
Jullian Hoareau

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Quelles données RH sont couvertes par la confidentialité
Qui peut accéder aux dossiers du personnel
Obligations de l'employeur au titre du RGPD
Durées de conservation et suppression des données RH
Mesures techniques et organisationnelles à mettre en place
Sanctions CNIL et risques prud'homaux pour l'entreprise
Assurer la confidentialité des données RH commence par identifier ce qui doit être protégé. Un dossier du personnel agrège des informations de nature différente : état civil, coordonnées bancaires, rémunération, arrêts de travail, entretiens annuels, sanctions disciplinaires, données de badgeage. Le RGPD distingue les données ordinaires des données sensibles, catégorie qui couvre notamment la santé, les convictions religieuses et l'appartenance syndicale. Ces dernières ne peuvent être traitées que dans des cas limités, par exemple pour satisfaire une obligation issue du droit du travail. Or les services RH détiennent presque toujours des données de santé : justificatifs d'arrêt maladie, avis d'aptitude, déclarations d'accident du travail. Elles appellent un cloisonnement strict, car leur diffusion interne suffit à caractériser un manquement, même sans perte financière pour le salarié.
Le tri entre données ordinaires et données sensibles conditionne toutes les règles d'accès et de conservation applicables au dossier du personnel.
Cadrer vos traitements RH avec un avocat en protection des données
L'erreur fréquente consiste à raisonner par service plutôt que par besoin d'en connaître. Le principe de minimisation limite chaque accès aux données nécessaires à une mission précise. Le médecin du travail conserve les données de santé dans un dossier médical distinct, inaccessible à l'employeur.
| Profil | Accès justifié | Accès à exclure |
|---|---|---|
| Gestionnaire de paie | Rémunération, absences, cotisations | Évaluations, candidatures |
| Manager direct | Objectifs et évaluations de son équipe | Salaire détaillé, données de santé |
| Direction financière | Masse salariale agrégée | Dossiers individuels |
| Service de santé au travail | Données de santé | Éléments disciplinaires |
Cette cartographie se formalise dans une politique d'habilitation écrite, revue à chaque mobilité interne et à chaque départ.
Le RGPD ne crée pas de régime propre aux ressources humaines : il applique aux traitements de personnel des exigences générales. L'employeur identifie d'abord une base légale pour chaque traitement : l'exécution du contrat de travail pour la paie, l'obligation légale pour les déclarations sociales, l'intérêt légitime pour certains outils de gestion. Le consentement est rarement valable dans une relation de subordination, car il n'y est pas librement donné. L'employeur tient ensuite un registre des traitements décrivant finalités, catégories de données, destinataires et durées. Il informe les salariés en amont de la collecte, dans des termes compréhensibles. Enfin, il désigne un délégué à la protection des données lorsque ses traitements l'imposent, et documente une analyse d'impact pour les dispositifs les plus intrusifs, comme la vidéosurveillance ou la géolocalisation des véhicules.
La base légale retenue pour chaque traitement RH détermine les droits que les salariés peuvent exercer et les preuves que l'entreprise doit conserver.
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Une donnée RH ne se conserve pas indéfiniment : chaque finalité appelle une durée fixée à l'avance, puis un archivage ou une suppression. La CNIL raisonne en trois temps. La base active correspond à l'usage quotidien. L'archivage intermédiaire répond aux seuls besoins de preuve ou aux obligations légales, avec un accès restreint. Vient enfin la suppression ou l'anonymisation.
| Donnée | Durée usuelle en base active |
|---|---|
| Candidature non retenue | 2 ans après le dernier contact |
| Bulletin de paie conservé par l'employeur | 5 ans |
| Registre unique du personnel | 5 ans après le départ du salarié |
| Données de contrôle d'accès par badge | 3 mois |
Une purge annuelle documentée constitue la preuve la plus simple du respect de cette obligation.
Le RGPD impose des mesures techniques et organisationnelles proportionnées au risque, selon une logique de privacy by design. Côté technique, les fondamentaux se vérifient vite :
Côté organisationnel, la confidentialité des données RH repose sur des règles écrites : clause de confidentialité dans les contrats des équipes RH, procédure de traitement des demandes des salariés, encadrement contractuel des prestataires de paie et des éditeurs de logiciels, qui agissent comme sous-traitants et dont les défaillances engagent aussi l'employeur. Une sensibilisation annuelle des managers complète le dispositif.
Les mesures de sécurité ne valent que si elles sont opposables : contrats de sous-traitance, habilitations et procédures internes doivent être rédigés.
Structurer votre dispositif de protection des données
Le manquement se sanctionne sur deux terrains distincts. La CNIL peut prononcer une mise en demeure, un rappel à l'ordre, une injonction sous astreinte ou une amende administrative. Le plafond fixé par le RGPD atteint 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires annuel mondial, le montant le plus élevé étant retenu. Devant le conseil de prud'hommes, le salarié exploite plutôt le manquement comme levier : une preuve issue d'un traitement illicite peut être écartée des débats, et la divulgation d'une donnée de santé ou d'une sanction alimente une demande de dommages et intérêts. Un dispositif de surveillance non porté à la connaissance des salariés et des représentants du personnel perd ainsi sa valeur probatoire dans un contentieux disciplinaire.
Oui. Le droit d'accès prévu par le RGPD lui permet d'obtenir communication des données le concernant. L'employeur répond dans un délai encadré et peut occulter les informations relatives à des tiers.
Seulement si cette information est nécessaire à sa mission, par exemple pour arbitrer des augmentations. Un accès permanent au détail des rémunérations dépasse en général ce besoin et doit être restreint.
La durée usuelle retenue par la CNIL est de 2 ans après le dernier contact avec le candidat. Au-delà, les données sont supprimées, sauf accord du candidat pour une conservation en vivier.
Il agit comme sous-traitant et répond de ses propres manquements. L'employeur reste responsable du traitement : il doit encadrer la prestation par contrat et vérifier les garanties de sécurité offertes.
La désignation dépend de la nature et de l'ampleur des traitements de l'entreprise, pas du seul périmètre RH. Beaucoup d'organisations en désignent un volontairement, pour centraliser la documentation et les demandes.
Les règles pour la gestion du personnel - CNIL
Gestion des ressources humaines : référentiel de durées de conservation - CNIL
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