
Jullian Hoareau

Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.
Ce que change le prélèvement à la source par les plateformes
Quelles plateformes et quel calendrier entre 2026 et 2027
Comment la plateforme calcule et reverse les cotisations
Ce que l'auto-entrepreneur doit encore déclarer lui-même
Trésorerie, erreurs de prélèvement : quels risques et recours
Plateformes : quelles obligations et quelles responsabilités
Le prélèvement à la source transfère à la plateforme le calcul et le paiement des cotisations sociales des auto-entrepreneurs sur les revenus qu'elle leur verse. Auparavant, le micro-entrepreneur déclarait lui-même son chiffre d'affaires, puis payait ses cotisations après coup.
Ce mécanisme s'appelle le précompte : un tiers retient une somme sur un paiement et la reverse directement à l'organisme créancier, ici l'Urssaf. Il repose sur la loi de financement de la sécurité sociale pour 2024.
Le changement porte donc sur la procédure, pas sur le montant dû. Le régime micro-social, qui calcule les cotisations en pourcentage du chiffre d'affaires encaissé, reste applicable. La même loi permet aussi au travailleur de mandater la plateforme pour ses démarches de début d'activité auprès du guichet unique, le portail en ligne qui centralise les formalités de création d'entreprise.
Le précompte modifie la répartition des tâches déclaratives entre l'indépendant et la plateforme, ce qui justifie de vérifier son organisation sociale.
Échanger avec un avocat en conseil social et paie
La réforme s'applique en 2 temps : une première phase à partir d'octobre 2026 avec des plateformes volontaires, puis une généralisation au 1er janvier 2027. Selon une actualité de l'Urssaf, ces plateformes volontaires sont les premières concernées.
| Phase | Date | Plateformes concernées |
|---|---|---|
| Pilote | À partir d'octobre 2026 | Extracadabra, Les Sherpas et Sherpadom, Mon Spécialiste Auto, Student Pop, Truckrs, Uber Eats, Wecasa et Wecasa Care |
| Généralisation | 1er janvier 2027 | Toutes les plateformes numériques concernées |
Pendant la phase pilote, l'indépendant doit identifier les plateformes participantes, car ses obligations déclaratives en dépendent. Un livreur Uber Eats relève ainsi du dispositif dès 2026, alors qu'un indépendant actif sur une autre plateforme n'y entrera qu'en 2027.
La plateforme applique, sur chaque revenu versé, le taux de cotisations que l'Urssaf lui transmet pour l'indépendant concerné. Le processus suit 4 étapes :
Le taux reste celui du régime micro-social et varie selon le secteur d'activité.
| Activité | Taux de cotisations applicable en 2026 |
|---|---|
| Vente de marchandises, hébergement (BIC) | 12,3 % |
| Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) | 21,2 % |
| Profession libérale non réglementée, régime général (BNC) | 25,6 % |
| Profession libérale réglementée relevant de la Cipav | 23,2 % |
Ainsi, pour 1 000 € de prestations de services BIC versés en 2026, la plateforme retient 212 € de cotisations.
Une retenue calculée sur un taux inadapté se répercute sur chaque versement, d'où l'intérêt de vérifier l'activité déclarée à l'Urssaf.
Consulter un avocat en conseil social et paie
L'auto-entrepreneur déclare et paie toujours lui-même les cotisations sur le chiffre d'affaires réalisé hors des plateformes participantes. Trois situations coexistent :
Le détail du chiffre d'affaires déclaré et des cotisations prélevées figure dans l'espace personnel sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Ce relevé évite de déclarer deux fois le même revenu.
Par ailleurs, les seuils du régime micro restent appréciés sur le chiffre d'affaires total, toutes sources confondues. De 2026 à 2028, le plafond est de 83 600 € pour les services BIC et les activités BNC, et de 203 100 € pour la vente de marchandises.
Sur le plan de la trésorerie, le prélèvement à chaque versement supprime le décalage entre l'encaissement du revenu et le paiement des cotisations. L'indépendant n'a plus à provisionner ces sommes, mais il perçoit un montant net plus faible dès le paiement.
Les erreurs possibles portent sur 3 points :
Le premier recours consiste à comparer les relevés de paiement de la plateforme avec les données de l'espace autoentrepreneur.urssaf.fr. En cas d'écart, l'indépendant signale l'anomalie à la plateforme et à l'Urssaf, qui transmet le taux applicable.
Lorsqu'un écart persiste entre retenues et reversements, une analyse juridique des relevés permet de documenter la réclamation.
Être accompagné par un avocat en conseil social et paie
Les plateformes concernées deviennent responsables du calcul, de la retenue, de la déclaration mensuelle et du reversement des cotisations sociales des auto-entrepreneurs qu'elles rémunèrent. Pour leurs dirigeants, cela suppose d'adapter les outils de paiement et de déclaration avant le 1er janvier 2027.
Le dispositif porte sur la collecte des cotisations et ne modifie pas le statut de micro-entrepreneur du travailleur. Les plateformes volontaires appliquent ce fonctionnement à partir d'octobre 2026, ce qui fournit aux autres acteurs un retour d'expérience avant la généralisation.
Non, le taux reste celui du régime micro-social et dépend du secteur d'activité. En 2026, il s'élève par exemple à 12,3 % pour la vente de marchandises et à 21,2 % pour les prestations de services BIC.
La généralisation à toutes les plateformes numériques concernées est fixée au 1er janvier 2027. Depuis octobre 2026, seules des plateformes volontaires appliquent le dispositif, avant la généralisation du 1er janvier 2027.
Oui, pour la part réalisée hors des plateformes participantes. Le chiffre d'affaires versé par une plateforme du dispositif est déclaré par celle-ci et ne doit pas être déclaré une seconde fois.
Le détail est consultable dans l'espace personnel sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Il indique le chiffre d'affaires déclaré par la plateforme et les cotisations prélevées, ce qui permet de repérer un écart.
Non, les seuils s'apprécient toujours sur le chiffre d'affaires total. De 2026 à 2028, ils sont de 83 600 € pour les services BIC et les activités BNC, et de 203 100 € pour la vente de marchandises.
LOI n° 2023-1250 du 26 décembre 2023 de financement de la sécurité sociale pour 2024 - Légifrance
Auto-entrepreneur : bientôt le prélèvement à la source par les plateformes - Urssaf
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d'avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l'Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d'accéder rapidement via la plateforme à des avocats d'affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin, qu'il s'agisse d'un dossier, d'une consultation ou d'un renfort temporaire, de manière confidentielle et recevoir des propositions d'avocats pour répondre rapidement à leur demande.
Avocat au Barreau de Paris (Toque L086), fondateur de SWIM LEGAL
Besoin d'un regard d'avocat sur votre situation ? Nos équipes vous accompagnent sur ces sujets.
Les modèles liés à cet article, prêts à adapter à votre situation.
Pour approfondir le sujet, d'autres analyses rédigées par nos avocats.
Besoin d'un juriste freelance, d'un conseil ou d'aide sur un litige ?


