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Cadre : qu'est-ce qu'une remise gracieuse URSSAF et que peut-elle couvrir ?
Conditions : cotisations payées ou plan d'apurement, motifs recevables, bonne foi
Étapes de la demande : à qui l'adresser, par quel canal et dans quel format ?
Contenu de la lettre : éléments obligatoires et arguments à valoriser
Pièces justificatives : prouver les difficultés et la régularisation
Délais de réponse de l'URSSAF et notification de la décision
Recours en cas de refus : saisine de la Commission de recours amiable (CRA)
Erreurs fréquentes et points de vigilance pour le DAF
Lorsqu'une entreprise règle ses cotisations sociales en retard, l'URSSAF applique automatiquement des majorations de retard. Le taux de ces majorations s'élève à 5 % du montant des cotisations dues, auquel s'ajoutent des majorations complémentaires de 0,2 % par mois de retard. Pour une dette de cotisations de 100 000 €, un retard de 6 mois génère ainsi environ 6 200 € de pénalités. Ces sommes pèsent directement sur la trésorerie.
La demande de remise gracieuse URSSAF est un mécanisme prévu par l'article R. 243-20 du Code de la sécurité sociale. Elle permet au cotisant de solliciter l'annulation totale ou partielle de ces majorations et pénalités. Le périmètre est strict : seules les majorations de retard, les pénalités et, dans certains cas, les frais de poursuites peuvent faire l'objet d'une remise. Les cotisations principales — part patronale et part salariale — restent dues intégralement. Aucune remise gracieuse ne peut porter sur le principal de la dette sociale.
Ce dispositif se distingue de la contestation sur le fond. Le cotisant ne conteste pas le bien-fondé du redressement ou du calcul. Il reconnaît la dette et demande un geste sur les accessoires financiers, en invoquant des circonstances particulières.
L'URSSAF examine chaque demande de remise gracieuse selon 3 critères cumulatifs. L'absence de l'un d'entre eux entraîne un rejet quasi systématique.
Premier critère : la régularisation effective. Les cotisations en principal doivent être intégralement acquittées au moment de la demande, ou l'entreprise doit avoir conclu un échéancier de paiement (plan d'apurement) qu'elle respecte. Déposer une demande alors que les cotisations restent impayées sans plan en cours conduit à un refus automatique.
Deuxième critère : un motif de retard légitime. L'URSSAF attend une explication précise et documentée. Les motifs généralement retenus incluent :
Troisième critère : la bonne foi du cotisant. L'URSSAF vérifie l'historique déclaratif et de paiement. Une entreprise qui cumule des retards récurrents ou qui a déjà bénéficié d'une remise récente verra sa demande examinée avec moins de bienveillance. À l'inverse, un cotisant qui déclare et paie régulièrement depuis plusieurs années dispose d'un levier de négociation réel.
| Critère | Ce que l'URSSAF vérifie | Conséquence si absent |
|---|---|---|
| Régularisation | Cotisations payées ou plan d'apurement respecté | Rejet automatique |
| Motif légitime | Événement précis, daté, documenté | Rejet pour défaut de justification |
| Bonne foi | Historique de paiement, absence de récidive | Rejet ou remise partielle seulement |
La demande s'adresse au directeur de l'URSSAF dont dépend l'établissement. Pour les entreprises multi-sites, c'est l'URSSAF du siège social ou celle qui gère le compte cotisant concerné.
Le canal recommandé est la lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR). Certaines URSSAF acceptent également les demandes via la messagerie sécurisée du compte en ligne sur urssaf.fr, mais la LRAR reste la seule voie qui garantit une preuve de date de réception opposable.
Aucun formulaire Cerfa n'est imposé. La demande prend la forme d'un courrier libre, structuré et argumenté. En pratique, le DAF a intérêt à formaliser un document complet dès le premier envoi : les demandes incomplètes ne suspendent pas les délais et rallongent le traitement.
Structurer une demande de remise gracieuse suppose de maîtriser le cadre réglementaire applicable à l'entreprise dès sa constitution.
