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Qu'est-ce qu'un jour de fractionnement dans le secteur privé ?
Conditions d'attribution des jours de fractionnement
Calcul des jours de fractionnement : règles et exemples concrets
Fractionnement et convention collective : ce qui peut changer
Renonciation du salarié aux jours de fractionnement
Obligations de l'employeur et risques contentieux
FAQ : questions fréquentes sur le fractionnement des congés payés
Chaque salarié du secteur privé dispose de 30 jours ouvrables de congés payés par an, soit 5 semaines. Parmi ces 5 semaines, 4 constituent le congé principal. Le Code du travail impose en principe que ce congé principal soit pris entre le 1er mai et le 31 octobre, période dite « période légale de prise des congés ».
En pratique, tous les salariés ne posent pas l'intégralité de ces 4 semaines durant l'été. Lorsqu'une partie du congé principal est reportée en dehors de cette fenêtre — par exemple en novembre ou en février —, le salarié « fractionne » son congé. Ce fractionnement ouvre droit à des jours de congés supplémentaires, appelés jours de fractionnement.
Le mécanisme est prévu par l'article L. 3141-23 du Code du travail. Son objectif est de compenser le fait que le salarié ne bénéficie pas d'un repos continu pendant la saison estivale. Concrètement, ces jours viennent s'ajouter au solde de congés payés, sans réduire les autres droits à repos.
L'attribution des jours de fractionnement repose sur 2 conditions cumulatives.
Première condition : un congé principal d'au moins 15 jours ouvrables. Le salarié doit avoir acquis suffisamment de droits pour disposer d'un congé principal de 24 jours ouvrables (4 semaines). Seul ce bloc de 24 jours est concerné par le fractionnement. La 5e semaine de congés payés n'entre pas dans le calcul.
Deuxième condition : une prise de congés hors période légale. Une fraction du congé principal doit être posée en dehors de la période du 1er mai au 31 octobre. Les jours pris avant le 1er mai ou après le 31 octobre déclenchent le droit aux jours supplémentaires.
Il faut distinguer 2 éléments dans le décompte :
Les jours de la 5e semaine, les RTT, les jours de repos conventionnels ou les congés d'ancienneté ne comptent pas dans ce calcul.
Le barème légal est fixé par l'article L. 3141-23 du Code du travail :
| Jours du congé principal pris hors période légale | Jours de fractionnement attribués |
|---|---|
| 1 à 2 jours ouvrables | 0 jour |
| 3 à 5 jours ouvrables | 1 jour ouvrable |
| 6 jours ouvrables ou plus | 2 jours ouvrables |
Le maximum est donc de 2 jours ouvrables supplémentaires par an.
Un salarié a acquis 24 jours ouvrables de congé principal. Il pose 18 jours entre juin et août, puis 6 jours en décembre. Les 6 jours pris en décembre sont situés hors de la période légale. Il bénéficie donc de 2 jours de fractionnement.
Un autre salarié pose 12 jours en juillet et 12 jours en octobre. La totalité de son congé principal est prise entre le 1er mai et le 31 octobre. Il n'a droit à aucun jour de fractionnement, car aucun jour n'est posé hors période légale.
Calculer les droits à congés supplémentaires suppose une lecture précise du calendrier de prise des congés et des règles applicables dans l'entreprise.
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L'article L. 3141-23 du Code du travail est supplétif sur plusieurs points. Cela signifie qu'un accord d'entreprise, un accord de branche ou une convention collective peut modifier les règles du fractionnement.
Les aménagements les plus fréquents portent sur 3 aspects :
| Source de la règle | Peut-elle modifier le fractionnement ? | Exemples d'aménagement |
|---|---|---|
| Code du travail (supplétif) | Oui, si aucun accord ne s'applique | Barème légal : 1 ou 2 jours |
| Accord d'entreprise | Oui | Suppression, augmentation, modification de la période |
| Convention collective de branche | Oui | Jours supplémentaires spécifiques |
| Décision unilatérale de l'employeur | Non, sauf en l'absence d'accord | Ne peut que respecter le minimum légal |
Avant d'appliquer le barème légal, le DRH doit donc vérifier si un accord collectif applicable dans l'entreprise prévoit des dispositions spécifiques.
Le salarié peut renoncer à ses jours de fractionnement. Cette possibilité est expressément prévue par le Code du travail. En pratique, elle intervient lorsque le salarié demande lui-même à poser des congés hors période légale et accepte de ne pas bénéficier des jours supplémentaires.
La renonciation doit respecter 3 critères pour être valable :
En l'absence de renonciation valide, l'employeur est tenu d'attribuer les jours supplémentaires. Le formulaire de demande de congés peut intégrer une case de renonciation, à condition qu'elle soit facultative et lisible.
La rédaction des clauses de renonciation et la conformité des formulaires de congés méritent une vérification juridique adaptée à chaque organisation.
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L'employeur a l'obligation de respecter les règles relatives au fractionnement des congés payés. En cas de manquement, le salarié peut saisir le conseil de prud'hommes pour obtenir un rappel de congés payés ou une indemnité compensatrice.
Les erreurs les plus fréquentes constatées en contentieux sont :
Le délai de prescription pour réclamer des jours de fractionnement non attribués est de 3 ans à compter du jour où le salarié a connu ou aurait dû connaître les faits (article L. 3245-1 du Code du travail). En cas de contentieux groupé — plusieurs salariés réclamant simultanément —, l'impact financier peut être significatif.
Pour limiter ces risques, le DRH doit s'assurer que le logiciel de gestion des congés intègre correctement le barème applicable (légal ou conventionnel), que les formulaires de renonciation sont conformes, et que le suivi des compteurs de congés distingue clairement le congé principal de la 5e semaine.
Oui. Le droit aux jours de fractionnement s'applique à tous les salariés, quel que soit leur temps de travail. Le calcul repose sur le nombre de jours ouvrables du congé principal pris hors période légale, selon les mêmes règles que pour un salarié à temps plein.
L'employeur peut fixer l'ordre des départs en congés et la période de prise des congés, dans le respect des règles légales et conventionnelles. Toutefois, il ne peut pas contraindre un salarié à renoncer à ses jours de fractionnement. Si le fractionnement résulte d'une décision de l'employeur (fermeture de l'entreprise en hiver, par exemple), les jours supplémentaires sont dus automatiquement.
En principe, non. Les jours de fractionnement suivent le régime des congés payés : ils doivent être pris au cours de la période de référence. Toutefois, un accord collectif peut prévoir des modalités de report. En l'absence d'accord, les jours non pris sont perdus à l'expiration de la période.
Le Code du travail raisonne en jours ouvrables (tous les jours de la semaine sauf le dimanche et les jours fériés, soit 6 jours par semaine). Si l'entreprise décompte les congés en jours ouvrés (5 jours par semaine), une conversion est nécessaire. Le barème légal (3 à 5 jours / 6 jours et plus) s'applique en jours ouvrables.
Non. Seul le congé principal de 24 jours ouvrables (4 semaines) est pris en compte pour déterminer le droit aux jours de fractionnement. La 5e semaine est exclue du mécanisme, quel que soit le moment où elle est posée.
Article L3141-23 du Code du travail (jours supplémentaires pour fractionnement) - Légifrance
Les congés payés (règles de fractionnement et de report) - Ministère du Travail
Congés payés du salarié dans le secteur privé (fractionnement) - Service-Public.fr
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