Micro-entreprise : ce que dit la loi sur le statut, les seuils et la fiscalité

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13 Mar 2026
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7
min
Points clés de l'article
  1. Le régime micro-entrepreneur a été créé par la loi de modernisation de l'économie du 4 août 2008, codifié dans le Code général des impôts et le Code de commerce.
  2. La micro-entreprise n'est pas une forme juridique distincte : c'est un régime fiscal et social simplifié applicable à l'entreprise individuelle.
  3. Les seuils de chiffre d'affaires conditionnent l'éligibilité : 188 700 € pour les activités de vente, 77 700 € pour les prestations de services (seuils 2024).
  4. Le dépassement de ces seuils entraîne une bascule automatique vers le régime réel d'imposition et la perte de la franchise en base de TVA.
  5. Le régime social simplifié repose sur un prélèvement proportionnel au chiffre d'affaires, sans cotisation minimale en l'absence de recettes.

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Sommaire

Loi du 4 août 2008 : l'origine légale du régime micro-entrepreneur

Définition juridique : micro-entreprise, auto-entrepreneur, entreprise individuelle

Seuils de chiffre d'affaires fixés par la loi

Régime fiscal micro-BIC et micro-BNC : les règles applicables

Franchise en base de TVA : seuils et obligations déclaratives

Régime social simplifié : cotisations et protection sociale

Dépassement des seuils : conséquences juridiques et bascule du régime

FAQ

Pour aller plus loin

Loi du 4 août 2008 : l'origine légale du régime micro-entrepreneur

Le régime micro-entrepreneur trouve son fondement dans la loi n° 2008-776 du 4 août 2008, dite loi de modernisation de l'économie (LME). Ce texte a introduit un dispositif simplifié permettant à toute personne physique d'exercer une activité commerciale, artisanale ou libérale sous un régime fiscal et social allégé. L'objectif affiché par le législateur était de réduire les freins administratifs à la création d'entreprise.

Avant 2008, les créateurs d'entreprise individuelle devaient composer avec des obligations déclaratives lourdes et un régime de cotisations sociales peu lisible. La loi micro-entreprise a instauré trois mécanismes simultanés : un régime fiscal forfaitaire (micro-BIC ou micro-BNC), un prélèvement social proportionnel au chiffre d'affaires, et une option pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu.

Depuis 2008, plusieurs textes ont modifié les paramètres du régime. La loi Pinel du 18 juin 2014 a fusionné les statuts d'auto-entrepreneur et de micro-entrepreneur sous une appellation unique. La loi de finances pour 2018 a doublé les seuils de chiffre d'affaires. Les articles 50-0 et 102 ter du Code général des impôts fixent aujourd'hui les règles fiscales applicables, tandis que le Code de la sécurité sociale encadre le volet social.

Définition juridique : micro-entreprise, auto-entrepreneur, entreprise individuelle

La confusion entre ces 3 termes est fréquente. En droit français, la micro-entreprise n'est pas une forme juridique autonome. C'est un régime fiscal et social simplifié qui s'applique à une entreprise individuelle (EI) lorsque son chiffre d'affaires reste sous certains seuils.

Le terme « auto-entrepreneur », créé en 2008, désignait initialement ce même régime. Depuis le 1er janvier 2016, l'appellation officielle est « micro-entrepreneur ». Les deux termes renvoient à une réalité juridique identique.

NotionNature juridiqueCadre légal
Entreprise individuelle (EI)Forme juridiqueCode de commerce, art. L. 526-22 et suivants
Micro-entrepriseRégime fiscal simplifiéCGI, art. 50-0 (BIC) et 102 ter (BNC)
Auto-entrepreneurAncienne appellation du micro-entrepreneurLoi LME 2008, abrogée par la loi Pinel 2014

En pratique, un micro-entrepreneur est un entrepreneur individuel qui bénéficie d'un régime dérogatoire. Il n'a pas de personnalité morale distincte. Son patrimoine professionnel est toutefois séparé de son patrimoine personnel depuis la loi du 14 février 2022 relative à l'activité professionnelle indépendante.

