
Qu'est-ce qu'un redressement judiciaire ?
Reconnaître une entreprise en cessation de paiement
Consulter le BODACC gratuitement en ligne
Vérifier sur Infogreffe et le tribunal compétent
Utiliser les autres sources d'information publiques
Les signes avant-coureurs à surveiller
Que faire face à une société en redressement ?
Protégez vos intérêts avec un accompagnement adapté
Le redressement judiciaire est une procédure collective encadrée par les articles L631-1 et suivants du Code de commerce. Elle s'adresse aux entreprises qui se trouvent en état de cessation des paiements, c'est-à-dire dans l'impossibilité de faire face à leur passif exigible avec leur actif disponible. Le tribunal de commerce (ou le tribunal judiciaire pour les professions libérales) ouvre cette procédure sur demande du dirigeant, d'un créancier ou du procureur de la République.
L'objectif n'est pas de liquider l'entreprise. Le redressement judiciaire vise à permettre la poursuite de l'activité, le maintien de l'emploi et l'apurement du passif. Concrètement, le tribunal désigne un administrateur judiciaire chargé de superviser la gestion, et un mandataire judiciaire qui représente les créanciers. Une période d'observation de 6 mois, renouvelable une fois, permet d'évaluer si un plan de redressement est viable.
En 2023, les tribunaux de commerce français ont ouvert environ 16 500 procédures de redressement judiciaire, selon les données de la Banque de France. Ce chiffre traduit une hausse de 35 % par rapport à 2022, liée à la fin progressive des dispositifs de soutien mis en place pendant la crise sanitaire (PGE, reports de charges).
Pour un fournisseur, un client ou un partenaire commercial, savoir si une entreprise est en redressement judiciaire modifie directement la relation contractuelle. Les paiements antérieurs au jugement d'ouverture sont gelés. Seules les créances postérieures bénéficient d'un traitement prioritaire. D'où l'utilité de vérifier rapidement et gratuitement la situation d'une société.
La cessation de paiement est le critère juridique qui déclenche l'ouverture d'un redressement judiciaire. Elle se définit par un test précis : l'actif disponible (trésorerie, créances immédiatement mobilisables) ne couvre plus le passif exigible (dettes arrivées à échéance et dont le paiement est réclamé).
Il ne faut pas confondre cessation de paiement et difficultés financières passagères. Une entreprise peut afficher un résultat net négatif sans être en cessation de paiement, si elle dispose encore de liquidités suffisantes pour honorer ses échéances. À l'inverse, une société rentable mais confrontée à un blocage de trésorerie — par exemple un impayé client de grande ampleur — peut basculer en cessation de paiement.
Le dirigeant a l'obligation légale de déclarer la cessation de paiement au greffe du tribunal de commerce dans un délai de 45 jours suivant sa survenance (article L631-4 du Code de commerce). Le non-respect de ce délai peut entraîner des sanctions personnelles, notamment une interdiction de gérer.
En pratique, plusieurs indices permettent de suspecter qu'une entreprise approche de la cessation de paiement :
Ces signaux ne constituent pas une preuve juridique, mais ils justifient une vérification formelle auprès des sources officielles.
Le BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales) est la source la plus directe pour savoir si une entreprise est en redressement judiciaire. Toute décision d'ouverture, de prolongation ou de clôture d'une procédure collective y est publiée, conformément à l'article R621-8 du Code de commerce.
La consultation est entièrement gratuite sur le site officiel bodacc.fr. La recherche s'effectue de 3 manières :
| Critère de recherche | Précision attendue | Délai de publication |
|---|---|---|
| Numéro SIREN (9 chiffres) | Résultat exact, sans ambiguïté | 8 à 15 jours après le jugement |
| Dénomination sociale | Risque d'homonymie à vérifier | 8 à 15 jours après le jugement |
| Nom du dirigeant | Utile pour les entreprises individuelles | 8 à 15 jours après le jugement |
La recherche par numéro SIREN est la plus fiable. Ce numéro figure sur les factures, les devis et les mentions légales du site internet de l'entreprise.
L'avis publié au BODACC mentionne :
Ce dernier point est déterminant pour les créanciers. Le délai de 2 mois court à compter de la publication au BODACC, et non à compter du jugement. Passé ce délai, la créance risque la forclusion : elle ne sera plus prise en compte dans le plan de redressement.
Vérifier la situation d'un partenaire commercial permet d'anticiper les démarches de déclaration de créance et de sécuriser sa position.
Consultez un avocat spécialisé en redressement judiciaire
Infogreffe est le portail numérique des greffes des tribunaux de commerce. Il donne accès aux informations légales de plus de 6 millions d'entreprises immatriculées en France.
L'extrait Kbis constitue la carte d'identité officielle d'une société commerciale. Il mentionne, le cas échéant, l'existence d'une procédure collective en cours. La rubrique « Observations » indique la nature de la procédure, la date du jugement et le nom des organes désignés.
Sur Infogreffe, un extrait Kbis coûte entre 2,69 € et 3,37 € selon le mode de transmission (en ligne ou par courrier). Toutefois, certaines informations sont accessibles gratuitement :
| Service Infogreffe | Coût | Information disponible |
|---|---|---|
| Fiche entreprise (consultation en ligne) | Gratuit | Dénomination, SIREN, adresse, dirigeants, mention de procédure collective |
| Extrait Kbis numérique | 2,69 € | Document officiel complet avec mentions de procédure |
| État d'endettement | 6,22 € | Inscriptions de privilèges et nantissements |
Pour les entreprises relevant d'un tribunal judiciaire (professions libérales, associations, sociétés civiles), la vérification s'effectue directement auprès du greffe compétent. Le site du Tribunal digital permet également d'accéder à certaines informations.