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La lettre doit contenir un socle d'informations obligatoires et une argumentation ciblée. Voici la structure recommandée :
Le DAF doit articuler 3 éléments dans le corps du courrier :
La solidité du dossier repose sur les pièces jointes. Un dossier incomplet est la première cause de rejet ou de demande de complément, ce qui allonge la procédure de plusieurs semaines.
| Pièce justificative | Objectif |
|---|---|
| Copie de la mise en demeure URSSAF | Identifier précisément les majorations visées |
| Preuve de paiement des cotisations (relevé bancaire, attestation URSSAF) | Démontrer la régularisation |
| Échéancier signé avec l'URSSAF (si plan en cours) | Prouver le respect du plan d'apurement |
| Bilan et compte de résultat du dernier exercice | Documenter la situation financière |
| Attestation de l'expert-comptable ou du CAC | Certifier les difficultés de trésorerie |
| Jugement d'ouverture de procédure collective d'un client | Justifier l'origine externe des difficultés |
| Historique des paiements URSSAF (extrait du compte en ligne) | Établir la bonne foi et la régularité antérieure |
Le DAF veillera à numéroter chaque pièce et à y faire référence dans le corps de la lettre. Cette rigueur formelle facilite l'instruction et crédibilise la démarche.
L'URSSAF dispose d'un délai de 2 mois à compter de la réception de la demande pour notifier sa décision. Ce délai est fixé par l'article R. 243-20 du Code de la sécurité sociale.
Trois issues possibles :
Point critique : si l'URSSAF ne répond pas dans le délai de 2 mois, le silence vaut décision implicite de rejet. Ce mécanisme est fréquent en pratique. Le DAF doit donc noter la date de réception de sa LRAR (via l'accusé de réception) et calculer le point de départ du délai de recours dès l'envoi.
La gestion des délais administratifs et des recours fait partie des réflexes à intégrer dès la structuration juridique de l'entreprise.
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En cas de rejet — explicite ou implicite — le DAF dispose d'un délai de 2 mois pour saisir la Commission de recours amiable (CRA) de l'URSSAF. Ce recours est un préalable obligatoire avant toute action devant le tribunal judiciaire (pôle social).
La saisine s'effectue par LRAR adressée à la CRA de l'URSSAF compétente. Le courrier doit :
La CRA est composée de représentants des employeurs et des salariés. Elle réexamine le dossier de manière collégiale. Son délai de réponse est également de 2 mois. En l'absence de réponse, le rejet est à nouveau implicite.
Si la CRA rejette la demande, le cotisant peut saisir le tribunal judiciaire (pôle social) dans un délai de 2 mois suivant la notification du rejet. En pratique, les dossiers bien documentés aboutissent fréquemment à une remise partielle dès le stade de la CRA, ce qui évite un contentieux plus long et coûteux.
Plusieurs erreurs reviennent régulièrement dans les dossiers de remise gracieuse URSSAF et compromettent les chances de succès :
Le DAF a intérêt à constituer un dossier complet dès la première demande, à anticiper le scénario de rejet et à préparer la saisine de la CRA en parallèle. Cette approche séquentielle permet de ne perdre aucun délai et de maximiser les chances d'obtenir au moins une remise partielle.
Non. La remise gracieuse concerne exclusivement les majorations de retard, les pénalités et éventuellement les frais de poursuites. Les cotisations en principal — part patronale et part salariale — restent dues intégralement. Pour contester le montant des cotisations, il faut engager un recours distinct contre la mise en demeure.
Aucun délai légal n'est imposé pour formuler la demande. Toutefois, il est recommandé d'agir rapidement après la régularisation des cotisations. Plus la demande est proche de l'événement à l'origine du retard, plus l'argumentation est crédible et les pièces justificatives facilement mobilisables.
Le silence de l'URSSAF au-delà de 2 mois vaut rejet implicite de la demande. Le DAF dispose alors de 2 mois supplémentaires, à compter de la date d'expiration du délai initial, pour saisir la Commission de recours amiable (CRA).
Oui, les deux procédures sont indépendantes. Cependant, en pratique, il est préférable d'attendre la notification définitive des majorations issues du contrôle pour chiffrer précisément la demande et éviter de multiplier les courriers.
Non. La saisine de la CRA n'a pas d'effet suspensif. Les majorations restent exigibles pendant l'examen du recours. Si la CRA accorde ensuite une remise, l'URSSAF procède au remboursement ou à l'imputation sur le compte cotisant.
Demander une remise de majorations - URSSAF
Demander une remise des majorations de retard auprès de l'URSSAF - Service-Public.fr
Cour de cassation, civile, 2e chambre civile, 12 mai 2021, 19-25.131 - Légifrance
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