Factures, CGV et contrats : les documents commerciaux à sécuriser

Guides & Ressources pratiques
20/10/2026
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6 min de lecture
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Par

Jullian Hoareau

Points clés de l'article
  1. Les factures, CGV et contrats ont des rôles distincts : les CGV fixent le cadre général, le contrat l'adapte à un client, la facture constate l'opération.
  2. Entre professionnels, le délai de paiement convenu ne peut dépasser 60 jours après émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit.
  3. Les pénalités de retard et l'indemnité forfaitaire de 40 € doivent figurer dans les CGV et sur les factures.
  4. Une clause absente ou contradictoire entre ces documents fragilise toute réclamation en cas d'impayé.

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Sommaire

Factures, CGV, contrats : quel rôle pour chaque document ?

Mentions obligatoires d'une facture entre professionnels

CGV entre professionnels : contenu obligatoire et communication

Contrat commercial ou CGV : quand négocier un accord spécifique ?

Articuler les trois documents pour éviter les contradictions

Impayés et litiges : ce que les documents permettent de réclamer

FAQ

Pour aller plus loin

Factures, CGV, contrats : quel rôle pour chaque document ?

Les factures, CGV et contrats n'ont pas la même fonction : les CGV posent les règles générales de vente, le contrat les adapte à une relation précise, la facture constate une opération réalisée. Pour un dirigeant de PME, le risque vient moins d'un document isolé que de l'absence de cohérence entre eux.

Les conditions générales de vente (CGV) s'appliquent à tous les clients. Le contrat commercial est signé avec un client donné et peut modifier certaines conditions. La facture matérialise la vente et fixe la date d'exigibilité du paiement.

DocumentFonctionMoment d'utilisation
CGVCadre général applicable à tous les acheteursAvant la commande
Contrat commercialConditions négociées avec un clientAvant ou pendant la relation
FactureConstat de l'opération et demande de paiementAprès la livraison ou la prestation

Une même règle, comme le délai de paiement, peut donc figurer dans les 3 documents : elle doit y être identique.

Chaque document commercial porte une partie des conditions que l'entreprise pourra opposer à ses clients.
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Mentions obligatoires d'une facture entre professionnels

Une facture entre professionnels doit comporter des mentions obligatoires fixées par la réglementation, que le ministère de l'Économie détaille sur economie.gouv.fr.

  • Identification : date, numéro unique attribué selon une suite chronologique, identité et adresse des parties, numéros de TVA ;
  • Opération : numéro de bon de commande, détail des produits ou services, totaux HT et TTC, réductions accordées ;
  • Paiement : date ou délai de paiement, taux des pénalités de retard, mention de l'indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement.

Depuis le 1er septembre 2026, 4 mentions s'ajoutent : le numéro SIREN du client (son identifiant d'entreprise), l'adresse de livraison si elle diffère, la nature des opérations (biens, services ou les deux) et, le cas échéant, l'option pour la TVA sur les débits, qui rend la TVA exigible dès la facturation et non à l'encaissement. Un modèle de facture antérieur à cette date doit donc être mis à jour.

CGV entre professionnels : contenu obligatoire et communication

Entre professionnels, les CGV doivent être communiquées à tout acheteur qui en fait la demande, selon l'article L441-1 du code de commerce. Leur contenu obligatoire couvre 3 points :

  1. Les conditions de règlement : délais de paiement, pénalités de retard et indemnité de recouvrement ;
  2. Le barème des prix unitaires ;
  3. Les réductions de prix consenties.

Ce même article fait des CGV le socle unique de la négociation commerciale : la discussion avec un client part de ce document, et toute dérogation doit être identifiable.

Les manquements exposent à une amende administrative pouvant atteindre 15 000 € pour une personne physique et 75 000 € pour une personne morale.

La rédaction des CGV détermine les conditions de paiement que l'entreprise pourra ensuite réclamer.
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Contrat commercial ou CGV : quand négocier un accord spécifique ?

