Heures travaillées dans le mois : calcul, durée légale et obligations employeur

Guides & Ressources pratiques
18 Feb 2026
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8
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Points clés de l'article
  1. La durée légale du travail en France est fixée à 35 heures par semaine, soit 151,67 heures par mois pour un temps plein.
  2. Ce chiffre de 151,67h résulte d'une formule fixe : 35h × 52 semaines ÷ 12 mois, indépendamment du nombre réel de jours dans le mois.
  3. Toute heure effectuée au-delà de 35h par semaine constitue une heure supplémentaire, majorée de 25 % puis 50 % selon les seuils.
  4. L'employeur est tenu par l'article L3171-2 du Code du travail de mettre en place un système de décompte fiable du temps de travail.
  5. Une erreur de calcul sur le bulletin de salaire expose l'entreprise à des redressements URSSAF, des rappels de salaires aux prud'hommes et des sanctions pénales.

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Sommaire

La durée légale du travail en France : 35 heures par semaine

Combien d'heures travaillées dans un mois pour un 35h ? (151,67h)

Méthode de calcul détaillée : 35h × 52 semaines ÷ 12 mois

Cas particuliers : 39h, temps partiel et forfait jours

Heures supplémentaires : seuils mensuels et décompte

Impact sur le bulletin de salaire et le taux horaire

Obligations de l'employeur : décompte et suivi des heures (article L3171-2)

Sanctions et risques en cas d'erreur de décompte

FAQ

Pour aller plus loin

La durée légale du travail en France : 35 heures par semaine

La durée légale du travail en France est fixée à 35 heures par semaine depuis les lois Aubry de 1998 et 2000. Ce seuil, inscrit à l'article L3121-27 du Code du travail, ne constitue pas un maximum absolu : il définit le point de déclenchement des heures supplémentaires. Un salarié peut travailler au-delà de 35 heures, à condition que les heures excédentaires soient rémunérées ou compensées selon les règles légales ou conventionnelles.

Cette durée s'applique à toutes les entreprises du secteur privé, quelle que soit leur taille ou leur secteur d'activité. Certaines conventions collectives prévoient toutefois une durée inférieure — 32 heures dans quelques branches — ou organisent le temps de travail sur des périodes supérieures à la semaine (annualisation, modulation). Dans tous les cas, la référence hebdomadaire de 35 heures reste le socle de calcul pour déterminer le nombre d'heures travaillées dans le mois.

Il faut distinguer cette durée légale de la durée maximale autorisée. Le Code du travail plafonne la durée quotidienne à 10 heures et la durée hebdomadaire à 48 heures (ou 44 heures en moyenne sur 12 semaines consécutives). Ces plafonds protègent la santé des salariés et encadrent les marges de flexibilité de l'employeur.

Combien d'heures travaillées dans un mois pour un 35h ? (151,67h)

Pour un salarié à temps plein sur une base de 35 heures hebdomadaires, le nombre mensuel de référence est de 151,67 heures. Ce chiffre est constant : il ne varie pas d'un mois à l'autre, que février compte 28 jours ou que mars en compte 31.

Cette mensualisation, prévue par l'article L3242-1 du Code du travail, garantit au salarié une rémunération identique chaque mois. Elle lisse les variations calendaires et simplifie la gestion de la paie. Concrètement, un salarié payé au SMIC (11,88 € brut de l'heure au 1er janvier 2025) perçoit un salaire mensuel brut de 1 801,80 € (11,88 × 151,67).

Ce volume de 151,67 heures travaillées dans le mois sert de base à plusieurs calculs : le taux horaire, le montant des heures supplémentaires, les retenues pour absence et les indemnités de rupture. Toute erreur sur cette référence se répercute en cascade sur l'ensemble du bulletin de salaire.

Méthode de calcul détaillée : 35h × 52 semaines ÷ 12 mois

La formule est simple et invariable :

35 heures × 52 semaines ÷ 12 mois = 151,67 heures

ÉlémentValeur
Durée hebdomadaire légale35 heures
Nombre de semaines par an52
Nombre de mois par an12
Heures mensuelles de référence151,67 heures

Le chiffre de 52 semaines correspond à l'année civile complète (365 jours ÷ 7 = 52,14 semaines, arrondi à 52 par convention). Le résultat exact est 151,666… heures, arrondi à 151,67 heures sur le bulletin de salaire.

