
Jullian Hoareau

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1. Ce que prévoit la clause de conciliation préalable
2. Contrat type d'architecte : saisine du conseil régional
3. Non-respect de la clause : la fin de non-recevoir
4. L'exception des garanties légales d'ordre public
5. Déclencher la conciliation : déroulé et pièges
6. Checklist avant d'assigner votre architecte
La clause de conciliation préalable est une stipulation qui oblige les parties à tenter un règlement amiable avant de saisir un tribunal. Dans un contrat de maîtrise d'œuvre, elle couvre les désaccords nés de l'exécution de la mission : honoraires contestés, retard de remise des plans, malfaçons imputées à la conception. Sa définition tient en deux éléments : une tentative organisée de rapprochement, et son caractère obligatoire avant l'action judiciaire.
Elle se distingue de la clause de médiation préalable, qui confie le rapprochement à un tiers désigné par les parties. Le mécanisme procédural reste identique : seule l'identité de l'intervenant change. Dans les deux cas, le contrat ajoute une étape que le maître d'ouvrage ne peut pas ignorer.
| Critère | Conciliation préalable | Clause de médiation préalable |
|---|---|---|
| Intervenant | Instance désignée par le contrat | Médiateur choisi par les parties |
| Objet | Rapprocher les positions avant le procès | Rapprocher les positions avant le procès |
| Caractère | Obligatoire si le contrat le prévoit | Obligatoire si le contrat le prévoit |
| Effet en cas d'oubli | Demande irrecevable | Demande irrecevable |
Le contrat type d'architecte prévoit qu'en cas de désaccord, les parties saisissent le conseil régional de l'ordre des architectes avant toute procédure judiciaire. Le maître d'ouvrage ne choisit donc pas librement son interlocuteur : l'organe de conciliation est désigné par le contrat lui-même.
Une réserve figure au contrat : les mesures conservatoires restent possibles sans conciliation préalable. Cette exception vise les situations où l'attente ferait disparaître une preuve ou aggraverait un dommage. Elle ne couvre pas la demande d'indemnisation, qui reste soumise à la tentative amiable.
Un contrat de maîtrise d'œuvre relu avant signature permet d'identifier l'organe de conciliation, son périmètre et les exceptions prévues.
Pour sécuriser vos engagements contractuels : faire relire vos contrats commerciaux
L'article 122 du Code de procédure civile définit la fin de non-recevoir comme tout moyen qui tend à faire déclarer l'adversaire irrecevable en sa demande, sans examen au fond, pour défaut de droit d'agir. Les articles 122 à 126 du même code en organisent le régime.
Depuis un arrêt de chambre mixte de la Cour de cassation du 14 février 2003, la clause instituant une procédure de conciliation obligatoire et préalable à la saisine du juge est licite, et son non-respect constitue une fin de non-recevoir. Conformément au régime des fins de non-recevoir prévu par le Code de procédure civile, cette irrecevabilité doit être invoquée par la partie qui s'en prévaut : le juge ne la soulève pas d'office.
La conséquence est procédurale, donc brutale : le tribunal ne tranche pas le litige, il constate que la demande ne peut pas être examinée.
| Situation | Décision attendue | Conséquence pour le maître d'ouvrage |
|---|---|---|
| Conciliation tentée puis assignation | Examen au fond | Le litige est jugé |
| Assignation directe, clause invoquée | Irrecevabilité | Aucune analyse du dossier |
| Assignation directe, clause non invoquée | Examen au fond | Le juge ne soulève pas l'obstacle de lui-même |
Lorsque la responsabilité recherchée repose sur une disposition d'ordre public, comme une garantie légale de construction, l'obligation contractuelle de conciliation préalable ne s'impose pas aux parties et ne constitue pas une fin de non-recevoir. Une règle d'ordre public est une règle à laquelle un contrat ne peut pas déroger.
Le fondement juridique de l'action détermine donc l'issue. Une demande de dommages et intérêts pour manquement au contrat suit la clause. Une action fondée sur une garantie légale y échappe. En pratique, un même sinistre peut relever des deux logiques, ce qui rend l'analyse du fondement indispensable avant toute assignation.
Identifier le fondement de l'action avant d'agir évite de perdre plusieurs mois sur une irrecevabilité.
Pour cadrer vos relations contractuelles en amont : structurer vos contrats commerciaux
La tentative doit être réelle et traçable. Le maître d'ouvrage saisit l'organe désigné par écrit, expose l'objet du désaccord et conserve la preuve de cette saisine. Un courrier resté sans suite n'a de valeur que s'il est documenté.
Trois erreurs reviennent souvent :
Le contrat type réserve les mesures conservatoires. Une demande urgente destinée à préserver une preuve ou à empêcher l'aggravation d'un dommage peut donc être formée sans attendre. Cette voie ne règle pas le litige : elle sécurise une situation pendant que la conciliation se déroule.
| Vérification | Question à se poser | Si la réponse est non |
|---|---|---|
| Existence de la clause | Le contrat impose-t-il une conciliation ? | L'assignation directe est possible |
| Organe compétent | La saisine vise-t-elle le conseil régional ? | Reprendre la saisine |
| Fondement de l'action | S'agit-il d'une garantie légale d'ordre public ? | La clause s'applique |
| Preuve de la tentative | La saisine est-elle documentée ? | Reconstituer les échanges |
| Périmètre | La conciliation couvre-t-elle tout le litige ? | Compléter avant d'assigner |
Ces vérifications se font avant la rédaction de l'assignation, car une irrecevabilité prononcée oblige à reprendre la procédure depuis la tentative amiable.
Une lecture des clauses de règlement des litiges au moment de la signature évite l'essentiel de ces blocages.
Pour anticiper ces situations : sécuriser vos contrats commerciaux
Oui. Depuis l'arrêt de chambre mixte de la Cour de cassation du 14 février 2003, une clause imposant une conciliation obligatoire avant la saisine du juge est licite. Son non-respect constitue une fin de non-recevoir.
La fin de non-recevoir s'impose au juge lorsque les parties l'invoquent. En pratique, l'architecte assigné a intérêt à la soulever, ce qui rend le risque d'irrecevabilité concret dans la plupart des dossiers.
Le tribunal déclare la demande irrecevable sans examiner le fond du litige. Il faut alors engager la conciliation, puis assigner à nouveau, avec le temps de procédure perdu entre-temps.
Le contrat type d'architecte réserve les mesures conservatoires. Une demande destinée à préserver une preuve ou à limiter un dommage peut donc être présentée sans conciliation préalable, mais elle ne tranche pas le litige.
Non. Lorsque la responsabilité recherchée repose sur une disposition d'ordre public, comme une garantie légale, l'obligation contractuelle de conciliation ne s'impose pas et ne rend pas la demande irrecevable.
Article 122 du Code de procédure civile - fin de non-recevoir - Légifrance
Article 126 du Code de procédure civile - régularisation de la fin de non-recevoir - Légifrance
Cour de cassation, 3e chambre civile, 23 mai 2019, pourvoi n° 18-15.286 - Légifrance
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