
Jullian Hoareau

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1. Convocation, assignation, commandement de payer : les différences
2. Quel tribunal est compétent pour un loyer impayé
3. Étapes de la procédure avant l'audience
4. Délais à respecter et conséquences d'un défaut
5. Défense du locataire et anticipation du bailleur
6. Recouvrement, résiliation, expulsion : les issues possibles
Une convocation au tribunal pour loyer impayé ne surgit jamais seule : elle clôt une séquence d'actes que les équipes de gestion locative confondent souvent. Le commandement de payer est délivré par un commissaire de justice à la demande du bailleur ; il somme le locataire de régler sa dette et déclenche le décompte avant la mise en jeu de la clause résolutoire. L'assignation est l'acte qui saisit le juge et fixe les demandes chiffrées du bailleur. La convocation désigne, elle, l'information de la date d'audience. Or chaque acte ouvre une fenêtre d'action différente : les confondre revient à préparer sa position trop tard.
| Acte | Auteur | Effet juridique |
|---|---|---|
| Commandement de payer | Commissaire de justice, pour le bailleur | Fait courir le délai avant jeu de la clause résolutoire |
| Assignation | Commissaire de justice | Saisit le tribunal et fixe l'objet du litige |
| Convocation à l'audience | Juridiction ou commissaire de justice | Informe de la date d'audience et ouvre le débat contradictoire |
Un contentieux locatif se joue d'abord sur la qualification exacte de chaque acte reçu ou délivré.
Voir l'accompagnement en contentieux et litiges
La question du tribunal compétent se tranche par la matière, non par la qualité des parties. Les litiges relatifs aux baux commerciaux relèvent du tribunal judiciaire, et non du tribunal de commerce, y compris lorsque bailleur et locataire sont deux sociétés commerciales. Une assignation portée devant la mauvaise juridiction expose à un renvoi et à une perte de temps procédural. La représentation par avocat suit ensuite le montant réclamé : les parties en sont dispensées lorsque la demande porte sur 10 000 euros ou moins, ou lorsqu'elle est indéterminée mais tirée d'une obligation n'excédant pas ce montant. Dans les matières de compétence exclusive du tribunal judiciaire non dispensées du ministère d'avocat, la constitution d'avocat s'impose quel que soit le montant.
| Situation | Juridiction | Représentation par avocat |
|---|---|---|
| Bail commercial, arriérés et résiliation | Tribunal judiciaire | Selon le montant et la matière concernée |
| Demande inférieure ou égale à 10 000 euros | Tribunal judiciaire | Dispense possible |
| Matière de compétence exclusive non dispensée | Tribunal judiciaire | Obligatoire, sans condition de montant |
La chronologie est linéaire et chaque étape conditionne la suivante. Un directeur immobilier qui la reconstitue dès la réception du premier acte identifie immédiatement la marge de manœuvre restante.
Reconstituer la chaîne des actes avant l'audience permet d'arbitrer entre négociation, protocole d'accord et poursuite du contentieux.
Structurer votre stratégie contentieuse
Le délai central tient en une règle : la clause résolutoire d'un bail commercial ne produit effet qu'un mois après un commandement de payer demeuré infructueux, et ce commandement doit mentionner ce délai à peine de nullité. Un acte imprécis sur ce point fragilise donc toute la procédure du bailleur. Côté locataire, le paiement intervenu dans ce délai neutralise la clause. Passé ce cap, le bailleur peut saisir le juge pour faire constater l'acquisition de la clause. L'absence de comparution à l'audience ne suspend rien : le juge statue sur les seules demandes du bailleur, sans contradiction utile. Les délais suivants dépendent ensuite de la juridiction saisie et de la voie choisie.
Le locataire dispose d'un levier précis : le juge saisi d'une demande présentée dans les formes de l'article 1343-5 du Code civil peut accorder des délais et suspendre la réalisation et les effets de la clause résolutoire. Ces délais de paiement s'inscrivent dans la limite de deux années, par report ou échelonnement. Cette faveur reste conditionnée : elle suppose que le locataire soit capable de régler la dette locative et de reprendre le paiement intégral du loyer courant avant la date de la première audience. Pour le bailleur, l'anticipation consiste à documenter le décompte, la régularité du commandement et l'historique des relances, car ces éléments pèsent sur l'appréciation du juge.
Une demande de délais mal étayée se retourne contre son auteur, côté bailleur comme côté locataire.
Faire cadrer votre dossier locatif
Trois issues se dessinent. Le recouvrement seul : le juge condamne le locataire au paiement des arriérés, le bail se poursuit et l'actif reste occupé. La résiliation : la clause résolutoire est constatée, le bail prend fin et le bailleur doit ensuite relouer. L'expulsion : elle prolonge la résiliation lorsque le locataire se maintient dans les lieux, et suppose une décision exécutoire mise en œuvre par un commissaire de justice. Le choix entre ces voies n'est pas seulement juridique. Un preneur solvable mais temporairement en difficulté vaut souvent mieux qu'un local vacant, alors qu'un impayé structurel justifie de sécuriser rapidement la sortie.
Vérifiez la juridiction indiquée, la date d'audience et le décompte des sommes réclamées. Rassemblez le bail, les quittances et les échanges avec le bailleur. Ces pièces conditionnent toute demande de délais.
Non. Les litiges relatifs aux baux commerciaux relèvent du tribunal judiciaire, même lorsque les deux parties sont commerçantes. Une saisine erronée fait perdre du temps sans régler le fond.
Les parties sont dispensées lorsque la demande porte sur 10 000 euros ou moins. Dans les matières de compétence exclusive du tribunal judiciaire non dispensées, l'avocat est obligatoire quel que soit le montant.
Oui, dans la limite de deux années, par report ou échelonnement des sommes dues. Il peut aussi suspendre les effets de la clause résolutoire, sous réserve que le loyer courant soit repris.
La clause résolutoire ne produit effet qu'un mois après un commandement resté infructueux. Un paiement intervenu dans ce délai la neutralise. Un paiement conforme aux conditions fixées par le juge produit le même effet.
Article L145-41 du Code de commerce - Légifrance
La procédure en référé devant le tribunal judiciaire - Service-Public
Saisir le tribunal judiciaire - Service-Public
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