Convocation au tribunal pour loyer impayé : étapes, délais, recours

Guides & Ressources pratiques
22 Aug 2026
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6 min de lecture
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Par

Jullian Hoareau

Points clés de l'article
  1. Le commandement de payer, l'assignation et la convocation à l'audience sont trois actes distincts, aux effets et aux délais différents.
  2. Les litiges de baux commerciaux relèvent du tribunal judiciaire, jamais du tribunal de commerce, même entre commerçants.
  3. La clause résolutoire ne produit effet qu'un mois après un commandement de payer resté infructueux.
  4. Le juge peut échelonner la dette dans la limite de deux années et suspendre les effets de la clause résolutoire.
  5. La représentation par avocat dépend du montant en jeu et de la matière : au-delà de 10 000 euros, elle redevient la règle.

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Sommaire

1. Convocation, assignation, commandement de payer : les différences

2. Quel tribunal est compétent pour un loyer impayé

3. Étapes de la procédure avant l'audience

4. Délais à respecter et conséquences d'un défaut

5. Défense du locataire et anticipation du bailleur

6. Recouvrement, résiliation, expulsion : les issues possibles

FAQ

Pour aller plus loin

1. Convocation, assignation, commandement de payer : les différences

Une convocation au tribunal pour loyer impayé ne surgit jamais seule : elle clôt une séquence d'actes que les équipes de gestion locative confondent souvent. Le commandement de payer est délivré par un commissaire de justice à la demande du bailleur ; il somme le locataire de régler sa dette et déclenche le décompte avant la mise en jeu de la clause résolutoire. L'assignation est l'acte qui saisit le juge et fixe les demandes chiffrées du bailleur. La convocation désigne, elle, l'information de la date d'audience. Or chaque acte ouvre une fenêtre d'action différente : les confondre revient à préparer sa position trop tard.

ActeAuteurEffet juridique
Commandement de payerCommissaire de justice, pour le bailleurFait courir le délai avant jeu de la clause résolutoire
AssignationCommissaire de justiceSaisit le tribunal et fixe l'objet du litige
Convocation à l'audienceJuridiction ou commissaire de justiceInforme de la date d'audience et ouvre le débat contradictoire

Un contentieux locatif se joue d'abord sur la qualification exacte de chaque acte reçu ou délivré.
Voir l'accompagnement en contentieux et litiges

2. Quel tribunal est compétent pour un loyer impayé

La question du tribunal compétent se tranche par la matière, non par la qualité des parties. Les litiges relatifs aux baux commerciaux relèvent du tribunal judiciaire, et non du tribunal de commerce, y compris lorsque bailleur et locataire sont deux sociétés commerciales. Une assignation portée devant la mauvaise juridiction expose à un renvoi et à une perte de temps procédural. La représentation par avocat suit ensuite le montant réclamé : les parties en sont dispensées lorsque la demande porte sur 10 000 euros ou moins, ou lorsqu'elle est indéterminée mais tirée d'une obligation n'excédant pas ce montant. Dans les matières de compétence exclusive du tribunal judiciaire non dispensées du ministère d'avocat, la constitution d'avocat s'impose quel que soit le montant.

SituationJuridictionReprésentation par avocat
Bail commercial, arriérés et résiliationTribunal judiciaireSelon le montant et la matière concernée
Demande inférieure ou égale à 10 000 eurosTribunal judiciaireDispense possible
Matière de compétence exclusive non dispenséeTribunal judiciaireObligatoire, sans condition de montant

3. Étapes de la procédure avant l'audience

La chronologie est linéaire et chaque étape conditionne la suivante. Un directeur immobilier qui la reconstitue dès la réception du premier acte identifie immédiatement la marge de manœuvre restante.

  1. Mise en demeure amiable du locataire, avec décompte précis des sommes dues.
  2. Commandement de payer visant la clause résolutoire, délivré par commissaire de justice.
  3. Écoulement du délai légal ouvert par ce commandement.
  4. Assignation devant le tribunal judiciaire, au fond ou en référé, procédure accélérée et contradictoire engagée par voie d'assignation.
  5. Échange des pièces et conclusions entre les parties.
  6. Audience, puis décision, provisoire en référé, définitive au fond.

