Comment mettre en place un CSE : obligations employeur, étapes et calendrier

Guides & Ressources pratiques
11 Feb 2026
-
9
min
Points clés de l'article
  1. L'obligation de mettre en place un CSE se déclenche dès que l'entreprise atteint 11 salariés pendant 12 mois consécutifs.
  2. L'employeur doit informer les salariés de l'organisation des élections au moins 90 jours avant le premier tour.
  3. Le protocole d'accord préélectoral (PAP) fixe les règles du scrutin et se négocie avec les organisations syndicales.
  4. Le premier tour est réservé aux candidats syndicaux ; un second tour est organisé si le quorum n'est pas atteint ou si des sièges restent vacants.
  5. En l'absence de candidat, un procès-verbal de carence doit être établi et transmis à l'administration dans les 15 jours.
  6. Tout manquement à la procédure expose l'employeur à un délit d'entrave passible de 7 500 € d'amende et d'un an d'emprisonnement.

Besoin d'un juriste freelance ou d'un avocat ?

Accédez en -24h à un avocat d'affaires sélectionné parmi les meilleurs, à des honoraires maîtrisés.

✓ 250+ spécialistes✓ 500+ clients satisfaits✓ -30 à -50% moins cher qu'un cabinet
Incubateur du Barreau de Paris
Réseau Entreprendre
Prix Innovation Barreau de Paris

Sommaire

CSE : définition, rôle et seuil d'effectif obligatoire

Calendrier de mise en place : les délais à respecter

Protocole d'accord préélectoral (PAP) : négociation et contenu

Organisation des élections : premier tour et second tour

Installation du CSE : première réunion et budget de fonctionnement

Carence de candidats : procédure et conséquences

Erreurs fréquentes et risques de délit d'entrave

FAQ

Pour aller plus loin

CSE : définition, rôle et seuil d'effectif obligatoire

Le comité social et économique (CSE) est l'instance unique de représentation du personnel dans les entreprises du secteur privé. Créé par les ordonnances Macron du 22 septembre 2017, il a remplacé les anciens délégués du personnel, le comité d'entreprise et le CHSCT. Son périmètre couvre trois fonctions : les réclamations individuelles et collectives des salariés, la consultation sur les orientations stratégiques et économiques de l'entreprise, et la santé, la sécurité et les conditions de travail.

L'obligation de mettre en place un CSE naît dès que l'entreprise emploie au moins 11 salariés pendant 12 mois consécutifs (article L. 2311-2 du Code du travail). Ce seuil se calcule selon les règles de décompte des effectifs prévues aux articles L. 1111-2 et L. 1111-3 : les salariés en CDI à temps plein comptent pour 1, les salariés en CDD et les intérimaires sont pris en compte au prorata de leur temps de présence sur les 12 derniers mois, et les salariés à temps partiel au prorata de leur durée contractuelle.

Les attributions du CSE varient selon la taille de l'entreprise. En dessous de 50 salariés, le CSE exerce les missions de l'ancien délégué du personnel. À partir de 50 salariés, il dispose de compétences élargies : consultations récurrentes obligatoires, droit d'alerte économique, recours à un expert-comptable financé par l'employeur, et gestion d'un budget dédié aux activités sociales et culturelles.

Seuil d'effectifAttributions du CSEMoyens
11 à 49 salariésRéclamations individuelles et collectives, santé et sécuritéHeures de délégation (10 h/mois par titulaire)
50 salariés et plusConsultations obligatoires, droit d'alerte, activités sociales et culturellesBudget de fonctionnement (0,20 % de la masse salariale brute), budget ASC, recours à l'expertise

Quand l'obligation ne s'applique pas

Si l'effectif de 11 salariés n'est pas maintenu pendant 12 mois consécutifs, l'employeur n'est pas tenu d'organiser des élections. En revanche, dès que ce seuil est franchi de manière durable, le processus électoral doit être engagé, même en l'absence de demande des salariés ou d'une organisation syndicale.