Cette formule s'adapte à toute durée contractuelle. Pour une base de 39 heures hebdomadaires : 39 × 52 ÷ 12 = 169 heures mensuelles. Pour un temps partiel à 24 heures : 24 × 52 ÷ 12 = 104 heures mensuelles. Le mécanisme reste identique ; seule la durée hebdomadaire change.

Maîtriser le calcul des heures mensuelles est le socle de toute gestion de paie conforme. Un accompagnement juridique ciblé permet de sécuriser vos pratiques.
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Cas particuliers : 39h, temps partiel et forfait jours

Contrat à 39 heures

De nombreuses entreprises appliquent une durée collective de 39 heures par semaine. Le salarié effectue alors 169 heures par mois (39 × 52 ÷ 12). Les 4 heures hebdomadaires au-delà de 35 heures constituent des heures supplémentaires structurelles, majorées de 25 % (sauf taux conventionnel différent). Sur le bulletin de salaire, la rémunération se décompose ainsi :

ComposanteHeuresCalcul
Base 35h151,67 hTaux horaire × 151,67
Heures supplémentaires (36e à 39e)17,33 hTaux horaire × 1,25 × 17,33
Total mensuel169 h

Temps partiel

Un salarié à temps partiel voit sa base mensuelle calculée selon la même formule. Un contrat de 28 heures hebdomadaires donne : 28 × 52 ÷ 12 = 121,33 heures par mois. Les heures effectuées au-delà de la durée contractuelle (mais en dessous de 35h) sont des heures complémentaires, majorées de 10 % jusqu'à 1/10e de la durée contractuelle, puis de 25 % au-delà.

Forfait jours

Les cadres autonomes soumis à un forfait annuel en jours (218 jours maximum par an, sauf accord collectif différent) ne sont pas concernés par le décompte horaire mensuel. Leur rémunération n'est pas indexée sur un volume d'heures mais sur un nombre de jours travaillés. Ce régime suppose un accord collectif et une convention individuelle écrite.

Heures supplémentaires : seuils mensuels et décompte

Les heures supplémentaires se décomptent par semaine civile (du lundi 0h au dimanche 24h, sauf accord d'entreprise fixant un autre cadre). Toute heure effectuée au-delà de 35 heures dans la semaine déclenche une majoration.

Les taux de majoration légaux sont les suivants :

Tranche horaire hebdomadaireTaux de majoration légal
De la 36e à la 43e heure25 %
À partir de la 44e heure50 %

Un accord de branche ou d'entreprise peut fixer un taux différent, sans descendre en dessous de 10 %. Le contingent annuel d'heures supplémentaires est fixé à 220 heures par salarié (article D3121-24), sauf disposition conventionnelle contraire. Au-delà de ce contingent, chaque heure ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos.

Sur un plan mensuel, un salarié travaillant régulièrement 39 heures par semaine cumule environ 17,33 heures supplémentaires par mois. Ce volume doit apparaître distinctement sur le bulletin de salaire, avec le taux de majoration appliqué.

La gestion des heures supplémentaires est une source fréquente de litiges. Un audit juridique de vos pratiques de décompte peut prévenir des contentieux coûteux.
Faites vérifier vos pratiques par un avocat spécialisé

Impact sur le bulletin de salaire et le taux horaire

Le taux horaire du salarié se calcule en divisant le salaire mensuel brut par le nombre d'heures mensuelles de référence. Pour un salarié à 35 heures percevant 2 400 € brut : 2 400 ÷ 151,67 = 15,82 € de l'heure.

Ce taux horaire intervient dans plusieurs situations :

  • Calcul des heures supplémentaires : taux horaire × coefficient de majoration
  • Retenue pour absence : chaque heure non travaillée (hors congés payés) est déduite sur la base de ce taux
  • Indemnité de licenciement : le salaire de référence intègre les heures supplémentaires habituelles
  • Vérification du respect du SMIC : le taux horaire effectif ne peut être inférieur au SMIC horaire (11,88 € au 1er janvier 2025)

Une erreur sur la base mensuelle (par exemple utiliser 152 heures au lieu de 151,67) fausse le taux horaire et, par ricochet, l'ensemble des lignes du bulletin. Sur 12 mois, l'écart cumulé peut représenter plusieurs centaines d'euros par salarié.

