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Qu'est-ce que le congé de reclassement : cadre légal et entreprises concernées
Durée et rémunération du congé de reclassement
Avantages du congé de reclassement pour le salarié et l'employeur
Inconvénients et limites du dispositif
Congé de reclassement ou CSP : critères de choix
Procédure de mise en place et obligations de l'employeur
Fin du congé de reclassement : cas de rupture anticipée
Le congé de reclassement est un dispositif prévu aux articles L. 1233-71 à L. 1233-76 du Code du travail. Il impose à l'employeur de proposer aux salariés licenciés pour motif économique un accompagnement renforcé : bilan de compétences, actions de formation, aide à la recherche d'emploi et, le cas échéant, validation des acquis de l'expérience (VAE).
Ce dispositif concerne exclusivement les entreprises ou groupes employant au moins 1 000 salariés. En dessous de ce seuil, c'est le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) qui s'applique. L'obligation vise toute procédure de licenciement économique, qu'elle s'inscrive ou non dans un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE).
Concrètement, l'employeur doit informer chaque salarié concerné de la possibilité d'adhérer au congé de reclassement dans la lettre de licenciement. Le salarié dispose alors de 8 jours pour accepter ou refuser. L'absence de réponse vaut refus.
Tous les salariés visés par un licenciement économique dans une entreprise de 1 000 salariés et plus peuvent en bénéficier, quelle que soit leur ancienneté. Les salariés en CDD ou en période d'essai en sont exclus. Les salariés protégés (représentants du personnel) y ont accès, sous réserve de l'autorisation préalable de l'inspection du travail pour le licenciement lui-même.
La durée du congé de reclassement est fixée par l'employeur, en concertation avec les représentants du personnel, dans le cadre du PSE. Le Code du travail prévoit une fourchette de 4 à 12 mois. Toutefois, depuis la loi du 29 mars 2018, cette durée peut être portée à 24 mois lorsque le salarié suit une action de formation ou de reconversion professionnelle.
Le congé débute pendant le préavis. La fraction qui excède le préavis constitue la période pendant laquelle l'allocation spécifique est versée.
| Phase | Durée | Rémunération | À la charge de |
|---|---|---|---|
| Préavis | Durée légale ou conventionnelle | 100 % du salaire brut habituel | Employeur |
| Post-préavis | Durée restante du congé | Au moins 65 % du salaire brut des 12 derniers mois (plancher : SMIC) | Employeur |
Pendant la phase post-préavis, l'allocation ne peut pas être inférieure à 85 % du SMIC horaire multiplié par le nombre d'heures correspondant à la durée collective de travail fixée dans l'entreprise. Ce plancher garantit un revenu minimum au salarié, même lorsque le calcul proportionnel aboutit à un montant inférieur.
L'employeur reste redevable des cotisations sociales patronales sur l'allocation. En revanche, celle-ci est exonérée de cotisations salariales de sécurité sociale (hors CSG-CRDS).
Le calibrage financier du congé de reclassement conditionne la solidité du PSE et l'exposition contentieuse de l'entreprise.
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C'est le principal frein. Contrairement au CSP, cofinancé par l'Unédic, le congé de reclassement est financé à 100 % par l'employeur : allocation, cotisations patronales, prestations de la cellule de reclassement, coût des formations. Pour un salarié dont le salaire brut mensuel est de 4 000 €, l'allocation post-préavis représente au minimum 2 600 € brut par mois, auxquels s'ajoutent les charges patronales et les frais d'accompagnement.
Sur un congé de 12 mois dont 9 mois post-préavis, le coût total par salarié peut dépasser 35 000 à 45 000 €, selon le niveau de rémunération et les formations engagées.
Un congé trop court (4 à 6 mois) ne permet pas de mener à bien une reconversion professionnelle sérieuse. Un congé trop long (18 à 24 mois) alourdit la charge financière sans garantie de résultat. Le DRH doit arbitrer en fonction du bassin d'emploi, du profil des salariés concernés et du budget global du PSE.
L'employeur doit s'assurer que le salarié participe effectivement aux actions de reclassement. En cas de manquement du salarié, la procédure de mise en demeure puis de rupture anticipée est formalisée et chronophage. Toute irrégularité expose l'entreprise à un contentieux prud'homal.
| Critère | Avantage | Inconvénient |
|---|---|---|
| Coût | Pas de contribution Unédic à verser | 100 % à la charge de l'employeur |
| Pilotage | Maîtrise du prestataire et du contenu | Obligations de suivi et de reporting |
| Durée | Jusqu'à 24 mois pour les formations longues | Charge financière proportionnelle |
| Sécurité juridique | Renforce la conformité du PSE | Formalisme strict, risque contentieux si mal exécuté |
| Couverture sociale du salarié | Maintien du contrat et de la mutuelle | Pas de cumul possible avec l'ARE |
La structuration du congé de reclassement nécessite un arbitrage précis entre durée, coût et conformité juridique.