Calendrier de mise en place : les délais à respecter

La procédure électorale obéit à un calendrier précis, dont le non-respect peut entraîner l'annulation du scrutin. L'employeur doit anticiper chaque étape pour respecter les délais légaux.

Jour J – 90 jours : l'employeur informe les salariés par tout moyen de l'organisation des élections. Cette information précise la date envisagée pour le premier tour, qui doit se tenir au plus tard le 90e jour suivant la diffusion de l'information (article L. 2314-4 du Code du travail).

Jour J – 15 jours (au minimum) : l'employeur invite les organisations syndicales représentatives à négocier le protocole d'accord préélectoral (PAP). L'invitation doit être envoyée au moins 15 jours avant la première réunion de négociation, par courrier recommandé ou remise en main propre.

Entre J – 15 et J : négociation et signature du PAP, constitution des listes de candidats, affichage des listes électorales.

Jour J : premier tour du scrutin.

Jour J + 15 : second tour, si nécessaire. Il doit être organisé dans un délai de 15 jours après le premier tour.

ÉtapeDélaiBase légale
Information des salariés90 jours avant le 1er tourArt. L. 2314-4
Invitation des syndicats à négocier le PAP15 jours avant la 1re réunion de négociationArt. L. 2314-5
Affichage des listes électorales4 jours avant le scrutinArt. R. 2314-22
Premier tourJour JArt. L. 2314-29
Second tour (si nécessaire)15 jours après le 1er tourArt. L. 2314-29
Respecter ce calendrier suppose une coordination entre la DRH, les organisations syndicales et, le cas échéant, un conseil juridique spécialisé.
Trouver un avocat en droit du travail

Protocole d'accord préélectoral (PAP) : négociation et contenu

Le protocole d'accord préélectoral est le document qui fixe les modalités pratiques du scrutin. Sa négociation est une obligation légale, même dans les entreprises de moins de 50 salariés.

Qui négocie le PAP ?

L'employeur doit inviter à la négociation toutes les organisations syndicales intéressées : les syndicats représentatifs dans l'entreprise, ceux ayant constitué une section syndicale, et ceux affiliés à une organisation reconnue représentative au niveau national et interprofessionnel (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC). Les syndicats qui satisfont aux critères de l'article L. 2314-5 doivent être conviés, sous peine de nullité du protocole.

Contenu obligatoire du PAP

Le PAP doit préciser au minimum :

  • La répartition du personnel dans les collèges électoraux (ouvriers/employés, techniciens/agents de maîtrise, cadres)
  • La répartition des sièges entre les collèges
  • Les modalités du scrutin : vote à bulletin secret, vote électronique le cas échéant
  • Le calendrier des opérations électorales
  • Les heures et lieux du vote

Conditions de validité

Le PAP est valable s'il est signé par la majorité des organisations syndicales ayant participé à la négociation, dont les organisations représentatives ayant recueilli la majorité des suffrages exprimés lors des dernières élections professionnelles. À défaut d'accord, l'employeur fixe unilatéralement les modalités du scrutin, sous le contrôle du tribunal judiciaire en cas de contestation.

Organisation des élections : premier tour et second tour

Le scrutin se déroule selon un mode de scrutin de liste à deux tours avec représentation proportionnelle à la plus forte moyenne. Ce mécanisme, prévu à l'article L. 2314-29 du Code du travail, garantit une représentation proportionnelle des différentes listes syndicales.

Premier tour

Le premier tour est réservé aux listes présentées par les organisations syndicales. Seuls les candidats investis par un syndicat peuvent se présenter. Le quorum est atteint lorsque le nombre de votants (hors bulletins blancs et nuls) est au moins égal à la moitié des électeurs inscrits. Si le quorum n'est pas atteint, ou si tous les sièges ne sont pas pourvus, un second tour est organisé.

Second tour

Le second tour est ouvert à toutes les candidatures, syndicales ou non. Il doit se tenir dans les 15 jours suivant le premier tour. Les règles de dépouillement restent identiques : représentation proportionnelle à la plus forte moyenne.