Obligations de l'employeur : décompte et suivi des heures (article L3171-2)

L'article L3171-2 du Code du travail impose à l'employeur d'établir un décompte de la durée du travail de chaque salarié. Cette obligation concerne toutes les entreprises, sans seuil d'effectif.

Le décompte peut prendre plusieurs formes :

  • Enregistrement quotidien des heures de début et de fin de chaque période de travail (ou du nombre d'heures effectuées)
  • Récapitulatif hebdomadaire du nombre d'heures travaillées
  • Système automatisé (badgeuse, logiciel de gestion des temps) sous réserve de consultation préalable du CSE et de déclaration à la CNIL si des données personnelles sont traitées

L'employeur doit conserver ces documents pendant 5 ans (prescription applicable en matière de salaires). En cas de litige, la charge de la preuve est partagée : le salarié doit fournir des éléments suffisamment précis pour étayer sa demande, mais l'employeur doit justifier des horaires effectivement réalisés. En pratique, l'absence de système de décompte fiable se retourne systématiquement contre l'employeur devant le conseil de prud'hommes.

Sanctions et risques en cas d'erreur de décompte

Les conséquences d'un décompte défaillant des heures travaillées dans le mois se situent à 3 niveaux.

Contentieux prud'homal

Un salarié peut réclamer un rappel de salaire sur 3 ans (délai de prescription de l'article L3245-1). Si l'employeur ne peut produire de relevé d'heures fiable, le juge tend à retenir les éléments présentés par le salarié. Les condamnations incluent le rappel de salaire, les congés payés afférents (10 %) et les intérêts de retard.

Redressement URSSAF

Un sous-paiement d'heures supplémentaires entraîne un défaut de cotisations sociales. L'URSSAF peut redresser l'entreprise sur les 3 dernières années, avec application de majorations de retard (5 % pour défaut de production de documents, 20 % en cas d'abus de droit).

Sanctions pénales

Le non-respect des durées maximales de travail ou le défaut de décompte constitue une contravention de 4e classe (750 € par salarié concerné). En cas de travail dissimulé (dissimulation d'heures supplémentaires), les sanctions sont bien plus lourdes : jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende pour une personne physique, 225 000 € pour une personne morale.

La mise en conformité du suivi du temps de travail protège l'entreprise contre ces 3 types de risques. Un avocat en droit du travail peut auditer vos outils et process.
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FAQ

Comment calculer le nombre d'heures travaillées dans un mois ?

La formule est : durée hebdomadaire contractuelle × 52 semaines ÷ 12 mois. Pour un temps plein à 35 heures, le résultat est 151,67 heures par mois. Ce chiffre est constant, quel que soit le nombre de jours dans le mois.

Pourquoi 151,67 heures et pas 140 ou 160 ?

Le chiffre 151,67 résulte de la mensualisation légale : 35 × 52 ÷ 12. Il lisse les écarts entre les mois courts (février) et les mois longs (mars, janvier). Cette convention garantit une rémunération stable au salarié chaque mois.

Un salarié à 39 heures a-t-il 169 heures sur son bulletin ?

Oui. La base mensuelle est de 169 heures (39 × 52 ÷ 12). Le bulletin doit distinguer 151,67 heures au taux normal et 17,33 heures supplémentaires majorées de 25 % (sauf taux conventionnel différent).

L'employeur est-il obligé de mettre en place une badgeuse ?

Non. L'article L3171-2 impose un décompte du temps de travail, mais n'impose pas de moyen technique précis. Un relevé manuel quotidien ou hebdomadaire est admis. En revanche, l'absence totale de système de suivi expose l'employeur en cas de contentieux.

Quel est le délai de prescription pour un rappel d'heures supplémentaires ?

Le salarié dispose de 3 ans à compter du jour où il a connu ou aurait dû connaître les faits (article L3245-1 du Code du travail). Ce délai court à partir de la date d'exigibilité de chaque créance salariale.

Pour aller plus loin

Article L3121-27 - Durée légale du travail effectif (35h) - Légifrance

Durée du travail d'un salarié du secteur privé à temps plein - Service-Public.fr

Article L3121-28 - Heures supplémentaires au-delà de la durée légale - Légifrance

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