Le registre national des entreprises (RNE), géré par l'INPI depuis 2023, centralise les données de toutes les entreprises françaises, y compris les mentions de procédures collectives. Sa consultation est gratuite sur data.inpi.fr.
Au-delà du BODACC et d'Infogreffe, plusieurs outils complémentaires permettent de vérifier la situation juridique d'une entreprise.
Des sociétés comme Altares (groupe Dun & Bradstreet), Ellisphere ou Creditsafe proposent des rapports de solvabilité détaillés. Ces rapports incluent un score de défaillance, l'historique des incidents de paiement et les éventuelles procédures collectives. Leur accès est payant, généralement sous forme d'abonnement (à partir de 50 € par mois pour les offres de base).
Ces outils sont particulièrement utiles pour les entreprises qui gèrent un portefeuille de clients ou de fournisseurs et souhaitent automatiser la surveillance.
Identifier une procédure collective en cours chez un partenaire permet d'adapter rapidement sa stratégie contractuelle et de protéger ses créances.
Faites-vous accompagner par un avocat en redressement judiciaire
Avant qu'un jugement de redressement judiciaire ne soit publié, plusieurs signaux d'alerte peuvent être détectés par un partenaire commercial attentif.
Lorsqu'un fournisseur, un client ou un partenaire est placé en redressement judiciaire, la réaction doit être rapide et méthodique.
Le créancier dispose de 2 mois à compter de la publication du jugement au BODACC pour déclarer sa créance auprès du mandataire judiciaire. Cette déclaration doit préciser le montant de la créance, sa nature (chirographaire, privilégiée, garantie par une sûreté) et les pièces justificatives (factures, contrats, bons de commande).
Le non-respect de ce délai entraîne la forclusion : la créance est exclue du plan de redressement, sauf relevé de forclusion accordé par le juge-commissaire dans des cas exceptionnels.
Pendant la période d'observation, les contrats en cours se poursuivent. L'administrateur judiciaire peut décider de continuer ou de résilier chaque contrat. En tant que cocontractant, il est possible de mettre en demeure l'administrateur de se prononcer sur la poursuite du contrat dans un délai d'1 mois.
Pour les livraisons futures, il est recommandé de :
La période d'observation peut déboucher sur 3 issues :
| Issue possible | Conséquence pour les créanciers |
|---|---|
| Plan de redressement adopté | Paiement échelonné sur 10 ans maximum, avec remises éventuelles |
| Cession totale ou partielle | Le repreneur peut reprendre certains contrats ; les créanciers sont payés sur le prix de cession |
| Conversion en liquidation judiciaire | L'activité cesse ; les créanciers sont payés selon l'ordre des privilèges, souvent partiellement |
Face à un partenaire en redressement judiciaire, chaque jour compte pour déclarer ses créances et sécuriser ses droits.
Échangez avec un avocat spécialisé en redressement
La vérification de la situation juridique d'une entreprise n'est que la première étape. Lorsqu'une procédure de redressement judiciaire est confirmée, les enjeux se déplacent vers la protection concrète des intérêts du créancier ou du partenaire commercial.
La déclaration de créance obéit à un formalisme strict. Une erreur dans la qualification de la créance (chirographaire au lieu de privilégiée, par exemple) peut réduire considérablement les chances de recouvrement. De même, la négociation d'un plan de redressement implique de comprendre les mécanismes de remise de dette et d'échelonnement.
Un avocat spécialisé en procédures collectives peut intervenir sur plusieurs points :
La surveillance régulière de la santé financière de ses partenaires commerciaux permet de limiter l'exposition au risque d'impayé. Mettre en place une veille sur le BODACC, paramétrer des alertes sur Infogreffe ou Pappers, et consulter périodiquement les scores de solvabilité constituent des pratiques de gestion du risque accessibles à toute entreprise, quelle que soit sa taille.
Oui. Le site officiel bodacc.fr permet de rechercher gratuitement toutes les annonces de procédures collectives publiées depuis 2008. La recherche par numéro SIREN donne un résultat immédiat et sans ambiguïté. Aucun abonnement n'est requis.
Le jugement d'ouverture d'un redressement judiciaire est publié au BODACC dans un délai de 8 à 15 jours après son prononcé. Ce décalage signifie qu'une procédure peut être ouverte sans que l'information soit immédiatement visible en ligne.
Non. Ces procédures amiables sont confidentielles par nature. Elles ne font l'objet d'aucune publication au BODACC ni au registre du commerce. Seules les parties directement impliquées en sont informées.
La créance non déclarée dans le délai de 2 mois suivant la publication au BODACC est frappée de forclusion. Elle n'est plus prise en compte dans le plan de redressement. Un relevé de forclusion peut être demandé au juge-commissaire, mais il n'est accordé que si le créancier démontre que l'omission n'est pas de son fait.
Pas nécessairement. Le redressement judiciaire vise précisément à éviter la fermeture en permettant la poursuite de l'activité. Selon les données du Conseil national des administrateurs judiciaires, environ 30 % des procédures de redressement aboutissent à un plan de continuation ou à une cession, permettant la survie de tout ou partie de l'activité.
Article L631-1 du Code de commerce - Légifrance
Les défaillances d'entreprises – France : statistiques 01/2026 - Banque de France
SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d’avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l’Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d’accéder rapidement via la plateforme à des avocats d’affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu’il s’agisse d’un dossier, d’une consultation ou d’un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d’avocats pour répondre rapidement à leur demande.