Dépouillement et proclamation des résultats

Le bureau de vote, composé de salariés électeurs (un président et deux assesseurs), procède au dépouillement immédiatement après la clôture du scrutin. Les résultats sont consignés dans un procès-verbal établi en deux exemplaires. L'employeur transmet un exemplaire au Centre de traitement des élections professionnelles (CTEP) dans les 15 jours suivant le scrutin.

La régularité du scrutin conditionne la légitimité des élus et la validité des accords collectifs signés ensuite dans l'entreprise.
Consulter un avocat spécialisé en droit du travail

Installation du CSE : première réunion et budget de fonctionnement

Une fois les résultats proclamés, l'employeur doit convoquer la première réunion du CSE dans un délai d'un mois suivant l'élection (article L. 2315-23 du Code du travail pour les entreprises de 50 salariés et plus). Cette réunion constitue le point de départ du mandat des élus, fixé à 4 ans sauf accord collectif prévoyant une durée de 2 ou 3 ans.

Ordre du jour de la première réunion

Lors de cette réunion inaugurale, plusieurs points sont traités :

  • Désignation du secrétaire et du trésorier parmi les membres titulaires
  • Adoption du règlement intérieur du CSE (obligatoire dans les entreprises de 50 salariés et plus)
  • Présentation par l'employeur des informations économiques et sociales de l'entreprise
  • Fixation du calendrier des réunions ordinaires (au minimum 6 réunions par an dans les entreprises de 50 à 299 salariés, 12 réunions par an à partir de 300 salariés)

Budget de fonctionnement

Dans les entreprises de 50 salariés et plus, l'employeur verse au CSE une subvention de fonctionnement égale à 0,20 % de la masse salariale brute (0,22 % dans les entreprises de 2 000 salariés et plus). Ce budget couvre les dépenses de fonctionnement courant : documentation, formation des élus, frais d'expertise, recours à un avocat. Il est distinct du budget des activités sociales et culturelles, dont le montant est fixé par accord ou par usage.

Carence de candidats : procédure et conséquences

Il arrive qu'aucun salarié ne se porte candidat, ni au premier tour ni au second. Cette situation, loin d'être exceptionnelle, concerne environ 1 entreprise sur 3 parmi celles de 11 à 49 salariés selon les données de la Dares (2023).

Établissement du procès-verbal de carence

Lorsqu'aucune candidature n'est déposée aux deux tours, l'employeur établit un procès-verbal de carence. Ce document est transmis à l'inspection du travail (DREETS) dans les 15 jours suivant le second tour, et affiché dans l'entreprise. Il est également transmis au CTEP.

Effets du PV de carence

Le PV de carence produit plusieurs effets :

  • L'employeur est dispensé de l'obligation de consulter le CSE pendant la durée du cycle électoral (4 ans)
  • Les décisions qui auraient normalement requis l'avis du CSE peuvent être prises unilatéralement
  • L'employeur doit toutefois relancer le processus électoral à l'expiration du cycle de 4 ans, ou avant si un salarié ou une organisation syndicale en fait la demande (dans ce cas, le processus est relancé dans un délai de 6 mois suivant le PV de carence)

Le PV de carence ne protège l'employeur que s'il a respecté l'intégralité de la procédure électorale. Un PV établi sans avoir organisé les deux tours de scrutin est inopposable.

Un accompagnement juridique en amont permet de sécuriser chaque étape de la procédure électorale, y compris en cas de carence.
Être accompagné par un avocat en droit du travail

Erreurs fréquentes et risques de délit d'entrave

Le délit d'entrave au fonctionnement du CSE est défini aux articles L. 2317-1 et L. 2317-2 du Code du travail. Il est puni d'une amende de 7 500 € et, dans certains cas, d'un an d'emprisonnement. Ce délit peut être constitué par une action (manipulation du scrutin) ou par une omission (absence d'organisation des élections).

