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Cadre juridique de l'exécution des marchés publics
Obligations du titulaire pendant l'exécution
Facturation et paiement via Chorus Pro
Acomptes, avances et intérêts moratoires
Pénalités de retard et modifications du marché
Réclamations et règlement des litiges d'exécution
Points de vigilance pour sécuriser l'exécution
L'exécution des marchés publics est régie par le Code de la commande publique (CCP), entré en vigueur le 1er avril 2019, et par les cahiers des clauses administratives générales (CCAG). Le CCP fixe les règles relatives au paiement, aux modifications et à la résiliation. Le CCAG applicable — travaux, fournitures courantes, prestations intellectuelles, TIC ou techniques industrielles — détaille les modalités pratiques : délais d'exécution, réception, garanties et réclamations.
En pratique, le contrat se compose de pièces hiérarchisées. L'acte d'engagement, le CCAP (cahier des clauses administratives particulières) et le CCTP (cahier des clauses techniques particulières) priment sur le CCAG en cas de contradiction. Le titulaire doit donc lire chaque pièce contractuelle dans l'ordre de priorité défini par le marché. Ignorer cette hiérarchie expose à des erreurs d'interprétation coûteuses, notamment sur les délais ou les conditions de facturation.
Le juge administratif contrôle l'équilibre du contrat. Le Conseil d'État a rappelé, dans sa décision Béziers I (2009), que le contrat s'impose aux deux parties et que sa loyauté d'exécution conditionne la recevabilité des recours. Ce principe structure l'ensemble des relations entre l'acheteur public et le titulaire.
Le titulaire d'un marché public assume 3 catégories d'obligations : respecter les délais, exécuter les prestations conformément au CCTP et satisfaire aux exigences administratives du contrat.
Le délai d'exécution court à compter de la date fixée par l'ordre de service de démarrage. Tout retard non justifié déclenche l'application de pénalités de retard, calculées selon les formules prévues au CCAP ou, à défaut, au CCAG. Le titulaire peut demander une prolongation de délai en cas d'intempéries (pour les marchés de travaux), de force majeure ou de retard imputable à l'acheteur, à condition de formaliser sa demande par écrit dans les délais contractuels.
La sous-traitance doit être déclarée et acceptée par l'acheteur public avant le début d'exécution du sous-traitant (article L. 2193-2 du CCP). Le sous-traitant bénéficie du paiement direct dès lors que le montant de sa prestation dépasse 600 € TTC. Un sous-traitant non déclaré prive l'entreprise de toute protection contractuelle et expose à une résiliation pour faute.
L'exécution doit être conforme aux spécifications du CCTP. Toute modification technique unilatérale du titulaire constitue une faute contractuelle. En revanche, l'acheteur peut prescrire des modifications par ordre de service, dans la limite des seuils autorisés par le CCP.
| Obligation | Fondement | Sanction en cas de manquement |
|---|---|---|
| Respect des délais | CCAG + CCAP | Pénalités de retard |
| Déclaration de sous-traitance | Art. L. 2193-2 CCP | Résiliation pour faute |
| Conformité technique | CCTP | Refus de réception, reprise à charge |
| Assurances obligatoires | CCAP | Mise en demeure, résiliation |
Depuis le 1er janvier 2020, toutes les entreprises titulaires de marchés publics doivent transmettre leurs factures par voie électronique via Chorus Pro, le portail de facturation de l'État et des collectivités. Le non-respect de cette obligation entraîne le rejet de la facture et retarde le paiement.
Le délai global de paiement est fixé à 30 jours pour l'État et ses établissements publics, et à 30 jours pour les collectivités territoriales et les établissements publics de santé (réduit de 50 à 30 jours depuis 2017). Ce délai court à compter de la réception de la facture sur Chorus Pro, ou à compter de l'exécution des formalités de vérification si le marché le prévoit.
Sécuriser la facturation et le suivi des paiements nécessite une connaissance fine des règles de la commande publique.
Faites appel à un avocat spécialisé en marchés publics
Le titulaire peut percevoir des avances et des acomptes pour financer l'exécution du marché. L'avance est versée au démarrage : elle est obligatoire pour les marchés de plus de 50 000 € HT d'une durée supérieure à 2 mois, et son taux est fixé à 20 % du montant TTC (30 % pour les PME depuis le décret du 21 février 2023). L'acompte rémunère un service fait partiel, constaté par l'acheteur.