Lorsqu'un projet dépasse le cadre de l'entreprise individuelle, le choix de la structure juridique conditionne la fiscalité, la responsabilité et la gouvernance.
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Seuils de chiffre d'affaires fixés par la loi

L'éligibilité au régime micro-entrepreneur dépend du chiffre d'affaires annuel hors taxes. Les seuils, révisés tous les 3 ans, sont fixés par l'article 50-0 du CGI pour les activités relevant des BIC et par l'article 102 ter pour les BNC.

Seuils applicables en 2024 :

Type d'activitéSeuil de CA annuel HT
Vente de marchandises, objets, fournitures, denrées188 700 €
Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC)77 700 €
Activités libérales relevant des BNC77 700 €
Activités mixtes (vente + services)188 700 € global, dont 77 700 € max pour les services

Ces seuils s'apprécient sur l'année civile, prorata temporis en cas de création en cours d'année. Le dépassement pendant 2 années consécutives entraîne la sortie du régime au 1er janvier de l'année suivante.

Régime fiscal micro-BIC et micro-BNC : les règles applicables

Le régime fiscal de la micro-entreprise repose sur un abattement forfaitaire pour frais professionnels, appliqué directement sur le chiffre d'affaires déclaré. L'administration fiscale calcule le bénéfice imposable après déduction de cet abattement.

  • Micro-BIC vente : abattement de 71 % (bénéfice imposable = 29 % du CA)
  • Micro-BIC services : abattement de 50 % (bénéfice imposable = 50 % du CA)
  • Micro-BNC : abattement de 34 % (bénéfice imposable = 66 % du CA)

L'abattement minimum est fixé à 305 €. Aucune déduction de charges réelles n'est possible sous ce régime. Un micro-entrepreneur dont les charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire a intérêt à opter pour le régime réel.

Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu constitue une option supplémentaire, accessible sous condition de revenu fiscal de référence (inférieur à 27 478 € par part en 2024 pour les revenus 2022). Les taux sont de 1 % pour la vente, 1,7 % pour les services BIC et 2,2 % pour les BNC.

Le choix entre régime micro et régime réel dépend du niveau de charges, du volume de CA et de la trajectoire de croissance de l'activité.
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Franchise en base de TVA : seuils et obligations déclaratives

Le micro-entrepreneur bénéficie de plein droit de la franchise en base de TVA, prévue à l'article 293 B du CGI. Ce mécanisme dispense de facturer la TVA à ses clients et de la reverser à l'État. En contrepartie, le micro-entrepreneur ne peut pas récupérer la TVA sur ses achats.

Seuils de franchise en base de TVA (2024) :

  • Vente de marchandises : 91 900 € (seuil de base) / 101 000 € (seuil majoré)
  • Prestations de services : 36 800 € (seuil de base) / 39 100 € (seuil majoré)

Le dépassement du seuil majoré entraîne l'assujettissement à la TVA dès le 1er jour du mois de dépassement. Le dépassement du seuil de base pendant 2 années consécutives entraîne la perte de la franchise au 1er janvier de la 3e année.

Chaque facture émise sous franchise doit porter la mention : « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». L'omission de cette mention expose à un redressement fiscal.

Régime social simplifié : cotisations et protection sociale

Le volet social du régime micro-entrepreneur est géré par l'URSSAF. Les cotisations sociales sont calculées sur le chiffre d'affaires encaissé, selon un taux forfaitaire qui inclut l'ensemble des contributions (maladie, retraite, invalidité-décès, CSG-CRDS).

Taux de cotisations sociales 2024 :

ActivitéTaux global
Vente de marchandises12,3 %
Prestations de services BIC21,2 %
Activités libérales BNC (CIPAV)21,2 %
Activités libérales BNC (SSI)21,1 %

En l'absence de chiffre d'affaires, aucune cotisation n'est due. Ce mécanisme protège le micro-entrepreneur en phase de démarrage, mais implique une couverture sociale proportionnelle aux revenus déclarés. Les droits à la retraite, en particulier, dépendent du montant de CA validé chaque trimestre.