Les erreurs les plus courantes

  • Ne pas organiser les élections malgré le franchissement du seuil de 11 salariés : c'est la première cause de poursuites pour délit d'entrave.
  • Omettre d'inviter un syndicat à la négociation du PAP : cette omission entraîne la nullité du protocole et, par extension, l'annulation des élections.
  • Ne pas respecter le calendrier légal : un premier tour organisé au-delà du 90e jour suivant l'information des salariés peut être contesté devant le tribunal judiciaire.
  • Modifier unilatéralement les collèges électoraux sans accord : la répartition des sièges relève du PAP ou, à défaut, de la décision de l'autorité administrative.
  • Ne pas transmettre le PV de carence dans les 15 jours : cette omission prive l'employeur de la protection juridique attachée au constat de carence.

Qui peut agir ?

Tout salarié, toute organisation syndicale ou l'inspection du travail peut saisir le procureur de la République pour signaler un délit d'entrave. Les organisations syndicales peuvent également saisir le tribunal judiciaire en référé pour contraindre l'employeur à organiser les élections.

ManquementRisque juridiqueSanction
Absence d'organisation des électionsDélit d'entrave7 500 € d'amende, 1 an d'emprisonnement
Omission d'un syndicat dans la négociation du PAPNullité du PAP et des électionsAnnulation du scrutin par le tribunal judiciaire
Non-transmission du PV de carenceInopposabilité du PVObligation de relancer les élections
Non-respect du calendrierContestation du scrutinAnnulation possible des élections

FAQ

À partir de quel effectif faut-il mettre en place un CSE ?

L'obligation s'applique dès que l'entreprise atteint 11 salariés pendant 12 mois consécutifs. Le décompte inclut les CDI, CDD et intérimaires selon les règles de proratisation prévues par le Code du travail.

Quel est le délai pour organiser les élections du CSE ?

L'employeur doit informer les salariés au moins 90 jours avant la date du premier tour. L'invitation des syndicats à négocier le PAP doit intervenir au moins 15 jours avant la première réunion de négociation.

Que se passe-t-il si aucun candidat ne se présente ?

L'employeur établit un procès-verbal de carence après le second tour et le transmet à la DREETS dans les 15 jours. Il est alors dispensé de consulter le CSE pendant 4 ans, à condition d'avoir respecté l'intégralité de la procédure.

Le vote électronique est-il autorisé pour les élections du CSE ?

Oui, le recours au vote électronique est possible s'il est prévu par un accord collectif ou, à défaut, par une décision unilatérale de l'employeur après consultation du CSE sortant. Le prestataire choisi doit respecter un cahier des charges réglementaire (décret du 25 avril 2007 modifié).

Quelles sont les sanctions en cas de non-organisation des élections ?

L'employeur s'expose au délit d'entrave, passible de 7 500 € d'amende et d'un an d'emprisonnement. Tout salarié ou syndicat peut saisir le tribunal judiciaire pour contraindre l'organisation du scrutin.

Pour aller plus loin

Art. L2313-1 à L2313-10 - Mise en place et suppression du CSE - Légifrance

Élections du CSE dans les entreprises de 11 salariés et plus - Service-Public.fr

CSE : élection de la délégation du personnel - Ministère du Travail

SWIM LEGAL est une alternative au cabinet d'avocats traditionnel pour les besoins juridiques des entreprises. Incubé par le Barreau de Paris, SWIM a reçu le Prix de l'Innovation pour sa solution permettant à toute entreprise, quelle que soit sa taille ou sa localisation, d'accéder rapidement via la plateforme à des avocats d'affaires expérimentés. Les entreprises peuvent déposer leur besoin — qu'il s'agisse d'un dossier, d'une consultation ou d'un renfort temporaire — de manière confidentielle et recevoir des propositions d'avocats pour répondre rapidement à leur demande.
Télécharger la ressource

Plateforme de mise en relation d’avocats d’affaires