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Le congé de reclassement et le contrat de sécurisation professionnelle (CSP) poursuivent le même objectif — faciliter le retour à l'emploi du salarié licencié pour motif économique — mais obéissent à des logiques distinctes. Ils ne sont pas cumulables : le CSP s'adresse aux entreprises de moins de 1 000 salariés, le congé de reclassement à celles de 1 000 salariés et plus.
| Critère | Congé de reclassement | CSP |
|---|---|---|
| Seuil d'effectif | ≥ 1 000 salariés | < 1 000 salariés (ou entreprise en redressement/liquidation judiciaire quel que soit l'effectif) |
| Financement | 100 % employeur | Cofinancé Unédic + employeur (versement du préavis non effectué) |
| Durée | 4 à 24 mois | 12 mois |
| Rémunération du salarié | ≥ 65 % du brut (post-préavis) | 75 % du salaire journalier de référence pendant 12 mois |
| Pilotage | Employeur (cellule de reclassement) | France Travail |
| Contrat de travail | Maintenu pendant le congé | Rompu dès l'adhésion au CSP |
| Couverture sociale | Mutuelle et prévoyance maintenues | Portabilité des droits (12 mois max) |
Dans les entreprises de 1 000 salariés et plus, le congé de reclassement est une obligation légale : il n'y a pas d'alternative. Le CSP ne peut pas s'y substituer. En revanche, les entreprises en redressement ou liquidation judiciaire, même au-delà de 1 000 salariés, doivent proposer le CSP et non le congé de reclassement (article L. 1233-71 du Code du travail).
Le DRH doit donc vérifier en amont la situation juridique exacte de l'entreprise et du groupe pour déterminer le dispositif applicable.
La conformité de chaque étape procédurale conditionne la validité du PSE dans son ensemble.
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Le congé de reclassement prend fin à son terme normal. Toutefois, plusieurs situations entraînent une rupture anticipée, chacune soumise à un formalisme précis.
À la fin du congé — qu'elle soit normale ou anticipée — le contrat de travail est définitivement rompu. Le salarié peut alors s'inscrire auprès de France Travail et bénéficier de l'ARE, sous réserve de remplir les conditions d'éligibilité. La durée du congé de reclassement n'est pas déduite de la durée d'indemnisation ARE, ce qui constitue un avantage pour le salarié.
Pour l'employeur, la rupture anticipée pour manquement du salarié doit être documentée avec rigueur. Toute insuffisance dans la mise en demeure ou dans le respect des délais peut être requalifiée en rupture abusive par le conseil de prud'hommes.
Le congé de reclassement est-il obligatoire pour toutes les entreprises ?
Non. Seules les entreprises ou groupes employant au moins 1 000 salariés sont tenus de le proposer lors d'un licenciement économique. En dessous de ce seuil, c'est le CSP qui s'applique.
Le salarié peut-il refuser le congé de reclassement ?
Oui. Le salarié dispose de 8 jours après réception de la lettre de licenciement pour accepter ou refuser. L'absence de réponse dans ce délai vaut refus. Le refus n'a aucune incidence sur les indemnités de licenciement.
Qui finance le congé de reclassement ?
L'employeur en supporte l'intégralité du coût : allocation post-préavis (au moins 65 % du brut), cotisations patronales, prestations de la cellule de reclassement et formations. Aucune prise en charge par l'Unédic ou l'État n'est prévue.
Le salarié en congé de reclassement peut-il travailler ?
Oui. Le salarié peut effectuer des périodes de travail en entreprise pendant le congé, sous forme de CDD ou de missions d'intérim. Le congé est alors suspendu pendant la durée de ces périodes et reprend à leur terme, sans en réduire la durée restante.
Quelle différence entre congé de reclassement et congé de mobilité ?
Le congé de mobilité (articles L. 1237-18 et suivants du Code du travail) s'inscrit dans le cadre d'un accord de rupture conventionnelle collective ou d'un accord de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GEPP). Il repose sur le volontariat du salarié, hors procédure de licenciement. Le congé de reclassement, lui, est lié à un licenciement économique et constitue une obligation légale pour l'employeur.
Congé de reclassement - Art. L1233-71 à L1233-76 - Légifrance
Congé de reclassement - Service-Public.fr
Le congé de reclassement - Ministère du Travail
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