compte bancaire dédié à son activité professionnelle si son CA dépasse 10 000 € pendant 2 années consécutives. Il doit également tenir un livre des recettes chronologique et, pour les activités de vente, un registre des achats.
Le dépassement des plafonds de chiffre d'affaires n'entraîne pas de sortie immédiate du régime. La règle repose sur un mécanisme de tolérance sur 2 ans. Le micro-entrepreneur ne perd le bénéfice du régime que si son CA dépasse les seuils pendant 2 années civiles consécutives.
Concrètement :
Cette bascule implique plusieurs changements simultanés :
La perte de la franchise de TVA obéit à des seuils spécifiques, plus bas que les seuils du régime micro. Pour les prestations de services, la TVA devient exigible dès que le CA dépasse 36 800 € (seuil de base) ou 39 100 € (seuil majoré) en cours d'année. Le dépassement du seuil majoré entraîne l'assujettissement immédiat, dès le 1er jour du mois de dépassement.
Lorsque votre chiffre d'affaires approche des seuils, une analyse juridique permet d'anticiper la transition vers le régime le plus adapté.
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Le régime de la micro-entreprise atteint ses limites dans plusieurs situations identifiables. Le premier signal est fiscal : lorsque les charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire, l'entrepreneur paie de l'impôt sur un bénéfice qu'il n'a pas réalisé. Un consultant en prestations de services dont les charges représentent 55 % de son CA est perdant avec un abattement plafonné à 50 %.
Le deuxième signal est social. Les cotisations calculées sur le CA — et non sur le bénéfice — pèsent proportionnellement plus lourd quand les charges augmentent. Un micro-entrepreneur qui réalise 70 000 € de CA avec 40 000 € de charges paie des cotisations sur 70 000 €, alors qu'en société, les cotisations porteraient sur la rémunération effectivement versée.
Le troisième signal concerne la responsabilité et la crédibilité. Malgré la séparation des patrimoines instaurée en 2022, la micro-entreprise ne permet pas d'accueillir un associé, d'émettre des titres ou de lever des fonds. Certains donneurs d'ordre — notamment les grands groupes — exigent de contracter avec une société (SASU, EURL, SAS) plutôt qu'avec un entrepreneur individuel.
Critères de décision pour envisager le passage en société :
La SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) permet au dirigeant d'être assimilé salarié et de bénéficier du régime général de sécurité sociale. L'EURL (entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) offre le choix entre l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, avec des cotisations TNS généralement moins élevées. Le choix entre ces deux formes dépend du niveau de rémunération visé, de la stratégie patrimoniale et du besoin de protection sociale.
Non. La micro-entreprise est un régime fiscal et social simplifié appliqué à l'entreprise individuelle. Ce n'est pas une forme juridique en soi. Tout entrepreneur individuel dont le CA reste sous les plafonds peut en bénéficier automatiquement.
Oui, le cumul est autorisé sans restriction de principe. Le salarié doit toutefois respecter ses obligations contractuelles, notamment les clauses de non-concurrence et d'exclusivité. Les revenus de la micro-entreprise s'ajoutent au salaire pour le calcul de l'impôt sur le revenu.
Le régime micro est maintenu. La bascule vers le régime réel ne s'applique que si le dépassement se reproduit l'année suivante. En revanche, le dépassement des seuils de franchise de TVA peut entraîner un assujettissement immédiat en cours d'année.
Tant que le CA reste sous les seuils de franchise de TVA (36 800 € pour les services, 91 900 € pour la vente), le micro-entrepreneur en est exempté. Il doit alors mentionner sur ses factures : « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Au-delà de ces seuils, la collecte de TVA devient obligatoire.
Le passage en société se justifie lorsque les charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire, que le CA approche régulièrement des plafonds, ou que l'activité nécessite d'accueillir un associé ou de lever des fonds. Une analyse comparative entre le régime micro et une structure type SASU ou EURL permet de quantifier l'écart fiscal et social.
Quels sont les seuils de chiffre d'affaires de la micro-entreprise - Service-Public.fr
Régime fiscal de la micro-entreprise - Service-Public.fr
2026 : modification des seuils de chiffre d'affaires ou de recettes - URSSAF
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