Tout retard de paiement au-delà du délai contractuel génère automatiquement des intérêts moratoires. Leur taux correspond au taux de refinancement de la BCE majoré de 8 points (soit environ 12,25 % en 2024). Une indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement s'y ajoute. Le titulaire n'a pas besoin de les réclamer : l'acheteur doit les liquider spontanément. En pratique, de nombreuses collectivités omettent ce versement. Le titulaire a alors intérêt à adresser une demande écrite formelle.
| Mécanisme | Condition | Montant / Taux |
|---|---|---|
| Avance obligatoire | Marché > 50 000 € HT, durée > 2 mois | 20 % TTC (30 % PME) |
| Acompte | Service fait partiel constaté | Proportionnel au service fait |
| Intérêts moratoires | Dépassement du délai de paiement | Taux BCE + 8 points |
| Indemnité forfaitaire | Retard de paiement | 40 € par facture |
Les pénalités de retard sont appliquées de plein droit, sans mise en demeure préalable (sauf clause contraire du CCAP). Leur montant est fixé par le contrat. Le CCAG Travaux 2021 prévoit par défaut 1/1 000e du montant HT du marché par jour de retard. Le titulaire peut contester ces pénalités s'il démontre que le retard est imputable à l'acheteur (retard dans la remise des plans, modification tardive du programme) ou à un événement de force majeure. La contestation passe par un mémoire en réclamation adressé dans les délais du CCAG.
Le juge administratif peut aussi modérer les pénalités manifestement excessives, en application du principe d'équilibre contractuel (CE, 29 décembre 2008, OPHLM de Puteaux).
Le CCP encadre les modifications en cours d'exécution (articles R. 2194-1 à R. 2194-10). Un avenant est nécessaire pour toute modification substantielle. Les modifications dites « de faible montant » sont possibles sans avenant si elles ne dépassent pas 10 % du montant initial pour un marché de services ou fournitures, ou 15 % pour un marché de travaux, dans la limite des seuils européens.
Contester des pénalités ou négocier un avenant requiert une argumentation juridique précise et documentée.
Consultez un avocat en droit des marchés publics
Le CCAG impose au titulaire de formaliser toute contestation par un mémoire en réclamation adressé au pouvoir adjudicateur. Ce mémoire doit exposer les motifs du différend, chiffrer la demande et être transmis dans un délai strict : 30 jours à compter de la notification de la décision contestée (CCAG Travaux 2021, article 55). Le non-respect de ce délai entraîne la forclusion : le titulaire perd définitivement son droit à réclamer.
Avant de saisir le juge administratif, plusieurs mécanismes de règlement amiable existent :
Le recours contentieux de plein exercice devant le tribunal administratif reste la voie ultime. Le délai de prescription est de 5 ans à compter de la naissance de la créance.
La prévention des litiges repose sur des réflexes documentaires et contractuels que le directeur juridique doit systématiser dès la notification du marché.
| Point de vigilance | Action recommandée | Risque évité |
|---|---|---|
| Ordres de service | Exiger la forme écrite systématique | Contestation de prestations supplémentaires |
| Révision de prix | Vérifier la clause dès la notification | Érosion de marge |
| Sous-traitance | Déclarer avant tout début d'exécution | Résiliation pour faute |
| Réclamation | Respecter le délai de 30 jours du CCAG | Forclusion |
| Facturation | Déposer sur Chorus Pro avec EJ correct | Rejet et retard de paiement |
Un accompagnement juridique en amont de l'exécution permet d'éviter les erreurs de formalisme qui compromettent les droits du titulaire.
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Le délai global de paiement est de 30 jours pour l'État, les collectivités territoriales et les établissements publics de santé. Ce délai court à compter de la réception de la facture sur Chorus Pro ou de la fin des opérations de vérification prévues au contrat.
Le titulaire doit adresser un mémoire en réclamation au pouvoir adjudicateur dans le délai fixé par le CCAG (30 jours en CCAG Travaux 2021). Ce mémoire doit démontrer que le retard est imputable à l'acheteur ou à un cas de force majeure, et chiffrer précisément le préjudice.
L'avance est obligatoire pour les marchés dont le montant dépasse 50 000 € HT et dont la durée d'exécution excède 2 mois. Son taux est de 20 % du montant TTC, porté à 30 % pour les PME depuis février 2023.
Un sous-traitant non déclaré ne bénéficie d'aucun droit au paiement direct. Le titulaire s'expose à une résiliation pour faute du marché et à des sanctions pénales au titre du travail dissimulé si les conditions sont réunies.
Le Comité consultatif de règlement amiable (CCRA) examine les différends entre l'acheteur public et le titulaire. Il rend un avis non contraignant, dans un délai moyen de 6 mois. Sa saisine suspend le délai de recours contentieux, ce qui en fait un outil utile avant toute action devant le tribunal administratif.
Demander le paiement et facturer un marché public - Entreprendre.Service-Public.fr
Régler un litige à l'amiable lors de l'exécution d'un marché public - Entreprendre.Service-Public.fr
Le Médiateur des entreprises - economie.gouv.fr
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