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Rédiger la clause RGPD du contrat de travail
Clause RGPD du contrat de travail : définition
Pourquoi insérer une clause RGPD pour les salariés
Mentions obligatoires de la clause RGPD
Distinguer clause contractuelle et information RGPD
Salariés en poste : avenant ou note d'information
Sanctions en cas de clause RGPD absente
Depuis l'entrée en application du RGPD le 25 mai 2018, tout employeur qui collecte des données personnelles doit en informer la personne concernée. Le salarié est la première personne concernée dans l'entreprise : nom, adresse, numéro de sécurité sociale, coordonnées bancaires, évaluations professionnelles. La clause RGPD du contrat de travail constitue le support naturel de cette information. Pourtant, selon la CNIL, de nombreuses TPE-PME n'ont toujours pas formalisé cette obligation. Ce guide détaille les mentions à intégrer, les pièges à éviter et les risques encourus.
La clause RGPD est un article du contrat de travail qui décrit comment l'employeur traite les données personnelles du salarié. Elle ne crée pas de nouvelle obligation pour le salarié : elle remplit le devoir d'information imposé par les articles 13 et 14 du RGPD.
Concrètement, cette clause précise :
Elle se distingue d'une clause de confidentialité, qui engage le salarié à ne pas divulguer les informations de l'entreprise. La clause RGPD, elle, engage l'employeur envers le salarié.
L'article 13 du RGPD impose au responsable de traitement de fournir une information « concise, transparente, compréhensible et aisément accessible ». Le contrat de travail est le premier document signé par le salarié : y intégrer cette information garantit sa traçabilité.
3 raisons concrètes justifient cette insertion :
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L'article 13 du RGPD liste les informations à fournir au moment de la collecte. Voici les mentions à intégrer dans la clause, résumées dans le tableau ci-dessous.
| Mention obligatoire | Contenu attendu | Exemple concret |
|---|---|---|
| Identité du responsable de traitement | Dénomination sociale, adresse, contact DPO ou référent | SAS Exemple, 10 rue X, Paris – dpo@exemple.fr |
| Finalités du traitement | Objectifs précis de la collecte | Gestion de la paie, suivi des congés, formation |
| Base légale | Fondement juridique du traitement | Exécution du contrat (art. 6.1.b RGPD) ou obligation légale (art. 6.1.c) |
| Destinataires | Personnes ou organismes recevant les données | Service RH, prestataire de paie, URSSAF |
| Durée de conservation | Période de stockage des données | 5 ans après la fin du contrat pour les bulletins de paie |
| Droits du salarié | Droits d'accès, rectification, effacement, portabilité, limitation | Exercice par courrier ou email auprès du DPO |
| Droit de réclamation | Possibilité de saisir la CNIL | Adresse de la CNIL : 3 place de Fontenoy, 75007 Paris |
| Base légale | Cas d'usage |
|---|---|
| Exécution du contrat (art. 6.1.b) | Paie, gestion administrative du salarié |
| Obligation légale (art. 6.1.c) | Déclarations sociales, médecine du travail |
| Intérêt légitime (art. 6.1.f) | Vidéosurveillance des locaux, contrôle d'accès |
| Consentement (art. 6.1.a) | Photo sur l'intranet, newsletter interne facultative |
Le consentement du salarié n'est requis que pour les traitements qui ne relèvent ni du contrat, ni d'une obligation légale, ni d'un intérêt légitime. La CNIL rappelle que le lien de subordination rend le consentement du salarié fragile : il doit rester l'exception.
Une confusion fréquente consiste à penser que la clause RGPD crée une obligation contractuelle pour le salarié. Ce n'est pas le cas. La clause remplit une obligation légale d'information, pas une obligation contractuelle réciproque.
En pratique, cela signifie que :
Certaines entreprises préfèrent rédiger une notice d'information RGPD séparée, annexée au contrat. Cette approche est conforme, à condition que le salarié en accuse réception. Le contrat mentionne alors simplement un renvoi vers cette annexe.
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Pour les salariés embauchés avant la mise en place de la clause RGPD, 2 options existent :
Le choix dépend de la taille de l'entreprise. Une PME de 15 salariés peut opter pour l'avenant. Une entreprise de 200 personnes privilégiera la note collective, plus rapide à déployer.
Dans les 2 cas, le document doit contenir les mêmes mentions obligatoires que la clause contractuelle (voir tableau ci-dessus).
L'absence d'information du salarié sur le traitement de ses données constitue un manquement à l'article 13 du RGPD. Les sanctions sont graduées :
En 2023, la CNIL a prononcé 42 sanctions, dont plusieurs concernaient des manquements à l'obligation d'information. Les PME ne sont pas épargnées : la CNIL a sanctionné des structures de moins de 50 salariés pour des défauts de conformité RGPD.
| Risque | Conséquence | Niveau de gravité |
|---|---|---|
| Contrôle CNIL sans clause RGPD | Mise en demeure, puis amende | Élevé |
| Litige prud'homal | Argument supplémentaire pour le salarié | Moyen |
| Atteinte à la réputation | Publication de la sanction CNIL | Élevé |
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Non, dans la plupart des cas. La base légale du traitement des données salariales repose sur l'exécution du contrat de travail (article 6.1.b du RGPD) ou sur une obligation légale (article 6.1.c). Le consentement n'est requis que pour des traitements facultatifs, comme la publication de la photo du salarié sur l'intranet.
Oui. La CNIL accepte qu'une notice d'information RGPD soit annexée au contrat ou remise séparément, à condition que l'employeur puisse prouver que le salarié l'a effectivement reçue (signature, accusé de réception).
La durée dépend du type de données. Les bulletins de paie doivent être conservés 5 ans. Les données liées à un contentieux peuvent être conservées jusqu'à la prescription de l'action (généralement 3 ans en droit du travail). Chaque finalité doit avoir sa propre durée, précisée dans la clause.
Oui. Toute personne dont les données personnelles sont collectées par l'entreprise doit être informée. Pour les intérimaires, l'agence d'intérim et l'entreprise utilisatrice sont toutes deux responsables de l'information, chacune pour les traitements qu'elle opère.
L'employeur doit vérifier si une obligation légale impose la conservation des données (déclarations sociales, bulletins de paie). Si oui, la suppression est impossible tant que l'obligation court. En revanche, les données non couvertes par une obligation légale doivent être supprimées à la demande du salarié, dans un délai d'1 mois.
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