Un contrat commercial spécifique se justifie lorsque la relation s'écarte des conditions standard : délai de paiement différent, prix dérogatoire, prestation sur mesure ou garanties particulières. Sans écrit signé, la preuve de l'accord repose sur des courriels souvent incomplets.

Le délai de paiement illustre ce point. L'article L441-10 du code de commerce plafonne le délai convenu à 60 jours nets après émission de la facture. Le délai de 45 jours fin de mois suppose que le contrat le prévoie, sans abus manifeste envers le créancier, c'est-à-dire l'entreprise qui attend le paiement.

SituationDélai applicable
Aucun délai prévu30 jours après livraison ou exécution
Délai convenu (règle générale)60 jours maximum après émission de la facture
Délai convenu en fin de mois45 jours fin de mois, si le contrat le prévoit

Le non-respect de ces délais expose à une amende administrative pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique et 2 M€ pour une personne morale, par manquement (article L441-16).

Articuler les trois documents pour éviter les contradictions

Les factures, CGV et contrats doivent reprendre les mêmes conditions, ou désigner celui qui prime en cas de divergence. Les contradictions les plus fréquentes portent sur 3 points :

  • Délai de paiement : 30 jours dans les CGV, 60 jours sur la facture ;
  • Taux de pénalités : un taux mentionné sur la facture mais absent des CGV ;
  • Hiérarchie : un contrat qui ne précise pas s'il déroge aux CGV.

Une clause de hiérarchie classe les documents, par exemple le contrat, puis les CGV, puis la facture. Elle empêche un client d'invoquer une condition plus favorable figurant dans un autre document. Le contrat négocié permet aussi de régler par écrit le conflit avec les conditions générales d'achat du client.

L'articulation entre contrat, CGV et facture se vérifie à chaque nouvelle relation client ou modification des conditions.
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Impayés et litiges : ce que les documents permettent de réclamer

En cas d'impayé, l'entreprise peut réclamer des pénalités de retard et une indemnité forfaitaire, à condition que ses documents les prévoient de manière cohérente.

Les pénalités de retard sont exigibles sans rappel. Un taux stipulé doit être au moins égal à 3 fois le taux d'intérêt légal ; à défaut de stipulation, s'applique le taux de la Banque centrale européenne (BCE) majoré de 10 points.

L'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement s'élève à 40 € (montant applicable en 2026), selon l'article D441-5 du code de commerce.

Une facture conforme, adossée à des CGV communiquées et à un contrat cohérent, fonde la relance amiable puis l'action en recouvrement. À l'inverse, une contradiction entre documents donne au débiteur un argument pour contester le montant.

FAQ

Faut-il communiquer ses CGV à un client professionnel ?

Oui, le code de commerce impose de les communiquer à tout acheteur professionnel qui en fait la demande. Le manquement expose à une amende pouvant atteindre 75 000 € pour une personne morale.

L'indemnité de 40 € doit-elle figurer sur la facture ?

Oui, sa mention est obligatoire sur la facture comme dans les CGV. Son montant est de 40 € (montant applicable en 2026).

Quel taux de pénalités de retard appliquer ?

Le taux est celui prévu par les CGV ou le contrat, au minimum 3 fois le taux d'intérêt légal. Sans clause, le taux de la BCE majoré de 10 points s'applique.

Un délai de paiement de 90 jours est-il autorisé entre professionnels ?

Non, le délai convenu ne peut dépasser 60 jours après émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit. Un dépassement expose à une amende administrative.

Quel document prime entre le contrat et les CGV ?

Le document désigné par la clause de hiérarchie du contrat prime. Sans clause, la question peut devenir un point de litige avec le client.

Pour aller plus loin

Mentions obligatoires d'une facture : tout savoir - economie.gouv.fr

Conditions générales de vente entre professionnels : quelles mentions obligatoires ? - economie.gouv.fr

Délais de paiement : les règles à connaître - DGCCRF

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