La déclaration de chiffre d'affaires s'effectue mensuellement ou trimestriellement sur le site de l'URSSAF. Le défaut de déclaration dans les délais entraîne une pénalité forfaitaire.

La transition vers une société (SASU, EURL, SAS) modifie le régime social du dirigeant et peut optimiser la protection sociale selon le niveau de rémunération.
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Dépassement des seuils : conséquences juridiques et bascule du régime

Le dépassement des seuils de chiffre d'affaires produit des effets distincts selon qu'il concerne les seuils fiscaux ou les seuils de TVA.

Conséquences du dépassement des seuils fiscaux (188 700 € / 77 700 €) :

  1. Si le CA dépasse le seuil pendant une seule année : le régime micro est maintenu l'année suivante.
  2. Si le CA dépasse le seuil pendant 2 années consécutives : bascule vers le régime réel d'imposition au 1er janvier de la 3e année.
  3. La bascule implique la tenue d'une comptabilité complète (bilan, compte de résultat, liasse fiscale).

Conséquences du dépassement des seuils de TVA :

  • Dépassement du seuil majoré (101 000 € ou 39 100 €) : assujettissement immédiat à la TVA.
  • Dépassement du seuil de base (91 900 € ou 36 800 €) pendant 2 ans : assujettissement au 1er janvier de la 3e année.

La perte du régime micro n'entraîne pas la disparition de l'entreprise individuelle. L'entrepreneur continue son activité sous le régime réel, avec des obligations comptables et fiscales renforcées. Dans certains cas, la création d'une société (EURL, SASU) devient pertinente pour optimiser la fiscalité et structurer la responsabilité.

SituationConséquence fiscaleConséquence TVAConséquence sociale
CA < seuilsRégime micro maintenuFranchise TVA maintenueCotisations forfaitaires
CA > seuil fiscal 1 anRégime micro maintenuDépend du seuil TVACotisations forfaitaires
CA > seuil fiscal 2 ansBascule régime réelDépend du seuil TVABascule possible vers régime classique
CA > seuil majoré TVASelon durée dépassementAssujettissement immédiatInchangé

FAQ

Quelle loi a créé le statut de micro-entrepreneur ?

La loi n° 2008-776 du 4 août 2008 (loi de modernisation de l'économie) a créé le régime, initialement sous le nom d'auto-entrepreneur. La loi Pinel de 2014 a unifié les appellations sous le terme « micro-entrepreneur ».

Quelle différence entre micro-entreprise et auto-entrepreneur ?

Aucune différence juridique. Depuis le 1er janvier 2016, les deux termes désignent le même régime fiscal et social simplifié, applicable à l'entreprise individuelle. « Auto-entrepreneur » est l'ancienne appellation.

Quels sont les seuils de chiffre d'affaires pour rester en micro-entreprise en 2024 ?

Les seuils sont de 188 700 € HT pour les activités de vente de marchandises et de 77 700 € HT pour les prestations de services et activités libérales. Le dépassement pendant 2 années consécutives entraîne la sortie du régime.

Un micro-entrepreneur doit-il facturer la TVA ?

Non, tant que son chiffre d'affaires reste sous les seuils de franchise en base de TVA (91 900 € pour la vente, 36 800 € pour les services). Au-delà du seuil majoré (101 000 € ou 39 100 €), l'assujettissement est immédiat.

Que se passe-t-il en cas de dépassement des seuils de la micro-entreprise ?

Le dépassement des seuils fiscaux pendant 2 années consécutives entraîne la bascule vers le régime réel d'imposition. Le dépassement du seuil majoré de TVA provoque un assujettissement immédiat. L'entreprise individuelle subsiste, mais les obligations comptables et déclaratives sont renforcées.

Pour aller plus loin

LOI n° 2008-776 du 4 août 2008 de modernisation de l'économie - Légifrance

Régime des micro-entreprises (Article 50-0 du CGI) - Légifrance

Micro-entrepreneur et obligations déclaratives en matière de TVA - impots.gouv.fr

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