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4. Délais à respecter et conséquences d'un défaut

Le délai central tient en une règle : la clause résolutoire d'un bail commercial ne produit effet qu'un mois après un commandement de payer demeuré infructueux, et ce commandement doit mentionner ce délai à peine de nullité. Un acte imprécis sur ce point fragilise donc toute la procédure du bailleur. Côté locataire, le paiement intervenu dans ce délai neutralise la clause. Passé ce cap, le bailleur peut saisir le juge pour faire constater l'acquisition de la clause. L'absence de comparution à l'audience ne suspend rien : le juge statue sur les seules demandes du bailleur, sans contradiction utile. Les délais suivants dépendent ensuite de la juridiction saisie et de la voie choisie.

5. Défense du locataire et anticipation du bailleur

Le locataire dispose d'un levier précis : le juge saisi d'une demande présentée dans les formes de l'article 1343-5 du Code civil peut accorder des délais et suspendre la réalisation et les effets de la clause résolutoire. Ces délais de paiement s'inscrivent dans la limite de deux années, par report ou échelonnement. Cette faveur reste conditionnée : elle suppose que le locataire soit capable de régler la dette locative et de reprendre le paiement intégral du loyer courant avant la date de la première audience. Pour le bailleur, l'anticipation consiste à documenter le décompte, la régularité du commandement et l'historique des relances, car ces éléments pèsent sur l'appréciation du juge.

Une demande de délais mal étayée se retourne contre son auteur, côté bailleur comme côté locataire.
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6. Recouvrement, résiliation, expulsion : les issues possibles

Trois issues se dessinent. Le recouvrement seul : le juge condamne le locataire au paiement des arriérés, le bail se poursuit et l'actif reste occupé. La résiliation : la clause résolutoire est constatée, le bail prend fin et le bailleur doit ensuite relouer. L'expulsion : elle prolonge la résiliation lorsque le locataire se maintient dans les lieux, et suppose une décision exécutoire mise en œuvre par un commissaire de justice. Le choix entre ces voies n'est pas seulement juridique. Un preneur solvable mais temporairement en difficulté vaut souvent mieux qu'un local vacant, alors qu'un impayé structurel justifie de sécuriser rapidement la sortie.

FAQ

Que faire dès la réception d'une convocation au tribunal pour dette de loyer ?

Vérifiez la juridiction indiquée, la date d'audience et le décompte des sommes réclamées. Rassemblez le bail, les quittances et les échanges avec le bailleur. Ces pièces conditionnent toute demande de délais.

Le tribunal de commerce peut-il juger un loyer impayé de bail commercial ?

Non. Les litiges relatifs aux baux commerciaux relèvent du tribunal judiciaire, même lorsque les deux parties sont commerçantes. Une saisine erronée fait perdre du temps sans régler le fond.

Un avocat est-il obligatoire pour ce type de litige ?

Les parties sont dispensées lorsque la demande porte sur 10 000 euros ou moins. Dans les matières de compétence exclusive du tribunal judiciaire non dispensées, l'avocat est obligatoire quel que soit le montant.

Le juge peut-il accorder des délais de paiement ?

Oui, dans la limite de deux années, par report ou échelonnement des sommes dues. Il peut aussi suspendre les effets de la clause résolutoire, sous réserve que le loyer courant soit repris.

Que se passe-t-il si le locataire paie après le commandement ?

La clause résolutoire ne produit effet qu'un mois après un commandement resté infructueux. Un paiement intervenu dans ce délai la neutralise. Un paiement conforme aux conditions fixées par le juge produit le même effet.

Pour aller plus loin

Article L145-41 du Code de commerce - Légifrance

La procédure en référé devant le tribunal judiciaire - Service-Public

Saisir le tribunal judiciaire - Service-Public

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